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Ce site est celui des Communautés Chrétiennes de Base de Wallonie et de Bruxelles, en Belgique.

• Vous pouvez consulter les nouveautés dans la partie que nous avons baptisée Nouvelles.

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Échos de la journée
des Communautés de Base du 29 septembre 2019 à Namur

 

Déjà accrochée par l’annonce de cette rencontre « CRÉER DU COMMUN : Réinventer nos solidarités »
qui promettait une approche constructive et, des projets où tout un chacun pouvait s’investir, j’y ai trouvé amplement réponse à mon attente.

Plutôt que des idées éloignées de nos vies concrètes, ce sont des initiatives généreuses et diverses qui nous ont été présentées dans les échanges. J’en reviens avec une vision renouvelée de la force de l’action collective bien pensée « ensemble, on va plus loin ! » et aussi beaucoup de questions.

Bravo à l’équipe organisatrice ! Nous étions une quarantaine de participants, venus de divers coins de la Belgique francophone. Le lieu bien choisi offrait toutes les possibilités utiles : l’auberge de jeunesse de La Plante, le long de la Meuse, est une ruche bourdonnante avec une variété de salles équipées pour des groupes. Même si, pour le repas de midi, l’équipe a dû gérer la présence simultanée d’une autre organisation, je trouve que cela s’est fort agréablement et joyeusement passé.

L’horaire était ambitieux. Bien cadrée, la journée a été dense et variée, alternant moments d’écoute et d’échanges en grand groupe, ateliers en petits carrefours, questions, synthèses, informations, célébration eucharistique puis amicale.

Deux intervenantes nous ont plongés d’emblée dans le concret. Marie-Gabrielle Delcuve a expliqué son engagement dans le Forum des Simplicités, qui propose de découvrir un mode de vie alliant simplicité et bonheur[1]. Mine de rien, n’y a-t-il pas là une piste de réponse, imaginative et accessible à tous, aux grands défis sociétaux d’aujourd’hui ? Carla Goffi a évoqué son expérience en tant que famille d’accueil de migrants[2],  articulant son exposé en fonction du travail en ateliers qui allait suivre sur nos liens solidaires, offrant ainsi à la fois le récit de son action et des conclusions sur ce que celle-ci construit. Riche expérience !

Ensuite répartis en quatre ateliers, nous avons répondu à cette question : « Dans les deux dernières années, quels nouveaux liens ai-je tissés dans le sens de construire et de consolider du commun ? »

J’ai été impressionnée par la diversité et l’inventivité des projets et engagements décrits. Chaque personne trouve à agir selon ses compétences et son lieu de vie. L’accent est surtout social, avec attention aux groupes défavorisés, isolés ou rejetés : il importe de retisser des liens, rendre de la dignité, ouvrir un avenir. Mais il y a aussi des projets neufs, liés à la nécessité de transition vers une société durable et plus juste, comme par exemple BEES Coop, la Coopérative bruxelloise, écologique, économique et sociale, « le supermarché géré par ses clients ».

Réunis à nouveau, nous nous sommes lancés dans un premier échange sur cette récolte de projets solidaires, guidés par Joseph Pirson. Avec sa compétence de sociologue engagé, très attentif aux questions actuelles, il a placé notre sujet dans un cadre plus large, avec beaucoup d’ouvertures et sans jargon rébarbatif. Qu’est-ce que créer du commun, comment faire, et quels sont les enjeux ? [3]

Puis ce fut le moment de l’Assemblée Générale, guidée par Alain Fohal.
Il y avait cinq rapports, suivis de questions-réponses. 

Gisèle Vandercammen a donné des nouvelles de la revue Communautés En Marche et surtout du site web. La revue, qui perd des abonnés vu leur grand âge, devrait avoir plus de publicité. Quant au site, il faut impérativement le rendre plus vivant. D’abord, recevoir plus d’informations des différentes communautés. Aurait-on plus de rayonnement sur Facebook ? Il faut alors une personne compétente qui tienne les informations à jour : l’appel est lancé ! Offrir une version informatique de la revue présente des avantages, comme la facilité d’ouvrir directement les liens hypertextes cités, mais il faut garder la version papier que beaucoup préfèrent.

