Découvrir Tillou


ORIGINE DU NOM TILLOU

Tillou, le nom de notre village vient de 'Theil' soit Tilleul en langue poitevine. 

Le tilleul est très présent dans nos cours et l'un des plus beau spécimen, classé arbre remarquable, est situé sur la place de l'église Saint Sulpice.





L’EGLISE SAINT SULPICE :

L’église Saint Sulpice de Tillou, avec son clocher – mur est de style roman. Une première mention en est faite en 1121, lorsque guillaume Premier Gilbert, évêque de Poitiers, la donne au prieuré de Notre Dame de Celles. La chapelle latérale de la sainte vierge a été ajoutée au XVè siècle. En 1769 le revenu du prieuré cure est de 1200 livres. Il existait dans l’église une chaire monolithe disparue depuis. Elle provenait de l’abbaye de Puy Berland, tout comme le retable encore présent qui sert de dossier à l’autel actuel.


Le huit pluviose an VII l’église ayant été déclarée bien national, fut vendue au sieur Bonnet (déjà mentionné) lors d’une vente aux enchères à la bougie. Elle fut ainsi présentée : «  La cy – devant église de Tillou ayant trente et un mètres de longueur sur dix mètres de largeur, ou environ 96 pieds sur 18, estimée en revenus 20 francs. Mise à prix 800 francs. »





L’HISTOIRE DE TILLOU

 La première mention que l’on trouve de Tillou fut faite le 6 janvier 817 : il s’agit du don fait par un prêtre du nom de Bernier (ou Besnier) à un sieur Rainaud d’un immeuble sis ‘In vicario Metulense (Melle) in villa Tillioli »

Une vicaria était une division administrative, et une villa un vaste domaine et parfois toute une paroisse comme dans le cas présent.

La Villa Tilliolum tire peut être son nom de ce qu’elle était construite en un lieu planté de Tilleuls, arbre qui poussait jadis à l’état sauvage en cette région, et que Rabelais nomme « teil »

Une lettre non datée qui se trouve dans les archives de l’Evêché de Poitiers, adressée sous forme de rapport à Monseigneur l’Evêque par un curé de Tillou, nous fournit une indication intéressante. Un historien de renom (Jullian) dit qu’ au VIème et VIIème siècles, à l’époque mérovingienne, dans la contrée, Teillou était un centre de rencontre entre les Frisons et les Santons. Les premiers, venus des pays nordiques apportaient du fer qu’ils échangeaient avec les Santons contre des étoffes. La même lettre ajoute que la région fut évangélisée par Saint Martin, Evêque des Gaules qui laissa son nom à plusieurs villages voisins. Le même rapport nous explique enfin qu’il existe au sud-ouest de la ferme de « La Vallée » un ancien cimetière dont on a extrait plusieurs sarcophages mérovingiens. On y a également découvert des ossements, des corps enterrés à même la terre. Ces découvertes ont été faites dans le coteau dit « Du moulin de la rivière ». Il y aurait également eu une chapelle dans ce coteau.

LE CHATEAU ET LES SEIGNEURS 

Le château du Tillou n’était qu’un simple logis. Il relevait de la baronnie de Gascougnolles. Une partie de la commune était du ressort de la baronnie de Melle. La paroisse dépendait de la prévôté, de l’archiprêtré de Melle et de l’élection de Saint Maixent.

Du Xè au XIè siècle Tillou fut le siège d’une petite viguerie ( dérivé de vicaria) sans viguier, comprenant trois paroisses.

A la suite de différentes alliances matrimoniales, la seigneurie de Tillou déjà évoquée dans différents textes dès 1437, passa définitivement à la famille de Nossay en la personne de François de Nossay. En 1698 la seigneurie appartenait à Jacques de Nossay, chevalier, seigneur de la Forge, demeurant en son château du Tillou. Elle lui rapportait 3000 livres de rente. Le seigneur de Tillou n’avait pas le droit de nommer des notaires : c’est le seigneur de Gascougnolles, son suzerain qui les établissait sous sa juridiction. Deux procureurs fiscaux : Guillaume Bonnet et Jean Louis Augustin Minot ont été les époux successifs de Dame Ambroise Dorothée Hérissé, la mère des « Demoiselles de Beaumoreau ».

