Notes de lecture et documents gaulliens

NOTES DE LECTURE ET DOCUMENTS GAULLIENS

UNE VIE SOUS LE REGARD DE DIEU, LA FOI DU GENERAL DE GAULLE

Laurent de Gaulle, Ed. de l’Œuvre, Paris, 2009

Il s’agit, avant tout, d’un témoignage, celui d’un parent du Général, que l’auteur n’a jamais rencontré en personne, parce qu’il était encore un enfant lors de la mort de son grand-oncle.

Proche de sa tante, Geneviève de Gaulle-Anthonioz (fondatrice de ATD-Tiers-Monde), historien et engagé dans les ONG pour le développe­ment durable, il livre plutôt un acte de foi qu’une démonstration.

Aux paroles du Général, souvent citées, il n’en ajoute que quelques-unes : un extrait d’une lettre au père blanc, François de Gaulle, avant son ordination (p. 115), une lettre à sa sœur, Marie-Agnès Caillau, à propos des défunts (p. 127) et certains textes qui concernent le pape (p. 134) et le Concile Vatican II (p. 136).

Sans être une accumulation de preuves, l’ouvrage n’en reste pas moins attachant, parce qu’il replace la destinée de Charles de Gaulle dans l’éclairage du Saint-Esprit.

(Voir LA CROIX du 29 octobre 2009 : Le Secret du Général, par Brunot Frappat).

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COMMENT RESTER FIDELE A DE GAULLE ?

Aux successeurs du Général dignes de lui,

1. Le gaullisme est une sagesse

Qui s’apprend jusqu’à la vieillesse

Non pas un système éternel

Qui doit se répéter tel quel.

2. Le gaullisme est une pratique

Qui respecte l’homme authentique

Il s’adapte aux situations

En proie aux modifications.

3. "De Gaulle agirait de la sorte"

"Tante Yvonne eût été plus forte"

Parler ainsi est une erreur

Une trahison qui fait peur.

4. De Gaulle dit : soyez vous-même

Inspiré par Dieu qui vous aime

Le dix-huit juin fut un Appel

En accord avec le réel.

10 avril 2010

Au soir d’une rencontre gaullienne

(Extrait du Journal en Vers de J. Boly)

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DE GAULLE, ENCORE ET ENCORE…

C’est le titre de Brunot Frappat, dans LA CROIX (27.04.2010) pour parler des livres de Régis Debray et d’Yves Guéna.

LES GRANDS DISCOURS DE GUERRE DE CHARLES DE GAULLE

Préface de Régis Debray, Ed. Perrin, 2010

Voilà une préface qui fera date dans la destinée gaullienne de Régis Debray, déjà si riche.

Je renvoie à mon De Gaulle et la République des lettres où j’évoque Régis Debray, libéré de Bolivie par de Gaulle (1967), conseiller de François Mitterrand, auteur de A Demain, de Gaulle (1990) où il avoue son rapprochement tardif avec le Général, en dépit d’une gauche, stupidement aveugle (pp. 146-147).

Ces grands discours du Général ne sont pas ceux qui ont fait l’histoire du siècle des acteurs du moment (Churchill, Roosevelt, Staline, Pétain, Hitler…). Ils l’ont plutôt effacée en démontrant que ces discours ont agi, plus tard, avec un effet rétroactif.

Telle est la portée de la préface de Régis Debray qui révèle que de Gaulle de 1940 à 1944, par la parole, le discours, l’écriture, a changé le cours de l’histoire des lendemains de la guerre. En somme, le verbe gaullien se transforme en légende et la légende devient avec le temps, plus réelle que la réalité.

S’il n’y avait pas eu la parole gaullienne, plus efficace que le nombre et l’action de la France libre, la France, abîmée par Pétain, eût été moins que rien dans l’ivresse de la victoire et de la libération. Grâce à la gent gaullienne, salvatrice, la France resta une grande puissance, avec une place assurée à la table des vainqueurs.

Telle est la pertinence de la préface de Régis Debray. C’est une longue démonstration, d’une bonne vingtaine de pages. Il aurait pu, peut-être, nous interpeller davantage, en plus court.