Pierre Collet a évoqué le Collectif Européen, et nous a dit combien les rencontres y sont intéressantes. Tous les cinq ans, un large groupe de personnes membres de communautés de différents pays d’Europe occidentale se réunissent quelques jours. Pierre déplore le peu de représentants belges : appel lancé !
Chaque année, les délégués de chaque pays se rencontrent. Deux propositions ont émergé de leur dernière réunion : primo, enquêter sur ce que l’expérience des communautés a apporté et qu’on aimerait transmettre – un questionnaire a été établi et les communautés devraient y répondre d’ici février 2020 – et secundo, s’inspirer de l’élargissement à tous les groupes de bases et de la manière de rendre l’information publique comme le font la Flandre et les Pays-Bas qui ont réalisé une sorte de cartographie de ces groupes de base.

 

Marie-Gabrielle Delcuve a annoncé qu’après quatre ans, elle terminait la représentation des communautés de base qu’elle assurait auprès du Conseil Interdiocésain des Laïcs et qu'elle ne désirait pas accomplir un deuxième mandat. On a déjà évoqué dans le bulletin les difficultés que rencontre cette plateforme depuis quelques années. Il y a trois à quatre réunions par an, à Namur. Faut-il une nouvelle personne pour nous représenter ? Les avis sont partagés sur la nécessité d’y prendre part. On sait que dans une plateforme de coordination on est amené à travailler sur des compromis – forts et audacieux de préférence. Mais si le fonctionnement actuel et certains textes et prises de position ne correspondent vraiment pas à ce qu’on pense dans les communautés de base, cela a-t-il un sens de continuer ? Ne vaut-il pas mieux s’en retirer ? Marie-Gabrielle pense qu’il y a un petit espoir d’évolution positive… Par ailleurs d'autres membres du CIL lui ont exprimé le souhait de voir les communautés maintenir leur présence. Ou alors, donnons une sorte de préavis avec des exigences précises, ce qui donnerait plus de poids à notre désaccord.

Pierre, sur le point de vue international, nous renvoie à la lecture de ses rapports dans le bulletin. Il souligne l’importance du Réseau Européen Églises et Libertés, biais par lequel nous sommes représentés à Strasbourg à la conférence des OING. C’est le seul endroit de contact entre monde associatif et instances politiques au niveau européen. Il n’y a plus que Sylvie Kempgens et lui qui y participent…

Enfin, Alain Fohal nous présente les comptes de 2018. La situation est saine

Au titre des points divers, on évoque la lutte pour garder ouverte l’église du Béguinage à Bruxelles, en l’absence de prêtre nommé. Plusieurs groupes très divers ont mis sur pied une vision alternative très intéressante, dont une communauté de base représentée ici par plusieurs de ses membres.

Joseph Pirson résume et relance une dernière fois le thème du jour, avec cette fois l’invitation a des partages singuliers, par groupes de trois. Quels sont les éléments motivants pour nos engagements ? L’on souligne la force qui vient des groupes, et la visibilité qu’ils apportent. Mais viennent aussi de lancinantes questions : quelle relève y a-t-il pour nos communautés de base vieillissantes ? qui vend leur potentiel ? comment arriver à ce qu’elles ne meurent pas ? Joseph conclut en soulignant l’importance de la prise de parole au niveau collectif et local.

Et j’ai fort apprécié cette idée que l’esprit et les forces de changement qui animaient la jeunesse des années 68 (celle de la plupart d’entre nous !) trouvent un écho dans l’engagement impressionnant des jeunes et même très jeunes actuellement. Belle note finale d’optimisme.

