Mandalas
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Dans ce texte pour commencer à en expliquer l'efficicence, nous envisageons l'analogie des mandalas du tantrisme avec la Z Machine des laboratoires SANDIA. 

Il va sans dire que cet article est spéculatif et n'est ici que comme une incitation à la réflexion et au débat sur sujet. 

                         

A quoi pourraient servir les structures organisées en mandalas du tantrisme ?

par Marc Bosche


Ceci est une fiction spéculative, puisque le texte qui suit postule pour les besoins de ce chapitre, l'existence d'une énergie spirituelle et/ou subtile qui pourrait circuler (s'échanger) selon une sorte d'économie (ou de logique) tantrique. Et dans ce domaine de « l’invisible » : rien n’est (moins) sûr.

La doctrine fait endosser au pratiquant la responsabilité de son échec. Les bouddhistes acceptent d'endosser en général une responsabilité personnelle face au mystère du tantra et surtout face à leurs propres souffrances. Mais il me semble que ce ne soit pas tout à fait satisfaisant.

Bien entendu nous faisons toujours face à notre propre esprit, mais dans ces ouvertures au tantrisme bouddhique, celui-ci est habité par des activités subtiles qui n'ont pas tout à voir avec notre karma, ou nos propensions.

Il semble que, tout comme le capitalisme fait habilement endosser aux pauvres la responsabilité du déséquilibre des revenus, une certaine forme de lamaïsme diffusée en Occident n'a pas son pareil pour faire supporter à des "victimes" la responsabilité de la souffrance qui leur est imposée, tout en s'arrogeant les mérites de la grâce ou de la bénédiction que les gens ressentent parfois.

C'est en constatant cela que j'ai été amené à interroger ces strates de justification au sein du discours lamaïste, pour en déduire qu'elles avaient aussi une fonction idéologique, afin de justifier le fonctionnement de ce système de pouvoir hiérarchisé qui favorise essentiellement les rares personnes en haut et au centre de leur mandala, c'est à dire le lama, son lignage racine, et ses quelques disciples les plus proches.


Il se pourrait même que le discours vajrayana soit de cette nature idéologique, visant à asseoir des systèmes, ces mandalas, qui "roulent" pour quelques rares privilégiés au centre du dispositif, concentrant l’essentiel de l’énergie à leur attention, et qui distribuent (c'est aussi une simple image) des miettes d'énergie subtile agréable et autres effets spéciaux temporaires aux disciples et aux badauds des rituels collectifs.

C’est pour utiliser une analogie, économique cette fois, un peu comme le capitalisme le fait avec les publicités et les clips de musique tout en entretenant bien souvent une misère collective de plus en plus grande autour de rares îlots de luxe et de richesse excessive concentrés autour de ses propres "gourous"... La comparaison a ses limites, j'espère que son caractère caricatural n'aura pas été excessif.

                                                                                                                            

 

 

Une cybernétique spirituelle ?

Permettez, chère lectrice, chère lecteur, que je me laisse aller à quelques digressions hypothétiques. La transmission des impressions psychosomatiques du tantrisme n'est pas forcément de maître à disciple, contrairement à ce que suggèrent les textes de commentaires classiques,  mais se produirait au sein d'un champ plus vaste et diffus d'activités tantriques interdépendantes (une sorte de "cybernétique spirituelle" en somme) qui parcourt aussi les disciples, sans être strictement limité. Un peu comme un phénomène viral, pour donner une image très imparfaite.


Le maître souvent ne sait rien, ou presque, de la vie intérieure de ce disciple  X ou Y qui pratique à distance. En revanche pour ce dernier toutes sortes d'effets spéciaux inhabituels, plus ou moins standardisés et personnalisés, peuvent se manifester à partir de l'émergence tantrique et de son insertion au sein du mandala.

Lorsque le maître a une éthique impeccable, il est un peu comme un mécène ou un banquier honnête qui  concentrant les énergies subtiles, permet des "prêts" d'énergie et d'expérience aux personnes en quête initiatique.

Si au centre du mandala on en est à la débandade ou la décadence, si le maître et ses proches disciples ont une éthique faible ou mêlée, le mandala ressemblerait alors davantage à... une essoreuse à pleine vitesse ! Et les disciples seront selon toute vraisemblance "essorés", surtout à la périphérie du mandala, et particulièrement pour les disciples qui quittent l'institution, là où les effets déplétifs sur l'énergie subtile sont les plus sensibles.

