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Bienvenue dans le site des membres de l'Association des Amis du Haut Fourneau (1). Cette association doit sa création à Isabelle Gérard, randonneuse vosgienne aguerrie, qui fit l'acquisition dans les années 1930, d'une parcelle de terrain sur la crête des Vosges pour y construire le refuge qui porte aujourd'hui son nom. Il est situé en contrebas de l'actuel GR5 qui longe la crête à quelques kilomètres du col de la Schlucht à prox
imité du sommet du Tanet ou Tanneck.

Inauguré en 1938, le chalet situé sur un terrain rocheux alors quasi vierge de toute végétation arbustive est totalement isolé. Il n'est accessible difficilement qu'en véhicule tout terrain à partir du versant alsacien que durant les mois d'été - pour la livraison du bois et des matériaux. Il ne comporte qu'une unique pièce à vivre. L'alimentation en eau est assurée par le recueil des eaux de pluie dans une citerne enterrée dans les fondations, l'éclairage s'y fait à la bougie et à la lampe à pétrole et le chauffage par un poêle à bois.

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hiver 1938/39

Quelques mois après son achèvement, le refuge a été réquisitionné par l'armée allemande et servit durant toute l'occupation de cantonnement à un officier chargé de la surveillance de la crête. Il en pris grand soin et laissa même à sa propriétaire un mot d'excuses pour la gène occasionnée.

Après guerre, le chalet n'a longtemps eu qu'un usage de refuge de montagne occasionnel utilisé surtout l'hiver "à la dure". Meublé d'une table, de trois bancs et de trois bas-flancs, des matelas supplémentaires posés à même le sol peuvent lui permettre d'accueillir jusqu'à 7 personnes par nuitée, sans confort excessif il faut bien le dire.

L'association des "Amis du Haut-Fourneau" qui gère ce refuge depuis le décès de sa propriétaire, a pour objet de préserver ce lieu unique et l'esprit qui a présidé à son édification. Aujourd'hui encore, la citerne et sa pompe, la lampe à pétrole et le fourneau à bois sont toujours en usage. Seules entorses tolérées, un "bleuet" (bien utile pour l'eau du café au petit matin) et, par la force des choses, le téléphone portable dont l'usage (discutable) est forcément limité faute de pouvoir le recharger...
Le mobilier en sapin y est toujours celui d'origine, tout comme l'ossature du chalet régulièrement entretenue lors de weekends de travaux organisés entre ses membres. On en profite également pour scier, fendre et rentrer le bois dans la soupente accessible par une échelle intérieure. Malgré ces soins, le refuge tel que vous le voyez, est très loin de répondre aux normes actuelles de performance énergétique (surtout l'hiver) ce qui n’effraie pas les nombreux lérots et mulots qui le squattent de génération en génération dans une discrétion relative. 
Son caractère authentique lui valut de faire l'objet en 2011 d'un documentaire fictionnel réalisé et diffusé par la télévision Sarroise en 2011.

Assemblée générale de l'association et vue de l'intérieur du refuge (11/2008)

Aujourd'hui, l'association compte une vingtaine de membres cooptés d'origine française et allemande. Ce nombre est considéré comme une limite haute en raison de la modestie des ressources du lieu (certains étés la citerne peut se vider entièrement, interdisant tout séjour prolongé et certains hivers, la réserve de bois s'épuiser). 
D'usage privé, le refuge n'est pas ouvert au public.