MEMOIRES D’OUTRE-DE GAULLE

Yves Guéna, Fammarion 2010

A la suite de nombreux livres dont Le temps des certitudes (1982) et Catilina ou la gloire dérobée (1984), Yves Guéna, comme il le reconnaît (p.306), évoque plus sa personne que de Gaulle, à la lumière d’un long parcours où il s’est révélé le fidèle des fidèles : Français libre, maire, député, sénateur président du Conseil constitutionnel et de l’Institut du monde arabe. Sous Pompidou, Giscard d’Estaing, Chirac, Sarkozy, il a démontré qu’on pouvait se réclamer du Général, en servant ses succes­seurs.

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JUIN 1940 – LES JOURNEES QUI ONT FAIT LA FRANCE

FIGARO 8.04.2010

L’étrange défaite de Marc Bloch date de 70 ans et les historiens sont d’accord pour dire que la défaite de juin 1940 fut, pour la France, un effondrement. On a pu croire avec Pétain, que c’en était fini d’elle, comme grande puissance.

La plupart des historiens comme Max Gallo et Jean-Pierre Azema sont également d’accord sur les causes.

1. Le Haut état-major n’avait pas mesuré la menace nouvelle du nazisme. Il en était encore à une réédition de 1914.

2. Le fait de ne pas avoir prolongé la ligne Maginot, parce qu’on croyait au rempart de la forêt des Ardennes.

3. Le manque de foi dans la technique du radar connue des savants français dès 1940 et transmise aux Anglais.

4. L’ignorance des rapports du Général sur la guerre de mouvement des blindés groupés en divisions, à cause de la Première Guerre mondiale et de la force du pacifisme.

Il ressort de cette analyse que, si la France semblait morte, le 17 juin 1940 (discours désastreux du maréchal Pétain), l’Appel du 18 juin apparaît, selon Max Gallo, comme une sorte de miracle de la raison : la France continuait le combat, l’Amérique interviendrait, la France serait à la table des vainqueurs.

PS

1940 DE L’ABIME A L’ESPERANCE

Max Gallo, XO Editions

1940 L’ANNEE NOIRE

Jean-Pierre Azema, Fayard

MAI-JUIN 1940 – SOUS L’ŒIL DES HISTORIENS ETRANGERS

Maurice Vaisse, Ed. Autrement 2000

LE MUR DE L’ATLANTIQUE

Eclairage intéressant du bulletin De Gaulle toujours, du Comité Départemental Charles de Gaulle de l’Aube, à propos du Mur, des erreurs allemandes quant au lieu du débarquement et du rôle de Rommel.

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HOMMAGE AUX SOLDATS DU MICRO

Sur les ondes, LA CROIX (29-30 mai)

En ces jours qui précèdent le 18 juin ont été diffusées dans la presse et à la radio, une série de chroniques des studios de la BBC, entendues jadis à Londres "Les Français parlent aux Français".

Quel souvenir inoubliable n’avons-nous pas de cette émission qui nous réunissait chaque soir, dans l’obscurité, autour d’un petit poste de TSF pour entendre les grandes voix de Jean Marin, Maurice Schumann, Jacques Duchesne, Pierre Bourdan, Jean Oberlé, Pierre Dac… !

On reparle, aujourd’hui, comme à la libération, de la question d’"être français". En ces temps d’occupation et de résistance, elle ne se posait même pas. Nous en étions, à l’évidence, de "ces" Français qui parlent aux Français", alors que nous croupissions sous la botte nazie, à l’heure de la débâcle.

Or, le premier "soldat du micro", c’était Charles de Gaulle, l’homme du 18 juin.

Le premier tome, Les Français parlent aux Français (1940-1941), un fort volume de 1 138 pages (Ed. Omnibus), vient de paraître, accom­pagné d’un petit trésor, offert par Jacques Perrin, La Bataille de Radio Londres (1940-1944).

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LE CORPS DE LA FRANCE

Michel Bernard, Paris, La Table ronde, 2010

Pourquoi "Le Corps" ? J’aurais préféré "L’Ame", dans la lignée de Max Gallo. "Le Corps", parce qu’il s’agit sans doute d’une réflexion, inspirée par l’inattendue débâcle de l’armée française, en 1940. Des corps d’armée qui se sont même utilement comportés : Français et Africains, dans la première bataille de chars, en Belgique, jeunes officiers sur les ponts de la Loire, chasseurs alpins, dans les Alpes.

