Vécu à bord d'une voiture amphibie......

Ce que l'on ressent la première fois lors d'un petit rond dans l’eau à la place du conducteur !
Ce texte est extrait du livre 'Les voitures Amphibies' par Alain ROLLAND

Tout comme si vous y étiez, ce texte vous propose de vivre un « rond dans l’eau », à la place du conducteur, confortablement assis aux commandes d’une Amphicar.

Tout d’abord, nous réglerons l’assise afin de pouvoir manœuvrer correctement le pédalier lequel est tout à fait traditionnel: Une pédale d’embrayage à gauche, un frein au centre et un accélérateur à droite. Détail amusant, c’est la banquette avant qui avance ou recule, vous imposerez donc votre position à votre passager. Coup d’œil dans le rétroviseur fixé au pare-brise pour ajuster son réglage, et ca y est, vous retrouvez les sensations de vos premières leçons de conduite!

Déjà trois promeneurs ont stoppé leur marche et se sont transformés en curieux. Imperturbable et prévenu, vous continuez, bien décidé à essayer cette étrange machine.

Le levier de vitesse au point mort, vous tirez le starter qui se trouve à gauche du volant au maximum et donnez un tour de clé!

BRO, BRO, BRO, BRRVROOMMMMM VROOM Vrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrrr......

A cet instant vous pensez : Bon, elle démarre bien, le ralenti est rassurant, on va donc finalement y aller dans l’eau, Il n’est plus question de se rétracter !

Vous enfoncez alors la pédale d’embrayage, vous poussez vers l’avant le levier de vitesse pour passer la première et démarrez comme avec n’importe quelle auto.

Bien, tout va bien, une seule différence, il y a maintenant dix passants transformés en curieux.

Vous vous dirigez vers la rampe de mise à l’eau et vous marquez un temps d’arrêt, comme à un stop face à une route nationale, mais cette fois ci, c’est pour laisser passer un convoi de péniches lancées à pleine allure au beau milieu du fleuve.

Profitons en pour assurer la procédure de sécurité rappelée par un autocollant fixé sur le tableau de bord:

1) Le coffre avant est bien fermé et verrouillé étanche. Si une vague passe par-dessus, au moins, l’eau ne rentrera pas.

2) Les deux portes latérales sont claquées et le cran de sûreté est mis. On ne sait jamais, la belle-mère qui a tenu à monter dans la voiture pourrait bien, une fois dans l’eau, changer d’avis et ouvrir la porte en marche pour rentrer à la nage.

3) Le bouchon de vidange à fond de cale est bien en place, nous l’avons vérifié avant de rentrer dans la voiture.

Ces trois vérifications suffisent pour un véhicule en état, mais comme vous êtes très prudents, vous testerez le bon fonctionnement de la pompe de cale en actionnant l’interrupteur situé entre les deux compteurs sur le tableau de bord.

Bzziiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiii !

Ca aussi, ca marche, en tout cas, ca fait du bruit, on ne sait pas si ca pompe vu qu’il n’y a pas d’eau dans la cale, mais ca fait du bruit, en cas de problème, ca servira toujours au moins à rassurer la belle-mère !

Alors on repousse la tirette car la pompe n’aime pas fonctionner à sec.

Puisqu’on y est, avant de repartir, on appuie sur l’embrayage, on pousse vers l’avant le petit levier qui met en marche les hélices et on relâche doucement la pédale.

glaw glaw glaw glaw glaw glaw !

On entend les deux hélices tourner, donc plus rien ne peut nous arrêter, on appuie à nouveau sur l’embrayage et on repasse la première et on redémarre pour se positionner dans la descente.

Les hélices tournent toujours, nous roulons vers l’eau, et nous n’avons même plus besoin de la première vitesse puisque la pente nous tire, alors on peut passer au point mort et on retient simplement la voiture légèrement au frein pour qu’elle rentre doucement dans l’eau.

Ploufffff !

L’avant s’enfonce un instant et remonte aussi vite, il flotte déjà alors que les roues arrières s’apprêtent à quitter elles aussi le contact avec le sol.

A cet instant, les roues avant n’offrent plus aucun guidage terrestre et nous n’avons pas encore une vitesse suffisante pour qu’elles puissent jouer leur rôle de gouvernail.