Conseils aux randonneurs: Situé au beau milieu du parc naturel des Ballons d'Alsace et en lisière de la Réserve naturelle nationale du Tanet-Gazon du Faing, ce lieu est protégé. Les membres de l'association elle-même membre d'Alsace Nature, s'efforcent de préserver au mieux le milieu naturel dans lequel s'inscrit le chalet. Passants, évitez de faire du feu aux abords et d'user ce faisant la réserve de bois stockée à l'extérieur. Ne laissez aucun déchet si d'aventure vous faites halte à proximité. Le chalet se situe un peu en contrebas du GR5 très fréquenté l'été. D'une manière générale ne sortez pas de ce tracé, notamment dans les aires naturelles signalées pour ne pas dégrader la crête et sa végétation fragile. Il n'y a pas de source à proximité. En cas d'urgence, il est possible de rejoindre la route des crêtes sur le versant vosgien ou de descendre (y compris pour un bon repas) à la ferme-auberge de Schupferen située côté alsacien en contrebas du tire-cul dont l'arrivée se trouve (hélas) à une cinquantaine de mètres du chalet.
Enfin, certains curieux indélicats entreprennent parfois de tenter de forcer les ouvertures du chalet. Toujours en vain il est vrai. Sachez que ce refuge ne contient absolument aucun objet de valeur ni pécuniaire ni historique. La seule valeur ici, c'est le chalet lui-même, merci aussi de le laisser à sa place ;-)

Les brimbelles

Les brimbelles: ailleurs appelées myrtilles, il s'en trouve sur presque toutes les chaumes des Vosges et se cueillent (de préférence à la main et pas au râteau ou riffle) à partir de la mi-juillet et jusqu'aux gelées. Ce petit fruit sauvage et un peu acide est très goûteux cuit (tarte, confiture). Contrairement à une croyance fort répandue, il n'y a aucun risque à le manger cru pour éviter l'échinococcose alvéolaire que l'on disait véhiculée par l'urine infectée des renards ce parasite n'étant présent que dans ses selles (qui ne se mangent pas ;-)
Attention toutefois, la réglementation du Parc Naturel limite à 2 kgs ou 3 litres par jour et par personne la cueillette autorisée et des gardes sillonnent la crête régulièrement. Des contrôles sont souvent réalisés sur les parkings en contrebas... à bon entendeur... 
Les producteurs de fruits locaux commercialisent depuis quelques années un cousin canadien de notre brimbelle : le bluet. Beaucoup plus gros (taille d'une petite cerise) et plus sucré, il ne manque pas de qualités. Mais brimbelle et bluet, on ne parle pas de la même chose...

La stèle à la mémoire des enfants Marchal morts dans la neige

L'hiver: Aujourd'hui encore, se rendre au refuge (ou tout autre point situé sur la crête) en hiver peut être périlleux. L'accès n'en est possible qu'en raquettes ou skis de randonnée depuis le col de la Schlucht. Quoique les Vosges soient considérées comme une montagne à vaches, la protection civile applique ici l'hiver, les mêmes consignes que dans les Alpes à 3000 m. Les températures réelles peuvent atteindre couramment -20°c sous abri. Le blizzard peut y souffler avec une extrême violence, le brouillard couper tout repère visuel et la neige épuiser le randonneur qui, désorienté peut s'y perdre et se trouver entraîné vers les a-pics du versant alsacien. Il est arrivé plusieurs fois jusque dans les années 80, qu'il faille dégager à la pelle l'accès au refuge noyé sous plusieurs mètres de neige. Le réchauffement en cours et l'envahissement par la végétation qui s'ensuit rendent désormais ces épisodes plus improbables même si des accumulations de neige peuvent aujourd'hui encore atteindre plusieurs mètres dans les soufflées
On lira pour s'en faire une idée (tragique) l'enquête que l'un des membres de l'association a menée durant plusieurs années sur les circonstances de la mort dans la neige en 1844 des deux enfants dont une stèle rappelle le souvenir à proximité du chalet, au collet du Tanet (lire l'enquête Marchal).

Bon séjour dans les Vosges !

(1) L'appellation "Haut fourneau" n'a rien à voir avec la sidérurgie. Elle fait référence à un gros rocher situé dans le voisinage et surplombant le versant alsacien. Sa forme évoquerait les antiques fourneaux alsaciens en céramique.

Association des Amis du Haut-Fourneau - 5, rue Edmond Gerrer - 68610 LAUTENBACH - association.aahf@gmail.com