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Aimé Dandoy

Le Lieutenant-Colonel R.A. Aimé DANDOY
Fondateur du M.N.B.

 
Ami Résistant, quand on parle devant toi de Aimé Dandoy,
enlève ta casquette ou tire ton chapeau...car il passe dans l'éther,
quelque chose de très beau, de très grand,
et celui dont on vénère ici la mémoire, était un enfant du peuple, humble et pauvre...
et à la fois si grand et riche, de ses qualités de coeur et d'esprit.
 

Citation de René Gauverit - Février 1948

Résistance (Organe Officiel de la Fédération Belge de la Résistance)

 

Fondateur et premier Chef National du Mouvement National Belge (matricule n° 1).

Le temps passe et efface... l'oubli semble s'appesantir mais le sacrifice des Héros et des Martyrs est passé dans la légende et si les hommes oublient et sont ingrats, l'Histoire, elle, grave à jamais pour la Gloire !

Caporal, milicien de la classe 1928 (il est né en 1908), il est rappelé au 8ème régiment de ligne où il fait son devoir simplement et magnifiquement pendant la campagne des 18 jours, en 1940.

Fais prisonnier de guerre à la capitulation, il va être transféré en Allemagne mais, trompant la vigilance des soldats ennemis qui encadrent son unité, il réussit à s'enfuir et rejoint Bruxelles grâce à une bicyclette obligeamment prêtée par un brave Limbourgeois.

A peine quelques semaines plus tard, il est accueilli au sein d'un service de renseignements pour les armées alliées... Sa Résistance a commencé !

Il remplit plusieurs mission en territoire allemand et les réussit. Mais son chef de file étant tombé aux mains de l'ennemi, il en est de nouveau réduit à ses propres forces.

Il conçoit alors le projet de former, lui-même, un groupement de Résistance à l'envahisseur.

Et c'est ainsi que, le soir du 17 décembre 1940, il réunit dans son salon de coiffure, rue de l'Etang à Etterbeek, un petit groupe de 4 personnes qui avaient sa confiance et qu'il savait susceptibles d'aider à la réussite de ses projets (les 4 membres du groupe étaient : Aimé et Georges DANDOY, Azéma et Jules VILAIN.)

Les buts principaux étaient :

de continuer, dans la clandestinité, une lutte implacable contre l'envahisseur;

de conjuguer tous les efforts et tous les moyens des meilleurs patriotes pour développer le courant de Résistance à l'ennemi et pour nuire au maximum à ce dernier;

enfin, mettre tout en oeuvre pour rechercher dans toutes les couches de la Nation, le concours de personnes sûres, dévouées, désintéressées, pour mener à bien cette lutte contre l'ennemi et contre ses collaborateurs zélés.

Au cours de cette première réunion, un nom désormais glorieux fut donné au petit groupement, Aimé Dandoy fut chargé d'en prendre la tête, son frère Georges lui fut désigné comme adjoint, tous jurèrent fidélité...

Le MOUVEMENT NATIONAL BELGE était né !
 

Le recrutement fut alors poursuivi activement, tant en province que dans la capitale.

C'est à Henri Blindenberg, voyageur de commerce, qu'échut le rôle des liaisons avec les différents recruteurs de province.

En janvier 1941, M. le Professeur Loust, de l'Université de Louvain, signale à Aimé Dandoy, que M. Camille Joset, ex-Haut Commissaire Royal, pouvait donner une aide efficace, malgré son invalidité. Ce dernier est sollicité et accepte d'apporter son concours. Il proposera la fusion de sa brigade Toast (Luxembourg) avec le M.N.B. Plus tard, il fera partie du Comité directeur présidé par Aimé Dandoy.

En septembre 1941, lors d'une réunion du Comité Directeur à laquelle assistaient pour la première fois tous les chefs de province (sauf celui de la Flandre Orientale, arrêté la veille) et M. C.Joset, Aimé Dandoy fut nommé Président National.