Tandis que la vieille France de Pétain se couchait devant l’Allemagne victorieuse, des écrivains et artistes, tels que Léon Werth, Saint-Exupéry, Henri Calet, Maurice Genevoix faisaient honneur à la vraie France, grâce à l’Appel d’un Général dont il est beaucoup question dans ce livre.

Léon Werth, juif, anarchiste, antimilitariste auquel Saint-Exupéry dédicacera son Petit Prince, en 1943, en est un exemple. "Si jamais de Gaulle débarquait en France ? quel destin !", écrit-il dans son Journal, le 23 septembre 1940. Quel visionnaire lui-même, ce Léon Werth ! D’où la place qui est faite aux soldats canadiens, à fleurs de lys, de juin 1944 jusqu’au "Vive le Québec libre", du chemin du Roi.

La débâcle de 1940 a donc porté des fruits.

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ATLAS DE LA FRANCE LIBRE

Sébastien Alberpelle, Editions Autrement

Pourquoi Atlas ? Il est vrai que les cartes géographiques sont à chaque page, mais la clarté et l’histoire nous donnent pleine satisfaction, à commencer par l’acte fondateur du 18 juin : une seule personne, par son Appel, représentait la vraie France, digne de ses devoirs de continuer la lutte, au détriment du régime de Vichy, en la personne du maréchal Pétain, traître à ses engagements, qui a trompé le peuple français et le monde, pendant tout un temps.

On appréciera, en annexe, la mémoire de la France Libre (plaques et monuments), les grands textes et les notices biographiques.

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JOURNAL 1935-1940

Roland de Margerie, diplomate, Editions Grasset

Margerie fut au cœur du système politique français, au moment le plus crucial. Après le 152e régiment de ligne de Colmar, il devint officier de liaison, puis chef de cabinet du président du Conseil, Paul Reynaud. C’est lui qui présenta le nouveau sous-secrétaire d’Etat à la guerre, Charles de Gaulle, à Winston Churchill, le 9 juin 1940.

Tout allait se jouer le 11 juin, à la conférence de Briare quant au main­tien de la France dans la guerre. De Gaulle, Mandel, Churchill et Margerie furent pour, devinant que le conflit allait se mondialiser. Pétain et Weygand songeaient à capituler. De Gaulle pensait d’abord à un retrait breton. La capitulation de Pétain, le 17, précipita l’Appel du 18 juin et Margerie manqua de s’y rallier sans réserve.

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DE GAULLE SUR TOUS LES FRONTS

et L’OUTRAGE A DE GAULLE

A l’occasion du 70e anniversaire de l’Appel du 18 juin, livres et manifestations se multiplient.

Rien d’étonnant, les Mémoires du Général figurent au programme du bac littéraire 2011. Mais le syndicat national des enseignants du second degré (SNES) lance une pétition contre ce choix.

Naturellement, comme la qualité de Charles de Gaulle, grand écrivain, ne fait de doute pour personne, LE FIGARO réagit par un éditorial retentissant d’Yves Thréard : "L’Outrage fait à de Gaulle". "La bataille menée par le SNES trahit des arrière-pensées politiques. Son registre est celui du procès en sorcellerie, destiné à entretenir la fronde des professeurs contre les réformes en cours dans l’éducation nationale.

Misérable procès syndical". (3 juin)

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L’APPEL DU 18 JUIN

Jean-Louis Crémieux-Brilhac, Paris, Armand Colin, 2010

Voilà le livre le plus court, le plus complet et le plus sûr pour bien connaître les péripéties qui ont fait du 18 juin le jour le plus incroyable de l’histoire de France, car il fallait convaincre Churchill et les Anglais et condamner Pétain, Weygand et Vichy.

Son auteur, âgé de 93 ans, est un ancien sous-lieutenant de la France Libre, le meilleur spécialiste pour décortiquer la genèse de l’Appel. A conserver à sa portée !

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LE MYTHE GAULLIEN

Sudhir Hazareesingh, Gallimard, 2010

Quel livre prophétique ! Il faut être Mauricien et citoyen britannique, nourri de l’histoire de France depuis Jeanne d’Arc et avoir eu pour père un ami de Maurice Druon et d’André Malraux, pour oser introduire Charles de Gaulle, dès son vivant, parmi les mythes.

