La saison cyclonique : aux Antilles, elle commence le 1er juin et se termine officiellement le 31 novembre.


Comme l’année dernière, nous décidons de rester aux Antilles pendant cette période. C’est un moment particulier où nous sommes très attentifs aux conditions météos et restons très disponibles pour nous écarter d’éventuels dépressions, tempêtes ou ouragans qui naissent le long de la côte Africaine, traversent l’Océan Atlantique et peuvent toucher de façon plus ou moins forte l’Arc Antillais.


En général, en juin et juillet, la température de l’océan n’est pas encore assez chaude pour entretenir et faire grossir les dépressions qui naissent en Afrique de l’Ouest pour venir sur les Antilles.


 
 



Aussi depuis Barbuda où nous vous avions quittés la dernière fois, nous descendons sans appréhension vers la Guadeloupe revoir nos enfants 

puis vers la Martinique à St Pierre, au nord.

Là nous retrouvons la soeur de Sylvie, Brigitte, notre beau-frère Paul et leur fille Juliette venue s’installer en Martinique pour quelques années avec son ami Adrien.


                                                    
                                          Jardins de Balata                                                                                                                                   Juliette, Adrien, Paul, Brigitte

Sylvie profitera de ce moment pour aller visiter le célèbre jardin de Balata au dessus de Fort de France : jardin botanique privé, il a été créé par un horticulteur passionné, Jean-Philippe Thoze qui a réuni une magnifique et exceptionnelle collection d’essences tropicales du monde entier.

Rémi, malgré sa passion pour les plantes, préfèrera rester sur Belissima : le mouillage devant le Carbet est très rouleur et pas très rassurant.


Le lendemain, nous naviguons en famille, le long de cette superbe côte sous le vent de la Martinique.

Nous profitons d’excellentes conditions météo pour venir jusqu’à  Ste Anne de Martinique au sud, en passant comme il se doit près du fameux rocher du Diamant.

 

 


Cela nous permet d’être près du Marin pour entreprendre et terminer nos travaux sur Belissima avant l’arrivée de nos petits enfants début juillet : principalement les entretiens moteurs et la confection d’un nouveau taud chez Incidences qui remplacera notre ancien taud de 2009 qui termine sa vie au soleil. Après 3 semaines d’un excellent travail fait par Raymond d’Incidences, nous voilà prêts à affronter la saison des pluies bien au sec.

                                                                                                                                                                                                                                                                                                                       

Belissima avec son nouveau taud


Le 7 juillet, date de l’arrivée de nos 2 petites filles, la saison commence fort avec l’approche du cyclone, Beryl, le deuxième de la saison.

Heureusement il s’essouffle en arrivant sur l’Arc Antillais et nous pouvons accueillir  Amélie et Célia, dans la marina du Marin sans connaître de conditions difficile.

 


Amélie connaît déjà très bien la vie à bord et va aider Célia sa jeune cousine à découvrir les joies de la vie en mer, sous la mer et sur l’eau !

  


Dans le même avion qui les a conduites en Martinique, notre ami Patrice du bateau Imany est revenu de métropole avec son fils Titouan qui va être un compagnon de jeux et d’aventures nautiques pour nos deux petites-filles.


 

Paddle tracté derrière l’annexe de Patrice


Patrice va jouer son rôle de moniteur de plongée en bouteille pour faire découvrir les plaisirs des profondeurs à nos deux sirènes.

 


La coupe du monde de football voit la France gagner : c’est l’euphorie à bord !


Mais aussi en métropole pour leurs deux cousins, Maël et Sandro, qui vivent leur première coupe du monde !

                                      

Le temps passe trop vite et c’est déjà la fin du séjour pour Amélie et Célia.

Le jour de leur départ nous récupérons notre petit-fils Timothé pour la période de fin juillet.


   


Titouan,Timothé et Rémi vont cette fois pouvoir s’exprimer entre garçons : tout est bien différent bien sûr.


  

 Baie de St Pierre et la montagne Pelée


Nous naviguons jusqu’au nord de la Martinique à St Pierre et faisons découvrir à Timothé des endroits que nous apprécions ; la présence de Titouan facilite grandement l’approche de cette navigation de conserve avec Patrice et son catamaran Imany. Nous nous séparons à St Pierre car Patrice doit remonter en Guadeloupe.



Nous repartons vers le sud par une belle et grande journée de navigation : la rencontre des dauphins en face du village du Carbet est évidemment un moment de grande satisfaction pour tous.

