BON BLABLA

 expertise du français parlé
English - Español - Chinese - Japanese (soon)


Certaines langues sont menacées parce que plus personne ne les parle 

mais d'autres langues ne pourraient-elles être menacées parce que n'importe qui les parle ? 

Le but du présent site est :

 

1 de sortir les métiers de la parole du non dit (un paradoxe). Prenons l'exemple de la fiche sur internet concernant un documentaire. Elle ne comprend pas, dans la plupart des cas, le nom du narrateur ! 

 

2 d'offrir une référence de qualité  et une base de réflexion indépendantes sur la qualité du français parlé dans les prestations professionnelles.

 

3 de promouvoir le français parlé traditionnel, dans ses différentes composantes belges, canadiennes, françaises et suisses.


4 d'aider les locuteurs d'une forme de français traditionnel à se faire reconnaître professionnellement en tant que tels.


5 de proposer une prestation d'expertise; l'expertise concerne l'authenticité de la langue, son caractère traditionnel, non sa fidélité à la pseudo-norme du soit-disant français standard (en réalité parisien simplifié dans la plupart des cas).


 Un sondage (la base de données accessible ci-contre), à partir d'émissions où figurent des doubleurs, narrateurs ou présentateurs professionnels a mis en évidence qu'un grand nombre d'entre eux ne SONT PAS EN POSSESSION d'une version traditionnelle de la langue française, acquise en tant que langue maternelle, mais de versions dégradées plus ou moins profondément sur les plans phonologique et prosodique !

En effet, s'ils se présentent professionnellement comme des locuteurs natifs du français et que l'écoute superficielle de leur parole semble le confirmer (absence d'accent = accent parisien neutre), notre analyse en profondeur de leur pratique phonétique et phonologique montre une perte de certaines oppositions, la non-maîtrise de certaines liaisons, des élisions, la prononciation fantaisiste de certains mots, etc.  (voir notre bêtisier).

Mais alors s'il ne parlent pas un français traditionnel (ou standard) quelle langue parlent-ils  donc ? Ici il faut lever une confusion, comme nous le montrons dans notre page : "origine, originalité etc..." il ne faut pas confondre la francophonie,  qui consiste à s'exprimer "en français", avec LE français (en tant que langue historique transmise sans interruption).


Au cours de son expansion, qu'on peut toujours considérer comme étant en train de se continuer dans certaines régions (dans le Pacifique notamment), le français a englobé de plus en plus de locuteurs. Toutefois l'assimilation subie par les locuteurs au début de son histoire et celles qui se produisent actuellement ne suivent pas les mêmes processus et ne produisent pas le même résultat final : le français du midi est un bon exemple de la formation d'un "parler français", avec une histoire parallèle à celle du français standard, sans que le résultat continue à s'en rapprocher indéfiniment : le français méridional garde ses propres normes.

Les différents "français" obtenus de façon plus récente paraissent toujours simplifiés phonologiquement et certains autres paramètres de la prosodie sont également "atteints". En l'absence d'une classification existante, nous avons choisi d'appeler l'ensemble ces formes de français "francais simplifié" mais en somme ce sont des français non-traditionnels.

 Comment est-il alors possible que des professionnels parlant ces français simplifiés opèrent, en grand nombre, dans les milieux audiovisuels (un peu comme si, pour l'écrit, la majorité des journalistes n'étaient pas capables de respecter l'orthographe et la syntaxe) ?

 Cette situation est rendue possible par un cercle vicieux : les ambiguïtés (présence d'archiphonèmes notamment) du système phonologique et prosodique de la langue standard sont précisément les points où le système se relâche chez ces locuteurs non-traditionnels mais c'est aussi la raison pour laquelle les approximations de ces locuteurs ne sont pas remarquées par ceux qui possède encore un système phonologique intact (aujourd'hui très minoritaires; une autre raison est la répétition de ces erreurs).

 Autre cercle vicieux, la corruption de la diction agit plusieurs fois, en amont et en aval des prestations :

 En amont: contrairement au français écrit, le français oral ne fait l'objet d'aucune formation scolaire ni universitaire. Aucun examen ne sanctionne donc le niveau de diction, tout se passant par écrit. Les professionnels, qui choisissent ou qui proposent des prestations sont donc dépourvus de tout critère de qualité, en dehors d'aspects artistiques (voix graves favorisées, par exemple, chez les hommes).

En aval : le public n'est pas gêné par ce discours approximatif, puisqu'il n'est pas détecté, et les erreurs de diction peuvent ainsi se répandre (comme, anecdotiquement, la vague de "depuiziyer" chez les présentateurs télé...).