Ordres de Chevalerie

 Historique


Les Ordres religieux militaires sont logiquement nés dans les zones où les chrétiens affrontent musulmans ou païens. Ces zones sont au nombre de trois :

          • La Terre Sainte, pour le Temple, l'hôpital, Saint-Lazare
          • La Péninsule ibérique pour Calatrava, Aviz ou Santiago...
          • La Prusse-Orientale pour les Porte-Glaive, les Teutoniques ou Dobrin.

Certains sont apparus avec dès l'origine les caractéristiques des ordres militaires, comme les Templiers en 1118. D'autres sont l'évolution d'ordres hospitaliers, c'est-à-dire de communautés ecclésiastiques dont le rôle primordial est l'assistance aux malades. Parmi ceux-ci, l'Ordre de l'Hôpital de Saint-Jean est évidemment le plus important.

Pour soutenir leur action guerrière dans ces contrées souvent inhospitalières, les ordres bénéficient de l'apport financier d'un réseau de possessions en Occident, appelées commanderies. Possessions grâce auxquelles ils ont souvent été vecteurs d'innovations techniques, notamment pour le système de gestion financière des Templiers.


Dans l'histoire des ordres militaires, on distingue une cassure très nette : le moment où il ne sont plus en mesure d'accomplir leur rôle principal dans la région qui les a vus naître. En 1291 avec la chute de Saint-Jean d'Acre, les ordres de Terre Sainte entament un reflux vers l'Occident. Les Templiers paient le prix de ce repli sur leurs possessions en 1312 où ils sont supprimés par le pape, à la suite d'un procès en hérésie. L'Hôpital s'enrichit alors des dépouilles du Temple et continue sa mission guerrière à Chypre puis Rhodes. Pour les ordres prussiens et ibériques, c'est le xive siècle qui voit la fin de la particularité des ordres militaires et leur stabilisation en puissances foncières. Les ordres ibériques seront progressivement soumis au contrôle royal, comme au Portugal dès le xive siècle et en Espagne sous les Rois catholiques. Les chevaliers ont dirigé un État en Prusse-Orientale, à compter de 1231, qualifié de monastique. Puissance foncière, cette théocratie a conféré aux moines-soldats des pouvoirs cumulés sur les terres annexées et a duré jusque 1525, date à laquelle, après conversion la religion réformée de Luther, elle finit par se séculariser en duché (laïc) de Prusse-Orientale

Au cours de l'époque moderne, la plupart des ordres disparaissent ou perdent leur caractéristique. Seul survit de nos jours l'ordre de l'Hôpital ou de Malte, qui est revenu à son premier rôle d'ordre hospitalier sans toutefois abandonner son titre d'ordre militaire.







Description et Organisation

 

La caractéristique des ordres militaires est la fusion du mode de vie des communautés d'ecclésiastiques, moines ou chanoines, avec une action guerrière.

Les membres de ces ordres sont donc des combattants, souvent des milites combattant à cheval, des chevaliers. Tous les combattants ne sont pas obligatoirement issus de la noblesse, mais peuvent être recrutés parmi la paysannerie libre. Dans ce cas, ils ne sont pas chevaliers mais sergents d'armes. Seuls les chevaliers revêtent le manteau de l'Ordre auquel ils appartiennent (blanc pour les Templiers et les Teutoniques, noir pour les Hospitaliers).

Tous obéissent à des règles de vie en communauté qui sont celles de religieux. Ces règles sont souvent calquées sur celles d'ordres monastiques, comme la règle cistercienne adoptée par les ordres hispaniques, ou canoniaux, comme la règle de saint Augustin.


Toutefois, comme il existe dans les monastères des frères dont le rôle propre n'est pas de prier mais de subvenir aux besoins de la communauté, il existe dans les ordres militaires des frères servants dont le rôle est de soutenir l'Ordre et son activité de combat par leur travail: ce sont les frères de métier (ou sergents). 

Les paysans qui exploitent les terres des commanderies ne font pas partie de l'ordre mais bénéficient de sa protection spirituelle.

À l'exception du Temple, les ordres admettent généralement les femmes pour les fonctions liées à l'activité hospitalière et charitable. Les donatrices de l'Ordre du Temple peuvent uniquement prétendre au statut de sœur du Temple.

Les ordres militaires intègrent des prêtres (souvent appelés  frères chapelains) pour célébrer l'office divin et assurer l'accompagnement spirituel. Tous les autres frères sont des laïcs ayant prononcé des vœux religieux.

Ce sont néanmoins les combattants qui occupent tous les postes de direction dans une structure strictement hiérarchisés. À la tête s'en trouve souvent un maître ou grand maître, ne répondant qu'au pape, permettant à l'ordre d'échapper à l'autorité des évêques et aux juridictions épiscopales. Le maître est généralement entouré de dignitaires tels le grand commandeur, le maréchal, le turcopolier commandant lesturcopoles...

À la base de l'organisation, on trouve la commanderie, circonscription regroupant des terres et maisons appartenant à l'ordre et dirigée par un commandeur. Entre ces commanderies et l'état-major de l'ordre, on trouve généralement des structures intermédiaires telles les baillis et les provinces pour le Temple, les prieurés et les langues à l'Hôpital... Les ordres implantés dans les pays ibériques ont créé une structure nationale chapeautant les commanderies locales : l'encomienda mayor (en espagnol, la commanderie majeure ou principale).