2017

Revue d'histoire religieuse du Brabant wallon, Tome 31, 2017, 4
64 pages – 8,00 € ( + frais d’envoi  : 2 timbres)

Liminaire

Ce 3 novembre 2017, Philippe Annaert nous a quittés. Il avait accepté, au départ d’Isabelle Parmentier, de reprendre la charge de directeur de rédaction de notre Revue d’histoire du Brabant wallon.

Avec enthousiasme, compétence et simplicité. Qu’il en soit ici remercié. Le prochain numéro de la Revue lui rendra hommage.

Ce no spécial commémore les 500 ans de l’affichage des 95 thèses de Martin Luther sur les portes de l’église du château de Wittemberg, symbolisant le début de la Réforme.

Il nous plonge dans le passé et le présent du protestantisme en Brabant wallon.

Michel Hermans évoque l’évolution, dans l’historiographie protestante et catholique, des représentations touchant Luther et le catholicisme. D’une vision idéalisée et négative, on est passé à une présentation plus nuancée de l’homme et des causes de la Réforme.

Jean-Louis Moreau retrace les avancées du protestantisme en Brabant wallon entre 1837 et 1857. Depuis juin 2016, il travaille, en compagnie de son épouse, Annette Hendrickx, au traitement du vaste fonds des archives (275 m) de l’église protestante unie de Belgique (EPUB). C’est dire qu’il connaît bien les sources. Son article fourmille d’informations sur la manière dont l’évangélisation fut menée en Brabant wallon : un réseau de colporteurs, d’évangélistes et de pasteurs, souvent étrangers, vont susciter, par un travail souvent harassant, des communautés, qui connaîtront des réussites, mais aussi des échecs. Il examine quelques-unes des causes qui expliqueraient l’arrêt relatif de l’implantation de la religion protestante dans notre contrée.

André Tihon, quant à lui, dresse l’inventaire des communautés protestantes actives en Brabant wallon aux 19e et 20e siècles. Il se base sur la Bibliographie du Protestantisme belge d’Hugh Robert Boudin.

Monique Weis présente les collections du pasteur et historien Émile M. Braekman. Celui-ci, jusqu’à son décès en 2013, constitua une bibliothèque impressionnante sur le passé et le présent des Églises protestantes en Belgique, en Europe et en Afrique centrale, que sa veuve a mise à la disposition des chercheurs. L’article évoque le parcours académique et professionnel du pasteur, son engagement, ses travaux et se termine par une présentation de la presse protestante en Belgique, principalement conservée au CIERL à l’ULB.

Marie-Astrid Collet-Lombard nous plonge dans le présent du protestantisme : l’entretien très convivial avec Madame Yolande Bolsenbroek, pasteure de la paroisse protestante réformée de Rixensart, nous conte son parcours, la manière dont elle a investi son ministère et les difficultés rencontrées en tant que femme pasteure. Elle nous parle aussi de la communauté locale, des activités ordinaires et de celles en lien avec le 500e anniversaire.

Dans la rubrique « Au fil des trouvailles », Magaly Leduc et Marie Astrid Collet-Lombard nous mènent à la découverte des origines de la communauté protestante de Sart-Dames-Avelines, grâce au récit qu’en a dressé le comte Goblet d’Alviella, en 1876.

D’ores et déjà nous pouvons annoncer une étude, dans le premier fascicule de 2018, sur l'architecture de quelques temples protestants des 19e et 20e siècles. Nous la devrons à la plume de Julien Maquet et Laurence Druez, auteurs du volume sur Le patrimoine architectural protestant de Wallonie, paru récemment aux Éditions de l'Académie.

Nous souhaitons à tous nos lecteurs, abonnés ou occasionnels, une excellente fin d’année 2017. Toute l’équipe de la Revue d’histoire du Brabant wallon sera ravie de vous savoir présents en 2018. N’oubliez pas de vous réabonner. Votre soutien est indispensable pour nous aider à faire connaître le patrimoine de notre province et à envisager un avenir plus serein au Chirel Bw !

Françoise Mirguet

Directrice de rédaction f.f.



Revue d'histoire religieuse du Brabant wallon, Tome 31, 2017, 3
128 pages – 13,00 € ( + frais d’envoi  : 2 timbres)


Liminaire

 

À l’occasion du Millénaire de l’église Notre-Dame de Mousty, le Chirel Bw a voulu commémorer l’événement par la publication d’un numéro spécial de la Revue d’histoire du Brabant wallon
consacré à cet édifice peu connu, mais combien remarquable, ainsi qu’à la problématique des églises préromanes et romanes en Europe, qu’illustre fort bien ce monument emblématique du patrimoine
architectural brabançon.

