Sujet de recherche

Les reptiles comptent parmi les plus silencieux des vertébrés : les serpents sont pratiquement sourds et très peu d’espèces produisent des sons, les lézards privilégient le canal visuel ou chimique et communiquent rarement en vocalisant, enfin les tortues limitent leurs émissions sonores au moment du coït.

A l’opposé, tous les Crocodiliens ayant été étudiés jusqu’à présent (soit un peu moins des 23 espèces que compte l’ordre) émettent des vocalisations pouvant être nombreuses et variées.
Au regard de la grande homogénéité morphologique, physiologique et
comportementale des différentes espèces de crocodiliens, il est probable que toutes vocalisent.


L’origine polyphylétique des Reptiles et l’appartenance des Crocodiliens au groupe monophylétique
des Archosaures –comptant également les oiseaux‐ constituent peut‐être des éléments expliquant cette caractéristique biologique.





Les signaux acoustiques des crocodiliens semblent jouer un rôle majeur aux premiers âges de la vie, en particulier lors d’interactions entre jeunes et adultes, ainsi que plus tard lors des parades nuptiales et des défenses territoriales.

 Ecouter un cri de bébé crocodile.wav


Hélas, en dépit de l’importance présumée de ces vocalisations, leur structure acoustique, leur mode de production, les processus de l’audition et du traitement neurophysiologique de l’information qu’elles portent ainsi que leurs rôles précis dans la biologie de ces animaux étaient jusque là mal compris voire totalement inconnus. Sur tous ces aspects, la littérature présente en effet essentiellement des données d’observation, pour la plupart assez anecdotiques, et bien peu de faits expérimentaux. Cette méconnaissance est d’autant plus regrettable que les crocodiliens, au côté des oiseaux, sont les seuls représentants actuels du phylum archosaurien. L’une de leurs caractéristiques communes étant l’utilisation de la communication acoustique, en particulier lors des interactions parents‐jeunes, une comparaison de la bioacoustique avienne et crocodilienne pourrait apporter des informations intéressantes quant aux comportements possibles d’anciens archosaures tels que les dinosaures.

Ainsi, avec comme triple objectif la synthèse des connaissances actuelles, la mise en évidence de perspectives de recherche, et la volonté d’apporter un éclairage scientifique sur les interactions vocales des crocodiliens par des observations et des protocoles expérimentaux, mes recherches doctorales se sont orientées suivant les questions suivantes :

1. Quelles sont les caractéristiques (nature, fonction, codage de l’information) faisant d’un son crocodilien un véritable signal de communication ?

2. Quelles sont les bases anatomo‐physiologiques de production et de l’audition des signaux acoustiques chez ces animaux ?

Enfin, 3. Quels sont les processus neurophysiologiques du traitement des informations sensorielles auditives ?.




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