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« Il faut bousculer les idées reçues sur le petit éolien »

publié le 4 mai 2011 22:53 par tieole .   [ mis à jour le·28 mai 2012 02:39 par Jay Hudnall ]

Cleantech Republic : Huit mois après sa naissance, quelle est l’activité de l’AFPPE ?

Olivier Krug : Nous rentrons aujourd’hui dans le vif du sujet avec la mise en place de groupes de travail sur des sujets comme l’urbanisme, la valorisation énergétique, la sécurité, la certification des machines ou la formation professionnelle. Un groupe sur l’innovation et la R&D devrait également s’ajouter prochainement à cette liste. Plus généralement, la mission de notre association consiste à faire du lobbying pour obtenir de meilleures conditions de développement pour notre filière.

Quel est le profil-type des adhérents de l’AFPPE ?

Il s’agit plutôt de petites entreprises. Cela dit, l’écart type entre nos membres est très important. Notre association rassemble aussi bien un grand industriel comme Vergnet que des fabricants d’électroniques ou des installateurs locaux. Au total, l’AFPPE compte actuellement 30 entreprises adhérentes.

Une assemblée générale, c’est aussi le moment de prendre le pouls de la filière….

Le petit éolien va mal et ce depuis longtemps. Nous avons un gros souci de reconnaissance institutionnelle. Les politiques traitent les secteurs du petit et du grand éolien de façon identique. Depuis la loi grenelle II, seuls les petites éoliennes installées dans des ZDE (ndlr : zones de developpement eolien) peuvent bénéficier de tarifs d’achat. Aujourd’hui, il n’y a aucune éolienne dans ces zones. Et pour cause, les ZDE sont volontairement éloignées des habitations. Nous avons les pires conditions de développement en Europe alors que notre filière dispose d’un vrai potentiel énergétique en France.

Quelles solutions préconisez-vous ?

Il faut que les politiques s’intéressent à notre secteur. Il faut bousculer les idées reçues sur le petit éolien. Cela passe par deux points principaux. D’abord la valorisation de l’énergie produite. Et notamment le lancement d’une réflexion sur un tarif de rachat spécifique au petit éolien. Le deuxième point, c’est le déblocage administratif des permis de construire. A moins de 30 mètres et pour une éolienne de moins de 36 kwh, une simple déclaration préalable en mairie devrait être suffisante. L’éolien plait car c’est une énergie vivante, mobile. Le problème c’est que beaucoup de clients potentiels se découragent quand ils prennent connaissance des contraintes du marché.

Ces dernières années, le petit éolien a fait de nombreux déçus en France. Cela explique peut-être cette frilosité…

Le cadre réglementaire étant inadapté, certaines sociétés vendent des éoliennes comme des machines à laver ou des téléviseurs : sans pertinence technologique et surtout, sans analyse préalable du gisement de vent. Ces gens ne sont pas de bons professionnels. L’exemple le plus connu, c’est la société France Eoliennes qui avait vendu près de 600 machines avant de faire faillite.

Comment éviter ce genre de mésaventures ?

Il faut rester très méfiant. Aller chercher les bons conseils auprès de professionnels sérieux. Avant d’installer une éolienne, il est par exemple indispensable de faire des études du gisement vent et de mise en œuvre du projet.

Qui sont les clients du petit éolien en France ?

Il y a d’abord des applications en dehors du réseau électrique. La petite éolienne remplace alors un groupe électrogène. Dans le cas d’applications connectées au réseau, il peut s’agir de particuliers qui s’équipent d’une éolienne pour des raisons environnementales ou pour développer leur autonomie énergétique. Enfin, certaines organisations utilisent l’éolien dans un cadre pédagogique ou pour développer leur image.

Dans ce contexte difficile, quelles sont les raisons pour les professionnels de rester optimistes ?

Les acteurs du marché se débattent comme ils peuvent. Nous comptons sur 2012 pour faire changer les choses. Aujourd’hui, nous estimons que notre filière représente actuellement 650 emplois, 2000 machines et 5 MW en France. Selon nos estimations, avec un déblocage administratif et la mise en place d’un tarif d’achat spécifique, nous pourrions atteindre 15 000 emplois en 5 ans et viser une puissance de plusieurs gigawatts. De toute façon, un jour ou l’autre, les éoliennes seront légitimes car rentables. Les courbes du coût de l’énergie éolienne et du prix de l’électricité finiront par se croiser.


par Baptiste Roux Dit Riche | Cleantech Republic | 29.04.11

http://www.cleantechrepublic.com/2011/04/29/olivier-krug-idees-recues-petit-eolien/

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