Le Lycée Fromentin de 1953 à 1961 (en section M)


A toutes les Fromentines, celles qui ont vitupéré, pleuré, fait de l’opposition plus ou moins silencieuse  et les autres mais qui toutes ont gardé de notre LYCEE un souvenir impérissable, je dédie

ces photos, en espérant qu’elles seront une source de plaisir !

Nouvel apport grâce à Marie-France (Fanfan) Mercadal!!

Elle vient de me rappeler que nos promotions étaient baptisées!!! Oubli absolu de ma part jusqu'à ce qu'elle me nettoie les neurones encrassés!! merci à toi Marie-France!!

Nous avons eu l'honneur de nous appeler les Champignons!! Et nous avions une chanson bien à nous !! Dès qu'elle m'en fournira les paroles je me ferai plaisir en les transcrivant !! Avec musique en prime pour les mélomanes !!  

Voici les paroles envoyées par Marie France!! Patience la musique suivra!!

Autre rappel de Marie- France, le prof d'Arabe Monsieur Achour et son parapluie noir!! Il paraitrait que sans l'aide inconditionelle de Sarah Boutagou, Fanfan aurait passé beaucoup de temps à la porte de la classe!!

Je n'ai aucun souvenir de ce monsieur mais j'ai en mémoire Madame Achour , en tant que professeur d'Arabe.

Quelques flashes , certains de mes souvenirs au hasard !!

 Le réfectoire et ses nappes vertes à carreaux verts (roses pour les 6ièmes), la vaisselle en inox (massif !), la bataille aux petits- suisses un jour de grande nervosité, au grand désespoir de nos pionnes « ‘Mesdemoiselles ,vous pouviez vous blesser !! » Sans doute croyait-t-elle qu’on avait utilisé les fourchettes et les couteaux ! Avec les mains ?? Choquant !!!

Et la revue des chaussures, en haut de l’escalier de marbre, pour vérifier la propreté ET le port de bas ou de chaussettes .Après si tout allait bien nous avions droit au courrier, bien censuré, des fois qu’il y ait des propositions malhonnêtes par lettre interposée !!! Miss Ceccaldi pour celà était moins exigeante et laissait passer des lettres bien anodines !!!  Le jeudi c’était plus sympa, le rythme moins stressant, quiche et frites au menu et l’après-midi, pour les inconditionnelles de sport comme moi, les matchs à l’extérieur si les évènements le permettaient. Ouf ! Un peu d’air faisait du bien !! Ah ! J’oubliais aussi les comptages et recomptages à chaque déplacement !!  Et puis…

Le Nid, ses immenses dortoirs,  Génasa et ses livres de contes et légendes qui me faisaient passer la semaine comme en sous-marin !Melle Garçon et son sourire énorme, Melle Boileau ,  blonde effacée, boucles d'oreilles en argent , en forme d'hirondelle, ne sachant pas réagir face aux insolences de Perine ...!! 

 

L’Oasis, vert, directement sur les stades (et vue sur la rue !!) où je suis partie dès la 5ième ce qui brouille mes souvenirs ! Je me souviens bien mieux des internes des promotions précédentes que des élèves des sections B de mon âge !!

Madame Le Chevrautel qui était si sympa ! Le plaisir d’avoir un « box » bien à soi, le bonheur de distribuer les changes du vendredi soir. Encore un moment sans autre discipline que la nôtre ! Et on faisait traîner au maximum le temps de la distribution !!!

Le Gai-Logis, bleu.  Amusant, mais j’ai peu de souvenirs ! En fait, je n’y suis restée qu’un an ! Ce bleu de toutes façons ne me plaisait pas !

La Ruche !!Jaune ! J’y étais dès la seconde ! Quel plaisir ! Melle Coesy notre Antillaise si cool ! les séances de bronzage sur le perron à l’abri des regards des Bigeard-boys, à moins que ce ne soient ceux de Massu, qui utilisaient sans vergogne leurs jumelles , depuis leur PC de l’autre côté du Chemin Zaatcha.

