( EXTRAIT DE TEXTES PARUS AUX EDITIONS PATRIMOINE ET TRADITIONS)

La réalisation du barrage de Rochemaure de 1956 à 1957, déviant l’essentiel de l’eau du Rhône vers le canal et privilégiant ainsi la production d'électricité et la navigabilité a eu pour conséquence de faire baisser de façon significative le niveau de la nappe phréatique.

Avant la création du barrage de Rochemaure, les jardins situés tout au long des berges du Rhône puisaient à l’aide de pompes, bien souvent manuelles, dans la nappe l’eau pour l’arrosage des cultures. Bien qu’ayant enfoncé plus profondément les piquages dans un premier temps, la limite de la profondeur de (pompabilité) étant de 7.5 m , plus aucune goutte d'eau ne sortait des pompes.

La C.N.R, conformément à ses objectifs d'aménagement et d'exploitation du Rhône pour la production d'électricité, la navigation et l'agriculture, réalisa le réseau d'irrigation de la plaine du Teil à partir du barrage de Rochemaure afin de subvenir aux besoins en eau des terres agricoles. La conduite principale D'irrigation est de diamètre 1000 mm de la prise d'eau au barrage, jusqu’au rond-point de Rochemaure puis 800 mm de Rochemaure à La Violette pour finir en diamètre 600 mm à la vidange des réseaux dans la lône au port port de Lafarge. Elle a une longueur de 14 km. Le réseau est gravitaire sous pression.

Ne souhaitant pas gérer ce réseau elle demanda à faire concession à un organisme constitué, représentant les intérêts des propriétaires .

ainsi naissait l'Association Syndicale libre irrigation de la plaine du Teil, le 3 Mars 1958.

Création de l' Association Syndicale libre irrigation de la plaine du Teil, le 3 Mars 1958.

les propriétaires concernés se situaient dans le périmètre compris entre le ruisseau de Joviac au nord et le port de Lafarge au sud, le Rhône à l’ouest la voie ferrée à l’est. Mais aussi les réseaux secondaires appelés Boissy d’Anglas , Boulevard du Rhône, Rue du stade , La Violette.

Un plan périmètré et parcellaire dressé par l’ingénieur de la CNR en date du 13 Février 1958 a été remis à l’association. Les autres plans remis en temps voulu concernent l’aqueduc principal n°2462 en date du 7 Janvier 1957, le réseau n°2530 du 14 Mars 1957, les vidanges et branchements et les prises jardins n°2828, en date du 27 Janvier 1958.

Le 5 Mai 1959 par arrêté préfectoral n°13.58.56 les associations syndicales libre seront transformées en association syndicale autorisée (A.S.A) toujours d’actualité aujourd’hui .

Les anciens présidents sont depuis l’origine : 1958 Mr Suaux -1966 Veron- 1976 Lacarelle -1987 Carbo - 1990 Bourgade - 1998 Richard - 2004 Théolas - 2012 Bon -

La vanne principale de mise en eau du réseau se situe au lieu-dit « La ferme de Chalindard ». Trois purges : Rond-point du pont sur le Rhône N 102 - Une au droit de la Grange Mathon - Lône du port de Lafarge. Huit vannes permettent d’isoler les réseaux secondaires : Boulevard du Nord, Boissy-d’anglas, Boulevard du Rhône, rue du stade, Roury, Chambaud, Frayol, la Violette.

La réalisation de la déviation Nord de la N86 en 2007 a mis en relief que Le réseau d’irrigation se trouvait en partie sous celle-ci. Le département de l’Ardèche a pris en charge financière les travaux nécessaires au déplacement des conduites concernées et réparation des fuites occasionnées par les engins de chantier, sur une longueur d’environ 850 m.

Une convention du Conseil Général de l’Ardèche avec l’association en date du 10 Aout 2007 précise que les piquages individuels et les vannes correspondantes seront remplacés. Ce nouveau réseau est implanté sur le domaine privé comme précédemment.

A l'époque, 411 propriétaires déclarés étaient concernés. Depuis, les propriétaires ont changé, vente de maison et terrains, décès , branchement non déclaré, d’où la difficulté pour l’A.S.A de recenser tous ceux qui bénéficient de l’eau d’irrigation pour remettre à jour la base de données. Au niveau budget, l’association a comme ressource, depuis 2012, la redevance du droit d’eau qui est fonction de la superficie des parcelles.

La Création des réseaux d'arrosage privés

En 1967, les propriétaires situé hors périmètre syndical de l'A.S.A ont pris l’initiative de demander et de réaliser à leur frais des réseaux d'arrosage privés. A ce propos la mise en place des réseaux privés s’est faite par un collectif de personnes avec parmi elle un responsable "Maître d'oeuvre" qui devenait par la suite le référent membre du bureau de l’A.S.A ce qui représentait un intérêt certain en terme d’information et de suivi sur ces réseaux privés.