C’est dès le 18 juin 1940 que de Gaulle a exercé sa fascination sur les consciences et les imaginaires. Et elle a continué pour des raisons qui constituent les chapitres de ce livre étonnant : libérateur, sentiment qui devient raison, inspirateur de l’Appel, père de la nation, pèlerinages à Colombey, icône consacrée.

J’ai senti naître ce mythe lors des funérailles du Général, à Colombey : abondance et recueillement de la foule, piété qui ajoute la confession à la communion, persistance malgré les évanouissements, pour suivre de Gaulle jusqu’à la tombe. Submergée par les condoléan­ces, Madame de Gaulle n’a-t-elle pas daigné nous répondre, de sa main, à ma maman et à moi qui avions franchi des clôtures pour suivre la messe à quelques pas de l’église ?

Ajoutons à ce mythe l’éclairage de Claude Duneton, à propos du nom même "De Gaulle ou de Gaulle". La famille écrit "de Gaulle" depuis des siècles, à Lille (les Maillot du Nord) comme à Paris (Bourgogne), même si le mot viendrait du germanique ancien "Die Walle". De Gaulle s’adresse à tous les de Gaulle (majuscule de situation).

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LES REBELLES DE L’AN 40

Georges-Marc Benamou, R. Laffont, 2010

Mémorialiste de François Mitterrand, Georges-Marc Benamou aborde volontiers, dans plusieurs livres, les sujets qui touchent à l’histoire contemporaine.

Après C’était un temps déraisonnable (A. Laffont, 1999), recueil d’entretien avec les premiers résistants, il rencontre les "rebelles de l’an 40", parmi lesquels : François Jacob (prix Nobel), Germaine Tillion (pour la 2e fois), les pêcheurs de l’Ile-de-Sein, les hommes du BCRA), centre nerveux de la résistance (Bureau central de renseignement et d’action) : Jean Moulin, Pierre Brossolette, Daniel Cordier et naturellement le Français libre Jean-Louis Crémieux-Brilhac, devenu historien, etc.

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LA BATAILLE DE RADIO LONDRES

Les Français parlent aux Français, Editions Omnibus

Je ne me souviens pas, sauf peut-être au plan religieux, qu’un livre m’ait ému, à ce point. La Bataille de Londres, c’est-à-dire, les paroles de l’émission, "Les Français parlent aux Français" (1940-1944) m’ont replongé dans les années les plus décisives de ma vie :

1. Celles de la guerre, de l’occupation et de la victoire qui ont nourri mes plus grandes options.

2. En trouvant le salut dans l’écriture pour immortaliser les héros de la conquête de l’air.

3. En prenant conscience de mes identités wallonne et française, au contact de "Wallonie libre" dans la résistance et de la France humiliée dans la débâcle mais ressuscitée par de Gaulle.

4. En voyant enfin ma volonté d’aller jusqu’au bout de mon offrande sacerdotale, confirmée par le service militaire aux prises avec la pâte humaine la plus défavorisée.

Quel souvenir, toujours vivant, que ces premières mesures de la Cinquième symphonie de Beethoven qui déclenchaient l’envol de l’Espérance : "Ici Londres. Les Français parlent aux Français".

L’intérêt inouï de ce petit livre consiste à faire revivre, en moi, ce que j’avais vécu pendant la guerre. Toutes ces paroles d’espérance, distil­lées, chaque jour (il y en eu plus de 1 500) par les ondes, voilà que je les retrouve, conservées et écrites. Mieux que cela. Je n’y avais jamais pensé, ce livret est un trésor qui me fait pénétrer dans les coulisses de la BBC et mesurer à quel prix et comment elles arrivaient jusqu’à nous. La radio, constamment brouillée par l’ennemi, se révélait être à la fois un pouvoir d’audience infini, un outil de communication incontrôlable et surtout une arme de guerre redoutable.

"Les sanglots longs des violons de l’automne blessent mon cœur…" (Verlaine). Messages codés et mystérieux qui ont servi à la résistance, contribué à la victoire et enrichi notre passion d’écrire.

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LE FIGARO MAGAZINE

N° 1546, 12 juin 2010

Parmi tant d’honneur et d’unanimité, LE FIGARO ne manque pas à l’Appel. Citons les titres : le 18 juin, les premiers compagnons, l’intimité du Général, tous gaullistes et le livre événement d’Eric Bronca, préfacé par Max Gallo : De Gaulle et les Français libres.

