Taal wijzigen

2009 Zadar

( pour voir quelques photos : voir le site de la CIB ou la page Htb)

Du 2 au 13 septembre, la conférence s’est tenue en Croatie, à Zadar plus précisément. Mère Anastazija, nous a réservé un accueil plus que soigné en son monastère !

Le voyage fut rapide : la Croatie fait face à l’Italie, par delà la mer Adriatique. Les liaisons aériennes se font depuis Bruxelles avec de petits avions (au nom quelque peu surprenant : Bombardier !!!) qui se chargent de vous mener à bon port en deux bonnes heures. La Croatie est un pays de toute beauté considéré par certains comme un des plus beaux jardins d’Europe (Il comprend 8 parcs nationaux : 4 en montagne et 4 sur la région côtière). Ce pays baigne sur la côte en un chapelet de 1185 îles, tandis que l’intérieur du pays s’étire depuis le pied des Alpes jusqu’en plaine de Pannonie. La Croatie recèle un riche patrimoine culturel et historique balayant tous les siècles (traces de la préhistoire, culture méditerranéenne, époque romaine, vestiges du Moyen-âge, églises romanes, baroques...) La Croatie chante ! Nulle cité qui ne nous ait offert un petit concert ou une danse. Chant la plupart du temps en polyphonie, parfois accompagné d’instruments traditionnels. Un pays qui, marqué par les guerres, s’est reconstruit courageusement et est heureux de sa récente indépendance. Un pays dont les habitants sont fiers de vous révéler la beauté. On comprend aisément, que soleil aidant, le tourisme y soit promis à un bel avenir. Un pays au fort pourcentage de chrétienté, qui emplit les églises de sa ferveur. N’oublions pas que c’est la patrie de saint Jérôme, et le pays où vécurent Cyrille et Méthode !

Un accueil plus que 5 étoiles

Dés l’aéroport de Zadar, nous avons perçu combien l’accueil n’était point un vain mot en cette terre méditerranéenne. Deux jeunes oblats bénédictins, attachés à la communauté de Mère Anastazija, guettaient notre arrivée et se sont empressés autour de nos bagages. Ce sera une constante de tout le séjour : le dévouement chaleureux de ces oblats et amis de la communauté nous entourant de leur attention. Nous découvrons le monastère de Zadar, au cœur de la vieille ville (presqu’île plongeant en l’Adriatique bleue). Le monastère compte 19 sœurs. Des 4 ailes du monastère, 2 sont occupées par un musée fabuleux (des pièces d’art religieux essentiellement, de toutes les époques) une est formée par l’église du monastère. Reste donc une seule aile pour abriter la communauté. Aussi pour pouvoir accueillir des hôtes, la communauté a acheté 4 immeubles dans la vieille ville, et les aménage en fonction d’un accueil autant touristique que monastique. Le soleil est de la partie, nous pourrons prendre les repas du matin et du soir dehors, dans le cloître du monastère. Les sœurs chargées de la cuisine ont décidé que nous ne manquerions de rien,... abondance et variété sont au rendez-vous ! La liturgie est ordinairement célébrée en Croate. Mais pour mieux nous y intégrer, les sœurs ont glissé dans leurs offices des psaumes lus en anglais ; et elles nous ont préparé un livre reprenant tous les textes en bilingue (croate-anglais). P Notker, qui devait présider une eucharistie, a commencé en disant qu’il ne se sentait pas de taille à célébrer en croate, et que les déléguées CIB n’y comprendraient rien, tandis que s’il célébrait en anglais ce sont les sœurs de la communauté qui n’y comprendraient rien, aussi pour mettre tout le monde sur pied d’égalité, il a tranché en utilisant « un canon latin que personne ne comprendrait » (sic !).


Un bain de beauté dans la nature
C’est à plusieurs reprises que Mère Anastazija nous a toutes emmenées à la découverte du pays. Dès le lendemain de notre arrivée, une traversée en bateau nous a menées sur l’île Kornati, réserve naturelle nationale. Un lieu de toute beauté, où la mer plus que bleue, fait éclater la blancheur des pans rocheux de l’île. La végétation qui tantôt est faite de conifères, tantôt brûlée au soleil de l’été, cède régulièrement la place à un horizon désertique. Cet été a particulièrement manqué d’eau. Certaines régions sont plus propices à la culture, et voici alors les vignobles, les vergers, et jardins potagers. La maison de campagne récemment acquise par la communauté de Zadar nous a offert ses plus beaux raisins !
 