Après quoi, célébrer ensemble venait nous réunir profondément dans ce qui inspire nos actions et nos projets, et ouvrir notre horizon. Sylvie et Pierre avaient préparé des textes où l’expression juste de ce que nous vivions les rendait inspirants, sans oublier une importante place à l’expression de chacun au moment où il apportait sa bougie. Sylvie avait choisi de nous faire entendre une très belle version de la Misa Criolla.

Un délicieux goûter organisé par Gisèle Vandercammen pour fêter ensemble ses allègres 85 ans a offert une très heureuse et sympathique façon de clôturer la journée.

Jacqueline De Cat      

Le Forum des Simplicités par Marie-Gabrielle Delcuve (résumé).

Ce « Forum », organisé par l’Ecomusée du Pays des Collines à La Hamaide (entité d’Ellezelles, proche d’Ath et Renaix), est né il y a 8 ans de cette réflexion : on a aujourd’hui des moyens énormes, et pourtant avant, il y a 50 et 100 ans, les gens n’étaient pas plus malheureux. De là, on s’interroge sur le rapport du bonheur à la consommation et à l’hyperconsommation, système qui, en plus, menace l’avenir de l’humanité[4].

Un groupe d’actuellement une quarantaine de partenaires (à titre privé ou associations) s’est constitué.   Ils veulent développer une action concrète destinée à changer les comportements, mais aussi sensibiliser plus largement et contribuer à un changement de société. Le fonctionnement est participatif, et les décisions sont prises collégialement.

Réuni une fois par an, ce Forum se veut un lieu d’échanges et d’idées, basé sur la présentation d’actions pratiques, reproductibles chez soi, tout en y trouvant du bonheur. Ceci concerne par exemple les produits d’entretien, les logiciels libres, le petit élevage, les cercles horticoles, …  Mais l’on met aussi en évidence les groupes collectifs comme le SEL (système d’échange local) ou les circuits courts comme les GAS (groupes d’achats solidaires).

Rien n’est vendu, à part les consommations sur place. Des tables rondes sont organisées, avec la parole donnée en priorité aux participants. Des personnes ressource sont là pour apporter un éclairage complémentaire. Une mini-conférence réunit autour d’un thème du jour. Depuis le début, le Forum s’est soucié de toucher un public à petits revenus, souvent marginalisé. Malgré des essais, ce n’est encore que peu le cas. Pour des liens Nord/Sud, des projets naissent, comme celui du « cyclochon », ou de vente d’une bière nommée « Sans pap » au bénéfice des migrants.

Marie-Gabrielle conclut par quelques citations, dont celle-ci de l’astrophysicien Aurélien Barrau ; « Un ascétisme réjouissant pourrait nous extraire d’une forme de matérialisme mortifère ». Un forum est prévu en mars 2020.

L’accueil des migrants par Carla Goffi (résumé)

Carla, membre du Mouvement Chrétien pour la Paix, s’est impliquée dès le début de l’afflux des migrants qui échouait au Parc Maximilien. Elle nous explique son expérience d’accueillante, son implication dans la recherche de solutions, mais aussi ses conclusions et ses questions.

Dans sa préparation à notre journée, Carla avait eu ce cri du cœur : « A la longue, c’est désespérant, il faut une action politique ». Comme on comprend, au vu de la somme d’énergie dépensée depuis des années pour voir si peu de ces migrants qui s’en sortent, leurs souffrances et leur découragement. Que de démarches, que de patience sont nécessaires…

Carla accueille chez elle, les fins de semaine. Si d’un côté, c’est heureux de pouvoir offrir une hospitalité à visage humain, de l’autre, ce qui lui pèse de loin le plus, c’est de voir ces jeunes repartir vers des situations pleines de violence, de rejet et d’incompréhension.

Bien des efforts, par le mouvement « Communes hospitalières » et une interpellation citoyenne, ont abouti à l’accord de son bourgmestre et des échevins pour financer une maison d’accueil. Les comités de quartier ont aidé à trouver la maison. Carla a réuni des bénévoles pour l’aménager – fameuse entreprise. Ainsi est né l’Espace Diwan, nom qui désigne au Soudan une maison commune pour les gens qui passent. Il a fallu aussi organiser l’accueil.