  



Nous retrouvons la baie de Ste Anne près du Marin et profitons de la fête qui anime la commune à l’occasion de la Sainte Anne.

Le mois de juillet s’étire, c’est la fin de cette parenthèse avec Timothé qui reprend l’avion vers la métropole.


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Dimanche 29 juillet : la semaine du « Tour des Yoles rondes de Martinique » est lancé. Comme l’an passé nous décidons de suivre cette manifestation aussi populaire que le carnaval. Cette année en raison de la profusion des sargasses sur la côte Est (la côte au vent), les étapes du Tour se déroulent uniquement sur la côte Ouest depuis le Prêcheur au Nord jusqu’au Marin au Sud.

Notre nièce Juliette qui habite maintenant en Martinique nous rejoint le temps d’un week-end avec son ami Adrien pour la première étape depuis Schoelcher (du nom du député Victor Schoelcher qui obtint l’abolition de l’esclavage en 1848) jusqu’au Prêcheur au nord de la Martinique. 

    

Ils sont impressionnés par les dizaines de bateaux suiveurs et l’engouement de la population pour ce genre de manifestation, eux qui préfèrent le calme de la forêt et les endroits loin des sentiers battus. 

Fort de son expérience de l’année dernière, Rémi arrive à se faufiler à la meilleure place pour voir évoluer sur l’eau les yoleurs. 


 

Puis nous entrainons, Mathilde et Jean-Luc du bateau Pythéas, pour assister à l’étape du bourg de Petite Anse d’Arlet. Aux premières loges mais cette fois ci à l’ancre, nous vivons en direct sur l’eau et à terre, l’arrivée et le départ des 16 yoles : moment toujours impressionnant quand nous voyons la yole virer au dernier moment devant Belissima… et s’ ils rataient leur virement !!!



Le Tour des Yoles terminé, nous décidons de remonter vers St Pierre pour la 4ème fois de la saison : la côte sous le vent de la Martinique n’a plus de secret pour nous !

Le mouillage  devant St Pierre est sûr, la météo particulièrement clémente et Juliette et Adrien sont disponibles pour nous faire découvrir à terre la rando du Canal des Esclaves : ce canal a été construit au XVIIIème siècle par des centaines d’esclaves. Le but était d’irriguer la plaine en amenant l’eau de la forêt vers la côte caraïbe. 

  
           l'Anse Couleuvre et les Pitons des Carbet                                                                  randonnée le long du Canal des Esclaves                                               les Pitons du Carbet


La journée est superbe, la marche le long du canal et parfois même sur le muret du canal entre l’eau et le vide, les  vues aériennes sur la rivière du Carbet, les Pitons du Carbet et le Petit Piton nous charment. Ici, les dégradés de vert de la forêt tropicale  remplacent  les dégradés de  bleu de la mer  et du ciel auquel nous sommes tant habitués.



Nous finirons la journée au Morne des Cadets, à l’Observatoire de la montagne Pelée : malheureusement la Pelée n’a pas daigné se découvrir en cette fin d’après midi.

Nous apprenons, de source sûre, que la Pelée n’est pas prête de se réveiller, du moins pas avant 200 ans. Espérons le pour les Pierrotins (habitants de St Pierre) qui ont connus le dernier réveil de la Pelée en 1902.


 Mouillage à l'Anse Couleuvre avec l'îlot de la Perle 


Cette semaine sous le soleil avec très peu de vent va nous permettre de découvrir par la mer, la côte nord de la Martinique peu accessible habituellement. Nous sommes au début du  canal de la Dominique ( c’est à dire le passage entre la Dominique et la Martinique) et les alizés de15 à 20 noeuds rendent les mouillages très rouleurs et peu praticables.

Nous découvrons ainsi les mouillages et les plages sauvages de sable noir de l’Anse Couleuvre, de l’Anse Céron ainsi que le rocher de la Perle point le plus nord de la Martinique.

Ces anses sont très appréciées par les amoureux de la nature car éloignés de toutes habitations et en plein coeur de la forêt tropicale. D’ailleurs la route, s’arrête peu après l’Anse Couleuvre. Pour rejoindre Grand Rivière sur la côte Est, soit vous êtes bon marcheur et vous  voilà parti pour une rando de 6h ou plus à travers la forêt tropicale, soit vous devez revenir sur St Pierre et traverser le nord de la Martinique par la route.


