Belgian Chamber of Representatives • Session of 22 April 1869

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nislrc exige que la compagnie réalise celte condition, qui me paraît essentielle, car il ne suÇU pas que le gouvernement détermine le nombre d'ouvriers qui se trouveront sur les travaux, il faut aussi payer ces ouvriers et assurer l'achèvement complet de la voie ferrée. Je dois ajouter que si le prédécesseur de l'honorable ministre avait exigé la justification de la réalisation du capital nécessaire, endéans les six mois, les deux arrondissements de Huy et de "YYaremme jouiraient actuellement d'une ligne qui doit favoriser le développement de leur commerce.

Je prie donc M. le ministre de vouloir nous dire si la société conces-■sionsaire justifie du capital nécessaire pour terminer les travaux.

Le second point que je me propose d'examiner concerne la halte «TAmpsin.

L'extens ion du mouvement des affaires, le développement du commerce cl de l'industrie exigent que celte halte soit desservie par un plus grand aiombrc de trains, soit pourvue d'une salle d'attente convenable et d'un bureau pour les dépêches télégraphiques.

Ampsin compte une population de 1,700 Ames et c'est là que les habitants d'un grand nombre de communes environnantes viennent prendre les trains.

Mais les arrêts des trains sont tellement rares, que le plus souvent les "voyageurs sont obligés de descendre ou d'aller prendre les trains, soit à Huy, soit à Amay ; ce qui les force à faire inutilement un parcours de trois quarts de lieue.

Cependant, la gare d'Ampsin a une importance réelle, au point de vue des relations à desservir.

Il résulte, en effet, des renseignements pris par l'administration communale que, par mois, 000,000 kilogrammes sont expédiés d'Ampsin et «pie 120,000 kilogrammes y arrivent, ce qui porte le chiffre des recettes à 500 ou 600 francs par mois.

Le nombre des voyageurs, par mois, est de 2,100 au moins, par conséquent 70 environ par jour.

Néanmoins, la gare d'Ampsin ne possède qu'une salle d'attente où huit personnes à peine peuvent s'asseoir (8 mètres carrés en superficie), et certains jours, il est impossible même à un quart des voyageurs d'y trouver place ; les autres doivent attendre sur la voie ferrée, exposés aux intempéries de l'air et aux accidents. ,

Le département des travaux publics ainsi que la compagnie du Nord reconnaissent l'insuffisance du bâtiment de la station pour les besoins actuels, et celte dernière promet de le faire agrandir ultérieurement.

Mais cet étal de choses est intolérable, et il y a urgence de mettre la main à l'œuvre le plus lot possible. Du moment que l'on reconnaît la nécessité d'un agrandissement, il importe de l'effectuer immédiatement afin d'éviter tous les inconvénients que présente l'état de choses actuel.

Au surplus, ce n'est pas la première fois que. des plaintes se produisent dans celle enceinte relativement au mauvais état dans lequel se trouvent les salles d'attente de la compagnie du Nord. Il serait temps que celle-ci fit cesser ces plaintes en procédant successivement, et dans un certain ordre, à l'établissement de salles d'attente convenables.

Quant au bureau télégraphique réclamé par la commune d'Ampsin, il nécessiterait une dépense peu considérable, puisque les fils télégraphiques sont établis. Le bureau le plus rapproché est celui d'Amay, distant d'environ trois kilomètres. Les dépêches qui arrivent par ce bureau coulent davantage, ne peuvent guère être reçues qu'une heure après l'arrivée et des inconvénients analogues se produisent lorsqu'il s'agit d'adresser des dépêches ; de sorte que les industriels d'Ampsin ne peuvent guère profiter de ce mode rapide de transmission.

Le conseil communal d'Ampsin a réclamé à plusieurs reprises de la compagnie du Nord les améliorations que je viens de retracer; mais celte société, je dois bien le dire, plus soucieuse de ses intérêts que de l'intérêt général, n'a pas accueilli favorablement ces réclamations et a répondu qu'elle examinerait ultérieurement. Cette réponse est un véritable renvoi aux calendes grecques.

C'est pourquoi je prie M. le ministre d'inviter la compagnie du Nord- à' agrandir suffisamment la salle d'attente d'Ampsin, à y établir un bureau pour les dépêches télégraphiques et autant d'arrêts qu'aux stations d'Amay et d'Engis, qui sont de la même importance que celle d'Ampsin.

M. le ministre, en engageant la compagnie du Nord à effectuer ces améliorations, se bornera à mettre à exécution l'art. 9 du cahier des charges, ainsi conçu :

« Le nombre et l'étendue des stations ainsi que leur distribution et la disposition de leurs abords devront en tout temps être en rapport avec les J'i'iidus tlu commerce et de l'industrie et le mouvement des voyageurs.

CUA3ikiliL ULS ntrKÉSEMAXIù. — St3aION L'i» it>08-lb09.