Admirable Résistant, patriote ardent, Aimé Dandoy fit preuve en toute occasion, d'une grande bravoure, d'une énergie indomptable, d'un grand sang-froid et son dévouement à la grande cause fut sans bornes.

Dans le courant de l'année 1941, il réussit un voyage jusqu'à la frontière espagnole afin d'établir, entre autres missions, un itinéraire pour rapatrier les aviateurs alliés tombés en territoire occupé par les allemands, ainsi que pour faciliter le voyage aux belges qui désiraient partir vers l'Angleterre.

Son compagnon de voyage était François Van Someren qui nous a laissé ce récit :


Il prit également une part active au développement de la Presse Clandestine, et fut à l'origine de la publication de "La Voix des Belges" et se chargea d'aller chercher à l'imprimerie L. Wijckmans-F. Schoubben, des dizaines de milliers d'exemplaires, dont il assura la distribution. C'est ainsi que le 23 octobre 1941, au moment où il entrait à l'imprimerie, ignorant l'arrestation de ces derniers, il fut appréhendé par la Gestapo.

Il fut emprisonné plusieurs mois à Saint-Gilles, et ne divulgua rien des secrets qu'il détenait. Jugé le 20 janvier 1942, il fut condamné à 15 ans de travaux forcés, peine réduite plus tard à 3 ans.

(Saint Gilles 1943 - La dernière photo...)

Transféré à la prison centrale de Louvain, il est ramené à nouveau à Saint-Gilles, le 20 mai 1943. Le 22 mai 1943, il est déporté en Allemagne, au secret.

On retrouvera sa trace

-à la prison de Bochum,

-au camp d'Esterweghen durant l'hiver 1943-1944 (Extrait des mémoires de Robert Legros, prisonnier à Esterwegen),

-il arrive à Gross-Rosen le 30 octobre 1944 (matricule 82.009),

-à Bayreuth en novembre 1944

-à Sachsenhausen en janvier 1945  (Témoignage),

-à Nordhausen en mars 1945 (Récit de Hubert DEMOULIN)

-à Bergen-Belsen également en mars 1945 (Récit de Yves Léon)...

« Bergen-Belsen, nom terrifiant. C'est là qu'on jetait les rebuts, ceux à qui il n'était plus possible d'arracher le moindre travail. On les y laissait crever. » (Louis Martin-Chauffier, préface au livre du docteur G.L. Frejafon.)

...et puis... plus rien... le silence ! Le grand silence de "Nacht und Nebel". Le sacrifice est accompli, la mort a passé...

Aimé Dandoy a rempli sa mission jusqu'au bout !

Son corps n'a jamais été retrouvé. Aimé est là, quelque part, dans cette plaine, parmi tant d'autres... des milliers d'autres.

Dans la Liste Arolsen, un numéro, un nom, une date de naissance :
 
116878 DANDOY Aimé 03.11.08
 

En 2005, son nom a été ajouté au Livre de Mémoire de Bergen Belsen. Il y restera gravé à jamais.

 
A la Mémoire d'A.D. (Résistant)
Maurice Careme
 
Oui, c'est déjà l'oubli, presque l'indifférence !
Les buissons ont fleuri sur les murs écroulés.
Un monde souriant recommence à tourner
Dans la ronde que mène la jeune espérance.

Et c'est vous, doux martyr, dont la haute présence
Illumine sans fin cette paix d'aujourd'hui,
Qui veillez sur nous tous et vous tenez ici
Avec votre ferveur, votre grandeur immense.

Que vous importe encor qu'on dise vos exploits
Vous avez tant souffert pour de si justes lois
Que vous aviez déjà dépassé notre terre.

Qu'importe votre nom ! Il n'est plus que lumière
Au bout de notre route, et c'est de votre mort
Que nous vivons enfin plus libres et plus forts.

La Reconnaissance du Général Eisenhower



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