Belgian Chamber of Representatives • Session of 7 August 1928

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chambres. des représentants. — annales" parlementaires. _"_1998

SEANCE DU MARDI 7 AOUT 1928.

Présidence de M. TIBBAUT, premier Vice-président,

SOMMAIRE :

Messages, page 1993, Communications, p. 1993. Communications du bureau, p. 1993, 1994.

Suite c i° de l'interpellation de AI. Vos à AI. lo ministre des chemins do fer, marine, postes, télégraphes, téléphones -et aéronautique « sur la politique des transports pratiquée par le gouvernement en ce qui concerne les tarifs différentiels des chemins de fer établis do façon à faire une concurrence déloyale et inefficace aux voies navigables » ; a° de l'interpellation do MAI. Herbert et Joris a AI. lo premier ministre, à AI. le ministre des chemins do for, marine, postes, télégraphes, téléphones et aéronautique, et à AL. le ministre des travaux publics «sur la politique du gouvernement en matière de transports, plus particulièrement sur la concurrence faite par les chemins de fer à la batellerie ainsi que sur l'augmentation des droits do péage que M. le ministre \ Lippens a laissé entrevoir dans la séance du 16 février écoulé au Sénat », p. 199j.

Interpellation de AI. Hcssens à M. le ministre des chemins de fer, marine, postes, télégraphes, télér>hones et aéronautique « sur '< l'accident de chemin de fer qui eut lieu à Boste le dimanche ! ier juillet et qui causa la mort du nommé PL Vincke », p. aooa. , j

Interpellation do AI. Alaenhaut à AI. le ministre de l'intérieur et de . l'hygiène «ausujet de la nomination d'un garde champêtre non • ancien combattant, à Scmmersaeke (arrondissement do Gand; »,' p. 2004. j

Interpellation de AI. lïutaye à AI. le ministre des chemins do fer, ■ marine, postes, télégraphes, téléphones et aéronautique « sur lo motif qui a incité l'autorité supérieure à priver le sieur Facs. I Hector, ,chef de magasin à la marine, des augmentations qui lui f étaient dues », p. 2006.

. La séance est ouverte à 2 heures.

MM. Amelct et de Kerchove d'Exaerde, secrétaires, , prennent place au bureau. ,

Le procès-verbal de la dernière séance est déposé sur le bureau.

messages.

Par dépêche en date du 3 de *ce mois, M. le ministre des finances j adresse à. là Chambre des amendements au projet de loi autorisant : des régularisations et allouant des crédits supplémentaires pour des dépenses se rapportant aux exercices 1926 et antérieurs, et à l'exercice 1927.

Par dépêche en date du 4 de ce mois, M. le ministre des finances adresse à la Chambre un amendement à la proposition de loi portant suppression de la formalité du certificat de vie en matière de liquidation des pensions.

— Impression et distribution.

Par lettre en date du 3 de ce mois, M. le secrétaire de la commission du ducroire adresse à la Chambre le septième rapport de la dite institution relatif à l'exercice 1927.

— Dépôt au bureau des renseignements.

ïommunicatiôns.

M. Fischer, empêché, prie la Chambre d'excuser son absence à la séance de ce jour.

ANN. parlem. ch. des repr. — session ordinaire de 1927-1928.

M. Declercq, indisposé, s'excuse de ne pouvoir assister aux' séances des 7 et 8 août.

M. Vanden Broeck, indisposé, prie la Chambre d'excuser son absence aux séances.

— Pris pour information.

communication du bureau.

AI. le président se lève et prononce l'allocution suivante, que la Chambre écoute debout :

Messieurs, la Chambre éprouve un nouveau deuil, qui sera vivement ressenti par tous ses membres.

M. Henri Boddaert est décédé à Gand, le 5 août 1928, après une pénible maladie; il n'avait que 60 ans.

C'était -un collègue de grande distinction, dont la culture intellectuelle ouvrait de larges horizons et dont la Chambre n'a pas, eu le temps de mesurer la valeur.

Sa carrière politique avait commencé en 1904 au conseil provincial de la Flandre orientale, où il s'était affirmé comme le chef du groupe libéral. II fut élu député suppléant en 19L2, et son mandat, interrompu en 1921, reprit en 1925. Le 19 octobre 1926, au décès de notre regretté, collègue M. Buysse, dont il était le suppléant, il fut proclamé membre effectif de la Chambre des représentants.

Il gardait une extrême réserve. C'était d'ailleurs dans son caractère. Il n'aimait pas à' prodiguer le talent oratoire que devaient lui assurer son érudition, son langage châtié et ses profondes convictions.

A la Chambre, il apporta de préférence son concours dans les travaux préparatoires des sections et des commissions. Il fut nommé membre de la commission mixte chargée d'étudier le problème fle 1 la durée du service actif dans l'armée "et les mesures de réorganisation militaire pour la défense du pays. Mais le passé de M. Boddaert avait révélé un beau talent, fait de . connaissances très étendues et d'Idées élevées.

Le journalisme l'avait attiré et il y développait avec sincérité des convictions qu'il élevait volontiers au-dessus des polémiques journalières.

Le barreau de Gand, qui l'a appelé à siéger de longues années dans le conseil de discipline, se "souviendra d'un discours courageux qu'il prononça à la 'conférence du jeune barreau. II y défendit avec une grande force une idée généreuse, qui eut à lutter contre des obstacles d'une tradition séculaire. Il plaida la cause de la personnification civile des associations, cause qui triompha sur le terrain législatif et dont la justice est démontrée aujourd'hui par une admirable efflorescer.ce d'oeuvres et d'institutions sans but lucratif. Par ses études, M. Boddaert a préparé le succès d'une réforme législative qui embellit la physionomie sociale de la Belgique.

La bonté naturelle de notre regretté collègue se cachait sous -des dehors plutôt froids et distants; mais elle se révélait par l'abord personnel et elle éclata aux yeux de tous durant la grande tourmente qui fit en Belgique tant de victimes.

Il a été l'un des défenseurs des plus dévoués de ces malheureux civils qui servirent le pays au prix de leur vie, qui furent envoyés au poteau par les tribunaux militaires de l'ennemi. Peut-être sa santé reçut-elle un premier choc lorsqu'il vit tomber l'héroïque Lenoir, qu'il essaya en vain de sauver.

Henri Boddaert savait aussi se faire de fidèles amitiés; son commerce était rendu particulièrement agréable par les vues générales que lui avaient données ses voyages, ses études, la connaissance de langues étrangères et l'élévation de sa pensée. Il laissera à la Chambre le souvenir d'un collègue de valeur qu'ennoblissaient de belles qualités de cœur et d'esprit et qui agrémentaient ses relations, du charme de la distinction.

La Chambre voudra bien confier au bureau le -pénible devoir d'adresser les condoléances de l'assemblée à la famille de notre regretté collègue. (Très bien! très bien! sur tous les bancs.) La parole est à M. le premier ministre.

AI. Jaspar, premier ministre. — Messieurs, le gouvernement' s'incline à son tour respectueusement devant la tombe trop tôt ouverte de M. Henri Boddaert.

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