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Côtes et iles du Morbihan

En dehors de son golfe très connu et qui porte son nom (voir l'article qui lui est consacré), le Morbihan offre au navigateur un bassin de croisière côtière exceptionnel. Je précise tout de suite que j'inclus dans ce bassin les côtes de la presqu'ile de Brière  jusqu'au Croisic.

Administrativement c'est déjà la Loire Atlantique, mais pour le navigateur, c'est bien le même espace marin qui s'étend de la presqu'ile de Quiberon jusqu'au Croisic et nous offre les iles de Houat , Hoëdic et Dumet.

On peut y rattacher Belle-Île-en-Mer, mais il y a tant à dire et à montrer sur celle-ci que je préfère lui consacrer un article spécifique. En revanche, vers l'Est, passées les pointes du Croisic et de Penchâteau, la baie de la Baule est un autre monde marin d'un caractère assez différent.

Qu'est-ce qui fait l'homogénéité de ce bassin de croisière du Morbihan? D'abord (comme d'autres régions de Bretagne), c'est une région de cailloux : chaussées de la Teignouse et du Béniguet entre la presqu'ile de Quiberon et Houat avec les passages du même nom, chaussée de l'Ile aux Chevaux et passage des Soeurs entre Houat et Hoëdic, plateaux des Cardinaux à l'Est de Hoëdic, plateau du Four entre Hoëdic et le Croisic. Le premier coup d'oeil sur la carte marine 7033 le montre bien : Houat et Hoëdic sont deux pics émergés d'une crête rocheuse presque continue dont Quiberon forme la partie Ouest et qui se termine au sud-est de Hoëdic. Et l'on comprend en regardant ainsi la carte que la zone soit relativement bien protégée des vents d'Ouest et  Nord-Ouest.

A ces cailloux du large, s'ajoutent les plateaux rocheux de la côte : grand Mont, Saint Jacques, roches de la rade de Penerf, plateau des Mats, puis de l'autre coté de l'embouchure de la Vilaine, Ile Dumet et plateau de Piriac. On est bien en Bretagne : les bouées des casiers et des filets signalent partout les hauts-fonds (ça ne dispense quand même pas de regarder la carte marine !), et dès que le temps le permet, les petits bateaux des pécheurs amateurs se retrouvent par dizaines (par centaines le week-end et par grand beau temps) sur tous ces cailloux.

Pour explorer, un bateau à moteur à tirant d'eau modéré est idéal, surtout si l'on peut facilement le "poser" à marée basse, soit avec des béquilles soit sur un fond plat si l'hélice est protégée (quille, cage) ou relevable.

Les beaux mouillages

Je ne vous décrirais pas ici les ports de la zone, parfaitement décrits dans les ouvrages spécialisés, Instructions Nautiques et Almanach du Marin Breton pour commencer. Disons seulement qu'ils sont relativement nombreux (La Trinité, le Crouesty, Arzal, Piriac, La Turballe, Le Croisic), bien équipés, et chers, voire très chers. Pour ma part, je les fréquente peu, sauf en cas de besoin. Une mention spéciale pourtant pour Le Croisic. Ce n'est pas le plus pratique (port d'échouage), ce n'est certes pas le plus grand, mais c'est surement le plus typique de ce qu'étaient les ports bretons traditionnels. En tout cas, c'est le seul qui ne ressemble pas à une marina moderne.  Il abrite en outre un très bel Océarium. A visiter absolument si vous découvrez la région.

Houat

Houat est bien aimée des plaisanciers estivants, sans doute parce-que sa côte sud-est est une immense plage de sable fin, Tréach er Gourhed. Le port de Saint-Gildas sur la côte Nord est constamment saturé, et parcouru par les nombreux bateaux promenades qui amènent les touristes de Quiberon, Vannes, La Trinité, etc. Le vrai plaisir de Houat est de mouiller devant la plage, parfaitement abritée des vents de secteur Ouest - Nord-ouest (photos 5 et 6). Il existe un vieux règlement  encore cité dans les instructions nautiques qui interdirait le mouillage devant Tréach er Gourhed en raison de la présence de câbles sous-marin. Le règlement est considéré comme "obsolète", comprenez que la gendarmerie maritime a sagement renoncé à verbaliser les milliers de plaisanciers qui mouillent devant cette plage à la belle saison, et qui de mémoire d'ilien n'ont jamais croché un câble.

