2019


Revue d'histoire religieuse du Brabant wallon, Tome 33, 2019, 4
76 pages – 8,50 € ( + frais d’envoi  : 3 timbres : 2,76€)


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Dans le premier article de ce numéro de décembre, Les ouvriers du Réveil (3). Sart-Dames-Avelines au rythme de ses pasteurs (1876-1914), Jean-Louis Moreau poursuit sa quête des traces de l’histoire du protestantisme en Brabant wallon. Après avoir dépeint l’activité des colporteurs, ouvriers du « Réveil » de 1837 à 1857, puis les pérégrinations d’un lecteur de Bible évangélisateur laïc (1857-1880), il met en lumière les pasteurs qui ont desservi Sart-Dames-Avelines durant la période 1876 (date de la création de cette station par l’Église Chrétienne Missionnaire Belge-ECMB) à 1914 (début de la Seconde Guerre mondiale).

Pendant cette période relativement courte, à peine quarante ans, huit pasteurs se succèdent, et de manière parfois discontinue, dans cette station, fondée en milieu rural. Tous originaires de Suisse, ces pasteurs affectionnaient la Belgique, comme « nouvelle terre de mission » et appréciaient l’indépendance de l’ECMB vis-à-vis de l’État. De nombreuses difficultés peuvent cependant être évoquées dans l’exercice de leur activité pastorale : mauvaises conditions de logement, longueurs des trajets pour visiter les familles, positions parfois radicales par rapport à l’implication des femmes dans l’exercice du ministère, contacts souvent difficiles avec les « campa-gnards », lente érosion du nombre des fidèles, ferveur toute relative des membres de la communauté…

Divers aspects de la vie paroissiale sont examinés par
l’auteur : l’assistance au culte et la vie religieuse, tributaires du cycle des saisons (travaux agricoles, travailleurs saisonniers à l’étranger…) ; le versement de la libéralité, due, mais difficile à mettre en place ; l’éducation religieuse des enfants et des jeunes, grâce à la création de l’école du dimanche, d’unions chrétiennes de jeunes filles ou de jeunes gens, est particulièrement ardue.

Enfin l’auteur décrit les relations, parfois tendues, avec les catholiques et le clergé. Pourtant, à l’occasion, les pasteurs protestants jetèrent des ponts vers la communauté catholique : réunions de quartiers, célébrations d’événements (funérailles, fêtes…), distribution de littérature protestante…

Éric Bousmar, dans une note bibliographique critique, nous présente une belle expérience d’histoire locale vécue par les élèves de sixième primaire de l’école Saint-Joseph d’Ohain. Elle les a amenés, en 2019, à la publication d’un récit pour la jeunesse relatant toute une aventure, née de la découverte, en 2012, des restes d’un soldat mort sur le site du champ de bataille de Waterloo, et conservés actuellement au Mémorial 1815. Quelques objets découverts près du squelette, notamment un reste de boîte en bois gravée de trois lettres, pouvaient servir à l’identification de ce soldat. Opération bien malaisée il est vrai, les diverses hypothèses proposées n’étant pas entièrement vérifiées.

Tout au long de l’année, élèves et professeur se sont documentés et familiarisés avec le sujet, visitant les lieux, rencontrant des personnes-ressources (historien spécialiste de la bataille, archéologue…), pour leur permettre d’élaborer leur récit. Cette expérience collective remarquable, racontée de bout en bout par Éric Bousmar, nous laisse admiratifs par son intérêt didactique et son enjeu pédagogique.

Ce dernier numéro de 2019 se termine, comme chaque année, par la liste des membres d’honneur et de soutien. Nous les remercions chaleureusement. C’est grâce à eux et à tous nos fidèles abonnés que le Chirel Bw continue à vivre. Nous avons besoin que vous parliez de nous autour de vous. Par le biais de cette revue, nous restons en contact et vous proposons activités et présentations de recherches historiques sur les religions, le patrimoine et la société du Brabant wallon. Merci de veiller à votre réabonnement pour 2020.

Nous vous souhaitons à tous de belles fêtes de fin d’année. Et à l’année prochaine…

Françoise Mirguet

Directrice de rédaction, f.f.