Les réseaux privés sont actuellement au nombre de 6 :

Boulevard Pasteur, Chambaud, Roury, constitués en associations/syndicat de jardiniers.

Les quartiers de Frayol - Castors et les Terrasses n'ont plus de gestion administrative et technique, ce qui pose un réel problème à l'A.S.A pour l'entretien et la gestion de ces réseaux délaissés par leurs bénéficiaires.

Mise en oeuvre et réalisation de la distribution d'eau d'irrigation quartiers Les Terrasses.


L’eau depuis des temps immémoriaux a toujours été un centre d’intérêt et un « objet » de convoitise. Dix ans après l’installation par la C.N.R d’un réseau d’irrigation destiné à suppléer les puits et sources existants après la mise en eau du barrage de Rochemaure, les terrains situés sur la rive droite de la voie ferrée Lyon-Nîmes ont vu décroître et même disparaître les points d’eau. La baisse du niveau du Rhône, le maintien de l’étiage très bas, la quasi absence de fortes eaux survenue petit à petit, ont fait que la demande en eau d’irrigation était très forte.

M. Cornet, alors député, avait pensé relier tous ces terrains au programme C.N.R du département avec l’aide du génie rural mais les travaux en zone urbaine n’étaient pas éligibles à ce programme. Grace à la bienveillance de M. Cornet, nous avons pu nous brancher sur le réseau C.N.R.

Avec l’aide de M. Roux, nous avons pu, tous deux, étudier un projet, soumis au quartier des Terrasses, adopté par les futurs usagers permettant l’irrigation des 30 jardins du quartier. Il y avait beaucoup de contraintes : détériorer le moins possible les voies communales en suivant les limites de propriétés et surtout tenir compte du profil des terrains (environ 2,50 m de dénivellation).

L’eau arrivant par gravitation du barrage, on pouvait espérer sur la zone plate la plus importante une pression (hauteur d’eau 150 à 200 g/s). Il fallait réduire le débit des points bas afin d’alimenter correctement les points hauts, faire des tranchées, placer les conduites d’une façon irréprochable, les amener du stockage (M. Chalancon). Pour travailler, nous étions 6 ou 7, les plus âgés apportaient à boire, donnaient des conseils aux plus jeunes, s’ils pouvaient, donnaient un coup de main, le tout dans une excellente ambiance, avec l’espoir tant recherché d’un fonctionnement impeccable.

Et puis, un soir, tout étant terminé, vérifié par Ms Bayle et Mounier, j’ai ouvert la vanne nous raccordant, les 50 robinets, à la conduite principale, l’eau a coulé partout, même aux points les plus hauts. Et si ça n’avait pas marché, qui aurait payé les conduites ? Mais sans rechigner, chacun a payé sa quote-part.

Devant une telle réussite, les quartiers Roury (M. Girard cartonnage), de Chambaud (M. Blanc Marcel), du dépôt (M. Nodon) m’ont demandé de venir exposer nos travaux à des réunions de quartier : tous les participants ont été enthousiastes ! Avec plus ou moins de rigueur, surtout à Roury, tout a été réalisé et fonctionne depuis 50 ans.

M. Michel Robert, par la suite, a pris la tête d’un projet réalisé Rue Ambroise Croizat. Ces réseaux ne sont entretenus par personne et il serait bon, pour chaque quartier, de créer une association gestionnaire.

La consommation d’eau de ces différents réseaux, équipés pour la plupart de robinets 15/21 ne grève pas le réseau principal. La cotisation encaissée par le syndicat est de 40€/An par jardin, un rapport coquet de 100 à 120 cotisants, net, puisque le syndicat n’entretient pas les conduites.

Ces travaux ont amené, lors de leur réalisation, une excellente ambiance et montré, qu’en se prenant par la main, on peut faire des choses bien si quelqu’un prend la responsabilité de lancer un projet. Je reste le dernier des réalisateurs des quatre projets. Ceux qui ouvrent un robinet aujourd’hui ignorent ou veulent ignorer l’histoire de ces réseaux. Ils se plaignent du peu de pression…. « Y avait qu’à, y a qu’à » les Français sont toujours critiques, le Teillois comme les autres, mais ils sont très attachés à leur réseau, surtout en été.

Il y a un robinet dans leur jardin, ce robinet coule, tant mieux. Il y a toujours quelqu’un pour raconter ce qu’il ne sait pas et quelqu’un pour l’écrire. Laissons l’eau couler en attendant…….

Collectif du syndicat d’arrosage des jardins du quartier du ROURY.

