Claude
 

Qui suis-je ?

En tant qu'artiste je considère que le savoir est dans le livre. J'ai
souvent lu pour connaître, toujours avec plaisir et régulièrement avec joie.

Même un livre que je n'ai pas aimé m'apporte quelque chose, je ne ferme jamais la porte à un auteur car un livre que je lis c'est un livre que j'ai voulu lire. Mes choix sont mûrement réfléchis. Ils font partie d'une même démarche : celle de l'artiste que je suis. Je ne lis pas uniquement par plaisir mais aussi pour réfléchir sur l'écriture, sur le sens des mots, sur leur place dans la société et au final, après avoir tout décanté cela profite à ma propre vision de l'art, l'infirmant ou non. Je ne lis jamais gratuitement. Mes choix de lecture sont orientés par les projets sur lesquels je travaille, par ma théorie de la création et les objectifs que je me suis donné en tant qu'auteur.
 

C'est aussi un moyen d'appréhender la vie. C'est à chaque fois un éclairage sur le questionnement quotidien de l'homme. A travers l'art, car j'associe autant la lecture de romans que d'essai on peut trouver des explications bien souvent fragiles. L'art, la lecture, le savoir, est une façon de prospecter l'existence, de palper le réel et l'accessoire de nos choix de vie.  Il y a dans chaque lecture les réponses nouvelles a de vieilles questions, des réponses qui en chassent d'autres plus anciennes renouvelant l'eau de l'aquarium qui reste cependant avec le même fond de gravier et les mêmes plantes. Les questions fondamentales demeurent avec ces réponses qui doutent à chaque respiration.


Mes auteurs fétiches

André Malraux
André Malraux est le premier auteur que j'ai rencontré. C'est « La voie royale » qui m'a ouvert les portes de cet homme qui devint mon guide spirituel. Fasciné par l'écrivain et le théoricien de l'art, je ne m'intéressais que peu à l'animal politique. Son sens du récit et ses descriptions psychologiques  ont eus une grande influence sur mon parcours de scénariste. Ses écrits sur l'art achevèrent de construire l'adolescent que j'étais.

Leon Tolstoï
Seconde rencontre vitale, une rencontre qui fut aussi importante pour moi qu'est celle avec la Bible pour certains chrétiens. « La guerre et la paix » m'a projeté de l'adolescence à l'âge adulte, c'est un roman qui a accompagné mes premières années dans le monde sans la protection de mes parents. Là encore les enseignements existentiels de Tolstoï s'accompagnèrent d'enseignements artistiques et modelèrent ma vision de l'art.

Peter Handke
Dans la foulée de ma découverte de Tolstoï, grâce à Wenders dont c'est un ami, je me suis plongé  dans les romans de Peter Handke en commençant par « L'heure de la sensation vraie » et ensuite « La femme gauchère » et « Histoire d'enfant ».  Alors que je fus un indéfectible du romancier, avec le temps, comme pour Rohmer, je me suis détaché de l'oeuvre de l'écrivain autrichien sans pour autant renier l'apport tant humain qu'artistique que je lui dois.

James Lee Burke

Ma dernière rencontre et non des moindres est survenue alors que je recherchais un cadre dans lequel faire évoluer un projet de polar. Je ne savais pas quand j'ai acheté « La pluie de néon » que la découverte de James Lee Burke allait se révéler aussi importante que les trois autres. Ecrivain au sombre lyrisme il s'accorde très bien au pessimisme qui est le mien.


Solaris