Revue d'histoire religieuse du Brabant wallon, Tome 33, 2019, 3
60 pages – 7,00 € ( + frais d’envoi  : 3 timbres : 2,76€)


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Jean-Louis Moreau dans Les missions intérieures à Wavre aux 19e et 20e siècles nous fait découvrir une pratique ancienne d’action pastorale : les missions paroissiales. Pendant une quinzaine de jours, environ tous les dix ans, des prédicateurs étrangers à la paroisse venaient relancer l’éducation chrétienne des populations. À Wavre, la première mission eut lieu en 1834, la dernière en 1962. Pères jésuites et rédemptoristes, prêtres séculiers, chacun avec ses méthodes propres, proposaient divers exercices : prêches, gloses, prières, examens de conscience, chants, confessions massives. Tous les publics étaient concernés, les enfants recevant même une attention particulière. L’analyse par l’auteur de l’évolution du message, des méthodes et du but de la mission de 1962, permet de saisir les réflexions nouvelles qui animent le mouvement pastoral et les mentalités des années 1955-1965.

L’article de Paul Wynants intitulé 2 mars 1891 : un catholique nivellois devient ministre s’attache à la carrière ministérielle de Jules de Burlet, bourgmestre de Nivelles depuis 1872. Comment et pourquoi cet ancien parlementaire catholique (député de 1884 à 1888), fut-il choisi par Auguste Beernaert pour tenir le portefeuille de ministre de l’Intérieur et de l’Instruction publique est examiné au long de cette contribution. Ce ministère devait être attribué à des hommes réputés prudents, peu disposés à affronter systématiquement l’opposition libérale. Plusieurs candidats occupèrent ce poste : Jean-Joseph Thonissen (jusqu’en 1887), Joseph Devolder (jusqu’en 1890), Ernest Mélot (jusqu’en février 1891). Le choix de Jules de Burlet, en mars 1891, fut plutôt bien accueilli, par le chef de l’État, et aussi par le Parlement, même au sein des députés de l’opposition.

Enfin, Juliette Pire a rencontré, en mars dernier, Michel Dubuisson, historien et directeur adjoint de l’abbaye de Villers. Elle s’est entretenue avec lui sur les nouveautés du site : ouverture du nouveau centre du visiteur en 2016, lancement de l’ardoise tactile en 2017 et aménagement des jardins, du sentier méditatif et de la colline en 2018. Et les projets ne manquent pas : mise en valeur du patrimoine de l’abbaye par la création, entre autres, d’un espace lapidaire, d’expositions de photos anciennes… tout en préservant l’authenticité et la beauté du site. Nous vous invitons à redécouvrir ce patrimoine cistercien exceptionnel.

N’oubliez pas non plus notre prochaine balade, le 26 octobre, à Rixensart et Genval. Nous vous y attendons très nombreux.


Françoise Mirguet

Directrice de rédaction, f.f


Revue d'histoire religieuse du Brabant wallon, Tome 33, 2019, 2
64 pages – 7,00 € ( + frais d’envoi  : 3 timbres : 2,76€)

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Ce deuxième numéro de 2019 nous emmène à Braine-le-Château. Éric Meuwissen, sous le titre accrocheur de Quand les Robiano faisaient, avec le bedeau et son éminence, la pluie et le beau temps à Braine-le-Château, nous partage le destin – et l’histoire – de trois générations d’une famille nobiliaire brabançonne catholique : Eugène, Léon et Stan de Robiano. L’achat, en 1835, du vieux castel brainois et de ses terres par un noble allait à l’encontre de la tendance du moment qui voyait la nouvelle élite bourgeoise, capitaliste et industrielle, désirer s’appuyer sur la propriété terrienne. Dans leur château, les Robiano refusent de se mêler : pas de mésalliance, pas de lien avec la bourgeoisie, le monde des affaires, le peuple ; on reste entre soi. Seule compte la possession de la terre et son corollaire, l’accessibilité aux postes politiques et honorifiques, favorisée par le régime du cens. Un lien social fort, teinté de paternalisme, unit cependant le châtelain et ses « sujets », sous la houlette du clergé local.

Aristocrate, châtelain, bourgmestre, sénateur, les Robiano ont eu la main sur la commune, leur château, leurs gens, leurs terres et l’église, tout au long du 19e siècle. La « guerre scolaire » et les débuts de la réforme électorale mirent un tant soit peu un frein à cette domination. Désormais, le château familial n’est plus que demeure privée et non plus le symbole d’un mode de vie ancestral.