Un pays à l’accueil chaleureux
A plusieurs reprises nos sorties nous ont menées dans de petits villages, souvent village natal de l’une ou l’autre sœur de la communauté de Zadar. Chaque fois, l’accueil y fut plus que cordial. Les sœurs revenant ainsi en leur terre natale sont fêtées avec enthousiasme. Les célébrations (eucharistie ou vêpres) à la paroisse voient l’église bondée, les murs vibrant de chants interprétés à pleine voix. A chaque halte, les biscuits « fabrication maison » et les boissons rafraîchissantes nous guettent. Parfois ces haltes se multiplient : au village de mère Anastazija, ce n’est pas moins de 4 buffets qui nous guettaient au détour des rues. Les groupes de chants et danses folkloriques étaient aussi au rendez-vous. Un jeune artiste nous a offert un concert piano de toute beauté. Les sœurs de Zadar ont animé une autre soirée de leurs chants. Sur une île, à l’abri d’un couvent franciscain, notre traversée en petit bateau fut assortie d’un concert polyphonique.
 
 
Un pays soucieux de son patrimoine
Durant les guerres, invasions, le patrimoine religieux local a été mis à l’abri au monastère de Zadar. Cela vaut maintenant à la communauté de veiller sur un important musée (reliquaires, tapisseries, tableaux, statues, etc...). Juste à coté du monastère, un autre musée dont la visite vous retient le souffle. Les vestiges préhistoriques ainsi que ceux de l’époque romaine sont tellement nombreux, que malgré le grand espace d’exposition offert, il faut choisir ce que l’on va pouvoir exposer au regard des visiteurs ! Un peu plus loin, un musée garde mémoire des métiers, costumes et coutumes d’autrefois. Une visite des églises de Zadar avait été programmée pour le dimanche matin... bien mal nous en prit, la guide s’est vue chaque fois obligée, après nous avoir fait admirer l’édifice de l’extérieur, de nous conter ce que nous aurions pu observer à l’intérieur, si une célébration eucharistique n’avait empêché la visite. Les ruelles de Zadar à elles seules mériteraient de beaux commentaires : pavées en larges pierres du pays, polies par les ans, elles reluisent sous la lumière du soleil... créant une ambiance lumineuse. L’accueil d’un tourisme important incite la ville à garder la cité toute belle. Les balayeurs de rues sont là, tôt matin, pour toiletter les rues et la digue.
 
Un pays où la créativité ne manque pas
Deux petites mentions pour illustrer cette imagination artistique :
Au bord de la mer, le « sea organ » ! Oui, vous avez bien traduit : il s’agit de l’orgue de mer. La mer, par ses flux et reflux, fait chanter des tuyaux placés dans la digue. Une musique aux accents graves vous parvient ainsi, au gré des flots.
Un peu plus loin : « la salutation au soleil ». Un jeu de petits panneaux solaires assemblés en un grand soleil, capte l’énergie de jour, et la restitue la nuit tombée en un jeu de lumière aléatoire. Joie pour les enfants et pour les plus grands, de voir ainsi fleurir la lumière en taches de toutes couleurs sur ce grand soleil de nuit.

