Origine, expansion et prestige du français

 

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Origine du français

Le français est une langue latine (ou romane), c'est à dire qu'on considère qu'il vient principalement du latin, comme d'autres langues très connues : le portugais, le castillan (espagnol), l'italien, le roumain (qui sont des langues nationales) mais aussi comme d'autres langues moins connues, parce que plus localisées souvent, et qui n'ont pas un statut officiel aussi fort (bien que parfois langues régionales) : le sarde, le corse, le rhéto-frioulan , l'arpitan, l'occitan, le catalan, le galicien, etc. etc. Toutes ces langues sont apparentées et forment la "famille" des langues latines.

 Originalité du français au sein des langues latines

Le français est l'élément le plus connu du sous-groupe des langues d'oïl , qui avec celui des langues d'oc et celui des langues francoprovencales, étaient les trois composantes latines qui se partageaient la plus grande partie du territoire de la France métropolitaine. Si on le compare aux langues latines typiques, certains traits (qu'il partage avec les autres parlers d'oïl) sont frappants. En simplifiant, on observe en français :

 

- la perte de l'accent tonique distinctif

 

- le racourcissement des mots (chemin = 3~4 phonèmes en français, camino = 6 phonèmes en espagnol); paradoxalement, certains mots ont été refaits, rallongés (probablement parce qu'ils étaient devenus trop courts) : comparez le français soleil à l'espagnol "sol".

 

- perte, à peu près partout (mais il y a des exceptions), du r roulé, qui reste dominant dans les autres langues de la famille. Dans certaines régions de la francophonie (Tahiti notamment), le r roulé du français vient de la langue autochtone, et non de la conservation de l'ancien r roulé.

 

- glissement des voyelles avec apparition d'un son ü (comme dans "lune") là où il y a un son "ou" (noté par la même lettre u) dans les autres langues latines.

 

- importance des voyelles nasales

 

- apparition d'un système unique d'élisions et de liaisons, que les linguistes peinent à décrire. Ce système qui implique pour de nombreux mots la cohabitation de plusieurs formes selon le contexte est souvent rapporté au Sandhi (? sans que cela soit convaincant, car la définition ne colle pas vraiment).

 

Cette évolution particulière du français est probablement attribuable à une plus forte influence germanique (d'avantage sur le vocabulaire et surtout la prononciation que sur le lexique toutefois) peu documentée dans les manuels scolaires à cause de "l'antagonisme ancestral" des "descendant des Gaulois" vis à vis de ces langues... Ainsi le français est certainement la langue latine qui s'écarte le plus du "modèle" phonologique ancestral, le sarde étant la langue la plus conservatrice au contraire.

 

 En ce qui concerne la variation des mots selon le contexte, elle serait due pour sa part à la survivance de formes archaïques dans les formules les plus courantes.

 

Voisinage et progression du français

 

Pour des raisons politiques et culturelles mais aussi liées à la dynamique des langues en fonction des moyens de communication (migrations, transports et média), le français a commencé depuis longtemps à phagocyter les langues voisines. Dans chaque cas décrit ci-après il faut savoir que la langue autochtone conserve toujours des locuteurs, notamment dans le milieu agricole.

Tout d'abord il a largement recouvert les autres langues d'oïl ( poitevin, picard, wallon, etc.), à partir desquelles il s'était aussi formé, y compris en Belgique.

Ensuite le français s'est imposé dans les régions de langue francoprovencale (arpitan) y compris en Suisse et en Italie.

Concuremment, le français s'est également répandu dans les régions celtophones (breton), germanophones (flamand, alémanique, francique) du territoire national.

Dans ces premiers cas, la nature du substrat (le dialecte local) -soit très proche, soit radicalement différente- a conduit à l'installation d'un français proche de celui de la région centrale, soit un français assez "standard", du point de vue phonologique notamment.

Plus récemment, le français s'est répandu également dans les régions de langue occitane, catalane et basque. Dans ces trois domaines, une distance intermédiaire entre la langue substrat et le superstrat a produit de fortes interférences et son installation ne s'est pas faite sans de fortes modifications des systèmes phonétique, phonologique et prosodique.

Le cas du Pays basque devrait se différencier des deux autres puisqu'il s'agit là d'un substrat non-indoeuropéen mais le fait est qu'il s'agit d'un région en contact historique avec le gascon depuis des siècles (avec régression de la frontière à l'avantage de ce dernier) et finalement la colonisation du français s'y est toujours faite "à travers" l'occitan, d'où un parallélisme du résultat (en première approche) avec l'occitanie et la catalogne.

Naturellement, le français s'est également répandu dans toutes les anciennes colonies, de la France et de la Belgique notamment, de l'Afrique à l'Asie en passant par les Amériques, domaines dans lesquels il a rencontré une multitude de substrats et a quelquefois produit des créoles.

Le français reste la langue officielle dans les territoires toujours rattachés à la métropole. Il a en général fortement régressé dans ceux qui sont devenus indépendants.

Le cas du Québec et d'autres régions francophones du Canada ou des USA est différent puisqu'en général, le peuplement s'est fait en l'absence presque complète de substrat (ou quelques bribes amérindiennes). Par contre leur histoire subséquente est marquée par la cohabitation avec l'anglais.

 

 Prestige du français


Le français est certainement une des langues les plus prestigieuses du monde, c'est un fait, même si certains trouvent cela dérangeant (pas nous, il faut bien qu'il y ait des langues de prestige et il y en a toujours eu). Curieusement, des langues aussi proches du français que l'italien et l'espagnol ne jouissent pas de la même aura de culture, alors qu'elles la mériteraient tout autant.

Toutefois le français, qui a certainement été et reste selon certains une langue "colonisatrice" est lui-même menacé par la mondialisation des communications.


D'après Claude Hagège (la mort des langues), le français est une des seule langues qui pourra résister (du moins un certain temps) à la déferlante de l'anglais et du chinois et il donne plusieurs raisons à cela :

- identité forte des locuteurs avec une difficulté, due en partie au système phonologique, de s'adapter linguistiquement.

- prestige

- présence sur les cinq continents 

 

Nous ajouterons à cela que dans le monde anglo-saxon, la seule langue capable de rivaliser en prestige avec l'anglais (voire de l'éclipser de ce point de vue) est bien sûr le français : la devise de la maison royale d'Angleterre n'est-elle pas : "honni soit qui mal y pense".