3. Projections motrices du cortex moteur

Anatomie des voies motrices descendantes

Nomenclature

Voies pyramidale / extrapyramidale

On utilise le terme de voie pyramidale pour désigner la voie cortico-spinale issue des motoneurones du cortex moteur. Ainsi nommée du fait qu'elle traverse les pyramides bulbaires, cette voie relie le cortex moteur à l'étage spinal (faisceau pyramidal) et bulbaire (faisceau géniculé). Elle a pour fonction d'activer les motoneurones de la moelle et du tronc cérébral qui activent à leur tour les muscles. La voie pyramidale correspond ainsi à la voie de la motricité volontaire.

Par exclusion le terme "extrapyramidal" englobe l'ensemble des circuits n'appartenant pas à la voie pyramidale. Les limites de ce terme sont cependant floues: il trouve davantage son origine dans la description clinique de pathologies que dans une description anatomo-fonctionnelle. En clinique, le terme extrapyramidal reste principalement utilisé pour décrire des pathologies relatives aux noyaux gris centraux alors que la principale voie motrice impliquée dans la pathologie de ces structures est justement la voie pyramidale et qu'il existe d'autres voies "extra" pyramidales que la voie empruntant les noyaux gris centraux, comme les voies cortico-réticulospinale et cortico-rubrospinale. Les voies "extrapyramidales" correspondent aux voies de la motricité involontaire impliquée dans les mouvements automatiques associés (ex: positionnement des bras pour la préhension) ou non (ex: la marche) aux mouvements volontaires, les mouvements réflexes et le contrôle du tonus musculaire.


Systèmes moteur direct / indirect

En fonction de l'existence ou non d'un relais sur la voie motrice issue du cortex, on devrait plutôt distinguer les systèmes moteurs directs et indirects. Les signaux moteurs, modulés par les projections du cervelet et des noyaux gris centraux, influencent en effet les motoneurones médullaires soit directement par la voie cortico-spinale soit indirectement par des projections sur le tronc cérébral qui les relaient ensuite vers la moelle.

  • Le système moteur direct, représenté par le faisceau cortico-spinal, permet de contrôler les mouvements volontaires, tout particulièrement le contrôle individualisé de groupes musculaires des extrémités impliqués dans les mouvements fins de la face inférieure, des doigts et de la main. Le système moteur direct est, phylogénétiquement, d'évolution récente. Il apparaît chez les organismes doués d'une forte habilité manuelle: raton laveur, singe, homme. De même, cette voie n'est pas mature chez le nouveau-né, incapable d'exécuter des mouvements indépendants des doigts; les mouvements individuels apparaissent progressivement et atteignent la dextérité de l'adulte vers 7 ou 8 ans, au moment où la densité de projections directes atteint celle de l'adulte.
  • Le système moteur indirect comporte un relais, principalement par les noyaux vestibulaires et la formation réticulaire qui redirigent l'information vers la moelle par les faisceaux cortico-vestibulospinal et cortico-réticulospinal.