Sur demande, pour la mémoire du quartier du ROURY, je retrace en quelques phrases mon historique du réseau dit «privé» du quartier ROURY alimenté en eau (brute) venant du « Rhône ». Sur les versions de l’historique de la création du réseau d’irrigation par la CNR qui alimente notre réseau, je n’ai pas d’observations particulières ; Je me souviens de la très grosse pelle « Mécanique » creusant le canal… ! A cette époque mes parents construisaient et habitaient au quartier ROURY ; nous disposions d’un point d’eau équipé par une pompe à bras pour le jardin.

Le récit, ci-après, est le résultat de la transmission orale et/ou écrite (archives) de faits relatés et transmis par certains de nos anciens de 1973 à 2007 et le passé très proche vécu de 2009 à aujourd’hui.

En 1972 je me suis éloigné de ma ville natale de LE TEIL pour des raisons professionnelles. En 1973 mon père (jeune retraité SNCF) a participé à la réalisation de ce réseau (archives 1973) et mes parents s’acquitteront annuellement (archives de 1974 à 2007) de la taxe émise par le « SYNDICAT IRRIGATION de la plaine du Teil » pour « un seul robinet calibré 12/17 »

En 1982, Je me suis rapproché du TEIL. Pendant la période de 1974 à 2007, le réseau était entretenu et plus ou moins géré par les bénévoles du quartier (genre de collectif d’amis)…..l’eau coulait assez régulièrement, par gravité, au robinet du jardin pendant la période définie par la C.N.R……donc R.A.S en apparence !

En mars 2009 (propriétaire par héritage), j’assiste à l’Assemblé Générale annuelle de l’A.S.A tenue à la salle des fêtes de la mairie ; je suis élu démocratiquement à main levée membre du bureau. Le 14 Décembre 2009 je suis convoqué et j’assiste donc à ce qui était une « réunion de bureau ». Ce soir là, mes questions se faisant trop précises et les réponses absentes , un appel téléphonique, le lendemain, me signifiait que « le quartier Roury étant hors zone j’étais exclu du bureau !!!! Ce qui n’est pas précisé dans le document ? « Un peu d’histoire C.N.R. et Irrigation » (Extraits de l'article de Pierre Soulier aux éditions: Mémoire du Teil, Patrimoine et traditions de décembre 2015 numéro 7)

En 2010, j’ai réhabilité et habité la maison familiale. Cela m’a conduit à suivre de très près… ! le « fonctionnement » de ce(s) réseau(x) (pm : Rdv avec Monsieur le maire 25/10/2012 …sans suite !!! )

En conclusion, Il apparaît, au cours du temps qu’avec:

Le changement des propriétaires (héritage, vente, acquisition, don).

L’avancée en âge et/ou le décès des « anciens bénévoles» du quartier.

La perte d’informations et/ou le manque de motivation (pas de vagues) de « jeunes et/ou nouveaux propriétaires ».

Un certain conservatisme ou laxisme de « président bénévole » (pas de vagues) dans la gestion du réseau d’irrigation par l’A.S.A.

Le dénie de la réalité, d’ « élus municipaux », et du S.T. de la Municipalité, de la présence de notre réseau, à l’achat (ou don) de terrains ou de travaux pour la création d’espaces et voies publics (passages privés devenu rues, parking A. FABRE et son annexe avec l’accès à la place J.MOULIN, station de relevage eaux usées, …..etc.

Les menaces proférées, pendant les travaux 2013/2014 de la rue V.TOUCHET, à « un empêcheur de tourner en rond ».

Le copinage facilitant certaines interventions (manœuvre de vannes, réparations…etc.) hors respect de la réglementation de travaux sur domaine public.

Le comportement de certains membres du « bureau » par le refus de transmettre des informations dont le but était d’améliorer et/ou réorganiser la gestion de notre réseau.

les moyens informatiques actuels d’investigation, de communication et d’information.

En 2018, il est souhaitable que :

les propriétaires, (membres du collectif et/ou du RER/CQR) d’un robinet 12/17 (à jour de leurs cotisations 2018) soient informés des évènements (à venir) pouvant affecter, de près (travaux) ou de loin (gestion A.S.A.), notre réseau R.E.R. du quartier du ROURY.

l’omerta sur la gestion administrative et technique de ce(s) réseau(x) dit « privés » cesse !


Remerciements à Ms: Pierre Soulier et Gérard Bernard qui ont réalisé ce superbe travail édité par "Patrimoine et Traditions", ainsi qu'à: Raymond. Cadenet. Pour son travail de mémoire sur la mise en oeuvre et la réalisation de la distribution d'eau d'irrigation dans le Quartier de "Roury "au Teil.