Documents et témoignages

TEMOIGNAGES

Un portrait du jeune Dupont

"C'est à Paris, voilà plus de vingt-cinq ans, que je l'ai vu pour la première fois, un soir très chaud d'été, à l'étage suprême et quasi céleste d'une vielle maison de la rue d'Assas, chez un jeune musicien mort également depuis, où se réunissait chaque semaine un cénacle d'artistes et de dilettantes, la plupart imberbes. Quand on eut dîné sur les plombs du toit (la mansarde était trop étroite) d'une conserve et d'un vin bleu, chacun, alors, fit applaudir ses vers ou sa musique. Le tour vint du plus jeune, que ses aînés " protégeaient " visiblement, un petit gars tout rond, l'air un peu gauche et timide, l'oeil amusé pourtant et la bouche très finement narquoise : le classique petit gars normand et sa malice drôlement paysanne. Il ne parlait que fort peu, d'un accent où traînait encore le souvenir du terroir. Et donc, se mettant au piano, il nous chante, sur un poème de Verlaine, une mélodie douloureuse et tendre, la toute première, je crois bien, qu'il ait composée . C'était Dupont, " le petit Dupont ". Il n'avait guère que dix-sept ans. Il paraissait alors si plein de santé !" 
(LÉNA (M.), Gabriel Dupont, souvenirs, in Le Ménestrel du 18/03/1921, p. 113).

L'homme mûr

"[Dupont] ne s'enfermait pas étroitement dans les bornes de son domaine. Il estimait qu'un artiste, s'il veut donner le plein de ce qu'il vaut, doit s'enrichir sans cesse de faits, d'impressions, de sentiments nouveaux, ouvrir, en un mot, toute grande, sa fenêtre sur la vie et sur tous les arts - tous les arts, au fond, dans l'harmonie de leur synthèse, ne formant qu'un seul art. Et c'est pourquoi, en même temps qu'un juste observateur, il était aussi un grand lecteur. Je n'ai guère connu de musicien qui fût mieux informé des lettres contemporaines, étrangères aussi bien que françaises, et qui fût, d'autre part, plus curieux des lettres antiques dont il sentait profondément l'éternelle magnificence. Autant qu'à lire, il aimait à causer, à discuter : gais assauts d'escrime intellectuelle qui le passionnaient et l'amusaient. À ces indications qui voudraient esquisser l'attrait de sa vive et claire intelligence, ainsi que le charme de son existence toute modeste, s'ajoutera l'hommage du respect que l'on doit à la fierté de son indépendance et de sa droiture, incapables des souplesses d'une échine complaisante, à sa touchante bonté qui nous prenait le coeur, venue du fond d'une sensibilité toujours en éveil et colorée d'un si bon sourire de malice normande,à sa volonté courageuse, à son amour passionné du travail, que n'entamèrent jamais les attaques de son mal ni l'approche même de la mort". 
(LÉNA (M.), Gabriel Dupont, souvenirs, in Le Ménestrel du 18/03/1921, p. 113).


DOCUMENTS

Affiche et programme de la création de La Maison dans les dunes


 

 

Une page autographe d'un brouillon de La Farce du Cuvier

 


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