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L'allergie aux oeufs

Venez donner vos astuces sur le forum      liste des dérivés de l'oeuf

Chez les enfants de moins de trois ans l'allergie alimentaire aux oeufs est la plus fréquente, entre 1.6 et 2.4 % de la population générale sont touchés par cette allergie, chez l'enfant cela peut atteindre 36 %.

Cette allergie est connue depuis très longtemps, et grâce aux connaissances actuelles, la prise en charge de cette allergie est nettement améliorée.

Il existe deux allergènes dans l'oeuf : l'ovomucoïde (blanc d'oeuf) l'Alpha livétine (Jaune d'oeuf)

L'ovomucoïde¨

Cet allergène est le principal contenu dans le blanc d'oeuf, il a été récemment reconnu comme thermolabile, c'est pourquoi certaines personnes tolèrent l'oeuf cuit, et réagissent à l'ingestion de l'oeuf cru, L'ovotransferrine, le lysozyme, la sérum-albumine et l'ovalbumine, sont les autres allergènes présents dans le blanc d'oeuf, mais ne sont pas encore référencés.

L’alpha livétine

Voici le principal allergène du jaune d'oeuf, qui est impliqué dans le syndrome « oeuf oiseau » (une allergie à l'oeuf peut se développer, juqu'à plusieurs années plus tard, chez des personnes possédant des oiseaux chez eux.

Nous trouvons d'autres allergènes dans le jaune d'oeuf, mais ils paraissent beaucoup moins allergisants.

 La combinaison « blanc-jaune »

En mangeant un oeuf entier, il est aisé de comprendre les risques d'allergie, en faisant une synthèse des allergènes cités ci-dessu.

les symptômes

Cliniquement parlant, les symptômes des allergies aux oeufs sont les mêmes que ceux des autres allergies: signes cutanés (eczéma, urticaire) et des signes plus graves, (choc anaphylactique dans 4 à 5 % des cas) ce pourcentage prouve que les signes sévères sont moins fréquents que dans d'autres allergies.

Pour les signes respiratoires, ils sont plus présents chez les « grands enfants », signes pouvant se modifier avec l'age et l'évolution de l'allergie, mais les symptômes restent les mêmes dans 50 % des cas, et s'aggravent dans 33 % des cas.

le déclenchement de l'allergie ne se fait pas uniquement après ingestion de l'oeuf, mais aussi après un simple contact cutané ou des muqueuses, la réaction cutanée n'a pas de rapport avec l'ingestion d'oeuf, elle peut apparaitre si on a touché un oeuf même sans consommation de celui-ci

Diagnostic

Comme pour toutes les allergies alimentaires, le diagnostic est fondé sur l’histoire clinique, la pratique des tests cutanés, du dosage des IgE spécifiques et du test de provocation par voie orale en l’absence d’antécédent de réaction clinique sévère, il représente le test de référence, et est effectué pour rechercher la guérison (cela se nomme test de réintroduction)

Les prick-tests

À l’heure actuelle, les progrès réalisés permettent une approche diagnostique différente sous la forme de probabilité d’être allergique. L’information donnée par les tests cutanés et le dosage des IgE spécifiques pourrait limiter les indications des tests de provocation par voie orale. Ainsi, un diamètre du test cutané œuf (effectué avec un extrait commercial) à 7 mm définirait l’enfant allergique à l’œuf de poule avec une spécificité de 100 %. À cette valeur, tous les enfants seraient allergiques à l’œuf. Le diamètre moyen d’induration du prick test blanc d’œuf utilisant l’aliment naturel natif est évalué à 11 mm pour obtenir le même résultat.

Le dosage des IgE spécifiques est standardisé.

Des auteurs ont établi une corrélation entre la concentration des IgE spécifiques blancs d’œuf et une probabilité d’être allergique de plus de 95 %. Les concentrations vont de 1.5 kUA/L à 17.5 kUA/L, avec une valeur retenue de 2 kUA/L pour les enfants âgés de moins de deux ans. Les différences observées reflètent des études réalisées dans des pays différents avec une population étudiée différente. Néanmoins, une valeur supérieure ou égale à 7 kUA/L est admise pour définir l’individu comme allergique à l’œuf et le test de provocation par voie orale n’est pas nécessaire. Le test de provocation par voie orale est indispensable pour porter le diagnostic d’allergie à l’œuf pour des concentrations inférieures. Le dosage des IgE jaunes d’œuf apporte des informations supplémentaires en étant plus spécifique ; ce qui revient à dire que l’absence de détection d’IgE jaune d’œuf est relevée uniquement chez les non allergiques à l’œuf. Enfin, il n’existe pas de corrélation entre la concentration des IgE spécifiques et la gravité des symptômes cliniques.

Les patchs tests

En cas de dermatite atopique, la pratique des patchs tests avec l’œuf entier naturel battu pourrait améliorer la détection d’une allergie à l’œuf. Néanmoins, ce test est souvent responsable d’urticaire de contact sans valeur pour le diagnostic.

Tolérance pour l’œuf cuit ou l’œuf cru

Certains enfants allergiques à l’œuf tolèrent la forme cuite et déclenche des réactions allergiques à l’ingestion d’œuf cru. À l’heure actuelle de nos connaissances, il n’est pas possible d’extrapoler le niveau des IgE spécifiques qui prédit la tolérance pour l’œuf cuit ou cru. On peut aussi énoncer que tolérer la forme cuite de l’œuf ne permet pas de connaître la tolérance vis-à-vis de l’œuf cru. Mais, favorise-t-on l’acquisition d’une tolérance en autorisant la consommation d’œuf cuit toléré chez l’individu qui réagit avec l’œuf cru ? Des études supplémentaires sont nécessaires.

