Diocèse de Cayenne

Le territoire du diocèse de Cayenne (en latin de curie : Diœcesis Caiennensis) correspond actuellement aux limites administratives du département de la Guyane.

D'abord confiée aux Capucins, la mission de Guyane échut aux Jésuites en 1665, puis après leur expulsion en 1763, fut confiée aux Pères du Saint-Esprit en 1776.

  Loyola : "Habitation" des Jésuites à Rémire

Jusqu'au XVIIème siècle, Cayenne avait appartenu à la Préfecture apostolique des Isles et de la Terre ferme. Le Préfet apostolique résidait alors en Martinique. Puis, en 1651, avait été érigée la préfecture apostolique de la Guyane française qui compta 21 Préfets apostoliques : cinq Pères Jésuites, douze prêtres séculiers et quatre Pères de la Congrégation du Saint-Esprit.

Sous l'Ancien régime, le préfet apostolique était proposé par l'Église de France, nommé par le roi et recevait l'investiture canonique par une bulle pontificale enregistrée par le Conseil supérieur de la Guyane.

Lors de la création des évêchés "constitutionnels" lors de la Révolution, le P. Jacquemin, nommé préfet apostolique en 1787, acquis aux idées des "Lumières", membre du parti constitutionnel et qui avait prêté serment à la constitution civile du clergé, fut nommé évêque de Guyane. Miné par l'âge et la fatigue, il annoncera son départ en 1795. À cette époque, le culte catholique ne sera plus pratiqué dans la colonie.

Sous le Consulat, la présence à Cayenne de plusieurs prêtres réfractaires déportés puis libérés permit la réorganisation du clergé en Guyane, mais c'est seulement en 1816 qu'une ordonnance royale renouvela l'autorisation donnée jadis au Séminaire du Saint-Esprit de reprendre son ministère en Guyane. La société fut chargée de la formation des prêtres destinés au possessions françaises d'Outre-mer. Mais, réduite à quelques membres par les exactions de la Révolution, elle dut souvent se contenter d'entériner l'embarquement de prêtres diocésains français.

Le 10 janvier 1933, la préfecture apostolique fut érigée en vicariat apostolique. Deux vicaires apostoliques se succédèrent à sa tête : Mgr Pierre Gourtay (1933-1944) et Mgr Alfred Marie (1945-1956).

Le vicariat fut élevé au rang de diocèse le 29 février 1956.

Le diocèse est suffragant de l'archidiocèse de Fort-de-France et appartient à la Région apostolique des Antilles - Indes occidentales.


La population de catholiques est estimée à 200.000 sur les 300.000 habitants que compte la Guyane.

La patronne principale du diocèse est Notre-Dame, fêtée dans son Cœur-Immaculé, le 22 juillet.

La cathédrale est l'église Saint-Sauveur de Cayenne.

L'évêque actuel est Mgr Emmanuel, Marie, Philippe, Louis LAFONT.


L'évêché est situé 24, rue Madame Payé – 97300 Cayenne – Tél. 05 94 28 98 48 – Fax 05 94 30 20 33

Site internet : http://www.guyane.catholique.fr/





Préfets apostoliques


...
1923 - 1924 : Mgr Justin FABRE, spiritain
1925 - 1932 : Mgr Léon DELAVAL, spiritain
1933 - 1944 : MgrPierre-Marie GOUTRAY, spiritain
1945 - 1956 : Mgr Alfred MARIE, spiritain

Évêques de Cayenne

1956 – 1973 : Mgr Alfred MARIE, spiritain.
1973 – 1998 : Mgr François-Marie MORVAN, spiritain.
1998 – 2004 : Mgr Louis SANKALÉ, diocésain.

La procession du 15 août en 1829
  (Cliquez)



La cathédrale de Cayenne

La ville de Cayenne était, à l'origine, entourée de fortifications de type Vauban. L'église paroissiale, avait été construite en 1680 par M. de la Barre et dédiée à la Transfiguration du seigneur, sous le vocable de Saint-Sauveur.. Elle se situait au bas de l'actuelle place Léopold Héder, dénommée à l'époque place d'Armes.

Avec l'extension de la ville au-delà des fortifications, les desservants de Saint-Sauveur avaient construit une chapelle annexe, Saint-Nicolas, dans la ville nouvelle.

Les missionnaires ayant quitté la Guyane en 1793, les églises et presbytères de la colonie tombèrent en ruine et l'église Saint-Sauveur fut démolie.

Au retour du clergé, il ne restait à Cayenne que la succursale Saint-Nicolas, qui était beaucoup trop petite pour la population. Une relation faite au début du XIXème siècle en donne une description sommaire : "Elle n'a ni lambris, ni plafond et ne diffère d'une case nègre que par son étendue : l’extrême nécessité seule autorise à y célébrer l'office divin. Il est indispensable d'en construire une nouvelle et il semble que l'emplacement le plus convenable serait la partie de la Savane dite l'Avancée, qui serait à portée de l'ancienne et de la nouvelle ville."

Finalement, la première pierre de la nouvelle église fut posée à son emplacement actuel en 1823 et les travaux furent achevés en 1833. La nouvelle église fut, comme l'ancienne église paroissiale, dédiée au Saint-Sauveur et sa solennité se célèbre toujours le 6 août, fête de la Transfiguration du Seigneur.


Cathédrale Saint-Sauveur de Cayenne



Bibliographie :
- Claude-François Poullard des Places et les spiritains, Paul Coulon, Éditions Karthala, 2009
- Histoire religieuse des Antilles et de la Guyane française. Philippe Delisle, Éditions Karthala, 2000

- Mission de Cayenne et de la Guyane française, Julien Lasnier, Cosnard, 1854