Politique Américaine au Moyen Orient

Panetta jugerait envisageable un raid israélien sur l'Iran dès avril
LEMONDE.FR avec Reuters | 03.02.12 | 09h16

Leon Panetta.

Le secrétaire américain à la défense, Leon Panetta, juge que la possibilité d'un raid israélien contre les installations nucléaires iraniennes dès le mois d'avril gagne en crédibilité, selon des médias américains jeudi 2 février. Le Washington Post a été le premier à se faire l'écho de l'inquiétude croissante du patron du Pentagone.

La chaîne d'information continue CNN a elle aussi fait part de ce constat, citant un haut responsable de l'administration Obama. "Panetta pense qu'il existe une forte probabilité qu'Israël frappera l'Iran en avril, mai ou juin – avant que l'Iran n'entre dans ce que les Israéliens qualifient de 'zone d'immunité' pour commencer à assembler une bombe nucléaire", écrit le Washington Post. "Très prochainement, redoutent les Israéliens, les Iraniens auront stocké suffisamment d'uranium enrichi dans des entrepôts souterrains profondément enterrées, et seuls les Etats-Unis pourraient alors les stopper militairement", poursuit le journal sous la plume d'un de ses éditorialistes, David Ignatius. Le journaliste ne cite pas de source, mais écrit de Bruxelles, où Leon Panetta assiste à une réunion des ministres de la défense de l'OTAN.

Aucun commentaire n'a pu être obtenu auprès du secrétaire à la défense ou du Pentagone. Israël, qui s'en tient à une "politique de l'ambiguïté" sur son propre statut par rapport à l'arme atomique, voit dans le programme nucléaire iranien une menace majeure et n'exclut pas de recourir à la force militaire pour empêcher l'Iran de se doter de la bombe atomique. La République islamique soutient pour sa part que son programme nucléaire ne porte que sur les usages civils de l'atome.

"NÉCESSAIRE D'ENVISAGER UNE ACTION"

Le Washington Post écrit encore que le report de manœuvres militaires communes entre Américains et Israéliens initialement programmées pour ce printemps peut être vu comme le signe d'une attaque israélienne en préparation. En 1981, Israël, qui redoutait à l'époque le programme nucléaire de l'Irak de Saddam Hussein, avait bombardé le réacteur nucléaire d'Osirak. Plus récemment, son aviation a détruit un site syrien suspect en 2007.

Jeudi, dans une rare déclaration publique, le chef des renseignements militaires israéliens, le général Aviv Kochavi, a estimé que l'Iran avait "accumulé quatre tonnes d'uranium enrichi à 3,5 % et près de 100 kilos à 20 %". Une bombe atomique nécessite de l'uranium enrichi à 90 % mais selon des experts occidentaux, franchir ce seuil ne requiert pas de compétences techniques supplémentaires. "Si [le Guide suprême iranien Ali] Khamenei donne l'ordre d'accélérer la fabrication d'une première bombe, nous estimons qu'il ne faudra qu'un an pour y parvenir", a affirmé le général Kochavi. "Si les sanctions ne peuvent empêcher l'Iran de poursuivre son programme nucléaire militaire, il sera nécessaire d'envisager une action", a prévenu pour sa part le ministre de la défense israélien, Ehoud Barak.

d'après : http://www.lemonde.fr/proche-orient/article/2012/02/03/panetta-jugerait-envisageable-un-raid-israelien-sur-l-iran-des-avril_1638335_3218.html


Iran, le scénario d'une guerre possible
Point de vue | LEMONDE | 11.01.12 | 13h46


Depuis septembre 2011, la tension entre Téhéran et Washington s'aggrave. Le dernier épisode en date est la menace iranienne du blocus du détroit d'Ormuz en cas de sanctions sur ses exportations énergétiques. Or la libre circulation des flux énergétiques a toujours constitué pour Washington un casus belli. L'escalade des sanctions glisse vers une guerre, évoquée depuis six ans. Faisant la part de l'amplification médiatique voulue de part et d'autre, mesurons quels gains peuvent espérer les acteurs et quels risques de pertes leur feraient contrepoids.

