Cartes de Vocation Agricole des terres cultivées

Le Programme National d’élaboration des Cartes de Vocation Agricole des Terres (PNCVAT), piloté par le Ministère de l'Agriculture et de la Pèche Maritime, est coordonné depuis 1988 par l'Institut National de la Recherche Agronomique (INRA) avec des partenaires institutionnels sur toutes les zones agricole Bour (pluviales) du pays. Actuellement, le programme a réalisé près de 6 millions d’hectares de cartes pour les zones d’agriculture pluviale, dites Bour, soit environ deux tiers de la superficie cultivée du Royaume.
La vocation agricole des terres pluviales a été déterminée sur des bases scientifiques solides, reconnues et standardisées internationalement. En effet, la vocation agricole des terres tient compte des potentialités climatiques et pédologiques des terres selon la méthodologie standard publiée en 1976 par l'Organisation des Nations Unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO). Cette méthodologie consiste à établir, pour chaque culture, des classes d'aptitude des terres à l'agriculture selon le double critère climatique et pédologique. Le critère climatique se base sur le calcul de la longueur de la période de croissance qui est définie comme étant la période de l'année durant laquelle les conditions climatiques sont favorables à la croissance et au développement des plantes. Le critère pédologique se base une classification des sols qui permet de regrouper les unités cartographiques des sols selon leurs fertilité et aptitudes à répondre aux exigences des cultures sans pour autant causer la détérioration de la qualité de la terre.
Les Cartes de Vocation Agricole des Terres sont des outils opérationnels d'aide à la prise de décision pour la gestion territoriale des terres agricoles en harmonie avec les objectifs du Plan Maroc Vert. Elles donnent une évaluation agronomique fine de l'aptitude des terres à être cultivées durablement, par un certain nombre de spéculations importantes au Maroc, aux échelles locale et régionale. Les Cartes de Vocation Agricole des Terres permettent ainsi d'identifier des bassins de production homogènes des principales filières agricoles et d’orienter les investisseurs vers les zones et les filières adaptées. Elles peuvent être utilisées comme base pour la réalisation des cartes de fertilité des sols, permettant une utilisation plus raisonnée des engrais en termes de quantité et de qualité, en concordance avec les objectifs du Plan Maroc Vert.
Outres l’adaptation des itinéraires techniques aux exigences des cultures qu’offre l’utilisation des cartes de vocation des terres, celles-ci permettent d'orienter les politiques publiques d’appui au secteur agricole dont, notamment la modulation des subventions à accorder aux agriculteurs et investisseurs choisissant d’utiliser les terres selon leurs vocations. A titre d’exemple, il serait aberrant d’accorder des subventions agricoles à un agriculteur ou à un investisseur qui voudrait, à tors, produire des céréales dans des zones arides en pente à faible capacité de production et qui risque de causer l’érosion des sols. Ces types de terrains peuvent être affectés à l’arboriculture fruitière avec des techniques de conservation des eaux et du sol. C’est effectivement le cas des actions de programme MCA qui prévoit la reconversion des terrains cultivés en céréales et qui ne produisent pratiquement rien, en plantation d’arbres fruitiers tels que l’olivier ou l’amandier.
Les cartes de vocation des terres permettent donc d’offrir une valeur intrinsèque aux terres agricoles pour les investisseurs. Elles permettent aussi de rationaliser l’exploitation agricole et l’approche au développement rural. Les Cartes de Vocation Agricole des Terres offrent également une vue prospective sur les défis de l'agriculture de demain, sur sa vulnérabilité face aux risques climatiques en général et les changements climatiques en particulier. Enfin, les cartes de vocation des terres peuvent être utilisées pour l’orientation de l’urbanisation. En effet, la loi sur l’urbanisme prévoit la préservation des terres à haut potentiel de production agricole. Or, les évaluations faites au Maroc sur l’extension des villes et villages, montrent que chaque année environ 4000 ha de ces terres sont consommées par le bâti, et donc causant une réduction substantielle de la production agricole. Les CVAT constituent un outil d’aide à la décision pour la délimitation des zones d’urbanisation en évitant d’inclure les terres à haut potentiel de production dans les périmètres urbains. 

Pour plus d'informations, consulter le site Web de l'INRA.


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