Belgian Chamber of Representatives • Session of 9 May 1906

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CHAMBRE DES REPRÉSENTANTS. —ANNALES PARLEMENTAIRES.

La Chambre a décidé formellement que l'interpellation serait terminée aujourd'hui. Dans ces conditions, j'engage mes honorables collègues à vouloir bien se metlre d'accord sur la proposition rationnelle de limiter les discours et de prolonger la séance.

Des voix : D'accord.

11. Smeets. — Nous nous égarons un peu.

L'honorable président nous annonce que si on doit laisser parler les derniers orateurs inscrits — je me hâte de dire que je n'en suis pas, — nous en aurons encore pour une heure. Mais lorsque M. le président parle d'une heure, il faut dire que ce sera une heure et demie, à caues de la complaisance qu'il y met (rires), par conséquent, voilà des orateurs inscrits pour 1 heure et demie.

Qu'est-ce qu'il y a au fond de tout cela, messieurs ? C'est que, comme le faisait remarquer M. Huysmans, si M. le ministre avait commencé par répondre comme il l'a fait aujourd'hui, il n'y aurait pas eu d'interpellation. (Protestations à droite.)

Du moment qu'une enquête se fait, je crois que tous les orateurs qui sont encore inscrits pourraient bien terminer leurs observations en quelques mots.

11. de Trooz, ministre de l'intérieur et de l'instruction publique. — C'est cela la limitation du temps de parole.

SI, le président. — Je demanderai, dans ce cas, le concours de la Chambre pour coopérer avec le président au respect de cette décision.

M. Buy!. — Vraiment, messieurs, cela n'est pas admissible...

M. de Trooz, ministre de l'intérieur et de l'instruction publique. ■— Il y a une décision de la Chambre.

SI, le président. — Nous allons perdre deux fois plus de temps.

M. Ray 1. — Nous ne pouvons pas n'est-ce pas condenser nos observations et en avoir fini en dix minutes.

M. le président. — Vous avez eu la parole assez longuement tout à l'heure.

A droite : Vous l'avez eue pendant deux heures !

M. Vanderbeyden. — L'interpellation tourne à votre confusion.

M. le président. — Monsieur Segers, vous avez la parole.

M. Boyl. — Vous n'êtes pas raisonnable pour le personnel non plus. (Colloques.)

M. Roger. — Nous sommes ici depuis dix heures du matin.

M. le président. — La parole est à M. Segers.

M. Segers. — Je suis à la disposition de la Chambre. (Parlez ! parlez !)

M. Belporte. — Je propose formellement la remise de la discussion à demain et nous demandons l'appel nominal.

M. le président. — Il y a décision de la Chambre. Monsieur Segers, vous avez la parole.

M. Belporte. — Monsieur le président, j'ai proposé formellement la remise de la discussion à demain et je demande l'appel nominal.

M. F. Deivanx. — C'est trop tard, la Chambre a décidé de continuer aujourd'hui l M. Belporte. — On n'a rien décidé du tout.

M. Tonnelier. — Monsieur le président, je demande s'il n'y a pas moyen de nous mettre d'accord et de continuer la discussion demain matin, comme je l'ai déjà demandé. (Protestations sur différents bancs.)

Quant à moi, je déclare qu'il m'est impossible de venir demain après-midi.

M. le président. — Demain, la Chambre a décidé de discuter les budgets.

M. de Trooz, ministre de l'intérieur et de l'instruction publique. — Messieurs, il esfabsolumentimpossible d'accepter la proposition que vient de faire l'honorable M. Tonnelier. La Chambre a arrêté son ordre du jour, elle a décidé que demain on discuterait les budgets et il me semble que les convenances exigent que l'on tienne compte de cette décision qui a été prise alors que beaucoup de membres étaient ici.

M Boel. — Si vous êtes d'accord de continuer aujourd'hui limitez le temps de parole à dix minutes.