A l’Anse Céron, nous en profitons, en laissant Belissima au mouillage, pour aller visiter l’Habitation Céron accessible à pied de la plage : propriété privée, ancienne manufacture de sucre, de manioc et de cacao, elle est surtout connue pour son restaurant dont les produits utilisés proviennent de la propriété et pour son parc où se trouve le plus beau spécimen de zamana des Petites Antilles : c’est une espèce d’immense acacia que nous découvrons. 


 

Tricentenaire, son ombrage couvre un hectare ! Planté pour protéger les plantations de cacao, il a la particularité de refermer ses feuilles pour laisser passer la pluie et de les ouvrir dès que le soleil apparaît pour garder l’humidité et protéger les cacaoyer du soleil. Incroyable Dame Nature !

Nous découvrons aussi un baobab en fleur : on dirait la tête de Popeye !!! Nous qui avons vu tant de baobabs à Madagascar, nous ne l’avions jamais vu en fleur.


La saison cyclonique avançant, nous redescendons au sud de la Martinique, dans la baie de Ste Anne, pour rejoindre Mathilde et Jean Luc du bateau Pythéas.

Nous profitons de leur présence pour faire une plongée en bouteille au rocher du Diamant, une des plongées les plus réputées de Martinique : nous avons de bonnes conditions sans courant et en eaux très claires. (cf lien vidéo en fin de page)


 https://www.youtube.com/watch?v=lRVMpxWafcw&feature=youtu.be 

C’est là que nous retrouvons aussi, pour une journée notre nièce Lise, la soeur de Juliette : fraîchement descendue de l’avion, nous lui faisons découvrir par la mer et sous un beau soleil, la baie du Diamant et la plage des Salines, la plus belle plage de sable blanc au sud de la Martinique.

 
                                                Plage des Salines                                                                                                                          Juliette et Lise


Le temps passe et il est temps de partir pour l’île de la Barbade où nous avons rendez-vous le 22 août à l’Ambassade des Etats-Unis pour obtenir notre visa américain, indispensable pour toucher en voilier n’importe quelle côte américaine. Comme nous avons l’intention en 2019 de passer par là, il est temps de nous acquitter de cette formalité valable 10 ans.



Nous partons le 19 août de Ste Anne de Martinique pour effectuer les 140 milles qui nous conduisent au nord de la Barbade à Port St Charles

Pour atteindre la Barbade, île au vent de l’Arc Antillais,  il faut tirer des bords (on ne peut y aller en ligne directe car nous avons le vent face à nous) mais les conditions sont bonnes pour cette traversée.

Traditionnellement, les voiliers en arrivant à la Barbade font leur entrée administrative au port de commerce de Bridgetown, la capitale. Les comptes rendus de navigateurs sur le site anglo-saxon «  Noonsite » nous incitent à faire notre entrée au nord-est, à Port St Charles : nous sommes seuls au mouillage temporaire, l’accès au ponton très facile, les officiels charmants. 

 


Il fait très beau et notre navigation le long de la côte ouest au coucher de soleil pour descendre au sud dans la Baie de Carlisle, seul mouillage bien abrité de la Barbade, nous enthousiasme : plages de sable blanc, hôtels de luxe très bien intégrés dans le paysage, mer bleue et surtout très peu de voiliers en cette période cyclonique à l’exemption des catamarans charter.

    
                                 Baie de Carlisle                                                                                                                                               Sylvie "aux Anges" !

Notre séjour s’annonce prometteur.

Nous avons une journée pour repérer l’Ambassade des US et fort des conseils de nos amis de Pythéas qui ont fait ces formalités l’an passé, nous prenons le bon bus pour nous rendre à l’Ambassade, repérons les lieux et en profitons pour rentrer à pied pour découvrir cette île.


Changement de décor : aux hôtels luxueux de la côte ouest se substituent des petites maisons de bois plus ou moins colorées des Barbadiens appelés aussi les Bajans. Ces maisons, appelés les «chattels »étaient au départ les maisons des esclaves. Comme ces derniers étaient voués à être vendus et à changer de lieu de vie, ils démontaient leur maison et la reconstruisait sur leur nouvel endroit de travail. Quand on les regarde de profil, on s’aperçoit que la plupart des maisons sont toutes en longueur avec des extensions successives qui correspondent à l’agrandissement de la famille. 

 

22 août : c’est le grand jour pour nos visas.

