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Confirmation

Avec le Baptême et l’Eucharistie, le sacrement de la Confirmation constitue l’ensemble des sacrements de l’initiation chrétienne, dont l’unité doit être sauvegardée. (Catéchisme de l'Église catholique 1285)

La réception de ce sacrement est nécessaire à l’accomplissement de la grâce baptismale (cf. Rituel de la confirmation, prænotanda 1). En effet, par le sacrement de Confirmation, le lien des baptisés avec l’Église est rendu plus parfait, ils sont enrichis d’une force spéciale de l’Esprit Saint et obligés ainsi plus strictement à répandre et à défendre la foi par la parole et par l’action en vrais témoins du Christ. » (Lumen Gentium 11 ; cf. Rituel de la confirmation, prænotanda 2). (CEC 1285)




À quel âge peut-on recevoir le sacrement de la confirmation ?

La coutume latine, depuis des siècles, indique « l’âge de la discrétion » comme point de référence pour recevoir la Confirmation. En danger de mort, on doit cependant confirmer les enfants même s’ils n’ont pas encore atteint l’âge de la discrétion (cf. CIC, can. 891; 883, 3). (CEC 1307)

La Conférence des évêques de France précise que - à la décision de chaque évêque pour son diocèse - l'âge de la confirmation pourra se situer dans la période de l'adolescence, c'est-à-dire de 12-18 ans.

Des réflexions de plus en plus nombreuses d'évêques concluent qu'il semble préférable d'avancer l'âge de la Confirmation, au plus tard à la fin de la quatrième année de catéchisme, soit en classe de 6ème.


Raisons d'ordre théologique :

À la suite de l'Action Catholique qui valorisait l'engagement et la militance, on a assisté en France, depuis quelques décennies, à la tendance généralisée de repousser l'administration du sacrement de Confirmation à un âge où la conscience de l'engagement serait plus vive (adolescence, entrée dans l'âge adulte...). Ce faisant, on soulignait plus la part humaine du sacrement que sa part divine de grâce, en en conditionnant la réception au degré de responsabilité du sujet. Au fil des années, la confirmation est devenue un sacrement d’une « élite », si bien qu’un petit nombre d’adolescents catholiques sont confirmés.

Il en résulte deux inconvénients majeurs :

- Tout d'abord, le sacrement de confirmation a été « désolidarisé » du baptême et de l'eucharistie avec lesquels il constitue l'ensemble solidaire des trois sacrements de l'Initiation chrétienne.

- Ensuite, si l’on parle parfois de la Confirmation comme du « sacrement de la maturité chrétienne », il ne faudrait pas pour autant confondre l’âge adulte de la foi avec l’âge adulte de la croissance naturelle, ni oublier que la grâce baptismale est une grâce d’élection gratuite et imméritée qui n’a pas besoin d’une « ratification » pour devenir effective. Saint Thomas le rappelle : L’âge du corps ne constitue pas un préjudice pour l’âme. Ainsi, même dans l’enfance, l’homme peut recevoir la perfection de l’âge spirituel dont parle la Sagesse (4, 8) : « La vieillesse honorable n’est pas celle que donnent de longs jours, elle ne se mesure pas au nombre des années. » C’est ainsi que de nombreux enfants, grâce à la force du Saint-Esprit qu’ils avaient reçue, ont lutté courageusement et jusqu’au sang pour le Christ (Thomas d’Aquin, s. th. 3, 72, 8, ad 2). (CEC 1308)


Raisons d'ordre psychologique :

À 11-12 ans (CM2 ou 6ème), l'enfant n'est pas encore entré dans l'adolescence et n'est donc pas encore marqué par les pesanteurs de cette étape de croissance. C'est encore l'âge privilégié de l'ouverture réfléchie du coeur aux réalités spirituelles, pour peu que l'on sache favoriser les conditions nécessaires à cette ouverture.

Alors, parce que les dons de Dieu sont sans repentance, l'accueil de ce don de la grâce ne saurait être perdu, quelles que soient les crises à venir et comptera même beaucoup dans les « réveils » ultérieurs, à l'occasion d'une épreuve, ou bien d'un choix de vie (préparation au mariage...) ou bien encore du baptême ou de la catéchèse des enfants à venir…

Renvoyer la Confirmation à l'âge de l'adolescence (4ème-3ème), c'est prendre le risque d'entrer en collision avec la crise d'adolescence, de plus en plus précoce, étant donné l'accélération des rythmes imposés par la vie moderne.


Raisons d'ordre pastoral :

Renvoyer la Confirmation à l'âge de l'adolescence, c'est en tout cas prendre le risque de perdre beaucoup d'enfants parvenus à l'âge de la Profession de foi et empêcher leur croissance spirituelle normale, en avalisant l'idée que la profession de foi - invention française du début du XXème siècle - considérée comme un « diplôme de fin de catéchisme », a plus de valeur que la Confirmation.

La pratique de la « confirmation retardée », condamne un nombre croissant de baptisés à ne jamais achever leur initiation chrétienne : en effet, une part de plus en plus infime déjeunes demandant le mariage à l'Église sont effectivement confirmés ! Comment s'engager dans une vie chrétienne adulte, à l'heure où l'on est prêt à accepter la responsabilité d'époux et de parents chrétiens, sans le don du Saint-Esprit qui rend apte effectivement à cette maturité de la foi et à ce ministère de l'amour et de la vie.