 

                                                                                                                            

Le mandala comme une « Z machine »

 

Yantra du tantrisme

  

 La Z machine des laboratoires Sandia à Albukerque

         

 

Mais qu’est-ce qu’un mandala ? La question peut paraître étonnante, puisque nous disposons de nombreuses représentations, picturales, tankhas sur toile ou images de mandalas éphémères de sable. La question que nous posons porte en fait sur le mandala social, constitué d’une assemblée de pratiquants du tantrisme, réunie par exemples dans un ermitage collectif autour d’un gourou pour une retraite, ou dans un chapiteau le temps d’une initiation tantrique.

Un tel mandala qu’il soit permanent ou éphémère est supposé correspondre à sa représentation picturale, qui est elle bien connue. Et la question plus précise qui se pose alors est la suivante : comment une telle réunion a-t-elle une efficience énergétique subtile et/ou spirituelle. Quels processus sont à l’œuvre ? Quels résultats sont obtenus ?

 

Stupa mandala du tantrisme bouddhique (Népal)

 

 L'engin ECF de Gramat

 

 

Mandala de sable du tantrisme bouddhique

 

La meilleure analogie dont nous disposons actuellement pour évoquer la dynamique du mandala est sans doute celle, dans le domaine de la magnétohydrodynamique, de la « Z machine » des laboratoires Sandia d’Albukerque, ou de sa petite sœur la « machine ECF » des laboratoires d’expérimentation de Gramat dans le Lot, dont la photos apparaissent en exergue de ce paragraphe, avec quelques notes explicatives en-bas de cette page web. On remarquera que leurs formes sont analogues à celle des mandalas du tantrisme. Ces machines sont conçues pour concentrer en leur centre une énergie si intense qu’elle pourrait à terme générer un processus de fusion pure. Cette dernière pourrait alors un jour être utilisée de manière civile pour produire de l’énergie électrique en grande quantité ou de manière militaire comme une terrifiante arme de destruction massive, appelée parfois comme un oxymore : la « bombe nucléaire propre ». La particularité du dispositif de ces machines est qu’elles piègent en leur centre une intensité très grande de courant électrique, qui n’a nulle part où s’écouler de part la symétrie du dispositif circulaire. Cette concentration aboutit, si j’ai bien compris, en la fusion de fils de métaux à l’intérieur du cercle, constituant un plasma hautement incandescent, aboutissant à la fusion de la matière, et à la libération au centre du dispositif d’une grande quantité d’énergie. Il s’agirait ni plus ni moins de la réplication en miniature du même processus que dans les taches et éruptions solaires.

Il est clair que tout comme la Z machine ou l’engin ECF, le mandala du tantrisme correspond à un espace dont les dispositifs de clôture externe, mais aussi d’organisation interne sont soigneusement étudiés et ne doivent rien au hasard.

Il adopte une forme symétrique, qui peut s’inscrire dans un périmètre circulaire, et se dispose ainsi sans aucune dissymétrie autour d’un centre généralement pensé comme d’un niveau hiérarchique supérieur. Plus encore une enceinte externe (dans le mandala de l’univers c’est une « grand mur de fer ») isole le mandala du monde, tandis que des portes soigneusement gardées par des protecteurs assurent que les processus internes ne seront pas diffusés à l’extérieur, voire que des activités externes auront des possibilités fortement contraintes par ces mêmes protecteurs pour être admises à l’intérieur.

Très clairement le dispositif s’avère orienté pour permettre une forte concentration d’activité en direction de son centre, sans pour autant dépendre trop fortement de son environnement externe.

C’est comme si un espace était ainsi délimité où d’autres lois allaient s’appliquer afin de permettre au cœur du mandala une forte accumulation d’énergie. Cette accumulation ne peut réellement s’écouler, la symétrie du dispositif effectuant une sorte d’annulation des forces centrifuges, d’autant qu’à l’extérieur rien n’est supposé sortir au cours du processus grâce à l’enceinte et aux gardiens des portes.