La branche Tillolaise des De Nossay s’éteignit en novembre 1818 avec le décès de Louis Alexandre de Nossay dernier homme de la famille, réputé bossu et très laid. Il était néanmoins père d’une fille illégitime nommée Marie Forgette car née au domaine de la Forge (Montigné) et dont la mère n’était autre que sa servante Marie Bouquet. Elle fut reconnue par son père, et épousa un vitrier de Chef – Boutonne signant ainsi la fin de l’histoire des De Nossay à Tillou. Signalons enfin que les seigneurs de Tillou étaient protestants au tout début de leur installation à Tillou.

DU XVII SIECLE AU XIX SIECLE :

L’état sur l’élection de Saint - Maixent, établi en 1698, donne d’intéressantes précisions sur la vie à Tillou, à cette époque .

Le bourg possédait une halle. Un marché s’y tenait chaque mardi. Lors des trois foires annuelles s’y vendaient quelques bœufs, des brebis et des pourceaux.


Les foires se tenaient au « Pinâ » ainsi dénommé en raison du pin parasol : au temps des guerres de religion et des dragonnades, certaines familles protestantes avaient planté un pin parasol sur leur propriété. C’était un signe de ralliement et de reconnaissance ; ceux qui étaient recherchés savaient que là où était un pin, ils trouveraient aide et assistance.


La paroisse comptait deux familles de notables ( celle de messire de Nossay et de Louis Méchain, un bourgeois), deux notaires, un greffier de juridiction, un sergent, un greffier des tailles, deux chirurgiens, deux cabaretiers, deux meuniers, dix neuf laboureurs, vingt sept artisans, vingt quatre journaliers, vingt valets et servantes.

La révolution de 1848 aboutit à l’abdication du roi Louis Philippe, le 24 février et à la proclamation de la 2ème république : l’évènement fut marqué par la plantation du Tilleul de la place de l’église : « l’arbre de la liberté »

 

TILLOU ENTRE LES DEUX GUERRES :

Tillou était une commune rurale très active. Les exploitations agricoles y étaient très nombreuses, et pour la plupart de très petite taille. Les fermes moyennes atteignaient 20 à 25 hectares. La plupart étaient exploitées à moitié fruit : le fermier n’amenait à la ferme que son travail, outillage et cheptel étant fournis par le propriétaire. Le fermier recevait en salaire la moitié de la récolte.

Il y avait trois moulins à eau, couplés chacun avec un moulin à vent, quatre puits communaux, deux écoles (une de garçon et une de filles).

La halle à côté de l’église fut démolie en 1920 pour laisser place au monument aux morts.

La grande guerre a en effet marqué durement la commune : 22 habitants sont déclarés morts pour la France. En 1917 le conseil municipal ne comptait plus que 7 membres sur 11, les autres étant engagés ou décédés dans les combats.

Pendant la débacle de la seconde guerre mondiale, de nombreux ardennais ayant tout perdu furent accueillis du mieux qu’on put. Les gens vidèrent les greniers des anciens lits à quenouille qui y étaient remisés, on bourra les paillasses, on retapa quelque vieux buffets et tables boiteuses pour aménager au mieux tout ce qui pouvait servir de logement provisoire et des repas leur furent préparés le temps qu’ils s’organisent un peu. A quelque chose malheur est bon : le village ne fut jamais occupé, en raison de son manque d’eau courante.

La vie repris son cours après les hostilités et la commune eu enfin l’eau au robinet en 1957.

Sources: R Beau, M Gurgand, M Poignat " Le pays Mellois"