Elles seront pourvues des gares et bâtiments avec le matériel et les accessoire:', de toute nature que réclame une exploitation active et régulière. »

En terminant, je prie M. le ministre de vouloir faire achever, dans un bref délai, l'élargissement cl le nivellement du faubourg de Slatle. C'est là une amélioration excellente, mais elle ne peut être utile et profitable que pour autant qu'elle soit complète. .

M. BtricouU. — Messieurs, depuis un grand nombre d'années, plu- ' sieurs communes des cantons de Chièvres et de Quevaucamps se plaignent vivement de l'inexécution du chemin de fer de Saint-Gliislain à Ath. Elles ont adressé à la Chambre de nombreuses pétitions, elles ont envoyé auprès de l'honorable M. Yanderslichelen et même auprès de l'honorable M. Jamar députations sur dépulalions dans l'espoir de voir enfin mettre la main à l'œuvre. Les ministres ont toujours fait, selon leur habitude, le meilleur accueil à toutes les doléances, à toutes les démarches. Ils ont promis de faire tous leurs efforts pour donner satisfaction à des intérêts depuis longtemps lésés; cependant rien ne se fait et à l'heure qu'il est, bien qu'un nouveau tracé de cette ligne soit définitivement arrêté, l'honorable ministre. vient assurer que la société des Bassins Ilouillers, qui est depuis longtemps disposée à construire une ligne de Blaton à Ath, ne construira pas la ligne des Herbières dont a parlé l'honorable M. Delhuin dans une précédente séance.

Le mécontentement est très grand dans les localités que cette ligne doit traverser; déjà bon nombre de magistrats communaux viennent de donner leur démission ; ces démissions ont le caractère d'une protestation contre l'altitude du gouvernement à l'égard des compagnies auxquelles la concession de la ligne dont il s'agit a été successivement accordée. Je viens de dire » que la société des Bassins Ilouillers est disposée à exécuter la ligne de Blaton à Ath. Pour ma part, messieurs, je n'ai jamais compris les raisons que les industriels du Couchant de Mous font valoir contre l'exécution de cette ligne. Ils prétendent que, par l'établissement d'un chemin de fer de Valencienncs ou d'Anzin à Péruwelz, les charbons français vont arriver directement dans la vallée de la Dendre.

D'autre part les communes de mon arrondissement ont la conviction que c'est parce que la compagnie concessionnaire du chemin de fer de Brainc-Ic-Comte à Gand a intérêt à conserver le trafic des charbons du Borinage que la ligne de Blaton à Ath ne s'exécutera pas.

Il est bien difficile d'admettre la prétention des industriels du Couchant de Mous lorsque l'on compare les distances à parcourir par les lignes qui existent actuellement à celles qui devraient être parcourues par la ligne de Blaton à Ath. Celle-ci compterait une longueur de 21 kilomètres. Or, de Blaton à Alh par Leuze il n'y a que 19 kilomètres ; la différence pour Gand et Tournai est encore plus grande.

En ce qui concerne les localités à traverser, le chemin de fer de Blaton à ■ Alh desservirait les communes les plus importantes et les plus industrielles du canton de Quevaucamps.

Ce fait a aussi son importance, car l'on ne construit pas un chemin de fer exclusivement en vue d'un point de départ et d'un point d'arrivée, l'on doit aussi tenir compte des ressources et des nécessités des localités que la ligne doit traverser. Quoi qu'il en soit, si l'honorable minisire peut faire ; exécuter la ligne de Sl-Ghislain à Ath et une autre ligne de Basècles à Ath, tout le monde sera satisfait. L'essentiel, c'est que l'on melte la main à l'œuvre sans tarder.

Je remercie l'honorable M. Jamar de sa déclaration nette et catégorique, elle calmera le mécontentement qui existe dans les cantons de Chièvres et de Quevaucamps.

Puisque j'ai la parole, messieurs, j'appuierai les considérations que l'honorable M. Beke a présentées hier en faveur d'une augmentation du crédit qui figure au budget pour la construction des routes dè grande vicinalité, destinées à mettre les communes importantes en communication avec les stations de chemin de fer. Le crédit de 800,000 francs resle invariable depuis bon nombre d'années, malgré l'accroissement des besoins. La part que prend le département des travaux publics dans la dépense de ces routes s'élève presque toujours à 1/6 de la dépense totale, déduction faite des frais de projet, et il faut des circonstances bien graves pour qu'il se décide à faire une généreuse exception. Il me semble que cette part d'intervention ne devrait pas être déterminée, qu'elle devrait au contraire être basée sur l'utilité que présente la route à construire et sur les ressources des communes appelées à intervenir dans les frais de construction. Il arrive souvent que des communes pauvres sont obligées de supporter de grands sacrifices pour l'exécution de travaux d'art, pour expropriations de lenain, en un mot pour différents travaux exécutés eu vue de l'intérêt général et nullement en vite de l'intérêt local.

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