C’est le rituel centré sur la divinité au centre (gourou, bouddha, yidam identifié au maître…) qui assure que le mouvement des prières, des énergies spirituelles et subtiles des adeptes va bien de la périphérie vers le centre, selon une attentive hiérarchisation qui augmente quand on se rapproche de ce dernier. La dévotion des disciples à l’intérieur du mandala est bel et bien détournée du monde pendant le temps du rite, et tournée vers le cœur du  mandala assurant à celui-ci son efficience spirituelle éventuelle.

A la fin du rituel, la dédicace des mérites correspond au moment où les adeptes reviennent vers la vie ordinaire, vers les lois humaines et celles de la nature. Cette dédicace aux êtres vivants dans le monde, souvent brève et sans grand relief, est visiblement sous dimensionnée par rapport à la complexité, la sophistication et l’élaboration des autres phases du rituels qui consistent en fait à concentrer les énergies, les attentions et les pensées des disciples vers le centre du mandala pour en potentialiser l’activité.

Ainsi le mandala serait bien un dispositif concentrateur d’énergie, un artefact pour « piéger » l’attention individuelle et collective, avec les activités que cette attention sous-tend, déjouer les règles habituelles de la perception et de l’échange social, orienter l’énergie spirituelle vers les assesseurs et le maître au centre afin que ce dernier sorte du champ ordinaire de la perception/non perception et entre dans un état de fusion pure de non dualité. Enfin si cette réaction de fusion pure s’opère, c’est tout l’intérieur du mandala qui devient à son tour dans la contagion de cette incandescence subtile un espace de fusion pure de non dualité. Le système des portes gardées par les protecteurs et l’enceinte assure que la réaction soit contenue à l’intérieur, ne revenant vers le monde que selon la dédicace finale des mérites.

Le système du mandala ressemblerait, selon ce modèle, à un condensateur d’énergie subtile, plus précisément à un dispositif concentrateur d’énergie, capable de donner des samadhis spécifiques et des expériences variées à ceux et celles qui sont au plus près du centre.

La deuxième question qui se pose est celle de la qualité effective de cette « dédicace finale des mérites » que nous avons évoquée plus haut. Car on le comprend un tel dispositif s’il permet une telle intensification des expériences, en mettant à contribution les éléments périphériques au profit des éléments au centre, est aussi une formidable machine de pouvoir spirituel sinon symbolique. Dans cet espace les lois du monde, les lois des hommes, les lois de la nature paraissent comme abolies pour le temps du rituel ou de la retraite tantrique.

De plus les gardiens des hommes, leurs garants, leurs guides, n’y sont pas admis et sont maintenus à l’extérieur par le jeu des protecteurs en périphérie. Cet espace interne du mandala, ou plutôt ce volume interne du mandala est donc un monde où les règles du jeu de la nature et des hommes n’ont plus droit de cité.

Il faut donc s’assurer avant d’y mettre les pieds, et non après, de la qualité, et de l’orientation réelle et profonde du dispositif lui-même avant de s’y confier où d’y amener un conjoint, des enfants, un bébé.

La qualité des assesseurs, la qualité du maître, la qualité réelle de la divinité célébrée, la qualité de l’école, de ses rites, la qualité des participants, la qualité des protecteurs : tous les éléments doivent être au rendez-vous pour permettre une expérience… de qualité. C’est un peu comme une chaîne où le défaut d’un seul maillon compromet tout l’ensemble.

Dans cet espace où les lois habituelles mais aussi morales qui protègent les hommes et leurs esprits n’ont plus cours, il est nécessaire de s’assurer, avant d’y pénétrer, que les processus qui y auront une efficience n’ont rien de d’ambigu, de prédateur ou qu’ils ne correspondent pas à une déplétion de l’énergie subtile des participants au profit des initiateurs au centre du mandala.

On le lit parfois ici et là : la manipulation de l’énergie des adeptes par les « instructeurs » est au cœur des dérapages dans les communautés tantrique les plus controversées. Et nous ajoutons à ce point : le mandala est ce qui permet aussi cela.