En Iran, il paraît avantageux de surenchérir dans la lutte entre les factions et les clans tant religieux que laïques (le Guide suprême, Ali Khamenei, le président Mahmoud Ahmadinejad et son beau-frère, Esfandiar Rahim Mashaïe, la puissante famille d'Ali Larijani, président du Majlis, le Parlement) qui se disputent le pouvoir dans la perspective des élections législatives et de la présidentielle de 2013. Les pasdarans (gardiens de la révolution) jouent aussi leur prestige et leur crédibilité de maîtres de la haute technologie militaire.

Ce serait l'occasion de renforcer une unité nationale entamée en plaçant au second plan le mécontentement général à l'égard d'une mauvaise gestion économique qui, aggravée par les sanctions, rend difficiles les conditions de vie. Enfin, un affrontement direct permettrait de rompre l'isolement diplomatique régional dû à la crainte de l'arme nucléaire et à la dynamique des changements de pouvoir dans le monde arabe qui favorise le sunnisme. Se présenter comme le seul Etat qui ose défier la suprématie américaine se révélera payant.

Aux Etats-Unis, le président Barack Obama est sous la pression des républicains mais aussi de nombreux parlementaires démocrates soucieux de la protection d'Israël. Il est temps pour l'administration américaine de faire preuve de fermeté au-delà des mots, même si l'option de l'endiguement a sa préférence.

Il lui faut aussi rassurer les alliés régionaux et donner plus de consistance à cette stratégie d'endiguement, mise en oeuvre depuis deux ans, fondée sur le redéploiement des troupes d'Irak et d'Afghanistan vers la péninsule arabique, la défense antimissiles et, plus discrètement, la garantie nucléaire. Enfin, calmer les impatiences belliqueuses du gouvernement israélien.

EMBRASEMENT RÉGIONAL

Au regard de ces incitations, quels sont les risques ? Washington doit envisager une flambée des prix énergétiques qui aggraverait la crise économique, non sans répercussions sur la croissance des Etats émergents. Il faudra surmonter une forte opposition liée à l'inquiétude des pays importateurs (Japon, Inde, Chine) et celle des Etats riverains exportateurs. Autre risque, la radicalisation des gouvernements arabes islamiques modérés nouvellement élus. Faut-il envisager un embrasement régional ? Ce terme souvent utilisé par Téhéran paraît excessif : ni au Liban (Hezbollah), ni en Irak (armée du Mahdi de Moqtada Al-Sadr), ni à Gaza, et moins encore en Afghanistan, il n'y aurait d'engagement armé automatique en soutien de l'Iran. Par-delà les déclarations enflammées, chacun pèsera son intérêt local.

Le risque terroriste, en revanche, augmentera. Enfin, une action militaire, fût-elle limitée, fournirait à Téhéran un prétexte pour faire jouer la clause de retrait du traité sur la non-prolifération des armes nucléaires au nom de ses intérêts suprêmes.

Le risque pour l'Iran serait de se retrouver en situation d'Etat paria comme la Corée du Nord, ce que Téhéran a pris garde d'éviter. En outre, le régime pourrait essuyer une défaite, eu égard à un rapport de forces conventionnelles favorable aux Etats-Unis. Cette humiliation bouleverserait la donne politique intérieure. Deux options se dégagent : s'en tenir à un affrontement verbal ; faire une démonstration militaire limitée et confuse permettant à chacun de s'attribuer le beau rôle.

Ce dernier scénario peut-il contribuer à résoudre la crise nucléaire en favorisant une reprise du dialogue, chacun ayant sauvé la face ? Tel fut le cas en 1987. L'Iran faisait alors face à l'Irak. Il n'existait pas de programme nucléaire iranien. Une escalade incontrôlée conduirait à une campagne aérienne contre les sites nucléaires et les missiles. Le potentiel iranien en serait amoindri sans être éradiqué.

La situation incite donc à la prudence. La France, non sans ambiguïté, met en garde contre "les risques d'une attaque préventive" porteuse d'une crise dont "elle ne veut à aucun prix". Après dix ans de vaines négociations, l'épreuve de vérité approche. Mais quelle vérité ?

d'après : http://www.lemonde.fr/idees/article/2012/01/11/iran-le-scenario-d-une-guerre-possible_1628306_3232.html


Israël installe ses industries de mort au coeur de New-York

Max Blumenthal - al-Akhbar
publié le mercredi 28 décembre 2011.

