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Françoise DUCHENE

« Carbonia »
estampes
exposition du 9 mai au 2 juin du mercredi au dimanche de 15h à 19h
vernissage le jeudi 9 mai à 18h
présence de l’artiste tous les samedis et dimanches sauf les 18 et 19 mai
présentation par l'artiste de différentes techniques de gravure le dimanche 26 mai à l'occasion de la 7ème fête de l'estampe
atelier d'écriture en écho avec l'exposition le mardi 14 mai à 18h

© Françoise Duchêne


© Françoise Duchêne

« Mon enfance captive a vécu dans des pierres,
Dans la ville où sans fin, vomissant le charbon,
L’usine en feu dévore un peuple moribond.
Et pour voir des jardins je fermais les paupières… »

Albert Samain

Carbonia

"Originaire de Lorraine, Françoise Duchêne connaît bien le paysage minier. Elle l’a retrouvé à Carbonia en Sardaigne où l’on exploitait le lignite depuis Mussolini ; la visite de ce site a suscité des gravures de lieux précis. Puis une série d’estampes mêlent dans un savant montage de pointes sèches, aquatintes, photogravures. Schéma des réseaux de galeries, salle des pendus, portrait de grilleuses, dessins du carreau ou des machines - l’image recompose le réel en variant les échelles et les plans ; elle nous embarque alors dans un voyage personnel, l’œil s’arrêtant sur tel encart rouge ou tel détail bistre

Un livre avec photogravures tiré en 6 exemplaires, Gueules noires, rend hommage au texte de Marco Valdo MI, hétéronyme né des œuvres de Carlo Levi et Italo Calvino :

« Nous il nous faudra aller sous terre

Où le noir est plus noir qu’une noire nuit. »

Ensuite l’artiste a cherché du côté de la matière elle-même, cette roche fossile issue du végétal. Des empreintes déclinent veines et accidents du charbon du sombre au pâle gris de payne, du noir profond au bleu tendre ; l’objet s’allège, s’abstrait, dérive vers un paysage imaginaire. Une dernière série enfin retourne aux sources des strates de la biomasse ; les végétaux se posent telles des plumes sur la ligne des origines.

Ce que dit la diversité de l’œuvre ici est en exacte adéquation avec l’objet traité : comme sous terre, les strates diverses s’accumulent, varient les graphismes, se rompent et renaissent – mémoires fragiles du temps, de sa dégradation, de son évolution.

Au-delà de sa très grande technicité, de sa maîtrise des encres et des compositions, Françoise Duchêne nous livre un univers dont deux toiles abstraites- collages de gravures- viennent donner une écriture : celles des plis et replis d’une histoire sensible qui l’habite. Bachelard écrivait : «  La réalité est faite pour « fixer » nos rêves. » : l’invisible du visible – gracilité d’un visage, incandescence d’un noir, empreinte d’une roche… en hommage à toutes les gueules noires."

Janine Desmazières (avril 2019)

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