Aire de Jeu - Ateliers


Lettre ouverte aux acteurs


 

J’ai voulu Aire de Jeu, pour vous. Un lieu de liberté et d'expression qui vous est consacré.

 

Il vous offre la possibilité de cheminer à travers l’ensemble des ateliers proposés sur toute l’année, et de vous organiser selon vos objectifs, vos besoins, votre temps.

 

Vous pourrez non seulement vous perfectionner, repenser et approfondir vos choix personnels et artistiques, développer votre jeu et vous épanouir, mais aussi rencontrer d’autres acteurs, des metteurs en scènes, des réalisateurs, des auteurs, des producteurs…

 

Je vous propose un training régulier, une construction artistique, un parcours à travers des ateliers complémentaires et structurés dans le temps.

 

Un acteur a besoin de réfléchir sur tous les aspects purement artistiques de son métier, et aussi sur ce qui entoure la dimension artistique, comme savoir se mettre en valeur, défendre ses droits, communiquer.

Ani Hamel

 

Dramaturgie du Corps

Benoît Théberge : le verbe au corps 

Ses spectacles ont la réputation de mettre K.-O. On n’en ressort jamais indemne, dit-on, mais groggy par la force de son théâtre organique, où, ancrés et aériens, les acteurs vibrent, palpitent de toutes les cellules de leur corps, font entendre chaque frémissement de leur âme, donnent à voir la chair même du verbe, livrant ainsi la quintessence du sens des mots. Un jeu infiniment sensible, physique, généreux, sensuel et vital signé Benoît Théberge.

Nourri aux mamelles vénérées de son maître Decroux, et fortement inspiré de l’expérience de Grotowski, ce metteur en scène, acteur, auteur dramatique et chorégraphe a patiemment planté son univers, déroulant à sa manière, libre, humble et passionnée, le fil qui relie l’âme au geste et au verbe. Inlassable apôtre de la fusion de la chair et du texte, cet ascète du théâtre du corps tente depuis vingt ans, avec la foi d’un prosélyte, de transmettre aux comédiens cette façon quasi animale, qui fait toute la différence, d’exister sur un plateau. Sans artifice. La fameuse « présence intérieure » dont rêve tout acteur s’apprendrait-elle ? Reportage.

« Le corps de l’acteur est le terreau du théâtre. » Il n’a rien inventé, Benoît Théberge. Ce puissant crédo qui tient lieu de colonne vertébrale à toute sa quête artistique, il l’a fait sien chemin faisant, au gré de ses rencontres avec des maîtres qui l’ont marqué au fer rouge. Le théâtre, ce quinquagénaire aux allures de moine bouddhiste a commencé de l’étudier à Montréal, dans son Québec d’origine. Avant de devenir, à Paris, l’élève à jamais fidèle et reconnaissant d’un grand roi resté injustement ignoré en France : Étienne Decroux (1898-1991). J’ai nommé l’une des figures pourtant les plus marquantes du théâtre du xxe siècle, le père fondateur du mime corporel, qui, fort de son école fondée en 1940, a modelé de son empreinte indélébile toute une génération d’artistes (de Jean-Louis Barrault à Marcel Marceau), devenus plus célèbres que leur maître. Et influencé le travail de grands metteurs en scène comme Jerzy Grotowski, Eugénio Barba ou Bob Wilson.

Mettre en vie le silence de son corps

C’est dans les 30 m² de la cave de la petite maison de Boulogne-Billancourt où officiait ce visionnaire de Decroux, un obsédé du mouvement invisible qui avait banni la parole du mime, que le disciple Théberge commence à bâtir sa propre cathédrale : il apprend à mettre en vie le silence de son corps, dont il s’exerce à jouer comme d’un instrument de musique ; il travaille d’arrache pied à construire la présence, à faire circuler l’énergie. Manquait la voix à ce naissant édifice. Benoît Théberge va donc se frotter aux techniques d’Yves Lebreton, un autre « decrousien » pur jus œuvrant, depuis 1969, à la création d’un théâtre centré sur la présence physique et vocale de l’acteur. Puis, le voilà qui s’enflamme pour le très grand et influent metteur en scène polonais Jerzy Grotowski (1933-1999), dont il épouse, pour la vie, la théorie extrême du « théâtre pauvre », prônant le dépouillement total et le retour à l’organique. Pas de décor, de grimage, de costume superflu : pour Grotowski tout se joue sur l’intensité physique des acteurs supérieurement entraînés, sur les qualités expressives de leur voix, sur leur présence presque insoutenable dans l’espace.

