Présentation succinte

    
Ce château est le fief historique des seigneurs de la Vieuville, ducs et pairs de France, très importante famille des XVIe et XVIIe siècles, qui compta parmi ses membres à la fois un surintendant des finances sous Louis XIII et la fameuse Marie-Madeleine de la Vieuville, amante du régent Philippe d’Orléans.

    L’histoire commence en 1510. Sébastien de la Vieuville, noble breton ayant accompagné Anne de Bretagne à la cour du roi de France, épousa Perrine de Saint-Waast, héritière du château. Leur fils Pierre, enterré dans l’église de Chailvet avec sa première femme, est sans doute à l’origine de la construction des arcades qui caractérisent le château : œuvre de style renaissance avec galerie superposée, elles constituent une fantaisie d'inspiration italienne, genre absolument inconnu dans la région. L’architecture témoigne du  goût  du commanditaire parmi les plus novateurs de l'époque.

    De 1666 à 1817, le château se transmis le plus souvent par les femmes au sein de la famille Parat, originaires de Soissons. On compte dans les rangs de cette famille de militaires et de financiers un gouverneur de Saint-Pierre et Miquelon et de l’ile de la Réunion. Elle fut la première à exploiter les cendres pyriteuses utilisées comme fertilisant et insecticide, exploitation qui donna naissance à l’usine d’Alun de Chailvet. Puis la famille Brunel, enterrée dans le cimetière du village, reprit le château et l’usine de 1817 à 1924. Elle donna au village plusieurs maires.

    Le château a malheureusement payé un lourd tribut aux deux guerres mondiales. Au cours de la 1ère Guerre mondiale, des obus détruisirent l'aile sud et la partie centrale, toutes deux refaites dans les années 20. Au cours de la 2nde guerre mondiale,  le château fût occupé par l'armée allemande de mai à juillet 1940 et servit d'infirmerie, puis de lieu de stockage de marchandises diverses et d'objets inflammables. Le 28 août 1944, fuyant devant les armées alliées, les Allemands firent exploser trois mines dans les murs de la cave. Les dommages de guerre, représentant 254 495 nouveaux francs permirent de construire deux habitations de type F3 accolées au reste de la façade. 

    Le château fut laissé à l’abandon pendant 20 ans jusqu’en 1981, année du rachat du terrain en friche par l’actuel propriétaire. Les travaux restants portent sur la réfection de la première galerie, le déblaiement puis la restauration de la cave découverte en 2010, ainsi que l’aménagement du jardin dans l’esprit Renaissance.

Localisation

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Mikael Buhé,
19 juin 2011 à 12:53
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