Découvrir l'Est Guyanais


Connaissez-vous l’Est guyanais ?
Faisons le point ensemble, voulez-vous ? 

L’Est du département commence, logiquement, à la sortie de Cayenne pour s’achever à la frontière brésilienne, à Saint-Georges de l’Oyapock. C’est un vaste territoire qui couvre 18 970 Km2, occupé par moins d’un demi-habitant par Km2 (0.40). Une vaste étendue qui recèle une riche diversité culturelle et patrimoniale, héritage des migrations de populations qui occupèrent son sol au cours de l’Histoire, laquelle débuta bien avant la venue du premier explorateur européen. 

La RN2, communément dénommée « Route de l’Est », est l’artère, longue de 200km, qui dessert les communes de l’Est. 

La première étape sera Roura. Fondée par les jésuites, c’est une des plus anciennes paroisses de Guyane, consacrée en 1724. L’église, fort coquette, récemment restaurée, domine joliment l’Oyac comme pour apporter sa protection tant aux habitants qu’aux navigateurs. 

C’est de Roura que part la route qui mène à Kaw. Ses savanes régulièrement innondées sont une merveille de diversité faunistique et floristique. Le paisible bourg, installé au bord des eaux, est de création ancienne, par des planteurs, au début du XVIIIe siècle. Les pêcheurs fournissent le marché de Cayenne en « atipa », un poisson fort curieux que beaucoup déclarent délicieux. 

C’est plus loin sur la RN2 que se trouve l’embranchement qui mène à Cacao. Ce bourg est de création récente. Il a été fondé en 1977 par les Hmong, des réfugiés du Nord-Laos. Cependant l’emplacement est connu depuis fort longtemps. Les Amérindiens, déjà, y soignaient une plantation de Cacao quand les jésuites s’y installèrent au début du XVIIIe siècle. Un bagne y fut installé au XIXe. De nos jours les Hmong y ont construit un village qui abrite environ 900 âmes qui maintiennent vivantes les traditions de leur pays d’origine tout en devenant les maraîchers de la Guyane. 

La RN2 vous conduira ensuite à Régina. Ce joli petit bourg au bord de l’Approuague fut autrefois la capitale de l’orpaillage dans cette région qui n’était accessible que par bateau. Fondée par Louis Athanase Régina, pour prendre la place de Guisambourg, plus en aval, qui devait sa prospérité à l’agriculture et aux travaux de Guisan, le bourg déclina après le déclin de l’or. Un intéressant Écomusée dans une magnifique ancienne résidence créole, en retrace l’histoire et organise régulièrement des animations et visites de sites aux alentours. 

La Route de l’Est se termine à Saint-Georges de l’Oyapock, ultime étape avant le Brésil, qui se trouve de l’autre côté du fleuve ; Oïapoque en est le pendant brésilien sur la rive droite. Les relations sont nombreuses entre les deux villes. L’emplacement de Saint-Georges a été occupé dès la fin XVIIe siècle, il y avait été édifié un fort, Saint-Louis. L’essor de Saint-Georges date du bagne, lors de la deuxième moitié de XIXe siècle. 

De Saint-Georges, vous pourrez rejoindre, en bateau, Ouanary, dernier village, juste au bord du grand estuaire de l’Oyapock. 

C’est avant tout une expérience « éco-touristique », basée sur la découverte du patrimoine local, que vous offre le territoire de l’Est Guyanais. Il peut s’agir du patrimoine naturel en sillonnant, par exemple, les nombreux sentiers de randonnées, découvrir ses réserves naturelles ainsi que ses paysages remarquables (inselberg, forêt, savanes inondables et ses cours d’eau). Alors n’hésitez pas à lacer vos chaussures de marche ou vous procurer un canoë ou une pirogue pour explorer ce territoire naturellement riche et préservé. 

Le patrimoine historique et archéologique n’est pas en reste puisque de nombreux vestiges sont encore visibles. Les grandes époques qu’ont connues ces contrées sont encore visibles :les roches gravées, à Kaw, témoignent de la présence des Amérindiens bien avant l’arrivée des premiers colons, ou encore les émouvantes ruines des bagnes, les vestiges d’anciennes habitations coloniales ou plus récente, l’architecture créole comme les maisons et les églises. 

N’hésitez pas à assouvir votre curiosité en allant à la rencontre des nombreux artisans qui détiennent des savoirs et savoir-faire très diversifiés. Qu’il s’agisse de techniques traditionnelles ou issues de la modernité, ce brassage générationnel a créé un artisanat varié et original. Citons l’artisanat amérindien Palikur au village Favard de Roura ou encore à Régina, avec les gravures de calebasses, la fabrication des bancs, la vannerie et la confection de bijoux de perles. On peut également rencontrer, à Cacao, la richesse de l’artisanat Hmong : Les tissus chatoyants côtoient les bijoux et les splendides broderies qui décrivent, avec un art naïf, des scènes de la vie quotidienne. Sans oublier l’artisanat créole, car vous pourrez rencontrer ici ou là, quelques anciens, les gangans, toujours capables de tresser katouris têtes, walwaris et autres vanneries en arouman. Pour découvrir toutes ces particularités n’hésitez pas à contacter les prestataires touristiques et les artisans qui sauront, avec plaisir, vous faire découvrir ce patrimoine exceptionnel.

Texte de Bernard MONTABO

Cap "vert" l'Est Guyanais - un film de 30 minutes réalisé par Marc BARRAT, avec le soutien du programme LEADER

Visionnage en ligne disponible en 2 parties :





Comments