La messe est dite : il importe dès lors à notre homme de créer ses propres spectacles. Pour unir, à sa manière, la parole à la dramaturgie du corps. Pour s’immiscer dans l’inconscient de l’acteur. Pour gommer du jeu l’artifice, le formaté, l’extérieur. Et amener sur le plateau un peu de l’essence de l’humain. Le nom de sa compagnie, créée en 1983, est tout trouvé : « Zéro Théâtre », qui va livrer une moisson atypique de mises en scène d’œuvres en majorité contemporaines (de Fernando Pessoa à Henry Bauchau en passant par Bernard-Marie Koltès, Kafka, Jean Cocteau et autres Yves Regnault), toutes marquées du même sceau troublant : la mise à nu incomparable du texte, fruit d’un travail abouti sur le corps. Le maître Decroux, qui projetait pour ses « acteurs de corps » de revenir à l’interprétation des textes, n’avait pas eu le temps de réaliser son rêve. Le disciple Théberge l’a fait. Restait à transmettre tout son précieux bagage, toute sa précieuse réflexion sur le mime corporel et le jeu d’acteur. Depuis 1991, Benoît Théberge s’est fait évangéliste. Distillant sa foi, au sein de stages conventionnés AFDAS, avec un engagement total. « Pour mon plus grand bonheur et mon plus grand malheur », confie en souriant ce puriste amoureux des paradoxes.

« Je veux vous ouvrir des portes »

Studio La Fonderie, dans le onzième arrondissement parisien. En ce froid petit matin de janvier, ils sont une dizaine de stagiaires à faire cercle. Très attentifs et peut-être un brin anxieux, ils doivent se demander à quelle sauce ils vont être accommodés, six heures par jour et quatre semaines durant, par ce Benoît Théberge (aux faux airs de David Carradine dans Kung-fu !), qui leur promet le graal. « Je veux vous ouvrir des portes, annonce-t-il, vous transmettre les clés du langage corporel pour vous permettre de mieux exploiter vos disponibilités physiques et vocales, vos ressources intérieures, pour vous permettre de développer la sensation et l’émotion plus que la forme, histoire que vous puissiez prendre des risques, continuer, aller plus loin. » Le discours tombe bien : il y a là des comédiens, une artiste de cirque, un clown féru d’arts de la rue, une marionnettiste, une professeure de théâtre…, autant de professionnels plutôt trentenaires et aguerris qui confient avoir pris conscience de leurs limites, de leurs blocages. Et qui sont venus ici pour trouver du sang neuf, s’approprier de nouveaux outils pour avancer, bousculer leurs codes, briser leurs carapaces, leurs habitudes, leurs clichés. Et ne plus avoir peur du texte. Un grand nettoyage de printemps, quoi !

« Les insomniaques vont enfin dormir… mais prévoyez l’Arnica : tous les muscles vont fonctionner » alerte joyeusement le maître de cérémonie ! Il est vrai que tout commence et commencera toujours par un training intensif (concocté par ses soins) de la voix et du corps, visant à déconnecter du mental. Tout est là : sur la planète Théberge, on doit se mettre la tête en quarantaine et s’enraciner les pieds solidement dans la terre pour y puiser son énergie. On doit se connecter à l’espace, sans penser, sans rien contrôler, sans rien faire d’autre que d’accepter le non-faire. Telle est la clé de l’abandon, du lâcher-prise qui engendre une magique limpidité. Mais quel labeur pour parvenir à ce petit miracle ! Pieds nus, disponibles, humbles et concentrés, les stagiaires, ensemble mêlés ou par petits groupes, enchaînent les exercices (centre de gravité, verticalité, détente, fluidité, impulsions, souffle, voix, vibrations, énergies, rapport à l’autre, attraction-répulsion, soumission-résistance, ordre-chaos…, le programme est riche !). En véritables artisans, ils expérimentent, testent, ressentent, découvrent, travaillent les mécanismes de leur corps.

Sous les injonctions patientes du charismatique Théberge (efficacement épaulé par son assistant tout dévoué, Gilles Coulet) auquel rien ne semble échapper. Chaleureux et intime, tel un sculpteur de la matière humaine, il vérifie, touche, modèle ses élèves, qui se font, sous ses mains, aussi malléables que la glaise. « Dans quinze jours, vous verrez, assure-t-il, le cours commencera sans que je ne dise rien ! » Et c’est vrai que, bien vite, les disciples ont pu se passer du maître pour leur entraînement quotidien, véritable rituel. Un très joli moment de pureté. Imaginez : les corps fluides, souples, sans inhibition ni résistance, se cherchent, se trouvent, se touchent sans impudeur, se répondent, se repoussent, les voix naissent des mouvements, naturellement et sans effort, les énergies circulent, les émotions déboulent, libres et sincères, sans avoir été convoquées, les regards sont tranquilles, ailleurs… Bref, on dirait nos stagiaires évadés vers d’autres mystérieuses contrées ! Le terreau est prêt pour y planter le verbe. L’aventure du texte commence (un peu tard au gré de certains).