En arrivant à l’Ambassade, nous sommes étonnés des dizaines de personnes de tous âges et de toutes nationalités qui attendent dehors. Ils ont rendez vous, comme nous pour passer un interview pour obtenir leur visa. L’attente est longue : notre rendez vous est à 9h30. Nous en sortirons à 13h30 après quelques péripéties. En plus des 180$ pour chaque visa, payés au préalable par internet, nous avons dépensé en cette matinée près de 260$ entre les photos d’identité à refaire, les taxis privés et la dépose de nos passeport chez DHL, n’ayant pas d’adresse sur place pour récupérer nos passeports. Nous avons eu un peu l’impression d’être pris dans un traquenard commercial ?


Heureusement Belissima est ancré dans une eau superbement bleue, non loin d’épaves de bateaux qui ont été coulées dans très peu de profondeur et accessibles aux nageurs en masque, palmes, tuba, à l’exception d’une, accessible en bouteilles de plongée : c’est pour nous l’occasion d’approcher pour la première fois des épaves. 

                                                         

Nous y allons soit le matin avant 9h soit le soir après 16h car toute la journée ce «  Marine Park » est envahi de bateaux charter qui outre la visite des épaves font du « feeding » (nourrissage) pour que poissons et tortues viennent tourner autour des touristes dans l’eau.

  

 L’ambiance est très festive sur la plage de Carlisle Bay : musique du matin au soir, jet ski, bouée tractée… tout est prévu pour le tourisme de masse. Que demander de plus que du sable blanc, du soleil et la mer bleue quand on est en vacances. Les prix sont aussi au rendez-vous …

Le temps de récupérer nos passeports (5 jours d’attente), nous en profitons pour découvrir l’île.



A côté du marché aux légumes et à la viande,  « the Cheapside Market », se trouve le  marché au poissons : nous y trouvons les fameux  filets de poisson volant, plat national de la Barbade ! Pas si bon marché que cela pour un plat national, 16€ le kg…

  

C’est vraiment une découverte pour nous. Nous savions qu’autrefois Moitessier et les autres navigateurs mangeaient les poissons volants récoltés sur le pont après une nuit de navigation, mais de là à en faire le plat national ! Nous les testons fumés, frits ou grillés. Il n’y a pas de quoi s’extasier mais il n’y a pas d’arrête. Promis, la prochaine fois que nous en récupèrerons  sur le pont, nous les cuisinerons.

 House of Parliament   " the Careenage"

                                                                                                               

Pour partir à la découverte de l’île, nous allons jusqu’au centre ville de Bridgetown en annexe en empruntant  « the Careenage » qui nous permet d’arriver à l’ancien port de Bridgetown aujourd’hui transformé en une mini marina :

-  pour voiliers 

-  pour bateaux à moteur pour la pêche au gros ( très prisé ici) 

-  pour de nombreux catamarans charters qui chaque jour sillonnent la côte ouest de la Barbade sans oublier de passer par le Marine Park de Carlisle Bay

          


Nous pouvons laisser notre annexe le long du quai, après le pont levant en toute sécurité. L’empreinte anglaise est bien présente avec « the House of Parliament », la statue de Nelson, l’église Ste Marie, la plus ancienne de l’île et les différents édifices au coeur de Bridgetown.

De là, nous prenons le bus ou taxi-co adéquat ( chaque course coûte 2$ Barbados soit 1$US). Les bus, moins nombreux, sont calmes en comparaison des taxi-co jaunes ou blancs qui déversent une musique assourdissante tout au long des trajets. (pour nous, cela est plus du bruit que de la musique mais les passagers ont l’air d’apprécier, ou bien restent imperturbables !)


 Nous nous rendons  au sud ouest de l’île pour aller visiter le fameux « Andromeda Garden », superbe jardin botanique où se côtoient des espèces tropicales du monde entier dans une atmosphère très British. Nous y découvrons une nouvelle espèce de balisier  et le vacoa pristis, originaire de Madagascar, dont les feuilles sont comme des lames de poisson scie… 

 
Vacoa...........................................................Vacoa pristis                                                Balisier

Le vacoa est cette plante dont les feuilles, après avoir été séchées et travaillées pour être assouplies servent dans les îles du Pacifique à faire des nattes ou tapis, des cloisons dans les cases et toutes sortes de paniers ou autres tressages.


Non loin de là, se trouve le site de Bathsheba connu pour ces rochers très photogéniques et son site de surf. Là aussi, les sargasses sont bien présentes mais n’empêchent pas les surfeurs en herbe de se régaler. Rémi se prend même pour un surfeur !

