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Débat algérien : les enjeux manquent du peu !

 Par  Okba El Fenen

Rechercher une gauche algérienne, c’est penser au FFS et au MDS. Plus rien ailleurs ! Sauf et  si, il y a le collectif des derniers éléments du PCA réunis au sein PADS et végétant autour de la fête de l’Huma et du titre de presse Alger-Rep.

Même Saddek Hadjeres prend le large, en s’exprimant sur son site Mouvement Social Algérien, traduisant une autre démarche, autonome elle-aussi. Qui le rapproche davantage de ce qui reste des communistes que du MDS. L’attitude solitaire et insolite de cet ancien politicien algérien, trouve aussi écho au sein des islamistes réformistes et radicaux à la fois.

 Le FFS étant comme une famille, qui se complait d’être un parti construit sous la bannière d’un leader, qui comme le gauchiste de vieille souche Saddek du PAGS, survit depuis les premiers agitateurs politiques, né en plein seconde guerre.

La gauche est un monde de débat. En Algérie, il y a des expressions de gauche. Même si les islamistes et le pouvoir jouent tous les jeux, en faisant médiatiser leur politique... 

Un milieu qu’une doctrine socialiste quelconque met en jonction, tente de s'exprimer comme un cri scandé dans le chaos. Un collectif d’individus résolument modernistes et puisant de la pensée ouvrière leurs repères, tels des jalons pour leur conduite.

Nous avons reçu ce texte, d’un collectif de discussion, certainement interne au MDS puisqu’ils (les signtaires) préconisent un congrès de ce parti qui n'arrive pas à être présent dans la scène politique, nous interpelle dans ce sens… Avouons que nous ne piratons pas le texte ou le débat. Puisque ça nous concerne aussi !

Après le texte…

Permettez-moi de conclure…

Lire la suite à la fin.           

COMPTE-RENDU DU DEBAT DE LA RENCONTRE  DU 29.03.2012 (Alger)

Etaient présents (par ordre alphabétique)   : suivent les noms de sept personnes. 

Nous n'avons pas l'autorisation, car nous ne l'avons pas demandée, de diffuser les noms.

 

Des camarades, animés des mêmes valeurs politiques (de gauche), qui se sont retrouvés à un moment de leurs parcours politique au PAGS, à Ettahadi ou au MDS, se sont rencontrés, avec la principale préoccupation à l’ordre du jour, celle de se concerter et d’échanger sur la nature des changements et transformations profondes (sociales, culturelles, économiques) qui se sont opérés dans la société et de savoir quelle pourrait être la démarche la plus efficace de reconstruction du mouvement de gauche, la plus à même de s’inscrire dans une perspective d’alternative politique et d’autonomie par rapport au système despotique et corrompu.

Les échanges réalisés durant cette rencontre ont abordés plusieurs aspects de la problématique du mouvement, allant de la nécessité du devoir de mémoire pour transmettre à la société le patrimoine des luttes et des sacrifices des générations de militants à la nécessité de forger un instrument politique à la hauteur des exigences et des bouleversements que vie le monde et des défis qu’ils imposent à notre pays.

Nous présentons une synthèse de ce débat, à tous les camarades et à tous ceux et celles qui expriment leur détermination dans les luttes quotidiennes et qui cherchent à construire une alternative politique et des perspectives concrètes pour la construction d’un instrument politique dont on ressent la place nécessaire dans le paysage politique du pays, à chaque fois que des luttes locales, sectorielles ou revendicatives sont engagées, en aboutissant, en définitive, à pointer du doigt la racine du mal : un système politique qui marginalise les élites et gaspille les ressources du pays et qui ne cherche qu’a se maintenir au pouvoir et qui est rejeté par l’écrasante majorité de la société.

La concertation sur la situation du mouvement et de ses perspectives a abordé les points suivants :

1-      Les changements politiques qui se sont opérés dans la société algérienne et les exigences des citoyens dans la participation à la gestion de la cité et de ses ressources.