Et l’externat ! La cour Mauresque ! L’esplanade où rituellement tous les matins nous allions aux créneaux pour admirer la baie d’Alger quel que soit le temps !!

De Fromentin, je veux garder le souvenir des copines d’abord et avant tout, des moments forts, des profs les plus sympas, ou les plus marquants !

Madame Palmer, notre adorable prof de gym et sa douceur nous entrainant inlassablement pour les matchs de volley, le charisme de Melle Riallin qui, malgré notre orientation matheuse n’a pas baissé les bras et nous a fait passer une année de seconde magique, du haut de ses 22ans et de son agrégation en lettres classiques !!Sa collègue d’Espagnol, Melle Décaillet, presque aussi jeune,  qui aussi cette année là, nous a sorties de notre lot de laissées pour compte car nous n’avions pas choisi LATIN !! Quand je vois les nouvelles générations se battre pour entrer en S .....…… !!!! .Mais je ne peux pas oublier non plus Madame Bonnet, son approche chaotique des maths et son accent marseillais, qui m’avait dit, et çà, çà ne s’invente pas « Il y a deux sortes de cancres, les cancres dormeurs et les cancres bavards. Je préfère les cancres dormeurs de votre espèce ! ». Heureusement il y a eu Madame Coron qui en véritable sportive a eu le courage de relever le challenge et a repris notre classe en première pour essayer de rattraper les dégâts. Merci à elle, nous avons eu le bac !

Je n’oublie pas Madame Thomas, la sadique, qui faisait pleurer tous les lundis matins ma copine Fanfan dès la première heure et qui m’a légué son extraordinaire accent british ! Celui exporté par tous les PN sur cette planète ! On ne peut pas « se louper » on se reconnaît instantanément n’importe où dans le monde, au sonar si je puis dire !

Ida  Bourion, en physique, nous a, dans des tourbillons de parfums et des tenues extaordinaires,  donné le goût du travail sans perdre fantaisie et humour. Quelle classe !!

Je ne peux pas finir sans nommer Melle Meillon, artiste jusqu’au bout de ses longs ongles laqués blancs, chantant l’Hymne à la Joie, lunaire au milieu de nous,  sauvages en délire, Madame Rognon et ses feuilles d’acanthe, Melle Montana et Melle Cunin,  en cours de SC. Nat ou le soir en étude, Madame Giulani et ses notes au hasard, Melle Calmon et MadameTeissier, une en espagnole austère, l’autre solaire, si différentes mais si efficaces ! Je leur dois, ainsi qu’à Melle Décaillet, d’avoir eu, à Barcelone, du temps de l’Espagne franquiste, un échange de mots aigres avec un guardia-civil qui n’avait pas voulu admettre, au vu de mon accent impeccable que j’étais Française et exigeait de me voir adopter pour une Ibère une attitude plus correcte, c’est à dire de ne pas m’asseoir sur mon sac de voyage en attendant l’embarquement pour Mallorca !! Bon, j’aurais eu le look suédois, peut-être que….

Les surveillantes générales ? Melle Ceccaldi , ses jupes courtes au genou!!(pour l'époque quelle liberté!), sympa, plus cool quand à l'application du règlement, nous laissant une remplaçante, Madame Guibert, pas très agréable (surnommée par ma génération Boudu!!)   Melle Ceccaldi avait "émigré" en tant que directrice du Lycée Delacroix où je l'ai revue le jour du bac!! Pour calmer mon stress elle m'avait accueillie dans son bureau pour un échange assez court mais combien revigorant s'intéressant à mon parcours et mes futures études !

Melle Perraud, elle, ne badinait pas quand à la stricte éducation que nous recevions!! Redressez- vous, je vous prie, disait -elle, avec une petite tape légère sur l'épaule,  quand par hasard une  d'entre nous s'octroyait le droit de "s'avachir" un brin, quelle horreur, à table !!