Après avoir découvert les trésors du patrimoine des « Églises ouvertes » lors du premier week-end de juin, nous vous suggérons les prochaines « Journées du patrimoine » les 7 et 8 septembre, avec pour thème « Le patrimoine sur son 31 » et, bien sûr, notre prochaine balade, le 26 octobre, à Rixensart/Genval. Nous vous y attendons très nombreux.


Françoise Mirguet

Directrice de rédaction, f.f

Revue d'histoire religieuse du Brabant wallon, Tome 33, 2019, 1
88 pages – 9,00 € ( + frais d’envoi  : 3 timbres : 2,76€)


                                                                                                                                                                             Liminaire

Éric Bousmar évoque dans les premières pages de ce numéro la figure de Paul Wynants (1954-2018), historien namurois et nivellois, inopinément disparu fin décembre 2018. Chargé d’enseignement aux Facultés namuroises, devenues l’UNamur, administrateur et brillant gestionnaire, historien et chercheur prolifique, axé sur la vie politique belge et le monde catholique au sens large, P. Wynants était aussi un des fondateurs du Chirel Bw. Membre du Conseil d’administration, du Comité de rédaction, il apporta son aide à de multiples projets. Il signa aussi de nombreux articles parus dans les pages de notre revue.

Dans l’entretien qu’il accordait aux Alumni de l’UNamur en 2018, Paul Wynants avouait qu’il allait poursuivre les recherches sur le ministre Jules de Burlet, dont il avait déjà étudié la carrière communale à Nivelles (conseiller, 1872-1895 ; bourgmestre, 1872-1891) et la carrière parlementaire. Il voulait désormais
« s’attaquer » à sa carrière ministérielle… Dans l’article qu’il propose pour ce premier numéro de 2019, Les avatars d’une reconstruction d’église. Le cas du Spluc à Nivelles (1855-1891), Paul Wynants nous décrit les péripéties autour de l’église actuelle Notre-Dame du Saint-Sépulcre et Saint-Paul, qui a succédé à l’ancienne église du Saint-Sépulcre, désacralisée en 1891 et que tous les Nivellois surnomment le Spluc. Son article rappelle les principales difficultés politiques, urbanistiques et financières auxquelles la reconstruction de l’édifice a donné lieu, durant la seconde moitié du 19e siècle. Mais l’avenir de cet édifice pleinement inscrit dans la topographie urbaine et dans la mémoire collective des Nivellois est aujourd’hui bien incertain !

Dans Les ouvriers du Réveil (2). Les pérégrinations d’un lecteur de Bible en Brabant wallon (1857-1880), Jean-Louis Moreau poursuit ses recherches dans les archives de l’EPUB (Église Protestante Unie de Belgique) dont il vient de terminer le classement et la publication des inventaires. La richesse de ces archives concernant le Brabant wallon l’incite à nous faire revivre les pérégrinations d’un lecteur de Bible, Paul Bouton, durant la seconde moitié du 19e siècle. La tâche de celui-ci est plus vaste que celle du simple colporteur, chargé seulement de vendre les Livres ; sa mission s’apparente à celle de l’évangéliste ou du pasteur, sans toutefois célébrer la Cène et les sacrements. Grâce aux rapports mensuels laissés par Bouton tout au long de son activité d’évangélisation (1867-1904), nous pouvons suivre le chemin parfois difficile, pour les nouveaux adeptes, qui mène à la foi protestante. Dans la seconde partie de son article, Jean-Louis Moreau nous décrit, toujours grâce aux rapports de l’infatigable Bouton, l’évolution historique et doctrinaire des diverses communautés de la Société Évangélique Belge (SEB) en Brabant wallon. Biez et Ohain, où la présence protestante est la plus an-cienne ; Céroux, Clabecq et Ittre où une communauté est attestée début des années 1860 ; Sart-Dames-Avelines et Court-Saint-Étienne (à Faux) dès 1874 ; Wavre, voire pour un temps Braine-le-Château. Mais à partir de 1889, l’activité de Bouton se concentra sur Bruxelles, ses rapports perdant de ce fait tout leur intérêt pour l’histoire du protestantisme en Brabant wallon.

La parution de ce premier fascicule de 2019 est l’occasion de rappeler, à tous ceux qui l’auraient oublié, de renouveler leur abonnement. Aidez-nous aussi à diffuser nos publications. Nous en avons besoin !


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Directrice de rédaction, f.f.

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