Actualité



  • 14 Septembre 2016 / 12 février 2017 : Superbe exposition Fantin-Latour au musée du Luxembourg. Et c'est Camille Pelletan qui en fait la promotion. Alors que les gros plans du tableau Coin de Table sont le plus souvent centrés sur les figures de Paul Verlaine et Arthur Rimbaud, cette fois c'est celle de Camille Pelletan qui est mise à l'honneur. Ce qui vaut, fait exceptionnel, au visage de notre ami Camille de s'exhiber en grand format sur les murs du métro, sur l'arrière des bus parisiens, sur les abris bus et sur la façade du musée du luxembourg ! Une grande fierté pour tous ceux qui lui sont attachés...  


  • 4 juin 2015: centenaire de la mort de Camille Pelletan.

  • Juillet 2014: L'Amnistie, le roman d'une femme libre, très librement inspiré des amours de Camille Pelletan et de Juliette Philippe est publié aux éditions L'Harmattan dans une version augmentée et sous le titre Les cerisiers de la Commune. L'ouvrage peut être commandé, en version papier ou électronique, sur le site de L'Harmattan :  Pour suivre l'actualité du roman, lire des
    développements sur les clefs historiques de l'intrigue, répondre à des quizz, rendez vous sur sa page facebook





  • 19 juillet 2013: publication sur monbestseller.com du roman de Paul Baquiast: L'Amnistie, le roman d'une femme libre, très librement inspiré des amours de Camille Pelletan et de Juliette Philippe.
  • 26 octobre 2013: Plus de cent personnes ont assisté à la célébration du bi-centenaire d'Eugène Pelletan organisée par l'association Saint-Georges de Didonne et son passé, présidée par M. Eric Mouton, en présence d'Alain Bonnet (arrière petit-fils d'Eugène, ancien député-maire de Brantôme) et de Paul Baquiast (président de l'association des amis d'Eugène et Camille Pelletan). Ce fut une belle et riche après-midi, pleine d'enseignements. Des informations nouvelles ont en effet été apportées en cette occasion:

1) Les parents d'Eugène Pelletan, Adélie Ardouin et Achille Pelletan  ont désormais un visage, fixé sur deux tableaux retrouvés dans l'ancienne maison du pasteur Jarousseau.











2) Le pasteur Jarousseau a lui aussi désormais un visage, fixé sur un tableau de 1785 du peintre C Ensten, retrouvé lui aussi dans l'ancienne maison du pasteur.



3) Le déchiffrement des indications portées sur la pierre tombale d'Achille Pelletan nous apprennent qu'Achille était chevalier de la légion d'honneur et qu'il était membre du Conseil général de Charente-Inférieure.


Programme :

·        15h : intervention de Paul Baquiast, docteur en histoire, président de l’Association des amis d’Eugène et Camille Pelletan, auteur de plusieurs ouvrages sur la famille Pelletan (« Une dynastie de la bourgeoisie républicaine : les Pelletan, « les poèmes secrets de Camille Pelletan »,  « Législative 1906 : une campagne électorale à la Belle Epoque», « L’album Juliette : bohème artistique et politique aux débuts de la troisième République ») qui abordera « Eugène Pelletan, le personnage public »,

·        16h : intervention d'Erick Mouton, Président de SGDP, qui parlera de « Eugène Pelletan, le saintongeais maritime de St-Palais à St-Georges de Didonne »

·        16h30 : dédicace de ses livres par Paul Baquiast à la bibliothèque de St-Georges

·        17h : visite de la maison qu’Eugène Pelletan occupait rue du Pasteur Jarousseau à St-Georges

·        18h : dépôt d’une gerbe au pied de son buste face à la Mairie



·        18h30 : visite au cimetière des Bois, sa tombe et celles de ses enfants

Compte-rendu de la journée et reproduction du texte des interventions, cliquez ici


Paul BAQUIAST [éd.]

Législatives 1906 : une campagne électorale à la Belle Époque. Correspondance électorale du candidat Camille Pelletan et de son épouse, avril-mai 1906

Paris, L’Harmattan, 2009, 98 p.


lundi 14 septembre 2009

CR par Gaelle Charcosset, La Cliothèque, https://clio-cr.clionautes.org/legislatives-1906-une-campagne-electorale-a-la-belle-epoque.html

Plonger dans la vie publique d’un homme politique par sa correspondance privée… voilà qui est rare. Paul Baquiast  [1] propose ainsi de découvrir la campagne électorale que mène Camille Pelletan dans les Bouches-du-Rhône en 1906 à travers la correspondance qu’il échange avec son épouse restée à Paris. De ce député en activité depuis 25 ans — l’un des fondateurs du parti républicain, radical et radical-socialiste, ancien ministre de la Marine d’Émile Combes —, il ne faut pas attendre une description détaillée de la campagne à laquelle se livrerait un jeune novice en politique, sous l’effet de la découverte ; au contraire, et c’est l’un des intérêts de cette correspondance : succinctement, est présenté le quotidien de l’homme public dans sa circonscription, qui reçoit le soutien de sa femme restée à Paris. Celle-ci l’informe aussi de la vie de la capitale ; les échanges entre époux contribuent enfin à l’histoire de la vie privée à l’aube du XXe siècle.

