Syndrome pariétal


Sémiologie du syndrome pariétal

Le lobe pariétal comporte le gyrus post central (fonctions sensitives) et d'autres structures, dites associatives car intégrant des fonctions cognitives. Les fonctions d’intégration perceptive représentent les fonctions cognitives d’identification, de reconnaissance et de compréhension du langage, des gestes, de l’espace, des objets (simples ou complexes) sonores ou visuels et du schéma corporel.

Ces fonctions sont portées par les régions corticales postérieures (surtout les lobes temporaux et pariétaux). Lorsque le lobe pariétal est touché, notamment le cortex pariétal postérieur, on peut observer, selon le côté (gauche ou droit) ou selon le siège lésionnel au sein du lobe pariétal, des déficits sensitifs complexes, des agnosies (notamment une négligence visuo-spatiale unilatérale, un trouble de la représentation du schéma corporel) et une apraxie.

Le syndrome pariétal peut comporter (CEN - Syndromes hémisphériques):
  • Déficits sensitifs
    • Déficits sensitifs élémentaires (hypo ou anesthésies) hémicorporels controlatéraux
    • Déficits sensitifs complexes
      • A rechercher en l'absence de déficit sensitif élémentaire (ou seulement déficit modéré)
      • Très évocatrices d'une lésion pariétale
      • L'astéréognosie (forme d'agnosie tactile). En l'absence d'anesthésie et de déficit moteur pouvant gêner la palpation, on demande au patient d'identifier divers objets par la palpation aveugle. Le malade est incapable de dénommer un objet (pièce de monnaie, crayon) qu'on lui permet de palper dans la main, sans le contrôle de la vue ou de l'ouïe. Les objets vus ainsi que les bruits restent parfaitement identifiés et le sens du toucher est également normal.
      • L'extinction sensitive. En l'absence d'anesthésie, on stimule simultanément deux points symétriques à D et G du corps, le malade ayant les yeux fermés. En cas d'extinction, une seule stimulation est perçue: en cas de lésion droite, cas le plus fréquent, le patient ne perçoit pas le stimulus du côté gauche lors de la stimulation bilatérale, alors qu’il est perçu correctement lors de la stimulation unilatérale.
  • Troubles visuo spatiaux
    • Quadranopsie inférieure controlatérale (si atteinte des radiations optiques)
    • Négligence visuo-spatiale unilatérale ou agnosie spatiale unilatérale ou héminégligence ou hémi-inattention (synonymes)
      • Incapacité de rendre compte de, de répondre à ou de s’orienter vers les stimuli controlatéraux à une lésion, non expliquée par un déficit sensoriel ou moteur. Le diagnostic différentiel avec une hémianopsie latérale homonyme gauche, parfois associée, est souvent difficile.
      • Les régions anatomiques concernées sont le lobule pariétal inférieur (P2) et le cortex temporal supéro-externe (gyrus temporal supérieur) de l’hémisphère droit, plus rarement, le cortex préfrontal dorsolatéral, le thalamus et le noyau caudé.
      • Généralement due à une lésion étendue de l'hémisphère mineur: le malade ne porte aucune attention à son hémi-espace et néglige les objets et personnes situées dans son hémi-espace (corporel et/ou extracorporel), le plus souvent gauche chez les droitiers, en relation avec une lésion hémisphérique droite. La négligence intéresse bien une moitié de l'espace (dont l'existence même peut être niée) et non seulement un hémi-champ visuel. Au maximum il s'en détourne, la tête étant tournée de l'autre côté.
      • Le syndrome d’Anton-Babinski, généralement secondaire à une lésion étendue frontopariétale droite, est caractérisé par la présence d’une héminégligence gauche, d’une hémi-asomatognosie et d’une anosognosie de l’hémiplégie.
      • Dans les lésions moins étendues,
        • L'interrogatoire recherche les défauts d’exploration du côté gauche du corps (ex. toilette, rasage, habillage) et de l’espace extracorporel gauche (aliments, objets, interlocuteurs, heurts lors des déplacements).
        • L'examen comporte: dessin spontané et sur copie (par exemple, horloge, marguerite), bissection de lignes, repérage de symboles distribués sur une page (épreuves de barrage), dénomination d’images (omission de la partie gauche de l’item), lecture et dictée de phrases et de mots (omission de la partie gauche de la feuille et/ou de la partie gauche des mots), évocation de lieux connus (omission de la partie gauche de l’espace).
        • Lors des reproductions de dessin, le malade néglige toute la partie gauche du dessin. Dans le test de barrage de lignes (Albert, 1973), lorsqu'on lui demande de cocher un certain nombre de traits, il néglige tous ceux situés à sa gauche.
    • Perte de l'orientation topographique, parfois désorientation spatiale isolée
      • L’orientation spatiale repose sur un réseau anatomique complexe latéralisé à droite, incluant les régions pariétales, temporobasales (gyrus parahippocampique) et hippocampiques. La perte de l'orientation topographique définit l’incapacité à reconnaître l’environnement et à s’y orienter. Plusieurs stratégies cognitives sont utilisées pour naviguer dans l’environnement et les troubles de l’orientation topographique peuvent donc résulter de mécanismes divers comme un trouble
        • de l’analyse visuelle de l’espace, par dysfonction pariétale
        • de la reconnaissance de la reconnaissance des lieux et des repères saillants de l’environnement (ex. places, monuments): agnosie topographique, par dysfonction du gyrus parahippocampique
        • de la perte de la mémoire des trajets, par dysfonction hippocampique
      • On recherche à l'interrogatoire une désorientation dans les lieux nouveaux et les lieux familiers (ville, quartier, propre logement) et on demande au patient de décrire verbalement ou de réaliser le plan du logement ou d’un lieu connu, d’effectuer un trajet avec l’examinateur et de le reproduire, de reconnaître des images de monuments célèbres.
  • Troubles de la représentation du schéma corporel
    • Hémisphère mineur:
      • Hémi-asomatognosie: le patient ne reconnaît pas un de ses hémicorps (généralement le gauche chez le droitier) comme lui appartenant.
      • Illusions corporelles, plus rarement: phénomène de la main étrangère, le malade ne reconnaissant plus comme étant sienne sa main gauche, ou la percevant comme étant celle d'un étranger. Parfois il s'agit d'une impression de membre surnuméraire ou du sentiment d'absence d'un membre ou d'un segment de membre.
    • Hémisphère dominant:
      • Agnosie digitale
      • Autotopoagnosie: le patient est incapable de désigner sur commande verbale (« Montrez moi le … ») différentes parties de son corps controlatéral à la lésion, comme le pouce, le coude, etc., alors qu'il peut le faire sur l'autre hémicorps (et parfois aussi sur le corps de l'examinateur).
      • Indistinction droite/gauche
  • Apraxies
  • Aphasie, différente selon la localisation de la lésion (CEN. Sémiologie analytique: troubles cognitifs: aphasies)
    • Aphasie de Wernicke
    • Aphasie de conduction (lésion du faisceau arqué)
    • Aphasie transcorticale sensorielle
  • Agraphie
  • Crises épileptiques
    • Partielles simples, somatosensitives, aphasiques
    • Partielles complexes
Références