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Le jeudi 14 février 2008

De l’art de jeter l’argent par les portes

Les journées où tout se passe bien, il n’y a rien à raconter.

Et bien aujourd’hui, j’en ai à raconter.

Je ne suis pas habituellement une « miss catastrophe », mais lorsqu’une journée commence mal, je cumule les ennuis toute la journée. Ces jours-là, je n’ai qu’une envie : rentrer chez moi, me mettre sous la couette avec un bouquin et ne plus bouger le moindre doigt de pied.

Sauf qu’aujourd’hui, je ne pouvais même pas rentrer chez moi. Même pas ça.

Reprenons du début : 8 heures et quelques, prête presque à l’heure, je sors de chez moi, la poubelle à la main et une clé dans l’autre, pour aller au boulot. Je fais attention à ce que le chat ne sorte pas, je claque la porte. Les gestes habituels du matin.

J’ouvre ma main munie de la clé pour fermer la porte… et que vois-je ??
…C’est ma clé de voiture, posée là, innocemment, qui me nargue dans ma main.

(Petite digression : mon appartement n’a pas de poignée à la porte, ce sont des portes qui se claquent et ne peuvent se rouvrir de l’extérieur qu’avec une clé.)

Je ne vous transcrirai pas les mots qui sont alors sortis de ma bouche à ce moment-là, pour ne pas heurter les âmes sensibles. La panique au ventre, machinalement j’appelle quand même l’ascenseur et je descends. Je jette la poubelle. Je réfléchis. Je re-jure un peu. Je re-réfléchis. Attends, on se calme, j’ai peut-être juste fait tomber la clé. Je fouille mes manches, mes poches, mon sac. Je remonte dans l’ascenseur. Je scrute le sol. Pas de clé. Je redescends.

Je monte dans ma voiture (au moins j’avais ces clés-là !), et je décide de joindre les renseignements pour appeler immédiatement un serrurier. J’arrive à avoir le service, note le numéro… et biiiiip….clouc. Plus de batterie dans mon portable. Bien sûr, où était le chargeur ? DANS L’APPARTEMENT !!!!

Je décide donc d’aller au travail, somme toute j’y suis obligée d’ailleurs, mais en plus au moins là-bas il y aura un téléphone. M’étant insultée intérieurement tout le long de la route, j’arrive enfin au travail.

« Salut, ça va ? me lance d’un ton enjoué ma jeune collègue.
- Non.
- Oh… tu n’es pas réveillée ? (me lance-t-elle par habitude de mon état du matin)
- Si.
- …
- Je suis trop bête. (et là je lui raconte le tout, je vous le passe car je viens de vous le raconter plus haut. Si, si, remontez vous verrez.)
- Mais t’as pas un double des clés ?
- Si… A L’INTERIEUR DE L’APPART !!! (là, vous vous dites que je suis vraiment nouille, mais rassurez-vous je me suis dit pire)
- Oh. (elle n’a pas osé me le dire, que j’étais nouille)
- Ouais.
- …
- De toute façon la clé est dans la serrure, même avec un double j’aurais pas pu ouvrir. (on se rassure comme on peut)
- Tu ne peux pas passer par la fenêtre ?
- J’habite au 6e étage…
- Ah oui.
- Bah ouais, j’ai plus qu’à appeler un serrurier… et me ruiner.
- Ton rendez-vous est arrriiiivééé ! » me chantonne une autre collègue qui n’a rien entendu de l’histoire.

Entre deux rendez-vous, j’essaye donc de joindre un serrurier.
Le premier me dit « ah bah je sais pas à quelle heure y s’ra là le technicien, laissez-moi vos coordonnées pis on vous rappelle ». J’ai dit non.

Le deuxième « Ah non, moi j’ouvre pas les portes » (???!!)

Je vous passe les différents numéros qui n’ont pas répondu, ceux qui n’étaient qu’en numéro spéciaux (0800) qui ne marchent pas depuis les postes du travail, etc…

Puis enfin l’un me dit que c’est possible. Sauf qu’il ne connaît pas où est située mon adresse, donc on se donne un rendez-vous un peu plus loin, à un endroit qu’il connaît.
« Vous avez un numéro de portable pour que je puisse vous joindre ? »

Grrr…

« Ah. Alors comment êtes-vous habillée, que je vous reconnaisse ?
- Un jean et une veste beige.
- Hiihahahahooo on se croirait dans un rendez-vous sur internet !!! hahahaaaa »

(Evidemment je n’ai pas rit. Rien ne me faisait plus rire à ce moment là. Allez savoir pourquoi.)

Arrivés devant l’appart, il m’annonce un peu la couleur : « si j’arrive à ouvrir la porte avec cette radiographie (vous connaissez la technique ?), ça sera 90 euros. Sinon, ça vous coûtera bien plus cher… » et mon petit cerveau de se mettre à répéter « pourvu que ça marche, pourvu que ça marche, pourvu que ça marche, pourvu que ça marche !! »

Et là vous avez deviné la suite.

Non ?

Vraiment ?

Ca n’a pas marché. Oui, sinon ça n’aurait pas été une journée de merde, c’était pas encore assez. (Et voilà, dans cette phrase il y a un gros mot. J’ai essayé depuis le début de la chronique de trouver des synonymes, mais là… fallait bien en lâcher un. Ca fait du bien.)

Le serrurier a donc dû forcer la serrure, et bien sûr il n’en avait pas de rechange sur lui. Donc, deuxième rendez-vous plus tard pour en installer une autre.

Finalement, bizarrement ensuite l’installation s’est bien passée.

Puis la facture est arrivée.

Le chèque a été fait.

Mon ami est arrivé entre deux, il a vu ma tête et est vite allé se cacher avec le chat en attendant que le serrurier reparte.

Puis :
« Hum… ça va ?
- NON !!!
- Ça t’a coûté combien ?
- 300 EUROS !!
- HEIN ?????
- …
- Quelle bande d’enfoirés !!
- … (tête enfouie)
- J’ai bien vu ta tête en rentrant.
- Quoi ma tête ?
- Elle fumait. »

Livrovore.