« L’accueil commence le soir, après que des chauffeurs ont amené les réfugiés du Parc Maximilien. Ces gens arrivent fourbus, parfois méfiants, ne sachant où ils tombent, ils ont faim mais n’ont pas nos habitudes alimentaires. Surtout ils cherchent une prise pour charger leur téléphone. Souvent ils aspirent à une bonne douche et un bon lit. Beaucoup voudraient en profiter pour laver leurs vêtements, quand ils se sentent en confiance, ils restent en bas et racontent, d’où l’importance d’une oreille attentive. C’est souvent le moment pour soigner les blessures physiques et autres.

Le lendemain matin il faut prévoir le petit déjeuner avec grande diversité. Quand chacun s’en va, les bénévoles rassemblent les draps qu’elles vont lessiver chez elles, font les chambres, la vaisselle, remettent la maison en ordre, vont à la recherche des invendus en vue de préparer le repas du soir. Ce qui contribue à la lutte contre le gaspillage, et donc à l’écologie. »

Mais quel avenir pour ces personnes ? Très peu arrivent en Grande Bretagne, comme la plupart le souhaitent. S’ils entreprennent les démarches pour rester en Belgique, il faudra les soutenir car ce sera très long. De plus, ils se font beaucoup d’illusions, car ils manquent de formation professionnelle et d’autres connaissances de base.

Dans son intervention, Carla a présenté son action sous l’angle des liens que celle-ci a permis de créer :

- D’abord de réfléchir sur les expériences passées, et de les confronter à ses idéologies et croyances.

- De refaire des nouveaux partenariats (plutôt avec des groupes)

- D’agir localement, d’être une crédibilité locale.

- De pouvoir aller au-delà de son idéologie. Il faut trouver les techniques pour parler avec tous.

 

Par rapport aux migrants :

- Il faut trouver un lien avec les migrants, et pouvoir leur mettre des limites (ils ne sont pas toujours bons et gentils, et il faut pouvoir le leur dire !)

- Ils aiment loger chez une personne avec qui ils ont une relation suivie comme avec leur grand-mère ! C’est dans un tel contexte qu’ils se sentent le mieux. Ils ont beaucoup de questions à poser, car ils sont souvent très ignorants, à propos de sexualité, par exemple.

- Il faut suivre ses convictions dans un lien plus large : le pourquoi des migrations, le réchauffement climatique…

- Il ne faut pas laisser ces migrants devenir de petits criminels.

 

C’est dans l’action qu’on construit la solidarité. Il faut être sur le terrain avec des partenaires. Plusieurs actions ont impliqué d’autres groupes, avec chaque fois des explications :

- Les commerçants, pour récolter des invendus périssables.

- Les médecins et le CPAS.

- Les églises (pas de succès de ce côté hélas, répondant qu’ils ont leurs propres actions…)

- Les politiciens de la commune.

Il n’y a eu aucune remarque désagréable sur ce projet, même sur les réseaux sociaux ! Cela montre que le travail en faveur des migrants peut faire partie de la lutte commune pour créer une société différente.


Créer du commun : réinventer nos solidarités
par Jos. Pirson

1.      Commun ? Biens Communs ? Enjeux communs ?

Parler de Communs et de création du commun plutôt que de défense de biens communs renvoie à une dynamique plutôt qu’à une pure défense de patrimoine ou d’acquis. Voir à ce propos l’ouvrage Communs de Dardot et Laval déjà évoqué largement dans PAVES. Ces auteurs mettent en évidence la création du Commun comme tâche et pas simplement comme défense d’acquis ! Ils font référence en particulier à Elinor Ostrom : cette économiste a obtenu le prix Nobel d’économie en 2009 pour ses travaux sur les Communs et la manière dont des collectifs s’organisent et gèrent des communs hors de la propriété privée et du contrôle étatique (on repense ici au phénomène coopératif lorsqu’il est vécu en perspective égalitaire).