      


Un autre jour, nous nous attardons sur la côte ouest et découvrons les 2 plus vieilles villes de la Barbade : Speitghtstown et Holetown. En dehors des « resorts » qui bordent les longues plages de sable blanc, ces petites villes restent très authentiques et l’habitat, fait essentiellement de chatells, très sobre et minimaliste. 


 

La visite du Concorde British Airways (chaudement recommandée par des amis navigateurs) étant momentanément fermée pour cause de rénovation, nous décidons de partir pour la côte nord et ses fameuses falaises qui surplombent « Animal flower Cave », une grotte où l’on peut voir des anémones de mer en fleur lorsque la mer est calme. Ce jour là , ce ne sera pas le cas. Mais nous avons déjà eu l'occasion d'en photographier  ailleurs !

 

Nous continuons par la visite de St Nicholas Abbey, très belle demeure du 17-18ème riche d’une histoire très intéressante de l’île, et qui exploite toujours la canne à sucre pour la fabrication d’un rhum très confidentiel.

 

Les deux premiers propriétaires de ce domaine ont joué un rôle important dans l'histoire économique et politique de la Barbade. L'un deux a été nommé Gouverneur de la Caroline du temps où elle était colonie anglaise,  et a fondé la ville de Charleston.

Le domaine resta dans la famille et c’est Susanna, mariée à George Nicholas, qui donna son nom Nicholas Plantation au domaine.

Plus tard à la fin du 19ème les noms de Nicholas Plantation, Paroisse St Nicholas et Bath Abbey ont donné le nom actuel au domaine St Nicholas Abbey.

Ceci explique que depuis plus de trois siècles, il existe des liens très forts entre la Caroline et la Barbade.  


Ayant assisté de la terrasse du « Marina Café » d’un retour de pêche au gros, nous n’hésitons pas à partir toute une journée avec Belissima au large de la côte ouest pour tenter notre chance. Voilà plus d’un an que nous n’avons rien pêché à la traine ! 10h plus tard, nous revenons à notre mouillage, bredouilles.

Même pas un poisson volant sur le pont ! On est loin de nos 112 KG de poissons pêchés en 2016 dans le Pacifique et l’Indien !!!

 

Nous en profitons pour aller mouiller plus au sud de la Baie de Carlisle devant le Hilton et le Yacht Club dans une eau encore plus bleue, nous écartant du passage incessant des bateaux charter et de la musique boum-boum. 

Nous ne sommes pas loin de l’hippodrome ce qui nous vaudra le plaisir d’assister à notre lever, à la baignade des chevaux de course.



Deux  dernières surprises : nous apprenons qu’entre 1904 et 1914, 1/3 de la population de l’île est partie pour travailler à la construction du Canal de Panama. Grâce à l’argent renvoyé au pays cela permit pour la première fois aux familles de se sédentariser en achetant leur propre terrain. 2/3 des migrants ne sont jamais revenus.


La deuxième : suite aux énormes dégâts sur l'île de la Dominique provoqués par le cyclone Maria en septembre 2017, l'Université Américaine de Médecine installée depuis 40 ans sur cette île, a décidé de déménager et de venir s'installer à la Barbade ! Comme dit le proverbe : " le malheur des Uns fait le bonheur des Autres " !



Le temps s’étire et passe facilement, mais nous rêvons d’autres îles moins touristiques et moins bruyantes.

Nous restons un peu mitigés sur cette île qui semble avoir « vendue son âme au dieu du Tourisme et de la Finance Internationale » alors que derrière cette façade le Barbadien est quelqu’un de très simple,accueillant et chaleureux.




C’est donc Tobago qui nous attend. Nous sommes début septembre. C’est la rentrée des classes en métropole…


Nous retrouvons Charlotteville au nord qui nous a bien plu l’an passé et le bateau Pythéas de Mathilde et Jean-Luc.


Nos habitudes de snorkelling reprennent le dessus et quelques jours de condition météo magnifique nous révélent des endroits superbes avec poissons, éponges, gorgones et coraux.


        escadron de calamars


La pêche est bonne et Mathilde nous trouve de nouveaux endroits pour pêcher les langoustes et les poissons qui vont remplir nos assiettes. Ici pas de risque de ciguatera apparemment !

