Elèves et professeurs de l'Académie Julian

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INTRODUCTION
L'Académie Julian est une école privée de peinture et de sculpture, fondée à Paris en 1868 par le peintre français Rodolphe Julian (1839-1907). Elle reste célèbre pour le nombre et la qualité des artistes qui en sont issus pendant la grande période d'effervescence artistique du début du XXème siècle.
 
L’histoire de l’Académie commence sous le Second Empire, quand Napoléon III  et Haussmann décident de transformer Paris et d’en faire une capitale européenne, salubre et fonctionnelle. Ces grands travaux vont modeler le visage du Paris du XXème siècle. Capitale de l’Europe au même titre que la Londres victorienne, Paris accueillera de grands événements internationaux tels que l’Exposition universelle de 1855 et celle de 1867. Le chemin de fer dessert désormais toutes les grandes et moyennes villes françaises, les grands magasins comme le Bon Marché se multiplient, la Bourse connaît un âge d’or, l’industrie est en forte croissance.

C'est en 1890, que Rodolphe Julian ouvre des ateliers de peinture et de sculpture au 31 rue du Dragon à Paris 6e, dans les locaux qui sont actuellement ceux de l'ESAG Penninghen

 

QUI ETAIENT LES PROFESSEURS DE L’ACADEMIE JULIAN ?

Dès la création de l’Académie, des personnalités reconnues du monde artistique y enseignent, souvent Prix de Rome, titulaires de la Légion d’honneur et  membres de l’Institut. Pour la plupart, ils sont également professeurs à l’Ecole des Beaux-arts. Ils exposent aux Salons et y  obtiennent des médailles.

 
Ces artistes reconnus étaient des amis de Julian :  William Bouguereau, Rodolphe Boulanger, Jules Lefebvre, Henri Chapu - tous Prix de Rome et membres de l’Institut - et Benjamin Constant, écrivain.

 

Rue du Dragon, les ateliers de peinture seront dirigés par William Bouguereau et Gabriel Ferrier, par Jean Paul Laurens et Benjamin Constant, et l’atelier de sculpture par Alfred Bramtot et Henri Doucet.

 

L’objectif de l’enseignement est de préparer  les élèves à entrer à l’Ecole des Beaux-Arts, à concourir pour le Prix de Rome ou à  présenter leurs œuvres aux Salons.

 Atelier Bouguereau 1893 Photo donation Mrs Maureen Green

 

L’ENSEIGNEMENT DE L’ACADEMIE

L’enseignement est basé sur la tradition académique, aux règles très strictes. L’apprentissage du dessin débute par la copie d’après gravure. L’étude des » plâtres »  permet ensuite à l’élève de se familiariser à la fois avec l’Antiquité et avec  « l’effet », c'est-à-dire les différentes valeurs et les demi-teintes. Ensuite seulement, l’étudiant est autorisé à dessiner d’après le modèle vivant. Il ne s’agit cependant pas de représenter le modèle tel qu’il est, de manière réaliste, mais de se rapprocher des canons antiques de la perfection, ce qui conduit certains élèves à traiter le modèle vivant comme un plâtre.

 
L’Académie constituait aussi, pour les jeunes femmes, la seule alternative aux cours offerts par l’Ecole des Beaux-Arts. Longtemps exclues de cet établissement prestigieux, les femmes artistes n’obtiendront d’y être admises qu’en 1897, à une époque où sa suprématie décline déjà. En outre, elles ne seront autorisées à concourir pour le Prix de Rome qu’à partir de 1903.

Vers 1888, le terme de Nabis ou Nebiim (qui veut dire en hébreu : prophète, illuminé ou encore celui qui reçoit les paroles de l'au-delà, l'inspiré de Dieu) est proposé comme nom, par le poète Henri Cazalis, à un cercle de jeunes peintres fondé par Paul Sérusier. Les Nabis font la transition et annoncent, ou préfigurent, des recherches contemporaines de l'Art nouveau. Ils ont compté dans leurs rangs Paul Sérusier, Édouard Vuillard, Pierre Bonnard, Maurice Denis (le théoricien du groupe), Ker-Xavier Roussel, Félix Vallotton, tous élèves de l’Académie Julian.

 
Durant la période 1880 - 1890, les Américains eurent des contacts très étroits avec Paris et la France. L’Académie accueille alors Sargent en 1874 et Robinson en 1876. En 1882, l’année même où Monet s’installe à Giverny, Metcalf arrive à l’Académie Julian, avant de rejoindre à son tour Giverny en 1884.

Cette découverte de Giverny par les artistes américains mêle histoire et fiction. Willard Metcalf aurait découvert l'endroit par hasard, sans même connaître la présence de Monet dans le village ; il aurait été le premier client du futur Hôtel Baudy et tout un groupe de peintres serait venu s'y installer dans les semaines ou les mois qui suivirent.

En 1885, Sargent et Monet exposèrent ensemble. Puis, en 1887 Sargent rendit visite à Monet. Deux ans plus tard, le premier Américain à pouvoir approcher Monet, Robinson, est son voisin à Giverny. Le village devient alors rapidement une destination à la mode pour les amoureux de la peinture : Prendergast, Lawson, Frieseke, également élèves à l’Académie, s’y installeront un peu plus tard. Bien que Claude Monet n'ait jamais encouragé ses étudiants à le suivre à Giverny, ce petit village de l'Eure a attiré pendant plus de trente ans, de 1885 à 1915, des centaines d'artistes. Parmi lesquels, les impressionnistes américains William Blair Bruce, Theodore Robinson, Theodore Wendel, John Leslie Breck, Willard Metcalf, Frederick Carl Frieseke, Richard Miller, Louis Ritman, Karl Anderson et Alson Skinner Clark, également élèves de l'Académie Julian.
 
On considère généralement que Les Demoiselles d'Avignon de Picasso en 1907 marquent le début de l’art moderne, qui s'achève au milieu des années 1960, avec l'apparition des mouvements Fluxus et Pop Art, à l’origine du vocabulaire actuel de l'art dit « contemporain ». Dans toute cette période, de nombreux artistes formés à l’Académie Julian ont été à l’initiative de nouveaux mouvements artistiques.
 
Avant 1914, André Derain et Henri Matisse pour le Fauvisme, Fernand Léger pour le Cubisme ; entre deux guerres, Emil Nolde pour l’expressionnisme, Jean Arp et Marcel Duchamp pour le mouvement Dada ; ensuite Jean Bazaine pour la non-figuration, et Jean Dubuffet pour l’art brut…
 
D’autres élèves de l'Académie, artistes et créateurs, inventeront de nouveaux champs artistiques : Jean-Henry Lartigue pour la photographie, Eileen Grey pour le design, Henry Van de Velde ou Jacques Majorelle pour l’architecture et le mobilier, Louise Bourgeois pour les arts plastiques et la sculpture, Mucha, Bernard Villemot et Cassandre pour l’affiche. Sans oublier sur la scène internationale, des artistes américains comme le peintre Robert Rauschenberg, ou les illustrateurs Frank et Joseph Leyendecker, et les peintres japonais Kanagoki et Yasui.

 

De renommée internationale, l’Académie Julian a ainsi accueilli et formé pendant un siècle de très nombreux artistes, venus principalement d’Amérique et d’Europe, à la recherche d’un enseignement académique dans le Paris avant-gardiste.

Liste établie d'après les documents déposés aux archives nationales et référencés 63 AS, Fonds de l’Académie Julian.