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09 Chapitre

LES EDUCATEURS ET LEURS METHODES :


    Chaque parent est responsable de l’éducation religieuse de leurs enfants. Dans ce domaine, les Bara font preuve de beaucoup de persévérances, et, cela plutôt sur la forme que sur le fond. De part leur grande expérience et leur disponibilité, les « apelambatotse » ou grand-mères dispensent du meilleur enseignement sur les croyances ancestrales. 

    Cette formation continue et permanente, richement illustrée par les contes et légendes, est réellement vécue au quotidien. Par exemple, lors des travaux champêtres, pendant les corvées d’eau et les repas... Basée sur les tabous, la finalité est d’assumer le choix entre le bien et le mal. C’est pour cela qu’on les sensibilise par le récit des trois enfants ayant bravé les interdits. L’aîné meurt foudroyé, le second dévoré par un crocodile, et enfin, toute la descendance de la benjamine sera victime de mort précoce. La valorisation est aussi présente dans leur éducation. L’énumération des notables et des grandes familles (à descendance multiple) du village sert d’exemple, dans le respect des traditions, afin de bénéficier de la protection des ancêtres.

CONSEQUENCES DE CETTE EDUCATION :

    Fortement ancrée en eux, cette éducation d’ordre générale, marquera chaque enfant même après la mort de leur parent. Par contre l’instruction dispensée par une « apelambatotse » est plus stricte (contre les mauvaises fréquentations, bannissant l’adultère et respectant le foyer…) au risque de leur priver d’une certaine autonomie.

    Le couple idéal sera donc composé d’homme et de femme éduqués par une « apelambatotse ». La même conception de la vie contribue à une entente harmonieuse, équilibrée et riche de bon sens. Bien souvent, les couples issus de milieu (éducatif) différent seront plus conflictuels... Ce sera au détriment de l’épouse qui, bien souvent, manquera d’initiative.

    Les missions évangéliques nous amènent à parler de l’autre aspect plus récent de l’éducation Bara. Si l’éducation traditionnelle est vécue au quotidien, le catéchisme n’occupe qu’un laps de temps hebdomadaire. Au fil de l’expansion du christianisme, le respect des tabous traditionnels s’est transformé en obéissance, pour vivre dans l’amour du Christ. La vie éternelle héritée de Jésus-Christ est transposée à la protection des ancêtres, source de bien. Les craintes, issue des transgressions des traditionnels tabous, ne sont plus que les manifestations de la volonté du divin Père.

    Tel était l’éducation des jeunes Bara en terme de croyance. Dorénavant, la tendance est à l’évangélisation et ils diront plus tard : « c’est en ayant faim que j’ai pu me rassasier.