On trouve beaucoup de petites langoustes brésiliennes (>14cm ce qui est la norme pour être pêchée)

  

langoustes brésiliennes et poulpe.                                                                  Bourses cabris                                                                                          Bourses cabris attirées par les langoustes


Phénomène étonnant, nous nageons au milieu d’une grande quantité de poissons « Bourses cabris » qui viennent sous notre nez en permanence !


Rémi, Mathilde et Jean-Luc plongent en bouteille pour profiter des très beaux fonds au nord de Charlotteville.


Nous profitons de la bonne ambiance dans le mouillage pour participer à un BBQ navigateurs sur la plage (10 kg de langoustes pour 19 personnes), et grimper en haut de la colline pour jouir des paysages et des arbres fruitiers tout au long de la montée : mangues à profusion, avocats, pamplemousses, fruits à pain.

 
                                               BBQ de langoustes                                                                                            cueillette et récupération d'avocats



     Les semaines passent, déjà un mois que nous sommes là à vivre presque insouciants au gré de nos pêches, de nos cueillettes…

Nous assistons plusieurs fois à la pêche à la senne, pêche au filet à partir de la plage. Sylvie propose même son aide pour tirer le filet sur le sable : "ouïe ouïe ouÏe que c’est lourd, pas terrible pour le dos"... Pourtant à voir, ça parait facile. Les pêcheurs nous vendent leurs bonites à 2€ pièce !

  

Pêche à la senne                                                                                         frégates attirées par les poissons de la senne.              poule noire de Tobago sur un filet de senne


Pendant ce temps, la météo, n’a pas chômée : Isaac et Kirk ont menacé les Antilles mais heureusement sans la violence de l’an passé.


Le mois d’octobre arrive, la saison cyclonique n’est pas encore terminée mais la température de l’eau étant descendue, les risques de cyclone s’écartent. Nous commençons à remonter doucement vers les Grenadines, joyaux des Antilles


Deux journées exceptionnellement calmes nous permettent de redécouvrir Sandy Island où nous n’étions pas venus depuis 6 ans : l’eau est d’une pureté incroyable, on se croirait dans un aquarium.


Rémi va pour la première fois ramasser à la main une langouste de près de 2 kg. C’est une maman pleine d’oeufs qu’il relâche pour assurer la descendance.

 Sandy Island

Nous passons quelques jours à l’ouest d’Union, dans la baie de Chatham, bien à l’abri des perturbations qui passent et profitons de ce mouillage avec un bon internet pour nous mettre à jour. 

Nous bénéficions d’une journée sans trop de vent pour nous arrêter à Petit Tabac, l’île de « Pirate des Caraïbes », mais l’orage nous chasse très vite.


Eh oui, les paysages de cartes postales ne sont pas pour tous les jours… Il faut avoir du temps et choisir les bons moments pour être au bon endroit.

Bingo, ce sera le cas à Petit Nevis au sud de l’île de Bequia


Nous sommes seuls au mouillage, l’eau est à nouveau d’une clarté incroyable et Rémi nous pêche à nouveau nos plats du soir, langoustes et poisson. Quel bonheur !

    


Fini de flemmarder : il nous faut penser à monter vers la Guadeloupe voir notre fille Alice, Thomas et leur petit Maël qui pousse vite : les photos et vidéos sur WhatsApp nous aident à ne pas perdre le contact.

Ensuite ce sera le retour vers le Marin en Martinique où nous laisserons Belissima deux mois pendant notre venue en métropole.


Voilà en très bref notre été et ces agréables moments passés en famille, avec des amis, et sur cette belle île de Tobago.


Allez on vous laisse. 

Sachez que nous aussi, sous couvert de ces moments de grâce, nos cheveux blanchissent, les rides se creusent, nos poumons se chargent des gaz dégagés par les sargasses et du sable des " brumes de sable " et nos dos nous rappellent que nos 20 ans sont plutôt derrière que devant.

Mais que la vie peut être belle dessous, dessus et tout simplement en mer !

Et ça fait 9 ans que ça dure !


A bientôt pour la suite de nos voyages…

 https://www.youtube.com/watch?v=lRVMpxWafcw&feature=youtu.be

                                                        Video réalisée par Mathilde de Pythéas à la plongée du Diamant,

Avec nos remerciements pour ce témoignage qui reflète la plénitude de nos ressentis aussi bien en plongée bouteille qu’en apnée.

Cliquez sur ce lien : 

                        https://youtu.be/lRVMpxWafcw