Si votre bateau échoue facilement, vous pouvez mouiller à quelques mètres de la plage, sinon, calculez votre hauteur d'eau et restez à une petite centaine de mètres. Fond de sable d'excellente tenue, posée franche. C'est ensuite un plaisir de rejoindre la plage avec l'annexe, où elle peut rester en sécurité tirée sur le sable.
De là on peut rejoindre le village de Houat (un petit quart d'heure à pied), et/ou faire le tour de l'ile à pied (trois à quatre heures de marche dans une belle nature, un vrai plaisir). Au village, épicerie et boulangerie. Bien entendu, on peut aussi faire le tour de l'ile en bateau !

A l'extrémité de Tréach er Gourhed, on trouve la jetée de l'ancien port, détruit par une tempête en 1951. N'essayez pas d'entrer là-dedans, même à marée haute, l'endroit est malsain.
Houat
Houat

Hoëdic

 Hoëdic, la petite soeur, est séparée de Houat par le passage des sœurs. La traversée fait à peine 3 nautiques. Le port de l'Argol sur la côte Nord est tout à fait praticable en moyenne saison. On s'amarre sur coffre en pleine eau et l'on rejoint la plage au fond du port avec l'annexe. Une autre possibilité, très appréciable lorsque l'Argol est saturé, est offerte par le petit port de la Croix, sur la côte opposée de l'ile. C'est un port d'échouage, prévoir les béquilles si vous voulez y rester à marée basse. Les posées sont franches sauf juste devant l'entrée où il y a un cailloux. On peut se mettre le long de la grande jetée sud. Elle tombait un peu en ruine mais elle a été réparée en 2007. (Merci Monsieur le Maire !). Du port de la Croix on rejoint sans difficulté le petit village. On peut faire le tour de l'ile à pied, et aller boire un coup à la Trinquette, le bar (très sympathique) de l'ile. Il y a aussi un ou deux restaurants, je ne les ai pas essayé, à vous de jouer !
Hoedic
Hoedic

Penerf et Kervoyal

Penerf est une rivière et un petit port ostréicole. L'huitre plate de Penerf est une spécialité locale. D'après les gens du pays c'est une production traditionnelle depuis le 19e siècle. On peut bien entendu en déguster sur place. La rivière de Penerf, bien balisée, se parcourt sans difficulté à marée "presque haute", disons de PM-3 à PM+3. A marée basse, un chenal assez étroit par endroit reste praticable, entouré de rives de vase noire à l'odeur forte. Pour débarquer, on peut mouiller ou prendre une bouée libre (soyez polis avec les pécheurs locaux et les ostréiculteurs, ils sont accueillants pour les gens courtois) et aller au village avec l'annexe que l'on échoue sur la toute petite plage de galets à coté du "quai" ou sur la cale en béton. Le quai lui-même est encombré et difficilement praticable (échelle métallique acrobatique). Le village est pittoresque.

La pointe de Kervoyal, toute proche, marque l'entrée de l'embouchure de la Vilaine.

Penerf
Penerf

Dumet

Dumet est une petite ile "déserte" (sans habitants permanents) très fréquentée par beau temps par les gens de la région (Piriac est tout près), qui viennent se livrer aux joies de la pèche à pied, au ramassage des huitres sauvages et au  plaisir du pique-nique dans la nature. L'ile est une réserve ornithologique, comprenez qu'au début du printemps certains oiseaux de mer viennent y nicher, on est prié de les laisser tranquille. Selon la direction du vent on pourra mouiller devant la plage de la cote Nord-Ouest ou dans la petite baie abritée au Sud-Est de l'ile. S'il fait beau ne vous attendez pas à y être seul pendant la journée, mais le soir tombant, tout le monde rentre sur le continent, les plaisanciers passant la nuit sur l'ile sont finalement très peu nombreux.. S'il fait mauvais ne restez pas, ces mouillages sont mal abrités.
Dumet
Dumet
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