Les combats pour l’égalité femmes-hommes, contre les discriminations, pour l’accueil des migrants sont des exemples d’enjeux communs, même s’ils paraissent renvoyer à des domaines particuliers. Le Festival International du Film de Namur organise ces jours-ci toute une sélection de projets collectifs de jeunes autour du thème « Défenseurs de demain ».

 

2.      Pour un travail d’analyse en collectif. La dynamique de l’éducation populaire

Dans le travail des CEB et de différents groupes de base on retrouve l’importance d’une analyse sérieuse des réalités sociales. La dynamique du Voir-Juger-Agir parmi les démarches d’éducation populaire met en évidence l’importance d’un temps collectif d’analyse et de la réappropriation de la parole par des personnes discriminées et marginalisées, sans paternalisme.
Quel est le temps pris pour réagir aux impressions, aux émotions et pour construire un réel travail de mise à distance critique ?

NB : Au sein de la Communauté de l’Assiette dont j’ai fait partie dans les années 1970 et 1980, Joseph Laloux, sociologue et prêtre namurois engagé dans des combats urbains, rappelait : « on se lamente sur des impressions, on travaille sur des précisions ». Il paraît dès lors essentiel de ne pas simplement se baser sur l’émotionnel pour construire des engagements, même s’il s’agit d’une dimension importante de nos réactions et de nos projets (les « coups de cœur »).

 

3.      Pour une clarté dans la mise en évidence des lieux d’insertion, d’incarnation ?

De quel lieu de vie partons-nous et parlons-nous ?

Il n’y a pas d’ouverture vers l’universel sans enracinement local, régional… Je voudrais citer à ce propos Pere Maria Casaldaliga, l’évêque catalan du Brésil et son ouvrage « Ancora avui respiro en catala » qui reprend différents textes, que ce soit des lettres, des prises de position ou des poèmes ! Son soutien aux combats menés au Brésil et aux théologies de la libération lui paraît inséparable de ses racines catalanes.

Je renvoie également ici à Bruno Latour (Où atterrir ?) déjà présenté dans notre revue, à travers ce qu’il nomme le local-plus (l’enracinement sans fermeture à d’autres) et le global-plus (nous sommes terrien.ne.s, nous sommes « de la Terre »). La préparation du synode sur l’Amazonie met bien en relief cette préoccupation qui nous concerne, où que nous habitions, au-delà des discours d’un Bolsonaro ou d’autres leaders politiques plus près de nous.

 

4.      Pour une éthique solidariste ?

Avec qui se vivent nos solidarités, les gestes, les engagements que nous estimons de l’ordre de la construction d’une « vie bonne et juste » ?

Quand nous parlons du rapport aux autres, de quels autres parlons-nous et de quel mode de relations ?

De qui sommes-nous proches ?

Quelles sont les prises de parole relayées et quelles sont les solidarités vécues dans différents domaines ?

Ici je fais référence aux travaux du sociologue américain Robert Putnam (« Bowling alone. The collapse and revival of American Democracy ? et « What with our Kids? The American dream in crisis”).

Dans le premier ouvrage il questionne le capital social qui relie des gens qui s’estiment proches, mais rejettent ceux et celles qui viennent d’ailleurs : le « bonding capital » opposé au « bridging capital ». Ou, si vous préférez, le privilège accordé aux proches, à ceux et celles que nous considérons « de chez nous », plutôt qu’à d’autres peuples ou d’autres groupes sociaux

Dans le second ouvrage il met à jour le pessimisme actuel d’un monde populaire et d’une petite classe moyenne des USA : un grand nombre de personnes fragilisées sont persuadées que l’avenir de leurs enfants sera moins bien que leur situation actuelle et qu’il faut dès lors se protéger des dangers extérieurs pour prétendre garantir au moins un certain standard de vie Cette recherche est antérieure à l’arrivée au pouvoir de Donald Trump. Elle acquiert d’autant plus d’actualité depuis quelques mois.

