A- La Corruption

Aujourd’hui, la corruption est malheureusement un sujet plus qu’actuel en Albanie. « L’économie noire » comme on l’appelle là-bas. Le centre ville de la capitale Tirana est envahi de magnifiques immeubles, et de beaux 4x4 sillonnent les avenues. La richesse et le luxe s’affirment à chaque coin de rue, dans un contraste évident avec les campagnes environnantes. Seulement, en Albanie, il y a une question à ne jamais poser : « d’où vient cette richesse ? ».

En 2003, l’indice de perception de la corruption de Transparency International notait l’Albanie à 2,5 sur 10 (sachant que les 10 points sont accordés aux pays qui ne sont pas considérés comme corrompus). Elle a également été classée au 92e rang sur les 133 pays retenus dans la corruption.

Selon une autre étude, de l’OCDE (Organisation de Coopération et de Développement Economiques) en 2005, l’économie albanaise serait composée à 38% d’activités illégales ou parallèles. Beaucoup d’autres recherches estiment ce taux beaucoup plus haut.

Pourquoi une telle corruption ? Tout simplement parce que les « barons du crime », comme on les appelle là-bas, peuvent vivre des années sans jamais être punis, car la majorité d’entre eux bénéficient de connaissances haut placées dans l’administration et même au sein du gouvernement.

Voici un exemple de corruption en Albanie :

En 2006 avait été lancé un chantier pharaonique ayant pour but de créer une autoroute entre la capitale de l’Albanie, Tirana, et Pristina, la capitale du Kosovo. Ce projet colossal visait à faciliter la communication et les échanges économiques entre ces deux pays. Mais avec un budget dépassant le milliard d’euros, on pouvait se demander comment l’Albanie avait réussi à trouver l’argent nécessaire à la construction ! « S’il le faut, nous vendrons les bijoux de nos femmes pour finir cet autoroute » avait déclaré le Premier Ministre albanais Sali Berisha. En 2006, l’entreprise américaine Bechtel est choisie pour superviser les travaux. Il sera découvert plus tard que celle-ci réalisait une marge bénéficiaire de 44%. Une enquête commence alors en 2008 contre M. Lulzim Basha, ministre des transports au moment du lancement des travaux et devenu à ce moment-là ministre des affaires étrangères. M. Basha, qui était déjà réputé pour ses liens avec un mafieux bosniaque, lui-même accusé de trafic et de blanchiment d’argent, était le seul ministre en lien avec l’entreprise Bechtel. Mais quelques mois plus tard, la procédure est soudainement abandonnée sans raison, laissant place à de nombreuses critiques. Cet exemple de corruption est malheureusement monnaie courante en Albanie car les hommes les plus puissants trouvent toujours un moyen de s’en sortir. 

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