L’histoire religieuse du Brabant wallon au Haut Moyen Âge demeure fort mal connue. Si l’on excepte le site de l’abbaye de Nivelles dont on connaît dans les grandes lignes l’évolution depuis le milieu du 7e siècle,
il n’y a guère d’autres lieux qui témoignent de la première évangélisation de notre région et de l’organisation paroissiale primitive qui en découle. Les grandes institutions monastiques qui forment l’ossature de la
vie religieuse sous l’Ancien Régime, n’apparaissent que plus tard, au cours des 11e, 12e et 13e siècles. Les prieurés bénédictins de Basse-Wavre (1092) et de Hamme (1140), les abbayes cistercienne de Villers
(1146) et norbertine d’Heylissem (1129), les communautés de moniales cisterciennes d’Aywières (1211), Florival (ca 1210), La Ramée (1215), Valduc (1232) et Wauthier-Braine (1230), ou encore la
commanderie templière de Vaillampont (1174) et la commanderie hospitalière de Chantraine (1175), ont laissé des traces plus ou moins importantes. La plupart de ces témoignages monumentaux sont cependant
fort tardifs et seule l’abbaye de Villers peut nous donner une idée assez précise des réalisations architecturales des 12e - 13e siècles. C’est aussi de cette époque que datent des édifices comme les églises
Saint-Médard à Jodoigne et Saint-Martin à Tourinnes-la-Grosse, dont la nef remonte peut-être au 10e siècle. On rencontre aussi des fragments plus ou moins importants d’édifices romans à Bomal, Folx-les-Caves,
Geest, Grand-Rosière, Jandrain, Linsmeau, Marilles, Mont-Saint-André, Neerheylissem, Noduwez, Roux-Miroir ou Zétrud, voire encore quelques pièces de mobilier tels que les fonts baptismaux de Gentinnes
ou de Beauvechain.

Au cours des siècles qui précèdent cette efflorescence des édifices religieux, on ne dénombre finalement qu’un tout petit nombre d’édifices qui pourraient s’inscrire dans le cadre de la vaste enquête sur
l’architecture religieuse des 4e - 10e siècles ou projet CARE (Corpus architecturae religiosae europeae), dont Laurent Verslype, Inès Leroy et Amélie Vallée nous entretiennent à la fin du présent volume.
À l’opposé de Nivelles, le monastère fondé par sainte Adèle au milieu du 7e siècle à Orp-le-Grand, conserve une remarquable église romane, dotée d’une crypte, qui remplace un édifice plus ancien. En revanche,
à Incourt, on ne trouve plus aucune trace de la collégiale fondée vers 1036, dont le siège fut transféré à Saint-Pierre de Louvain en 1456. Cette institution devait être assez similaire à celle que nous découvrons
à Mousty, vers la même époque. À travers sa contribution,
Éric Bousmar nous entraîne à la découverte de cette église millénaire et nous en fait revivre la fort riche histoire. L’édifice témoigne lui-même des
différentes étapes de son évolution, qui vit un petit chapitre de chanoines, fondé sans doute par le seigneur du lieu, céder peu à peu le pas à la paroisse que nous connaissons encore aujourd’hui.
L’étude architecturale minutieuse de Patrice Gautier, Louise Hardenne et Christophe Maggi, nous permet d’appréhender directement l’histoire du monument et de déceler concrètement les traces de son
histoire millénaire, que la pierre conserve précieusement pour le plaisir de nos yeux.

 

Philippe Annaert

Directeur de rédaction



Revue d'histoire religieuse du Brabant wallon, Tome 31, 2017, 2
64 pages – 7,00 € ( + frais d’envoi  : 2 timbres)

Liminaire 

Ce fascicule estival nous entraîne dans le passé mais, une fois n’est pas coutume, nous projette aussi dans l’avenir. Il nous éclaire sur l’histoire du Brabant wallon et nous incite à nous interroger sur son futur. Car les traces que nous préservons aujourd’hui permettront aux générations de demain d’écrire l’histoire, et les projets que nous lançons maintenant se concrétiseront à moyen ou long terme.

Jérôme Graff, jeune titulaire d’un master en histoire, diplômé à l’UCLouvain, fait le point sur une des multiples associations d’Ancien Régime : les serments. Il envisage le cas des serments nivellois dans une perspective d’histoire sociale et explore les différentes facettes de ces groupes dont les noms sont restés dans la toponymie nivelloise.

La suite du volume est faite de deux entretiens, réalisés par Marie-Astrid Collet-Lombard, historienne, chargée de projets au Chirel Bw. Le premier concerne Monseigneur Albert Houssiau, ancien évêque du diocèse de Liège, dont la route a croisé celle de notre association, à ses débuts ; le second est celui de Juliette Pire, historienne active au Chirel Bw, jeune recrue attachée à ses racines. Tous deux nous offrent un regard sur le travail de l’historien, l’importance des archives et de leur préservation.