Ainsi avant de donner 20 euros pour une « initiation tantrique » à l’une de ces organisations, chacun serait bien inspiré de réfléchir à deux fois et de se documenter attentivement auparavant sur la réputation de cette organisation. Et peut-être certains préfèreront après réflexion amener toute leur petite famille au parc Astérix (plutôt qu’à l’initiation tantrique du dimanche), ce qui serait dans certains cas la marque du bon sens…

                                                                                                                            

 

S’informer avant

Le moteur de recherche Google peut rendre de grands services à cet égard. On peut effectuer avec quelque profit plusieurs petites recherches successives en faisant une requête sur l’association de deux termes clefs.  Pour le premier terme on peut taper le nom de l’organisation, du gourou, du protecteur ou de la divinité qui est adorée dans le mandala concerné. Pour le deuxième terme clef de la recherche essayez « scandale », « dérive sectaire » ou « controverse ». Renouvelez les recherches en mettant aussi ces derniers termes au pluriel pour augmenter vos chances de faire sortir des résultats de recherche qui vous auraient échappés.

En associant, puis en permutant ces termes deux par deux, une première approche des zones d’ombres bien connues et répertoriées d’un mandala donné est possible.

Mais les bases de données sont encore trop étroites et limitées en langue française. On préfèrera consulter le Web anglophone plus riche à cet égard en effectuant de telles recherches dans la langue de Shakespeare.

Cette information cruciale est assez disponible sur plusieurs grandes lignées himalayennes qui sont aujourd’hui traversées par des lignes de fracture. Au sein de ces lignages un schisme oppose jusqu’au conflit les tenants de deux factions. Chaque faction publie donc volontiers des informations accablantes pour la branche concurrente et rivale, et lève dans ce cas la loi du silence, rendant plus facile l’information des éventuels adeptes, même si celle-ci doit être, bien entendu, relativisée.

Dans ce cas, on le devine, s’informer est d’autant plus indispensable.

En effet il peut être tentant pour un « maître » tantrique d’un de ces lignages en rupture de ban - ou en opposition avec l’autre chapelle de l’église tantrique - d’utiliser les techniques du mandala comme une arme collective au service de sa cause. C'est-à-dire comme un champ qui le protègerait, lui donnerait de la force et de la légitimité dans cette lutte pour s’imposer, ou pour exister dans l’adversité perceptible que lui manifestent volontiers ses propres frères et soeurs tantriques de l’autre courant. Il arrive aussi qu’un lama tente de légitimer un jeune candidat tulkou de son choix, en le mettant au coeur d’un mandala ad hoc pour le « booster » et le monter en épingle, dès son jeune âge, tandis qu’en coulisse, tel le Gepeto du conte, il tire discrètement les ficelles de son jeune et innocent Pinochio.

Dans tous ces cas l’énergie et l’attention des disciples risquent d’être tout simplement utilisées, instrumentalisées, transformées en militantisme pour une cause ambiguë (toute proportion gardée, un peu à la manière de celle des soldats engagés dans une troupe. Leur vie ne leur appartient plus, mais peut leur être prise au nom d’une « juste guerre »).

Mais en l’absence d’un schisme de lignage, même si certaines informations essentielles arrivent un jour sur Internet, bien souvent, à court terme, rien ne filtre, rien n’est dit dans l’organisation concernée sur ses desseins actuels, ses crises et ses difficultés.

On préfère faire miroiter au disciple les promesses de la félicité, de l’initiation et de la compassion. On ne découvre le pot aux roses sur Internet que plusieurs années plus tard.

C’est pour cela que même si la consultation attentive du World Wide Web peut permettre de dissiper certains malentendus, c’est à chacun de mieux exercer sa prudence et son discernement, en se fiant plus à son bon sens et à ses observations, qu’à ses intuitions spirituelles. Le bouche à oreille peut réserver quant à lui de nombreuses surprises. Des mandalas tantriques jouent beaucoup sur la cohérence du discours des disciples, utilisée stratégiquement pour séduire, attirer et convaincre. On ne peut donc s’y fier sans connaître préalablement la position réelle des personnes prescriptives, vis à vis d’un mandala donné.

A cet égard, on regardera attentivement la congruence, c'est-à-dire la correspondance, entre les paroles et les actes des animateurs ou des promoteurs du mandala.