La vie bénédictine croate
Huit monastères de moniales et un de moines dressent leurs murs sur la côté ou dans les îles. Pour nous les présenter, à la demande des sœurs, les frères de Cokovac ont réalisé un DVD. De plus, trois rencontres ont été programmées durant le séjour : une dans le Nord, au monastère de Pag a rassemblé les sœurs des communautés de Pag, Cres, Krk et Rab. Au monastère de Sibenik dans le sud se sont rassemblées les communautés de Sibenik, Trogir et Hvar. Enfin, nous avons eu la chance de pouvoir gagner le monastère des bénédictins de Cokovac, sur l’île de Tkon. Un vrai petit bijou, perché sur une colline. Les monastères ont pour la plupart traversé les persécutions, certains ont connu la fermeture, d’autres ont tenu par la persévérance d’une seule moniale. Actuellement ces communautés comprennent entre 6 et 12 membres, dont plusieurs sœurs en formation. Zadar avec ses 19 sœurs est la plus grande communauté. Elles vivent pour la plupart de leur artisanat (dentelles, imageries, médailles et chapelets, biscuiterie,...). Plusieurs tiennent un musée. D’autres ont une hôtellerie ou y réfléchissent sérieusement. Les frères de Cokovac accueillent des pélerins. Les sœurs de Zadar ont une petite école de musique, où les enfants peuvent faire leur premier apprentissage de solfège et piano.
La présidente de la fédération bénédictine croate, M. Bénédikt, de la communauté de Pag, nous a présenté cette vie bénédictine au cours d’une conférence. Pour y introduire, sœur Ivana, nous a lu la conférence préparée par Père Jozo (prieur de Cokovac) sur l’histoire de l’église en Croatie.
 
La conférence de la CIB
3 journées ont été consacrées au travail plus spécifique de la conférence. Chacune a été inaugurée par un temps de lectio divina partagée. M Zoé est passée maître en la matière, pour nous préparer ces temps de prière. Les travaux essentiels furent l’approbation des statuts de la CIB (on leur souhaite longue vie... ce n’est en effet pas la partie la plus intéressante du travail !). Sr Clare (Australie) nous présenté les comptes. Nous avons avancé un peu dans la préparation du symposium (Rome 2010).
Le site internet de la CIB se construit sous l’œil vigilant de sr Mary (secrétaire de la CIB) et de sr Judith-Ann. Sr Marie-Benoît de Montserrat continue son labeur de bénédictine... en essayant d’inventorier tous les documents, conférences, textes fondateurs, etc... présents sur le WEB pour tenter de constituer un répertoire qui les rendraient plus accessibles.
Mère Henriette de Koubri a invité la conférence à se tenir en Afrique de l’Ouest en 2011. La réalité quotidienne y sera bien différente !
Je ne vais pas m’attarder plus sur le travail de la conférence, étant donné qu’une lettre de la CIB le présentera.
 
Un temps riche de rencontre
Sans doute, est-ce là une vraie richesse, la plus belle de la CIB, dont il est bien difficile de rendre compte : la rencontre de l’autre. Rencontre de l’autre au sein du pays d’accueil, rencontre de l’autre dans les échanges entre déléguées. Oui, comment vous transmettre ce trésor de pouvoir échanger le temps d’un voyage assise à coté de Mère Henriette de Koubri, de partager le jour suivant avec M Franzesca de Dinklage (suppléante de la suppléante d’Allemagne), d’écouter M Benita nous parler de la vie quotidienne en sa communauté en Inde. Bonheur de retrouver M Fabienne de France, Madre Teresa Paula de la congrégation Reine des apôtres, Mère Angela de Tutzing, joie de revoir M Mary-John de Manille (elle a conservé toute son énergie et continue à tenter de nous apprendre le « Chibachi »... ) Se laisser interroger, interpeller, par une sœur étatsunienne, ou par une australienne. Accueillir en son cœur la douleur d’une supérieure africaine confrontée à l’extrême pauvreté de sa région... Je devrais vous les nommer toutes, ces déléguées, avec qui j’ai partagé ces journées. Derrière chaque nom, il y a un visage, une prière, un cœur qui écoute, une région traversée de joie et de peine, des communautés, une nation...
Et me prend le désir de susciter des échanges, pour que d’autres puissent y participer, en goûter la saveur, pour s’en retourner ensuite par un autre chemin, le cœur élargi, désireux de communion toujours plus grande, toujours plus vraie, intense et solidaire. Oui, aussi étonnant que cela puisse paraître, c’est entre les lignes de l’horaire bien rempli par Mère Anastazija et par le conseil qui ont organisé cette rencontre, qu’il faut sans doute chercher les moments les plus profonds, les plus porteurs... pour un avenir de communion.
Dans cette ligne, se tiendra à Ermeton en juin prochain une rencontre CIB pour les jeunes européennes. Le thème est « En ce 3ème millénaire, vivre l’obéissance». Mère Máire Hickey de Dinklage l’animera.

sr Thérèse-Marie