Le 19 décembre dernier, le maire de New York Michael Bloomberg a annoncé la création d’un nouveau campus de plus de 350 000 mètres carrés spécialisé dans l’ingénierie et les sciences appliquées au cœur de la ville de New York. La Cornell University basée à New-York et le Technion, Institut israélien de Technologie, ont été sélectionnés pour superviser la nouvelle institution.


« Grâce à ce partenariat exceptionnel et à une proposition révolutionnaire de Cornell et du Technion, l’objectif de New York de devenir le leader mondial dans l’innovation technologique est désormais à portée de main », a proclamé Bloomberg. « Lorsque les gens regarderont derrière eux dans une centaine d’années, je crois qu’ils se souviendront de ce jour comme d’un moment-clé dans la transformation de l’économie de la ville, » a déclaré Robert K Steel, adjoint au maire.

Le partenariat Cornell-Technion se traduira par un nouveau campus universitaire flambant neuf sur la Roosevelt Island, une tranche inactive et longtemps négligée de terre entre les quartiers de Manhattan et du Queens. Une subvention de 350 millions de dollars venue du philanthrope Charles Feeney, complétée de 100 millions de dollars de fonds publics américains permettra de financer la construction du campus. Le projet conjoint a été attribué après une compétition très médiatisée entre plusieurs universités de premier plan, et a été accueillie avec enthousiasme par le bureau du maire, ce qui lui a valu une couverture dans le New York Times. Toutefois, ni Bloomberg ni le Times n’ont pris la peine de mentionner quelques faits qui pourraient avoir choqué les contribuables locaux cantonnés dans le financement du projet.

Présenté comme une initiative normale de recherche et développement qui promet de produire des milliers d’emplois et des centaines d’entreprises « spin-off » [issues de l’institution] de haute technologie, le campus de Cornell-Technion sera une aubaine pour le complexe militaro-industriel des États-Unis et d’Israël.

Pendant des décennies, le Technion a fourni les cerveaux nécessaires à la création des mécanismes complexes de contrôle au profit Israël, afin d’asseoir son emprise sur la Palestine. Grâce à son partenariat avec l’industrie israélienne de l’armement en plein essor, les créations du Technion ont été intégrées dans des forces armées dans le monde entier. Selon la formule du chercheur israélien Shir Hever, le Technion « s’est complètement enrôlé dans l’armée ».

En 2008, le Technion a signé un accord de recherche avec Elbit Systems, le géant israélien pour la production d’armes et de systèmes de sécurité. Elbit est plus connu pour la fourniture du système de surveillance pour le mur de séparation israélien, une barrière de béton longue de 760 km qui s’avance dans la Cisjordanie occupée et qui permet l’annexion par Israël de dizaines de milliers de dunums de terres palestiniennes. La société produit également des drones militaires qui ont été achetés par le Brésil et les forces aériennes américaines. Les responsables d’Elbit organisent régulièrement des séminaires de recrutement pour les étudiants ambitieux du Technion.

Ces dernières années, le Technion s’est distingué dans le domaine de la robotique pour les systèmes d’armes, le développement de certains des plus récents drones aériens et véhicules de combat sans pilote, grâce à sa filiale « Arlene and Arnold Goldstein UAV & Satellite Center ».

Voici quelques créations de Technion destinées à renforcer l’occupation israélienne et à accroître la puissance en violence des véhicules blindés et avions sans pilote dans les guerres américaines et israéliennes en cours :

1 - Le bulldozer D-9 « Black Thunder » sans conducteur

Le bulldozer blindé est une arme essentielle de l’occupation israélienne, qui a contribué à la démolition de 25000 maisons palestiniennes depuis 1967, selon le Comité israélien contre les démolitions de maisons. A certaines occasions, des bulldozers ont été attaqués par des combattants de la résistance et des enfants palestiniens lanceurs de pierres. Mais grâce à l’esprit novateur du Technion, qui se vante d’être le pionnier du bulldozer sans pilote, l’armée israélienne peut démolir des maisons, des oliveraies et des tunnels sans aucun risque pour la sécurité physique de ses soldats. Comme Yaakov Katz, correspondant au Jerusalem Post pour les affaires militaires l’a rapporté : « Le commandement des forces terrestres de Tsahal prévoit de doubler le nombre de bulldozers D9 blindés sans pilote dans l’arsenal de l’unité d’ingénierie après que le véhicule ait fourni des résultats exceptionnels lors de l’opération Plomb durci dans la Bande de Gaza en janvier [2009] ».