Marie-Astrid Collet-Lombard nous livre également une contribution relative au patrimoine mobilier religieux de notre province, et aux initiatives prises en Belgique à ce sujet, tant du côté néerlandophone que, plus récemment, du côté francophone. Il s’agit là d’un enjeu important, et d’un patrimoine qui requiert l’attention de tous, car il n’y aura pas trop de bras et de têtes pour le répertorier, le préserver, le connaître, le valoriser : paroissiens, évêques, fabriques, associations d’histoire (telles que le Chirel Bw) auront sans conteste un rôle à jouer si l’on ne veut pas que ce mobilier disparaisse, se détériore, soit méconnu ou soit oublié.

En guise d’invitation à la balade et grâce à des photos transmises par l’abbé André Tihon, professeur émérite des Facultés Saint-Louis à Bruxelles et président d’honneur de notre association, Marie-Astrid Collet-Lombard a rédigé quelques pages sur une journée touristique d’archivistes des Agr, en 1943.

Quant à moi, j’ai souhaité attirer l’attention des lecteurs sur un nouvel outil à disposition des chercheurs. Il s’agit de la plateforme de numérisation des journaux quotidiens de la Bibliothèque royale de Belgique intitulée BelgicaPress. En quelques clics, elle vous permettra de sonder les journaux des 19e et 20e siècles sans avoir à vous déplacer… De quoi révolutionner les recherches dans la presse !

Nous vous souhaitons une bonne lecture et un bel été !

 

Isabelle Parmentier

Directrice de rédaction

 Ps : Vous qui appréciez notre revue trimestrielle, n’hésitez pas en parler autour de vous (fabriques d’église, AOP, connaissances, bibliothèques, …) ! Merci de votre soutien.




Revue d'histoire religieuse du Brabant wallon, Tome 31, 2017, 1
64 pages – 7,00 € ( + frais d’envoi  : 2 timbres)

Liminaire

 Ce premier fascicule de l’année 2017 vous permettra une immersion dans deux pages très différentes de l’histoire du Brabant wallon. D’une part, l’épisode de l’érection de la statue de Tinctoris et la vie politique de Nivelles à la fin du 19e siècle ; d’autre part, la Première Guerre mondiale et le sort des femmes qui ont eu des relations sexuelles avec l’ennemi.

S’intéressant à la polémique née autour de l’installation d’une statue en l’honneur du théoricien musical du 15e siècle, Johannes Tinctoris, prétendument nivellois, Paul Wynants a pris la plume une fois de plus pour notre grand plaisir afin de nous permettre de comprendre les clivages quasi passionnels de la politique locale, Catholiques d’un côté, Libéraux de l’autre. L’auteur, professeur à l’Université de Namur et doyen de la Faculté de sciences économiques, sociales et de gestion, connaît bien cette période tumultueuse qu’il a déjà étudiée à de multiples reprises, comme en témoignent les nombreux articles accueillis dans notre revue (voir la liste sur sites.google.com/site/chirelbw2/). Dans la présente contribution, il éclaire, notamment grâce à une analyse de la presse de l’époque, le processus d’instrumentalisation de l’art et des commémorations par les collectivités territoriales tel qu’il s’est donné à voir à Nivelles, mais qui est, plus largement, un phénomène typique de la politique culturelle des villes.

La situation des femmes en temps de guerre est un sujet délicat. Mobilisant des archives religieuses (rapports de curé), mais aussi de nombreuses autres sources, Laurie De Coster a étudié le cas des « femmes à Boches », c’est-à-dire des femmes ayant eu des relations sexuelles avec les Allemands pendant la Grande Guerre et considérées comme des traîtres. C’est un sujet pour lequel la recherche documentaire n’est pas facile, car il touche à la fois à la vie privée et à un phénomène tabou. Néanmoins, à la faveur du mémoire de master qu’elle a mené à l’UCL et dont elle nous livre ici un résumé, Laurie  De Coster a collecté des témoignages qui lui permettent de mettre en évidence quelques parcours de vie et situations en Brabant wallon.

Enfin, nous attirons également votre attention sur plusieurs activités à venir dans lesquelles notre association s’est investie : la conférence/table ronde du 19 mai, sur les origines architecturales de l’église Notre-Dame de Mousty, dans le cadre de son Millénaire, et la 20e balade du Chirel Bw le 3 juin (d’Haut-Ittre à Bousval en passant par Waterloo et Vieux-Genappe) dans le cadre du week-end Églises Ouvertes sur le thème « Faites bouger les pierres ».

Merci encore aux membres de soutien et d’honneur de notre revue et à ceux et celles qui ont répondu à notre appel aux dons ! N’hésitez pas à parler du Chirel Bw autour de vous, n’oubliez pas de vous réabonner pour 2017, voire d’offrir un abonnement à vos proches. Pâques s’approche : c’est l’occasion de conjuguer Chirel et chocolat !

Isabelle Parmentier

Directrice de rédaction