 

Il n’y a pas de création de communs sans débat, sans réflexion commune sur le travail de proximité et sur les différents liens que nous établissons, là où nous vivons. Accueillir des migrants en parlant « d’amigrés » n’est pas anodin et fait sens dans des engagements, en opposition à des conceptions restreintes du rapport à autrui !

 

5.      L‘importance des lieux-relais

Il me paraît important d’articuler les différents domaines d’insertion.
Nous pouvons observer aujourd’hui de plus en plus le caractère transversal des actions et des engagements vécus par rapport à des modes alternatifs de production, de consommation, de travail culturel d’éducation permanente (ou éducation populaire) et d’ouverture, d’accueil des migrants.
De même j’insisterais sur les nouveaux liens monde rural-monde urbain, bien loin de la dépréciation des campagnes il y a 50 ans (la notion de « paysan ») ou de l’imaginaire mythique de la nature et de la recréation du « bon sauvage »… Terre en Vue est un exemple intéressant de lutte socioéconomique par rapport à la propriété et à l’exploitation du sol
Aujourd’hui émergent de manière fragile mais réelle des groupes et des réseaux d’action et de réflexion sur l’articulation entre développement local et développement global, entre problèmes économiques et écologiques. Dans des coopératives comme Paysans Artisans ou Terre en Vue, beaucoup de membres (une bonne moitié) ont entre 20 et 35 ans.

Que nous vivions en Wallonie, à Bruxelles, en Guinée ou au Nicaragua, la dynamique d’un travail en réseaux à partir de ces lieux relais me paraît essentielle et porteuse d’avenir, dans le lien entre urgence climatique et urgence sociale !

CRÉER DU COMMUN : Rapport des quatre groupes de travail,

-Le groupe des Bleus a mis en évidence la perspective de changement. C’est à partir des expériences personnelles que se créent des ouvertures. Une partie de la jeunesse porte bien aujourd’hui l’ambition de changer le monde et c’est dans cette acceptation du changement vers plus de justice et d’égalité que nous nous situons.

-Le groupe des Rouges a mis en exergue la tension entre nos possibilités et nos contradictions. Une certaine culpabilité dans les pays du Nord peut être mobilisatrice mais aussi démobilisatrice. C’est dans l’action avec d’autres que se vit une expérience positive avec la nécessité d’impliquer un maximum de personnes pour renforcer l’action.

-Le groupe des Mauves a porté la question de la diversité, celle des liens qui se font et se défont vu l’âge croissant. Mais, de manière positive, le groupe a cité l’action des grands parents pour le climat et les engagements au sein de communes dans des comités consultatifs

-Le groupe des Jaunes a relevé le nombre d’expériences de la solitude et en contrepoint la volonté de créer du commun, à travers des actions précises, en soulignant la dimension de gratuité contre une mentalité purement utilitariste :

Le Commun, c’est l’humain concret, la terre les fleurs.

Le Commun, c’est un contrepoison à la solitude.

Le Commun, c’est fêter, célébrer la vie dans tous ses états 

 

Plusieurs questions ont été soulevées :

Comment lier notre combat local au plan mondial ?

Qu’est-ce que Jésus vient faire dans ces actions de changement ?

Comment pouvoir partager réellement et efficacement ?

Comment nous rejoindre à travers nos divergences ?

Comment aller au-delà des brisures, des divisions sur certains points ?

Comment avoir le discernement pour s’engager de manière constructive au-delà de nos limites ?

Comment ne pas désespérer de l’avenir ? 

 



[1] Voir plus bas le résumé :  Le forum des Simplicités.

[2] Voir plus bas le résumé :  L’accueil des migrants.

[3] Voir plus bas : Créer du commun, réinventer nos solidarités.



LIENS :
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On peut souscrire pour 10 € annuels à CEM : BE96 0001 8048 8405 à 1040 Bruxelles;
la gestionnaire en est : "gisele.vandercammen@telenet.be".
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