2 - Le drone « furtif UAV »

Selon le site Web de la American Technion Society, en 2010 les étudiants du Technion ont conçu « un drone ’furtif’ conçu pour voler jusqu’à 2977 km sans ravitaillement. Il peut transporter deux ’bombes intelligentes’ de 499 kg chacune, et être équipé de différents capteurs (électro-optique, infrarouge et radar) pour permettre le fonctionnement dans l’obscurité et sous toutes conditions climatiques ». L’arme semble être une version sans pilote du B-2 américain « Spirit », connu aussi comme le bombardier furtif.

Selon le Centre palestinien pour les droits de l’homme, l’armée israélienne a assassiné avec ses drones 825 Palestiniens dans la bande de Gaza depuis 2006. La New America Foundation, un groupe d’études basé à Washington DC, a rapporté que l’armée américaine a assassiné plus de 1800 civils et militants au Pakistan pendant la même période.

3 - Le mini-drone « Dragonfly UAV »

Des drones de taille réduite, contrôlables à distance et capables de voler par les fenêtres dans des maisons et des bâtiments pour des opérations délicates d’espionnage sont la dernière folie de la technologie des drones. Les étudiants du Technion ont récemment conçu un drone de 9 pouces (23cm) de long et d’une envergure de 7,9 pouces (20cm), dans un design rappelant une libellule. « La vitesse de l’avion relativement faible lui permet d’entrer facilement dans les pièces même par de petites fenêtres et de renvoyer des images grâce à un appareil photo miniature, » déclare le site Web de la American Technion Society.

Alors que l’industrie en Amérique est à l’agonie, les villes autrefois industrialisées veulent des projets high-tech en recherche et développement afin de stimuler leur économie à court de liquidités tout en remplissant des centres urbains à l’abandon avec une « knowledge class » jeune et en pleine ascension. Le campus de Cornell-Technion NYC, par ses liens directs avec le complexe militaro-industriel américain et l’occupation israélienne, révèle les dessous inquiétants d’un modèle en apparence progressiste de la rénovation urbaine.

Au nom de la transformation de l’économie de la ville de New York, les contribuables ont été enrôlés dans l’univers inquiétant des guerres robotiques « asymétriques », dans lesquelles des cibles humaines sans visage sont liquidées par télécommande. Toute une génération d’étudiants ambitieux à la recherche de carrières dans les domaines de l’ingénierie et des sciences, peut bénévolement fournir ses talents à l’occupation israélienne sans jamais avoir sous les yeux les conséquences de ses réalisations.

Source : http://english.al-akhbar.com/conten... / http://www.info-palestine.net/artic... Traduction : al-Mukhtar

d'après : http://www.protection-palestine.org/spip.php?article11427


Israël va-t-il intervenir contre le nucléaire iranien ?

Charles Enderlin
publié le mardi 27 décembre 2011.

La scène a de quoi intriguer. Vendredi dernier, 16 décembre, Ehud Barak, le ministre israélien de la défense, effectue une visite impromptue aux Etats-Unis pour rencontrer le président des Etats-Unis, non pas à la Maison Blanche, mais, pendant une demi heure, derrière l’estrade du Gaylord Hotel à National Harbor dans le Maryland où Barack Obama devait prononcer un discours devant les 5400 membres du Judaïsme réformé. De quoi ont-ils pu parler ? Quelle information ne pouvait pas être transmise par un télégramme chiffré ou une ligne de téléphone cryptée ? Pourquoi une telle urgence et un tel secret ? Ehud Barak est-il venu recevoir une réponse d’Obama ? Un mot vient à l’esprit : Iran. Là, Amir Oren, le spécialiste des affaires militaires du quotidien Haaretz explique : « Il peut y avoir trois raisons à une rencontre entre un ministre israélien de la défense et un président américain. Transmettre au chef de l’exécutif une information militaire ou diplomatique. Tenter de convaincre le président de changer sa politique, ou, tenter de savoir s’il y a une possibilité de le convaincre d’effectuer une certaine opération. » Oren poursuit. « Si Barak espérait convaincre Obama d’accepter une attaque contre l’Iran au cours des prochains mois, il n’y a aucun signe indiquant qu’il a réussi ». En tout cas, le ministre est revenu du Maryland particulièrement élogieux envers l’administration américaine. Au cours d’une cérémonie à l’occasion de la fête de Hannouca, le 20 décembre, il a remercié les Etats-Unis qui « plus qu’auparavant, sont aux côtés d’Israël en terme de sécurité, alors que les deux pays sont d’accord pour que tout soit fait afin d’empêcher l’Iran d’obtenir l’arme nucléaire. Actuellement la parole est à la diplomatie, on verra après.. »