Battre la campagne…

Ainsi, les lettres de Camille Pelletan présentent ce moment fort de la vie démocratique, physiquement épuisant pour le candidat, qu’est la campagne électorale sous la Troisième République. Plusieurs extraits pourront être utilisés avec les élèves pour souligner, d’une part, la prégnance des débats contradictoires — qui exigent une formalisation forte, avec l’élection d’un président de réunion (p.63) par exemple — et parfois mouvementés (p.23) ; d’autre part, les élus locaux, avec les instituteurs, constituent un réseau (p.16, 33) au maillage serré dont le député républicain se sert pour évaluer le nombre de voix sur lesquelles compter dans chaque commune (p.19). Les à-côtés apparaissent également, tel le protocole qui régit l’accueil du député candidat avec remise de fleurs et compliments (p.73), tels encore ces électeurs qui veulent être avertis au plus tôt de la victoire de leur candidat afin de brûler l’effigie de son adversaire (p.71).

On pourra néanmoins être frappé par un lien direct avec les électeurs relativement faible ; sans doute le rythme effréné des déplacements ne le permet-il pas, ou Camille Pelletan le juge-t-il secondaire dans l’échange épistolaire qu’il entretient avec sa femme ? En revanche, le jeu politique est mis en avant, avec ses démarches pour contrôler les débats et ses manœuvres comme l’échange de promesses de désistement en cas de second tour (p.33).

Gestion à distance d’une assise nationale

Les élections ne se jouent pas uniquement dans la circonscription, et par le seul investissement du candidat : Mme Pelletan se fait le fidèle relais des lettres reçues à Paris et qui peuvent apporter un soutien à son mari sur le terrain, comme la lettre du maire socialiste de Brest (p.51), ou, inversement, lui demander un appui dans une circonscription plus ou moins lointaine (en l’occurrence la Guyane où Camille Pelletan avait été candidat en 1879 (p.57)).

Elle veille également aux activités journalistiques de son époux : elle lui propose des sujets parfois appuyés par des télégrammes qu’il a reçus. Ainsi, elle l’engage le 21 avril (p.30) à rédiger un article pour Le Matin afin de répondre à une lettre de Bienaimé, préfet maritime que Camille Pelletan, alors ministre de la Marine, avait relevé de ses fonctions, et dont l’élection en tant que député en 1905 avait été relevé comme un camouflet à son encontre. Le 3 mai, l’article paraît et elle le félicite de la portée qu’il ne devrait pas manquer d’avoir sur la campagne de Bienaimé (p.65). De même, elle se dit prête à rendre visite au directeur du journal devant les retards de publication.

L’épouse du candidat ainsi que le secrétaire de celui-ci interviennent encore auprès des ministères pour faire avancer les demandes d’habitants de la circonscription (les employés des PLM de Miramas par exemple, p.63) ou pour envoyer des notes sur les votes parlementaires d’adversaires (p.65).

Ces relations permanentes entre Paris et la circonscription sont accélérées par les progrès techniques, et la correspondance en témoigne à de multiples occasions : Mme Pelletan suit la campagne à distance par la presse provençale et nationale, les lettres sont en général rapidement reçues et les télégrammes relient efficacement toute la province à Paris ; Camille Pelletan se rend en train dans sa circonscription, et il sillonne celle-ci en auto, non sans quelques caprices…

Vie parisienne

Outre la campagne électorale de 1906 présentée comme l’intérêt principal de cette correspondance à lire le titre de l’ouvrage, les lettres de Joséphine Denise épouse Pelletan sont parsemées d’allusions précieuses à la vie parisienne : en premier lieu, ressortent les inquiétudes que suscitent les grèves et les manifestations attendues pour le 1er mai 1906 ; le monde de la boutique de mode paraît pâtir de ce contexte, du moins est-ce ainsi qu’est interprétée la baisse d’activité de la boutique de spécialités pour dames tenue par la belle-sœur du député républicain et fréquentée par les marquises et comtesses… pour le plus grand amusement de l’épistolière (p.21). La vie artistique et mondaine de la capitale est aussi brièvement évoquée : festival, invitation de la femme de l’ambassadeur de Chine, etc.

Mari et femme

Enfin, bien que cet aspect ne fasse pas partie des programmes du secondaire, cette correspondance donne à voir les relations entretenues entre mari et femme, éloignés pendant trois semaines. Le vocabulaire employé, les surnoms échangés, les attentions, les gestes, sont un précieux apport pour l’histoire de la vie privée.

* * *

Les intérêts de cet ouvrage sont donc multiples et couvrent de larges aspects de la vie des élites républicaines au début du XXe siècle. L’appareil critique est conséquent, notamment par une préface ; en outre, les personnes mentionnées sont, quand elles ont été identifiées, présentées en notes infra-paginales). Néanmoins, on reste sur ses attentes sur la présentation de cette correspondance dont Paul Baquiast écrit qu’elle court entre 1906 et 1914 : pourquoi n’a-t-il choisi de présenter que trois semaines de 1906 ? N’a-t-elle qu’un caractère intime sur le reste de la période ? Le titre de l’ouvrage insiste sur l’intérêt que représente cette correspondance pour cette campagne électorale ; puisque tel est le cas, peut-être gagnerait-elle à être complétée et comparée à des documents publics qui permettraient d’éclairer sous plusieurs éclairages ce moment important de la vie démocratique. Enfin, cette source appelle une analyse détaillée des modalités de la campagne qui pourraient être comparées avec les méthodes d’autres candidats, telles celles du baron de Mackau étudiées par Éric Phelippeau.



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