Mais au fait ?

... c'est quoi le Westrich ?

Une bonne réponse nous est apportée par ce texte de Bernard Riebel, romancier, poète,  membre fondateur de l’amicale des « Artistes Forestiers du Westrich ».

 

LE WESTRICH OU WESTERREICH

 

Le Westrich était un pays fantôme, plein de mystères et de légendes, sans roi ni capitale. Il faisait partie de l'ancienne Lotharingie, le royaume de Lothaire, petit-fils de Charlemagne. Mais, malgré la rareté des documents relatifs à son sujet, il a bien existé. Le terme de Westerreich (Westrich) apparaît pour la première fois dans un document de 1295, relatif au village de Morrisberg. Les historiens sont pourtant unanimes à reconnaître qu'il existait déjà avant ; dans de nombreux documents on le décrivait sans le nommer. C'est dire qu'il est ancien. Westrich signifie littéralement "empire de l'ouest". Mais à l'ouest de quoi ? Eh bien de l'empire germanique, pardi ! Par opposition à l'Autriche, " Österreich ", l'empire de l'est.

De cet empire, essayons d'en tracer les contours. Il faut s'imaginer que la rivière de la Sarre et ses affluents en constituait le seul lien géographique : une véritable colonne vertébrale. Situé entre la Moselle et le Rhin, le pays avait à peu près la forme d'un triangle renversé vers le sud. Au nord, la base de ce triangle se situerait dans l'Allemagne actuelle, et allait de Kaiserslautern à Sierck, en passant par Meisenheim. Au sud, le sommet du triangle était formé par Senones, et à l'est un des côtés passait par le Donon. Les frontières de ce pays sont à ce point approximatives qu'à certains endroits il existe une incertitude de plus de 15 km. Pourtant, en considérant sa forme sur une carte, nous constatons avec stupeur que ses frontières ont la forme précise d'un diamant. Pour cette raison, certains appelaient ce pays "Grüne Diamant" (le diamant vert), car il était (est) essentiellement recouvert par la forêt.

Ses bourgs les plus importants étaient, à l'époque de Goethe qui en parle dans son ouvrage " Dichtung und Warheit " ( Fiction ou réalité) en 1770 : Saarbrücken, Sarrebourg, Fénétrange, Sarrewerden, Sarre-Union, Sarralbe, Sarreguemines, Sarrelouis, Blâmont, Badonviller, Faulquemont, Morhange, Phalsbourg, Bitche, Landstuhl,... pour ne citer que les plus importants.

Il n'y régnait pas davantage d'unité linguistique. Au nord on s'exprimait en langue germanique, dans le sud en latin, en roman, puis en français. Entre les deux on usait d'un patois résultant du mélange de ces langages.

Et d'unité religieuse ? Pas davantage. Les plus illustres familles étaient protestantes, alors que dans la région de Metz le catholicisme était majoritaire.

Nous ne pouvons pas davantage parler de son unité politique ou administrative, car les nombreuses seigneuries avaient transformé cette contrée plus vaste qu'un département actuel, en un gigantesque puzzle déstructuré.

Il reste cependant qu'il existait une unité culturelle que les auteurs Erckmann et Chatrian représentaient parfaitement.

d'après Bernard Riebel