En pratique, l’enfant allergique à l’œuf devra bénéficier d’un régime strict jusqu’à l’âge de 2-3 ans en évitant l’œuf cru et cuit, et, ce, quelle que soit sa tolérance pour l’œuf cuit. Puis passé l’âge habituel de guérison, le régime d’éviction est moins restrictif en autorisant l’œuf cuit chez ceux qui le tolèrent. L’objectif étant d’améliorer la qualité de vie.

Évolution

L’allergie à l’œuf de poule guéri dans 40 à 66 % des cas, à un âge moyen de 3 – 4 ans. La persistance ou la découverte de l’allergie à l’œuf à un âge tardif est de moins bon pronostic. La gravité des signes cliniques initiaux n’est pas corrélée avec le devenir. Néanmoins, les signes respiratoires sont plus fréquents dans les allergies persistantes. Une corrélation est établie entre les résultats des tests cutanés, des IgE spécifiques et l’évolution. Pour Boyano et al., les enfants qui guérissent ont une taille du prick test inférieur à 6 mm, présentent des symptômes plutôt cutanés à l’ingestion d’œuf et ont des IgE spécifiques inférieures à 1,98 kUA/L. Dans notre étude, en comparaison avec les enfants qui restent allergiques à l’œuf, les enfants qui ont guéri ont une taille des prick test pour l’œuf inférieure à 5 mm (p<0,001), des IgE blancs d’oeuf inférieur à 4,2 kUA/L (p=0,0002), des IgE jaune d’oeuf inférieures à 2,3 kUA/L (p=0,001) et une diminution des valeurs des IgE spécifiques dans le temps.

En pratique : Un bon moyen de suivre l’allergie à l’œuf de poule est de doser tous les ans les IgE spécifiques blanc et jaune d’oeuf. Une diminution nette des valeurs d’IgE spécifiques permet de proposer un test de réintroduction à la recherche d’une guérison.

Un suivi allergologique indispensable

Il est indispensable de suivre tous les enfants allergiques à l’œuf de poule par une ré-évaluation allergologique à visée respiratoire tous les deux ans jusqu’à l’âge de 6 ans. En effet, il est démontré qu’un antécédent d’allergie à l’œuf, voire même d’une simple sensibilisation à l’oeuf, était un élément prédictif d’une évolution vers un syndrome asthme, d’autres allergies alimentaires et de sensibilisations respiratoires. C’est la « carrière de l’allergique » : 46 % des enfants sensibilisés à l’œuf seront sensibilisés aux acariens à l´âge de 3 ans, et 40 % d’entre eux souffriront d´asthme à l´âge de 5 ans.

La vaccination de l’enfant allergique à l’oeuf

La vaccination chez l’enfant allergique, en France, repose sur une circulaire de 1985 qui contre-indique la vaccination chez le patient ayant présenté une anaphylaxie à l’ingestion d’œuf. L’analyse de cette circulaire et une revue de la littérature récente montrent que l’allergie vraie à l’œuf ne nécessite pas le plus souvent de précautions particulières pour la vaccination. Des protéines d’œuf (ovalbumine) sont présentes dans le vaccin de la grippe (cultivé sur œuf embryonné de poule) avec des quantités qui varient chaque année avec la production de la souche vaccinale. La présence de protéines d’œuf n’est pas détectable dans les vaccins disponibles en France ROR® ou Priorix® ; elle est en très faible quantité dans le vaccin américain. Des quantités non négligeables sont retrouvées dans le vaccin de la fièvre jaune qui pousse sur des embryons de poulet. Ces vaccins contiennent d'autres protéines allergisantes, comme la gélatine ou la néomycine, qui seraient en fait responsables de la majorité des réactions allergiques lors de la vaccination.

En pratique : les enfants allergiques à l’œuf devraient être vaccinés sans précaution contre le ROR® et le Priorix®. En revanche, il conviendrait de vérifier chaque année le contenu en protéines d’œuf du vaccin antigrippe. Une exploration allergologique est indispensable en cas de réaction survenant après la vaccination.

La prévention des allergies

Classiquement, chez les enfants à haut risque (issus de famille atopique), la prévention primaire du développement de l’asthme et des allergies comporte, parmi les autres mesures de prévention, un retard d’introduction des protéines d’œuf après l’âge d’un an. Cette mesure est actuellement remise en cause, un travail récent remarque que l’introduction après 8 mois de l’œuf s’accompagne de plus de manifestations allergiques.

Le régime d’éviction

Le traitement de l’allergie à l’œuf de poule repose sur le régime d’éviction stricte des produits contenant de l’œuf, qu’il s’agisse des aliments, mais également des cosmétiques et des médicaments (voir fiche-conseil). Les allergies associées doivent aussi être prise en compte dans le régime d’éviction. Une éducation du patient et de son entourage, parfois aidée d’une diététicienne, est essentielle pour l’apprentissage de la lecture des étiquettes et proposer des menus adaptés.



souce http://www.allergienet.com/oeuf-de-poule-allergie-enfant.html

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