A elle aussi les vérifications de propreté de chaussures et port de bas , en haut de l'escalier  en marbre, du réfectoire! Si pas de chaussettes , des bas!! Et les tricheuses de bronzer et de faire au crayon noir une couture bien nette pour tromper son oeil vigilant !!

Et Madame La Censeur ? Comment l’oublier ?  Elle qui avait une autorité de fer et assez d’humour pour dire en regardant  Claude Ramage, si longue et mince, un jour de chahut à la Ruche « Vous seriez montées sur les tables, si vous aviez eu les jambes assez longues ! » Et comment !!! Moi-même avec mes petites pattes et en sautant, j’en aurais bien fait autant !!!!

Elle régnait surtout du haut de l'escalier monumental de l'externat et nous toisait de toute son autorité, 1300, voire davantage , jeunes filles alignées en rangs stricts, et pour celles qui ricanaient , par inadvertance, sous son oeil-laser, se faisaient remettre à leur place, sans aucune délicatesse! Du style ,le fameux "mademoiselle si vous voulez faire le trottoir , allez sur le trottoir en face du lycée"!!! C'était tout simplement pour dénoncer le maquillage un peu chargé, l'oeil de biche allongé à l'extrème au pinceau, et les talons extravagants, d'une retardataire!!

Ensuite dans un silence total nous regagnions nos salles de classe donnant sur la cour mauresque.

Allez un petit mot sur ces salles !!!  Non , Je ferai  plutôt un plan sommaire ..un jour...sans doute..peut être... pour raviver votre mémoire si.................................

 Les salles étaient attribuées à chaque classe et pour un an , en terminale aux Pins,  près de Melle Meillon, les autres se répartissant le territoire sur deux étages . Pour veiller au grain quelques surveilantes d'un âge mûr , dont Madame Romanoff, que la légende disait Comtesse et qui affichait une courtoisie exemplaire même quand elles nous traitait de sauvages ignares !! la pauvre!! Elle avait croisé en ville, Irène portant elle aussi un nom russe un jeudi dit de sortie, cigarette au bec !! Le lendemain nous avons eu droit à une belle remise en question de nos manières de" dévoyées" !!  " Un jeune homme, aime les jeunes filles parfumées, il n'aime pas embrasser une jeune femme qui sent le hussard !! Ne fumez pas !!" Toute la salle 2 qui regroupaient les filles en étude de la seconde à la terminale en est restée bouche- bée!! Fin de la leçon de morale !!!! J'ai encore son extraordinaire accent dans l'oreille !!

 Evidemment cela devait nous conduire au bac, avec cerise sur le gâteau , une solide éducation qui nous permettrait d'affronter aisément toutes les situations de la vie . Ce fameux bac qui nous stressait tant mais qui nous permettait des révisions bien sympathiques en petit comité dans la classe vide d'externes, restées chez elles pour l'occasion . A nous l'auto- discipline, les remises à niveau  grâce aux copines, etc Même à l'internat la vie au quotidien s'assouplissait un brin !

Le jour J , la journée commençait par un petit déjeuner royal!! Ce jour là nous avions droit à confiture ET beurre, fromage ET jambon!! De quoi nourir nos neurones stressés sans risquer l'hypoglycémie et le coup de barre de onze heures!!

Que dire de plus de toutes ces années , le carcan des études et de la discipline de fer mais le bonheur d'être ensemble dans " le plus beau lycée de France" et de ne pas avoir encore 20 ans ? C'était notre bulle et avec notre jargon que j'ai presque oublié, le plaisir de transgresser en douceur !!

 

. Si vous désirez réagir, apporter votre lot de souvenirs, me laisser un message qui me ferait tellement plaisir, utilisez l’adresse : 

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                                     A bientôt, peut-être ?

                                                                           Andrée