2-      Un état des lieux du mouvement, de son expérience et de ses perspectives.

3-      Répondre à la question d’urgence : quelles perspectives concrètes pour la mobilisation des militants et citoyens et la reconstruction d’un mouvement de gauche en Algérie, dont le contenu et le programme restent à définir par l’ensemble des militants.

C’est la première d’une série de rencontres d’échanges et de concertation qui est engagée pour ouvrir un débat national et démocratique, loin de toute considération organique ou de procès de personnes. Il s’agira d’organiser ces échanges pour capitaliser nos différentes expériences et les confronter aux exigences de la société, en analysant les lignes politiques pratiquées. Ces rencontres (locales, régionales) pourraient aboutir à une rencontre nationale qui tranchera sur les questions de fond et adoptera, démocratiquement, soit les assises d’un nouveau mouvement ou un congrès d’étape du MDS.

Au-delà de l’intérêt capital de ce débat, il demeure évident que ces rencontres où l’expression est totalement libre, ne s’inscrivent dans aucun cadre organique et ne constituent ni une « instance », et encore moins un lieu de « pouvoir ».

Après un bref exposé sur l’expérience significative dite de refondation du MDS (de juin 2011 jusqu'à la tentative d’organiser le congrès du MDS, non tenu, du 19 mars 2012), et les principales observations qu’on peut émettre ou leçons qu’on peut tirer, un débat a été engagé sur les 03 points énumérés afin d’aboutir, à moyen terme, à un consensus national sur une analyse politique de la situation nationale et internationale, et sur la meilleure démarche de reconstruction du mouvement de gauche en Algérie.

Pourtant, de nombreux camarades et patriotes, présents ou non à cette rencontre, dans des moments d’évaluation politique, s’accordent à affirmer que le MDS aurait pu constituer ce pôle rassembleur qui manque tant à la société. Cette perspective reste encore  possible

Dans cet échange, un camarade a souligné « qu’il se passe quelque chose de profond dans la société (en termes de transformations sociales, politiques et culturelles) », particulièrement dans le domaine des exigences des libertés (en faisant référence au fonctionnement de type anti-démocratique dans les partis politiques), et de conclure : est-ce qu’on a suffisamment évalué ces changements et est-ce qu’on peut être les rassembleurs symboliques. Il termine en précisant que l’Algérie dispose d’immenses atouts (potentiel scientifique, écrivains, infrastructures économiques etc.), à mettre au profit du projet de modernisation de la société algérienne. Et de souligner, qu’aujourd’hui, notre principal intérêt est la culture des échanges qu’il s’agit de développer dans les domaines culturels, littérature, politique etc. Un intervenant se préoccupe qu’on ne s’est pas sérieusement interrogé sur les impacts et les  implications des événements de 1991 dans la société dans son ensemble. Malgré que la société a réellement avancé (ouverture politique, prise de conscience et luttes revendicatives permanentes), en même temps c’est une société bloquée qui se trouve dans une impasse : il n’y a pas de perspectives nettement tracées.

Devant cette situation d’impasse, les militants et citoyens sur le terrain des luttes, posent la question, restée souvent abstraite ou sans réponse concrète : avec les valeurs que vous défendez et votre expérience accumulée, vous nous offrez quoi, comme alternative crédible ?

Il faut souligner, que depuis l’indépendance, une oligarchie, sans projet sociétal, qui a tourné le dos aux principes et promesses de Novembre 1954, a pris le pouvoir pour contrôler la société et ne penser qu’à se maintenir au pouvoir.

Quelles perspectives pour un mouvement de gauche ? Soit une perspective qui consiste à créer un nouvel instrument politique ou celle qui consiste à créer les conditions de la refondation de l’actuel appareil légal du MDS, ou également en réalisant une jonction entre différentes forces de gauche et démocratiques. Ce qui compte pour nous, c’est de proposer un cadre politique qui puisse contenir un large éventail de forces et aussi assez limité pour que l’on ne se retrouve pas, par opportunisme, avec une base sociale qui ne se reconnait pas dans les objectifs stratégiques du mouvement. L’essentiel étant d’apporter des réponses concrètes aux attentes de l’écrasante majorité des citoyens dans la perspective de la sortie de crise.