Cette publication est à conserver comme un trésor de photogra­phies : celle, avec sa fille Anne : "… C’est une bien grande épreuve. Mais pour moi, cette enfant est aussi une grâce… Elle m’aide à dépasser tous les échecs et tous les honneurs, et à voir toujours plus haut."

De textes aussi ;

"Si je n’avais pas été chrétien catholique, je crois que j’aurais été moins courageux au combat. J’aurais eu peur de mourir alors que je n’ai eu simplement que peur de souffrir."

Mais quel programme que celui de ce 70e anniversaire : à Londres, à Carlton Gardens où un élève du Lycée Charles de Gaulle, de la ville, lira l’Appel et à Paris, au Mont-Valérien et sur l’esplanade des Invalides où sera projeté un spectacle multimédia.

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MON ALBUM DE LA RESISTANCE

Je l’ai conservé et trimballé pendant la guerre. N’est-ce pas la preuve que j’ai fait de la résistance, bien sûr, à mon échelle ? L’objet principal : la photo du général de Gaulle, l’original venu de Wallonie libre et la reproduction venue du collège, grâce à un père professeur. Je possède encore les deux.

C’est-à-dire des journaux clandestins, des tracts, des photos de résistants : l’abbé Paul Firket (qui fut fusillé), Joseph Grégoire d’Orp, un poème du père Leloir, la lettre du regretté Albert Drossart, avant d’être exécuté, le 15 août 1942. Egalement des souvenirs de la libération comme le journal, Le Gaulois.

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DE GAULLE ET LES FRANÇAIS LIBRES

Eric Branca, Albin Michel, 2010, préface de Max Gallo

Ce sera incontestablement l’Album de l’épopée de la France libre : 450 images et un DVD inédit, faits d’actions et de témoignages :

- ceux qui, par devoir envers leurs engagements ont voulu continuer la guerre ;

- ceux qui ont tout donné jusqu’à la mort ;

- celui qui par son Appel, presque seul d’abord, a représenté la Vraie France contre Vichy ;

- celui qui, au nom de la France, a mérité d’être parmi les vainqueurs.

- On n’en finit pas de s’émerveiller et de s’émouvoir, en tournant les pages de cet Album qui nous fait revivre 40-44 : le petit poste de TSF, la carte du front, les paroles salvatrices.

- Une prière de Max Gallo : "Donnez-moi, mon Dieu… ce qu’on ne peut obtenir que de soi."

- Les glorieuses batailles : Bir Hakeim, Koufra, El-Alamein.

- Les grands vainqueurs : Churchill, de Gaulle, Roosevelt.

- Les gens de la BBC : Maurice Schumann, Jean Oberlé, Pierre Bourdan, Jean Marin, Jacques Duchesne.

- Les témoins du 18 juin : Elisabeth de Miribel, Geoffroy de Courcel.

- Les héros de la France libre : René Cassin, Pierre Messmer, Koenig, Leclerc, Muselier, d’Estienne d’Orves, Philippe de Gaulle, Alain de Boissieu, Delattre,

Thierry d’Argenlieu, Catroux, Monsabert.

- Les résistants : Colonel Remy, Colonel Passy, Jean Moulin.

- Les clairvoyants : Reynaud, Mandel, Spears, Bernanos.

- Les résignés : Lebrun, Daladier, Pétain, Gamelin, Weygand, Noguès, Darlan.

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DICTIONNAIRE DE LA FRANCE LIBRE

Editions Robert Laffont, Collection "Bouquins" 2010, 1602 pages

- Rédigé par des dizaines d’auteurs.

- Dirigé par François Broche, Georges Caïtucoli et Jean-François Muracciole.

- Présenté par Max Gallo et Jean-Louis Crémieux-Brilhac.

- Clôturé par Jean-François Sirïnelli.

Une mine qui répond à toutes interrogations, aussi bien un nom propre d’homme et de lieu qu’un événement, une association ou un je ne sais quoi auquel on ne penserait pas.

Du jamais vu dans l’histoire des dictionnaires.

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DICTIONNAIRE AMOUREUX DE DE GAULLE

Michel Tauriac, Editions Plon, 2010

C’est une belle collection qui ne cache pas sa subjectivité et permet de révéler beaucoup de choses. Michel Tauriac était bien placé pour écrire ce volume étant l’auteur de Vivre avec de Gaulle et, avec l’amiral Philippe de Gaulle, d’un très touchant, De Gaule, mon père, en deux volumes.