On ne freine plus, d’ailleurs, cela ne sert déjà plus a rien puisque nous flottons, il convient d’accélérer pour gagner de la vitesse et éloigner le véhicule de la mise à l’eau avant qu’il ne dérive, porté par le courant qui a déjà déplacé de coté l’avant de la voitu..heu pardon, du bateau, vers l’aval du fleuve.

Ca y est ! Ca flotte ! Ca marche ! C’est super !

Même la belle-mère trouve cela super, pour une fois qu’on est d’accord elle et moi, cette voiture à vraiment des pouvoirs incroyables !

On continue donc, on tourne les roues vers l’amont et on pousse un peut le moteur...

La voiture tourne gentiment et accélère, elle provoque maintenant une belle vague qui affolerait les pêcheurs si leur attention n’avaient pas déjà été détournée de leur activité par un engin bizarre !

L’embarcation navigue maintenant à bonne allure, sept nœuds ou douze kilomètres à l’heure comme vous voudrez, mais le compteur de vitesse qui est relié aux roues marque zéro. Deux bateaux de plaisance font escorte, et l’un des passagers demande si ca roule aussi sur terre ?

Oui, BIEN SUR ! Répondent en cœur les passagers de l’Amphicar.

Un des bateaux s’éloigne en tournant brutalement sur lui-même et il provoque une vague qui s’approche de la voiture.

SPLASH !

La belle-mère est trempée !

( En vous: Marrante cette voiture, oui, marrante ! )

A ce moment la, vous poserez généralement une question du genre :

Euh, on en trouve encore des voitures comme ca ? Combien ca coûte ?

La belle-mère, qui a fini de s’éponger, est la seule à regarder à l’intérieur de la voiture et elle remarque alors une lampe rouge, grosse comme une pièce de cinq francs, qui est allumée au milieu du tableau de bord !

Ehhh, Ca signifie quoi ? Là ! Ce voyant d’alerte rouge inquiétant ? Demande-elle alors.

On lui répond que c’est un voyant qui signale que les hélices tournent, et qu’il sert à éviter de les oublier sur terre. Elle est rassurée.

Sur terre ? Mais oui c’est vrai qu’il est possible de regagner la terre, et de passer à côté de ces trois ou quatre voitures qui longent maintenant doucement le fleuve pour nous observer.

Alors un simple coup de volant et l’avant pointe vers la berge en direction de la rampe de mise à l’eau des bateaux.

On ralentit à son approche et on repasse la première quelques mètres avant de toucher terre.

On maintiendra la position dans l’axe de la rampe avec le volant et on jouera de l’accélérateur pour arriver, en fonction du courant, ni trop en amont, ni trop en aval.

On y est, la rampe est en face à quelques mètres, on accélère au maximum, roues et hélices engagées.

L’avant touche terre en souplesse et les roues arrières ne tardent pas à accrocher. L’Amphicar est redevenu voiture et vous vous garez maintenant à proximité de la mise à l’eau.

Les curieux, maintenant au nombre d’une trentaine s’approchent de la voiture pour l’observer pendant que vous tirez le frein à main.

Parmi eux, il y aura peut être, sur le nombre, une belle sirène qui bronzait au bord de l’eau, et qui, attirée par son homologue mécanique s’approchera de vous pour vous demander avec un grand sourire si elle peut faire un tour elle aussi.

Vous: Mais bien volon... STOP !

Belle maman vous rappelle alors qu’on n'a pas le temps de continuer à naviguer dans l’eau et qu’il faut y aller.
Elle a préparé un bon petit dîner qui est bientôt prêt, et il ne faut pas traîner sinon il va être froid et ca ne sera plus bon.

Vous ne voudriez pas manger froid, je pense, alors adieu le petit tour d’amphibie supplémentaire, et bon appétit, l’eau, ca creuse !

Vous aurez maintenant tout le temps, dans les embouteillages sur le chemin du retour, de repenser aux amphibies de toutes sortes . . .

Juin 2000, Lac de Garde . . .
Ce dessin est tiré du manuel de l'utilisateur
fourni avec l’Amphicar dans les années 60 . . .

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merci de votre passage.
Copyright Alain ROLLAND 1999
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