Cerises & thé vert au Lac de Mystériade, 

Œuvre de jeunesse en prose rythmée


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" Aujourd’hui les cultures, les arts, les religions et la modernité, tels qu’ils sont compris et tels qu’ils ont évolué, semblent un peu finissants. Leur potentiel d’évolution s‘est sans doute quasiment épuisé. Ainsi, près d’ici, Paris, cité touristique, s’affirme comme la capitale littéraire de l’autofiction, à défaut de révéler la cité des lumières. Sa littérature romanesque officielle est aussi ville morte. Meubles vermoulus qui finiront, un jour ou l’autre, au feu. Le livre, ainsi que la ville, sont à réinventer comme une source d’énergie, une bénédiction. Soyons patients.

Mais il n’y a pas qu’ici. Il est aujourd’hui partout difficile d’innover, d’aller plus loin que les programmes établis, que les vues habituelles, que les notables quinquagénaires attachés à leurs privilèges. Les blocages actuels du monde annoncent la décadence, sinon la fin, des autorités extérieures qui décidaient pour nous le bien et l’ordre. Les églises sont des souvenirs ; les états, des ombres, ou plutôt des machines, vidées de substance. En général les institutions en viennent au dessèchement.

 

Qu’est-ce qui est en train de naître ? Serait-ce l’aube du “je suis”? Ce mouvement intime de l’être, de chaque être, est possibilité de communion avec le “je ” de chacun, étant de la même nature. L’humanité n‘arrive-t-elle pas ainsi à l’âge d’homme : celui de la conscience de sa responsabilité individuelle ? C’est une naissance ! C’est aussi, d’un autre point de vue, le tout début de la maturité du peuple de la terre qui a, au fond de lui, de moins en moins besoin que l’autorité morale du juge, du soldat, de l’esthète, et du prêtre se substitue(nt) à la sienne. "

Cerises & thé vert au  Lac de Mystériade  Œuvre de jeunesse en prose rythmée

par Marc Bosche

Ce livre de prose poétique évoque la nostalgie d’un âge d’or, pur et limpide, où l’humain vibrait en communion avec la nature, et promesse d’un âge à venir espérant que cette lumière se déploiera de nouveau. L'auteur nous laisse comprendre, au gré de ses poésies en prose rythmée que si ce redéploiement doit arriver, cela passera désormais par l’individu, au plus intime de son être conscient.

Textes de jeunesse. Réédition 2008. 112 pages. Existe en édition reliée et version PDF (gratuite). Publié sous licence Creative Commons 2.0


Edition reliée, 112 pages, couverture rigide cartonnée avec jaquette amovible souple couleur

 

(Conseillée !) Version PDF / téléchargement légal et gratuit

 

Edition Google Books


" La brise s’est faite étreinte, et son pollen attise l’émoi d’âmes solitaires. Une lumière exquise s’est posée sur le parc. Le peuplier rêve qu’il s’endort, et s’éveille. Un printemps tonne sur les fleurs maraîchères. Les pensées ondulent sous sa brise. L’eau du canal frissonne, exquise et jaillit dans la fontaine qui murmure, innocente. L’heure s’est faite durée. Elle s’étend sur les herbes qui chavirent. Et là-haut, toujours seuls, deux peupliers pleurent sur ce printemps qui broie leur orgueil.

La victoire du printemps est totale. Sa foudre a magnétisé jusqu’à l’eau qui coule, cascades douces, et à la sève qui se laisse boire par les végétaux assoiffés de croître. Même les enfants sont devenus sauvages, et frissonnent aussi, blondes têtes volages sous la caresse du temps et la plénitude de l’espace. Oui, même les sentiments sont cette vague qui fait déborder l’âme, bleuet, myosotis, pervenche et lilas. Les étudiants se parlent en confidences propices. Les vieillards rajeunissent. Les souvenirs affluent sur l’écran du soleil.

Et cette lumière insolente qui jaillit partout, à profusion, pour éclairer jusqu’à la pénombre où se cachent les éléphants blancs de l’hiver, chassés de sa demeure austère par les cygnes au coeur de joie. Et cette brise chaude qui pulse agite jusqu’aux molécules secrètes de nos êtres, alanguis et agacés par une mystérieuse promesse. Tout est rené, jusqu’à notre tristesse qui s’épanche sur les flancs chastes de la joie. Nous nous sommes réuni avec nous-même, curieux narcisses au coeur d’or. Et chacun rêve de l’instant qui vient, source vagabonde. "(Extrait, p.23)