Ce théâtre organique qui convoque les fantômes

Et quel édifiant spectacle ! « Arrivez vides sur le plateau, lavés de toute volonté de jeu. N’existez que dans votre connexion avec l’espace, vos partenaires et vous-même. Acceptez l’émotion qui arrive, laissez-vous remplir, plongez, et… balancez le texte » exhorte Benoît Théberge. Pas toujours facile… Mais quand, parfois, le texte leur traverse les tripes au lieu du cerveau ; quand, parfois, c’est l’énergie de leur corps qui soudain remplit leurs mots et fait passer le sens, alors… magie ! L’écriture devient le théâtre de gestes inattendus, et naissent des images qui nous font voyager sur les terres de l’inconscient. Il n’était que de voir l’élève Gritte, comme possédée, échevelée et hors d’haleine dans un extrait de l’Amour de Phèdre de Sarah Kane, simulant à la perfection un coït torride, tel un instrument de musique, magnifique, sensible, et jamais impudique, car sans artifice. Il n’était que de voir l’élève Emmanuelle, si violente et douce, bouleversante de vérité en Marie enfantant Jésus, dans un fragment d’Au nom de la mère d’Erri de Lucca. À sentir son corps vibrer d’émotions venues de ses rêves les plus enfouis, les plus secrets, j’ai saisi soudain toute la puissance de ce théâtre organique qui convoque les fantômes et montre l’invisible.

Alors, convaincus les stagiaires ? Touchés en tout cas. Beaucoup avouent avoir été souvent paumés, tourneboulés, assaillis par leurs vieux démons, leurs anciennes blessures. D’aucuns regrettent de n’avoir pas assez expérimenté le texte. Mais tous disent avoir entr’ouvert des portes. Reste que la route est longue et ardue. Et qu’il faut s’armer d’une bonne dose d’ouverture, de générosité et d’humilité pour entreprendre un tel travail. Paraîtrait que Benoît Théberge recrute les comédiens avec qui il a ressenti des affinités au cours de ses stages. Avis aux amateurs ! 

 Sylvie Beurtheret








ATELIER EXCEPTIONNEL

L’ACTEUR FACE À LA CONSTRUCTION DU PERSONNAGE 


LE SILENCE AVANT LA PAROLE,
LA PAROLE PRENANT SES RACINES DANS LE SILENCE,
LA GESTION DES EMOTIONS.

> Permettre à l’acteur de garder son imagination en éveil, de développer son talent, de redonner forme à son énergie, de garder sa connaissance dans le réel, et évoluer avec la mouvance de ce métier.

> Dans toutes les relations humaines, deux grandes zones silencieuses existent : avant et après la parole. Avant on n’a pas encore parlé, on se trouve dans un état de pudeur qui permet à la parole de naître du silence.

> L’autre silence est celui d’après, quand on n’a plus rien à se dire…

>La parole oublie le plus souvent les racines dont elle est issue. Le silence.

> Le terme « émotion », signifie étymologiquement, « mettre en mouvement ». En fait, nous mimons tous les jours le monde qui nous entoure, sans le savoir. Lorsque l’on aime, on « mime » en soi l’autre…

> Lors de ce stage, il s’agira de mettre hors de soi cet élément au lieu de le conserver à l’intérieur et cette sortie sera d’abord une reconnaissance, avant de devenir un acte de connaissance et de création.

> Une construction du personnage prenant sa naissance par le silence et les émotions, pour permettre d’aller au-delà de la parole… car le jeu de l’acteur est action avant d’être verbe.

Zoom sur Marion Sarraut qui dirige l'atelier temps d'avance


> Marion Sarraut met en scène  "SOIF"

avec Corinne Touzet et Fred Nony
Théâtre du Petit Saint Martin

Cinq années sans se voir : la soirée des retrouvailles s'annonce délicieuse. Mais quand le vin et l'émotion s'invité à la soirée, difficile de prédire le cours des choses.

Musarder du côté des limites fragiles de l'amitié entre un homme et une femme. Une comédie gaillarde sur les plaisirs de la vie.

Zoom sur Eric Metayer qui dirige l'atelier Improvisation


> Eric Métayer met en scène
et joue les 39 Marches


Théâtre de La Bruyère, Prolongations, 3e saison

Molière de la pièce comique
Molière de l'adaptateur


Quatre comédiens - Jean-Philippe Bèche, Andréa Bescond, Christophe Laubion et Eric Métayer qui signe là une mise en scène décapante -, jouent plus de 150 personnages et restituent avec loufoquerie l'univers d'Alfred Hitchcock... Tous les moments forts et l'ambiance des "39 marches" sont passés en revue : Londres, la lande écossaise, les poursuites en voiture, une histoire d'amour, de l'espionnage et du suspens.

Zoom sur Fabrice Drouelle qui dirige l'atelier Oralité de l'Ecriture...