M. le président. — Soit!

REPRISE DE L'INTERPELLATION DE MM. VAN DAMME ET Bl'ÏL AU GOUVERNEMENT « AU SUJET DU NAt'FRAGE DU NAVIRE ÉCOLE. »

M. !e président. — La parole est à M. Segers, à qui je signale qu'il est 7 heures et 4 minutes. (Rires.)

M. Segers (1). — Laissez-moi, tout d'abord, donner libre cours à mon admiration pour le superbe équipage du navire-école qui a donne un héroïque exemple de virilité et de grandeur d'âme.

Quellles belles et émotionnantes figures que celles du commandant Fourcault, du baron Van Zuylen, du brave petit cadet Piot et de cet enfant d'Anvers, l'aumônier Cuypers, qui si simplement et si grandement accompli son devoir. Nous devons tous les réunir dans un même hommage.

M. Hymans a regretté que l'on ait poursuivi un but de lucre. Je proleste énergiquement contre celte affirmation et je la déplore. La forme commerciale n'enlevait rien au but à atteindre et les administrateurs, dont le mandat était purement gratuit, et les actionnaires dont le maximum d'intérêt était fixé à 4 p. c, savaient qu'ils exposaient leurs capitaux. Aussi y eut-il un déficit de 53,000 francs dès ce premier exercice.

On a dit qu'il fallait faire construire le navire en Belgique. Ce n'est qu'après avoir tenté cet effort qu'on s'est adressé en Angleterre à une maison spécialement compétente. Si le navire a chaviré à Grenock ce fut à raison d'une erreur de manœuvre. La navigabilité, la stabilité et la solidité du navire ont été pleinement démontrées.

M. Smeels. — Vos avez épuisé vos dix minutes.

M. Segers. — Vous n'êles que 2 socialistes présents et vous avez mauvaise grâce de vouloir me couper la parole après que vos amis ont pu parler librement.

M. Belporte. — Mais vous ne répétez que ce que d'autres ont déjà dit.

M. Segers. — La commission maritime a délivré le certificat de navigabilité et c'est dans ces conditions que le navire-école a pris la mer. (Interruptions à gauche.)

M. le président. — Veuillez conclure, monsieur Segers.

M. Smeets. — Oui, monsieur Segers, vos dix minutes sont expirées.

M. Segers. — La gauche socialiste, qui ne compte plus que deux membres, m'interrompt. J'en prends acte. La gauche veut nous empêcher de parler alors qu'e'Ie a attaqué la commission maritime, qui n'a mérité aucun reproche. Et c'est quand nous sommes occupés à le démontrer qu'on veut nous marchander le droit de parler.

Le but de l'opposition apparaît aujourd'hui clairement: en interpellant, elle n'a voulu que jeter la perturbation dans les familles et dans le public afin de s'en faire un tremplin électoral.

M. Buyl. —• C'est une calomnie et un mensonge I

M. Smeets (fait personnel). — En me désignant tout à l'heure personnellement, M. Segers a dit que quelques membres de la gauche socialiste, encore présents sur les bancs de cette Chambre...

M. Segers. — Vous n'êtes, en dehors de M. Delbastée qui siège au bureau, que deux socialistes présents.

M. Smeets. —... voulaient empêcher l'interpellation de produire ses effets en cherchant à faire obstacle au discours à répétition de M. Segers, discours qui ne fait que reprendre ce que le ministre du travail a déjà dit. Les paroles de M. Segers me sont indifférentes...

M. Segers. — Tout vous est indifférent.

M. Smeets. — ... et je n'ai pas besoin de protester contre elles, mais ce qui est certain, c'est que nous ne faisons pas de l'interpellation un tremplin électoral. Ce n'est pas à nous qu'il faut prêter ces intentions. Nous avons posé des actes, nous, monsieur ! Nous avons proposé un ordre du jour qu'il ne tenait qu'à vous de voter et si vous l'aviez voté, l'enquête aurait eu lieu et il n'y avait pas d'interpellation! C'est vous qui n'avez pas voulu l'enquête !

(1) Reproduit d'après le Compte rendu analytique.

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