On avisera si on apprend que la règle monastique est surtout un habillage pour une vie plus relâchée de certains hiérarques en coulisse. On notera si le train de vie des dirigeants, voire l’appétit pour les donations des disciples, compromettent l’intégrité du mandala. Enfin on portera attention aux descentes de police, de gendarmerie ou de la DDASS qui sont des signes probables que quelque chose cloche dans le mandala.

 Bref, comme on le fait aussi pour l’achat d’un appartement, on ne se fiera pas au boniment de l’agence, mais bel et bien aux taches d’humidité suspectes et aux fissures apparaissant sur les murs !

On exercera ainsi avec profit pour le diagnostic du mandala son esprit d’analyse sur des signes qui disjoints les uns des autres n’ont qu’une signification restreinte, mais qui juxtaposés commencent à constituer un puzzle, et à révéler une autre signification parfois moins flatteuse que l’enthousiasme lisse et convenable des brochures illustrées sur papier glacé…

 

                                                                                                                            

La synchronisation des activités subtiles ?


Un moyen de mobiliser les ressources psychosomatiques des disciples serait donc l'existence d'un ou de plusieurs mandalas de pratiquants autour d'un lignage.

La synchronisation et la coordination de leurs activités subtiles seraient rendues possible par la standardisation et la collectivisation des pratiques (mêmes préliminaires, mêmes mantras, mêmes prières, mêmes rituels, mêmes visualisations de soi, mêmes visualisations de l'univers, et enfin existence de convictions identiques partagées).

La dévotion collective envers le maître et les icônes tantriques permettraient ainsi une mobilisation de "l'énergie subtile" (comprendre : psychosomatique), voire de la capacité à agir ainsi sur "l'énergie subtile" des autres (si une telle chose existe bien entendu !).


On m'a dit aussi, et c'est incroyable, que seraient concernés les proches des adeptes, ainsi que certains de ceux avec qui ces derniers auraient des liens. Les plus jeunes seraient exposés de part leur nature délicate et accessible. En bref, ceux qui seraient ouverts "énergétiquement" aux adeptes, à leur maître et à la puissance centripète du mandala pourraient ainsi en théorie être "rencontrés" dans leurs "énergies subtiles" !

Mais il faut bien dire que notre paradigme scientifique n'admet pas la possibilité d'énergie "subtile" ou prana, de "tiglé" ou gouttes subtiles, de "tsa" ou canal subtil, de "lung" ou souffle subtil, ni de "transfer" de ces énergies.

Tant que la science n'aura pas de moyen de valider ou d'invalider ces croyances, nous resterons dans le domaine de la pure fantaisie, du roman, voire de l'hallucination.

Mais en lisant il y a quelques jours le dossier consacré à l'effet placebo par Science & Avenir, qui montre que cet effet existe et est mesuré, je me suis dis que peut-être à l'image de l'effet placebo, l'effet de la suggestion basée sur les mandalas tantriques pouvait peut-être aussi agir, voire pourrait peut-être un jour être mise en évidence dans des protocoles expérimentaux.

Je me garderai bien d'affirmer ces hypothèses de crainte de former de nouveaux stéréotypes, et ainsi de pratiquer une forme subtile de discrimination religieuse. La loi garantit à chacun la liberté de pratique religieuse et je pense qu'il faut aussi éviter tous les mots qui pourraient y porter atteinte. Si la prudence s'impose, en revanche, il n'est pas interdit de poser des questions

Merci de lire aussi ces paragraphes qui précèdent comme une tentative spéculative en non descriptive. Aucun cadre descriptif n'existe d'ailleurs pour des phénomènes dont la réalité n'est même pas admise par la science ni par le sens commun.

 

                                                                                                                            

Quid des effets sur les adeptes ?

Je crois qu'il existe chez l'adepte une fascination des possibilités suggérées par le tantrisme bouddhique, l'idée de gagner sur tous les tableaux : d'avoir la prospérité et les satisfactions humaines augmentées et intensifiées par les effets multiplicateurs et concentrateurs qu'on attribue au tantrisme, et en même temps de faire l'expérience de la sagesse ultime avec le samadhi de la vacuité, de la félicité et de l'illumination. 