C’est dans ce contexte, que, malheureusement, les faux clivages, les problèmes de leadership et les luttes intestines dans les partis démocratiques n’ont pas permis de clarifier le débat et de créer les conditions de l’émergence d’un large rassemblement des forces démocratiques et de gauche, à l’image de ce qui se réalise, maintenant (sous la pression des retombées des dernières élections), en Tunisie.

Interrogeons-nous sincèrement : quel type de ruptures devrions-nous réaliser ? Par les élections, par la rue, en s’intégrant dans la logique du système ou par la construction d’un large mouvement démocratique et de gauche qui puisse reprendre l’initiative politique dans la société ?

Le problème de l’identité et du contenu à donner à la « gauche », est posé par la majorité des camarades, et même si on lui attribue les notions de «moderne » et de «démocratique », elle reste un sujet de débat qu’il ne s’agit pas de fermer.

En définissant un parti politique, on peut affirmer qu’il s’identifie à une élite organisée et engagée qui capte les aspirations de la base sociale qu’il représente et donne le fruit de son travail à la société. Mais, ce n’est pas pour autant un appareil. C’est un mouvement. Avec toutes les transformations qui se sont opérés dans la société et dans le monde, il y a un principe de base, sacré, à respecter : la liberté des militants et citoyens dans les organisations politiques et associatives (expression, décision, initiative etc.).

Le changement dans la société est possible parce qu’elle dispose d’une accumulation en termes de savoir et d’expérience de luttes multiformes contre le système. S’il faut souligner une anomalie, en tirant les leçons du passé, c’est celle de considérer le militant comme un instrument.

une expérience incommensurable a été accumulée aujourd'hui dans les différentes couches de la société et particulièrement dans ses différentes élites mais que les lieux privés ou publics, les motivations, les déclics et le courage pour faire en sorte que cela "remonte à la surface", se discute, s'échange, se mette au net, se rediffuse autrement en s'enrichissant etc., ce processus est comme bloqué, enrayé, contrarié, si ce n'est parfois même dévoyé. Cela concerne autant l'éducation, les questions historiques et identitaires, la science, la citoyenneté et toutes ses déclinaisons (dont la misère d'être), la littérature, les arts, le commerce, l'agriculture, l'innovation, ainsi que les rapports internationaux.

Nous sommes optimistes si on considère toutes ces évolutions et accumulations dans la société qu’il faut observer avec un œil critique. Souvent, on ne prend pas le recul nécessaire pour analyser ces accumulations. Dans ce cadre, notre tâche principale est la concertation et les échanges entre tous les camarades et citoyens qui luttent sous différentes formes pour défendre leur dignité, exiger un état de droit, une juste répartition des ressources du pays et affirmer leur citoyenneté. L’élite ou l’organisation politique devrait être à l’écoute et capter l’intérêt de la masse des jeunes dynamiques en cours qui s’expriment au quotidien sur le terrain des luttes sociales et politiques.

Une question fondamentale mérite d’attirer toute l’attention et l’intérêt des camarades et amis : qu’est-ce qui bloque et ne permet pas de construire cette relation vitale entre les élites démocratique et de gauche, et les forces sociales du changement ? C’est sur ce registre que l’intelligence, la lucidité et la créativité des camarades et patriotes devraient être mises à l’épreuve, dans la dynamique d’accompagnement des luttes démocratiques, sociales et politiques actuelles. En s’imprégnant de l’expérience du passé, le mieux est d’articuler débat, échanges politiques et action dans la société.

Enfin, dans le domaine important des moyens de communications, n’est-il pas nécessaire, afin de développer et d’alimenter ces débats et échanges, de créer un blog, une lettre électronique ?

 Alger, le 30.03.2012

A SUIVRE... notre conclusion prochainement.
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