Israël peut-il lancer une frappe sur le nucléaire iranien sans obtenir le feu vert des Américains ? En tout cas, Benjamin Netanyahu ont, à plusieurs reprises refusé d’avertir Washington de l’imminence d’une telle opération et les responsables de l’administration Obama multiplient les avertissements. Le dernier en date, Leon Panetta, le secrétaire à la défense. Le 2 décembre, lors d’une conférence du centre Saban à Washington, il a répété qu’une intervention militaire contre les installations nucléaires iraniennes ne devait être que le tout dernier recours. De toutes manières a-t-il dit, cela ne servirait pas à grand-chose : « Dans le meilleur des cas, des frappes aériennes retarderaient le programme nucléaire iranien d’un an, peut-être deux. Cela dépend de la capacité à frapper vraiment les cibles qui sont visées. Franchement, certains de ces cibles sont très difficiles à atteindre » Et puis : « Cela ne ferait que profiter au régime actuellement déséquilibré et en décalage par rapport aux soulèvements populaires dans la région. » Et, toujours selon Panetta, cela aurait des conséquences désastreuses pour les économies européennes et américaines en engendrant un cycle de violence incontrôlable au proche Orient.

Un avertissement clair et net auquel Benjamin Netanyahu a répondu indirectement quatre jours plus tard. Prenant la parole, lors de la cérémonie annuelle à la mémoire de David Ben Gourion, à Sde Boker, dans le Neguev, s’identifiant au fondateur de l’état, il a évoqué les décisions fondamentales qu’un dirigeant doit prendre : « Je veux croire que nous agirons toujours avec responsabilité, courage et détermination pour prendre les bonnes décisions, qui assureront notre avenir et notre sécurité » Et de rappeler que Ben Gourion a eu la volonté de « prendre les décisions difficiles, nécessaires afin d’assurer la sécurité et l’avenir d’Israël »… Car il a proclamé l’indépendance d’Israël en dépit des énormes pressions qu’il subissait de l’intérieur et de l’extérieur pour ne pas le faire. L’actuel Premier ministre résistera t-il à toutes les pressions pour donner l’ordre de déclencher la grande opération en Iran ? Il est persuadé que sa mission historique est d’éliminer « la menace existentielle » que constitue le nucléaire iranien.

Pour l’heure, il se heurte à l’opposition de la quasi-totalité des anciens chefs de l’armée et des divers services de sécurité. A leur tête, Meir Dagan, l’ancien patron du Mossad pour qui une frappe israélienne en Iran « serait une idiotie et déboucherait sur une guerre régionale ». A ses côtés, l’ancien chef d’état major, le général Amnon Lipkin Shahak, Youval Diskin ex N°1 du Shin Beth, et le général Ouri Saguy qui a commandé les renseignements militaires. D’après ce que l’on sait, les chefs actuels de l’armée et des divers services sont du même avis mais obéiront à l’ordre s’il vient du cabinet de sécurité où, actuellement, les avis sont partagés. Certains commentateurs israéliens rappellent qu’en 1981 la décision de bombarder Osirak, le réacteur nucléaire irakien, avait été prise par Menahem Begin, sans consulter le gouvernement… En l’occurrence, expliquent ces mêmes experts, une guerre en Iran ne devrait pas avoir lieu avant le mois d’avril prochain. En effet, d’ici là, le ciel est, dans cette partie du monde, trop couvert ce qui gênerait les frappes aériennes. Reste à savoir où en sont les Iraniens. Selon la dernière déclaration de Panetta, le 20 décembre : « Téhéran pourrait développer une arme nucléaire d’ici un an. Moins s’ils ont un centre secret d’enrichissement d’uranium ». Le Pentagone s’est empressé de publier une mise au point. Pour l’instant aucun centre de ce genre n’a été détecté en Iran.