Chaque disciple imagine que, quelque part dans le tantrisme, réside l'accomplissement de ce rêve, et  qu'avec cet espoir sa vie, déjà inscrite et délimitée, continuera d'avoir ouverture et sens. La modeste expérience passée au contact d'un mandala du tantrisme bouddhique me montra que cet espoir est entretenu par des effets, par des artefacts, de petites expériences qui entretiennent cette addiction.

C'est un peu comme la "Française des Jeux" qui donne aux acheteurs de billets de loto des impressions que le grand gain est possible, mais en offrant de très petits gains, comme le remboursement de leur billet ou quelques dizaines d'euros.  Le tantrisme bouddhique distillerait ainsi des effets spéciaux, en particulier aux débutants, ce qui les accroche, parfois durablement, car nos adeptes en herbe se disent que si cela commence si bien, cela devrait aller crescendo.

Hélas, bien souvent, tout comme avec le ticket Tac O Tac ! Il n'y a rien après, sinon l'épuisement progressif des réserves de mérite et de vitalité subtile accumulées dans le corps... Rien au bout en tout cas qui soit de la nature de ce magnifique feu d'artifice de l'illumination (!) promis et suggéré au début du chemin, même si cet épuisement progressif des ressources psychosomatiques subtiles correspond aussi, et c'est son aspect positif, à un apaisement et à une placidité de plus en plus grands, pour ceux d'entre les tantrikas qui n'ont pas de tendances trop lourdes et handicapantes, ni de problèmes psychiatriques.

                                                                                                                            

*Note / Commentaire explicatif :

Le générateur du centre militaire d’expérimentation (CEG) de Gramat (Lot) « permet de délivrer des impulsions de courant de 2,5 millions d'ampères, d'une durée de 100 nanosecondes » (Crédit : site web Jean-Pierre Petit,

 http://www.jp-petit.com/science/Z-machine/machines_MHD/these_bavay.htm  

Voir aussi en anglais :

 http://megagaussx.physik.hu-berlin.de/Proceedings/pdf/27.pdf

« Evidemment je ne suis intéressé que par les applications civiles de cette découverte, la première chose à faire c'est d'obtenir la fusion "pure" d'une petite quantité d'hydrure de lithium, par n'importe quel moyen et n'importe où, dans n'importe quel cadre, n'importe quel contexte. Après "chacun vit sa vie". Les civils reconfigurent la manip pour en faire un générateur électrique et les militaires font des bombes en remplaçant la source de courant, initialement électrique par une source magnéto pyrotechnique, à la russe. De toute façon, si les Français se mettaient à faire des bombes à fusion pure, ce qui serait inévitable ils ne seraient pas les seuls. On a vu l'effervescence qui règne actuellement aux USA. On trouverait la même en Russie et en Chine, voir ailleurs. »

 Jean-Pierre Petit, 2006 ( http://www.jp-petit.com/science/Z-machine/machines_MHD/these_bavay.htm

Sur cet auteur : Jean-Pierre Petit a longuement été chercheur et directeur de recherche au CNRS, il est depuis peu retraité. Il est un spécialiste de la MHD (magnétohydrodynamique).

Aux Etats-Unis une autre machine un peu plus grande, la Z machine dans les Laboratoires Sandia d'Albuquerque a permis d’atteindre en son centre des températures extrêmement élevées, si j’ai bien compris, les plus élevées jamais atteintes, en adoptant ce principe.

Photo Z machine : «  En raison des tensions et des intensités extrêmement élevées utilisées, l'impulsion électrique créée lors de chaque expérience provoque des arcs électriques impressionnants, visibles autour des nombreux objets métalliques de la salle, [filaments blancs sur la photo]. Photo : Sandia National Laboratories, publiée avec leur aimable autorisation. » Article de Wikipedia http://fr.wikipedia.org/wiki/Z_machine

 


 


Fictions spéculatives par Marc Bosche, copyright  28 mars 2006. Textes sous licence Creative Commons (copie autorisée pour usage non commercial). L'éditeur ne peut assumer aucune responsabilité éditoriale pour les liens externes proposés, ne connaissant pas nécessairement les arrières plans et les contextes des sites vers lesquels ces liens pointent depuis la présente page. Le fait de citer ces sources externes ne signifie pas que l'éditeur soit en accord avec toutes les opinions exprimées par ces sites externes vers lesquels des liens pointent.