Ayant consacré le meilleur de mon temps à De Gaulle et la République des Lettres et à la foi chrétienne du Général, dans Mes Grandes Amitiés, je signalerais, d’abord, de mon point de vue, quelques lacunes. Si Barrès, Bernanos, Claudel, Chateaubriand, Malraux, Mauriac, Péguy, ne sont pas oubliés, il est impardonnable de ne pas retenir, parmi les maîtres : Bergson et Vigny, parmi les écrivains : Saint-Exupéry et Teilhard de Chardin et, parmi les figures, dignes d’un rapprochement : Machiavel, Maurras et Nietzsche.

Quant au chapitre sur la foi du Général, il me paraît plutôt faible, en comparaison avec la rubrique "Croyant" de son Vivre avec De Gaulle, nettement plus élaborée, notamment à propos de la "Participation". Personnellement, je vois les choses plus ordonnées : I Chrétien dans sa vie personnelle (Empreinte chrétienne, Vie de foi et de prière, Eucharistie) II Chrétien en profondeur (Face à l’argent, au sexe, à Dieu), III Chrétien dans sa doctrine (Idée de la France, Vision teilhardienne, Valeurs morales).

Par contre, j’ai apprécié les chapitres : Antoing, Dinant, Ecrire, His­toire de France, Instinct, Lettres, Lutte intime… Pas étonnant qu’on y trouve : Fine bouche, Réussites, Tabac… Dommage qu’il n’y ait pas une entrée pour "Wallonie" comme telle (qui a posé et pose encore des interrogations).

Ce Dictionnaire amoureux relève de la loi du genre. Michel Tauriac est certainement un de ceux qui ont le plus et le mieux écrit sur Charles de Gaulle. Son De Gaulle, mon père, il est vrai, grâce à Philippe de Gaulle, fut un formidable succès de librairie. Personnellement, au Dictionnaire amoureux, je préfère, pour la bonne connaissance du Général, Vivre avec De Gaulle, où la personnalité de Charles de Gaulle apparaît à travers trente-trois numéros dont trente-et-un adjectifs : surpre­nant, séducteur, impassible, méfiant, humaniste, coléreux, perfectionniste, pessimiste, déterminé, secret, etc. A ma connaissance, aucun grand homme n’a bénéficié d’une telle approche. Seuls deux chapitres ont pour titre une personne : Malraux (fervent des hautes destinées) et Yvonne (mon amie, ma compagne si brave et bonne).

Reste que le Dictionnaire est avant tout l’œuvre d’un "amoureux", digne d’une vraie préface : "A tous ceux qui ne le connaissent pas encore – Pour qu’ils en tombent amoureux."

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JUIN 40 OU LES PARADOXES DE L’HONNEUR

Philippe de Saint Robert, CNRS Editions, 2010

Un mignon petit volume (60 pages), comme Philippe de Saint Robert en a le secret. A lire absolument. "C’est d’honneur que manque le monde" (Georges Bernanos)

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NOS 18 JUIN : 70 TEMOIGNAGES D’HIER ET D’AUJOURD’HUI

ESPOIR, n° 161 – Eté 2010

Ce numéro de la revue ESPOIR m’arrive après toutes les autres publications sur le sujet. Il est le plus complet et le plus précieux :

1. par le nombre de ses témoignages ;

2. par les textes du 18 juin que l’Unesco a retenus pour la mémoire du monde :

- le manuscrit de l’Appel du 18 juin ;

- l’enregistrement radiophonique de l’Appel du 22 juin ;

- le manuscrit de l’affiche du 3 août ;

- l’affiche elle-même ;

- ainsi que d’autres : 21 mai, 19 juin, 26 juin, 28 juin ;

3. par le détail des événements au fil des jours de l’année 1940 et de l’Appel, heure par heure.

Aucune lacune, à mon sens, sauf peut-être le témoignage de Régis Debray et celui du président Sarkozy, prononcé à Londres, ce 18 juin 2010, alors que Chirac et Giscard d’Estaing y figurent avec plusieurs hommes politiques et que Rama Yade cite, à deux reprises, le nom du président actuel.

A signaler que Philippe de Saint Robert n’aime pas qu’on pare son nom d’un trait d’union.

Joseph Boly