En attendant, et à tout hasard, la défense passive renforce ses préparatifs en Israël. Les exercices, essais de sirènes, mise en alerte de services de secours, d’hôpitaux etc. semblent s’accélérer. La presse et diverses personnalités ont évoqué l’éventualité de ripostes iraniennes. Il y aurait, selon certaines estimations, des dizaines de milliers de victimes israéliennes. Pas du tout, a répondu Ehoud Barak, il y aurait tout au plus 500 morts…

Charles Enderlin

Source : http://blog.france2.fr/charles-ende...

d'après : http://www.protection-palestine.org/spip.php?article11423


L’adhésion palestinienne à l’Unesco sera lourde de conséquences, estiment les médias américains

Agences de presse (via Al Oufok)
publié le mardi 1er novembre 2011.

Dans sa quête de reconnaissance internationale en tant qu’Etat, la Palestine vient de remporter une importante victoire à l’Unesco. Le conseil exécutif de l’organisation des Nations unies pour l’éducation, la science et la culture a en effet approuvé, lundi 31 octobre, par quarante voix sur cinquante-huit, la demande d’adhésion de la Palestine, qui devient donc membre à part entière. Pourtant, la Palestine comptait parmi ses opposants les Etats-Unis, qui n’ont cessé de faire barrage.

Dans un article d’analyse paru le 23 octobre, le journaliste du New York Times Steven Erlanger cite la directrice générale de l’Unesco, Irina Bokova, qui avait déclaré que l’agence onusienne était "au cœur des intérêts sécuritaires des Etats-Unis". Selon elle, les Etats-Unis n’ont naturellement pas "intérêt à se désengager du système de l’ONU". Et le journaliste de conclure : "l’ironie est que l’administration Obama approuve et a fortement soutenu Irina Bokova. Mais les juristes au département d’Etat ne voient pas d’issue à ces lois de 1990 et 1994".

Ces deux lois américaines interdisent le financement d’une agence spécialisée des Nations unies qui accepterait les Palestiniens en tant qu’Etat membre à part entière en l’absence d’accord de paix avec Israël. La contribution financière des Etats-Unis à l’Unesco représente 22 % du budget de l’organisation.

L’ancien sénateur américain et actuel président de la fondation des Nations unies, Timothy E. Wirth, rappelle dans une tribune publiée dans le Los Angeles Times que le président Bush avait "multiplié les efforts pour rejoindre l’Unesco en 2003". Selon lui, la reconnaissance de la Palestine par l’Unesco entraîne de fait une "perte d’influence dans les grandes négociations internationales". Mais l’échec américain à trouver une solution diplomatique au dossier palestinien révèle un recul certain de l’administration Obama. Dans le magazine Foreign Policy, la journaliste et chercheur Rami Khouri observe la "confusion américaine et sa baisse de crédibilité dans son incapacité à faire barrage à la reconnaissance d’un Etat palestinien par l’ONU". Selon elle, "dans ce nouveau monde dans lequel nous entrons, les Palestiniens agissent et Washington réagit", ce qui, selon elle, atteste du recul du pouvoir et de l’influence de la puissance américaine au Moyen-Orient. Au profit de l’Autorité palestinienne ? Mme Khouri cite le professeur de l’université de Los Angeles, Saree Mikdisi, qui relève un certain "embarras" de Mahmoud Abbas face au "pouvoir et à l’autonomie" dont il dispose.

Mais la presse américaine, dans son ensemble, soutient sans surprise la position de l’administration Obama opposée à la démarche d’adhésion à l’Unesco de l’Autorité palestinienne. Dans un éditorial tranché au titre sans équivoque,"La Palestine ne doit pas rejoindre l’Unesco", le quotidien conservateur Washington Times est catégorique : "Il n’y a pas et il n’y a jamais eu un pays appelé Palestine". Et selon l’éditorialiste, Sonia Bloomfield, "le terroriste et chef palestinien Yasser Arafat a inventé un peuple qui n’a jamais existé". Le très influent éditorialiste de CNN et Time, Fareed Zakaria, prend clairement position contre la démarche palestinienne. Dans un éditorial, il explique : "Il n’y a qu’une seule façon de voir émerger un Etat palestinien. Seulement si les Israéliens donnent leur accord. Ils ont la terre, ils ont les armes, ils ont l’argent".

