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Gérard PARENT

« Éloge des sous-bois »
Encres et pigments
Du 30 mars au 23 avril 2011 les mercredi, jeudi, vendredi et samedi de 15h à 19h

Vernissage le jeudi 31 mars à 18h

Présence de l'artiste le jeudi 31 mars et les samedis 9, 16 et 23 avril
Dévernissage-lectures le samedi 23 avril à 17h
Carte blanche à la Maison de la Poésie Rhône-Alpes en prélude au prochain Bacchanales « Arbres et Bois »
© Gérard Parent


© Gérard Parent





Cette exposition présente les derniers travaux de Gérard Parent sur le thème des "sous bois" (principalement des encres et pigments sur papier). Les sous-bois, les buissons, sont pour Gérard Parent des lieux de prédilection, des "lieux aventureux où l'imagination vagabonde".

L'artiste...

A propos de l'exposition...

"Il y a les arbres au dehors. Il y a l’arbre au-dedans. Pourquoi un arbre pousse t-il en nous ? Celui de Gérard Parent tisse son réseau de sève ocre ou d’encre comme un sang qui coule, un de ces résinés de neurones, semblable au dessin de futaie, allant on ne sait où son monde étoilé de paramécies.

En noir et blanc, répétitive comme une trame sérielle musicale, obéissant au simple jeu de sa force, la petite forêt de fusain n’a que sa nature d’origine pour la juger. Rythmique du temps, les arbres ici, les feuillages sur feuillé Japon comme les secondes, les minutes, les heures ou les saisons répètent pour autre chose que la récitation de l’oubli. Ce pourrait être en toute humilité, comme les matières pourraient se parler entre elles, la plénitude de l’ordinaire du vivant qui réimplante sans cesse ses roses."

Sylvain Dubois

Éloge des sous-bois et des désastres

"Je me suis perdu dans la lumière des sous-bois
J’ai pensé tout haut en marchant.
Tout est rempli.
Les trous de lumière sont des blancs.
Difficile de laisser des blancs.
Je veux remplir, je ne suis pas plein.
Je n’accepte pas cette défaillance.
Petite fenêtre dans une peinture du Caravage.
J’erre.
Je m’enfonce dans l’obscur comme un caillou dans un creux.
Je voudrais être une feuille morte, une racine, un bois mort, un champignon ou juste un peu de terreau.
Comment dire ?
Je m’échappe et je rêve, j’entends la mer : le vent dans les feuilles.
Je marche.
Une arche de bois tordus s’affaisse.
Il y a de l’abandon et de l’humus.
Et la bruyère comme un répit.
Des brindilles et des lichens comme des cheveux en désordre.
Je m’arrête et gratte la terre sous les feuilles pour chercher encore.
Une
bête à bon dieu retournée agite ses pattes, je la remets d’aplomb.
Je pense : si j’étais sur le dos, y aurait-il une main qui me remette sur mes pieds?
Car il est difficile d’écrire sur le dos !
Des petites bêtes s’agitent et d’autres minuscules que j’imagine.
La vie est toujours la plus forte.
Un jour peut-être le trait de mon pinceau sera aussi vivant ou mort que ces bois recouverts de mousse.

Gérard Parent - novembre 2009