L’éditorialiste, qui précise qu’il est favorable à une création d’un Etat palestinien, met en garde contre la démarche "unilatérale" de Mahmoud Abbas. Selon lui, la seule stratégie à adopter doit être "bilatérale". Mais pour Richard Haass, le président du groupe de réflexion Council on Foreign Relations, c’est bien "la frustration et le désespoir" qui guident la démarche du leader palestinien.

Dans une tribune parue dans Time, il prédit le lourd prix à payer d’une "victoire" palestinienne à l’Unesco : "Les Israéliens pourraient rendre la vie des Palestiniens encore plus difficile en renforçant la sécurité, en étendant les colonies... L’autre risque : l’aide américaine.

Les réactions d’Israël et des Etats-Unis pourraient bien mettre en danger le succès de l’économie palestinienne qui a prévu de croître de 7 %". M. Haass anticipe également les pertes du côté américain et israélien avec l’impact diplomatique que cela pourrait causer dans ce Moyen-Orient compliqué. Outre un renforcement du sentiment anti-américain, pourtant atténué depuis les révolutions arabes largement soutenues par Washington, "cela pourrait mettre en péril le traité de paix entre l’Egypte et Israël de même qu’entre Israël et la Jordanie".

(Lundi, 31 octobre 2011 - Avec les agences de presse)

http://www.aloufok.net/spip.php?art...
D'après : http://www.protection-palestine.org/spip.php?article11253

L’aide américaine à Israël, le seul budget incompressible

Slate.fr
publié le vendredi 21 octobre 2011.




Walter Pincus, journaliste lauréat du prix Pullitzer et éditorialiste respecté du Washington Post, a signé un
article mardi 18 octobre appelant son gouvernement à réduire l’aide américaine à Israël. A première vue, rien d’extraordinaire : un journaliste donne un avis argumenté sur la politique étrangère de son pays.

Sauf qu’il ne s’agit pas d’un sujet anodin aux Etats-Unis. En fait, le spécialiste des affaires étrangères MJ Rosenberg écrit sur le Huffington Post :


« Pour la première fois depuis que je peux m’en souvenir, et sans doute depuis toujours, un éditorialiste grand public respecté appelle les Etats-Unis à réduire leur aide à Israël.


L’aide à Israël est pratiquement le seul programme, intérieur ou extérieur, qui échappe à toutes les propositions de réduction budgétaire au congrès. Peu importe que notre propres armée, le système de santé, la recherche contre le cancer ou des centaines d’autres programmes connaissent des réductions importantes, les amis d’Israël au Congrès, au sein des deux partis, s’assurent toujours que l’aide à Israël reste à son niveau. »

Et l’auteur de ces lignes sait de quoi il parle : MJ Rosenberg a lui-même travaillé au Congrès au sein du comité sur les relations avec Israël et a vu de l’intérieur le processus de protection du budget d’aide vers ce pays. Il raconte comment chaque parlementaire envoie une liste de requêtes portant sur les programmes qu’il veut voir financés, la plupart du temps en relation avec l’intérêt particulier du parlementaire et de la collectivité locale qu’il représente. Seule exception : l’aide à Israël, qui « est apparemment une question locale pour tous les législateurs ».

Ce sont des exceptions comme celle-ci, ou comme la clause qui inscrit dans la loi l’impossibilité de baisser le budget d’aide à Israël, que dénonce Walter Pincus dans les colonnes du Washington Post. Autre bizarrerie : la clause « qualitative military edge », également inscrite dans la loi, exige de prouver que toute vente d’arme à un autre pays du Moyen-Orient « n’affectera pas de manière négative l’avantage militaire d’Israël sur ceux qui menacent Israël ». Problème : l’Arabie saoudite et l’Egypte sont à la fois alliés des Etats-Unis et considérés comme une menace pour Israël.

Selon Rosenberg, l’article de Pincus, en soulignant les contradictions budgétaires de la situation, pourrait aider à faire évoluer la situation au Congrès :


« Cela pourrait changer grâce à une tribune d’un journaliste intrépide, écrivant dans un journal résolument pro-Netanyahou, et de surcroît juif, ce qui le protège de l’accusation d’“antisémitisme” portée contre tous ceux qui remettent en question la politique israélienne des Etats-Unis. »


Source : http://www.slate.fr/lien/45299/aide...
d'après : http://www.protection-palestine.org/spip.php?article11224


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