Les TCC


PRÉSENTATION GÉNÉRALE DES TCC

    Les thérapies comportementales et cognitives (TCC) représentent aujourd'hui le mode de prise en charge psychologique le plus largement reconnu par l’ensemble des approches scientifiques. Les TCC reposent sur des techniques qui évoluent régulièrement au fil du temps en fonction des travaux de recherche qui en évaluent l'efficacité.

    
Ces thérapies agissent, comme leur nom l’indique, sur des comportements non adaptés à la vie courante (exemple : Robert habite Monaco, travaille à Cannes et ne peut plus prendre sa voiture depuis 6 mois, à la suite d’un accident de la route. Dès qu’il est au volant, sa gorge se noue, son cœur s’accélère, il se retrouve en sueur avec l’impression qu’il va mourir. Il est donc contraint de se déplacer en train, sachant que cela lui fait perdre environ deux heures par jour, la gare de Cannes étant située à plus de 7 kilomètres de son lieu de travail). Les TCC agissent également sur les pensées (les cognitions) associées à ces comportements non adaptés (dans le cas Robert : «Si je prends ma voiture, je risque d’en perdre le contrôle, et d’avoir à nouveau un accident», «Si j’allume le contact et que je roule, je vais mourir», etc.).


   
    Il s’agit alors de modifier un comportement inadéquat dans le but que le patient
 s’améliore le plus rapidement possible (les agissements inadaptés sont combattus et éliminés, les agissements adaptés sont favorisés et renforcés).

Ce type de psychothérapie fait également référence aux mécanismes du traitement de l’information (il s’agit là de processus de pensée conscients et inconscients qui organisent la perception que l’on a du monde).


    Cependant, le comportement de l’individu et les pensées qui l’animent ne représentent pas les seules cibles de la thérapie; ils sont en effet liés aux émotions, reflets psychologiques et affectifs des expériences de plaisir et déplaisir.

Les techniques utilisées interviennent donc à ces trois niveaux : comportemental, cognitif et émotionnel. L’environnement influe sur les réponses de l’individu, mais les relations individu-environnement peuvent être remodelées favorablement par et pour le sujet.


COMMENT SE DEROULE UNE TCC

    De plus en plus largement reconnues et pratiquées, les TCC offrent aux professionnels de la santé des outils efficaces et validés pour le traitement d'un grand nombre de maladies.

    Basées sur une démarche scientifique expérimentale, elles s'attachent à évaluer rigoureusement les méthodes utilisées et les résultats obtenus. Leurs indications sont très vastes, et la prise en charge est adaptée à l’adulte, à l'enfant, à l'adolescent, tout comme aux personnes âgées.

Le thérapeute adopte un style particulièrement apprécié par les patients. Ce style est très différent de l'image classique du ‘‘psy’’ imperturbable, distant, souvent muet ou au contraire tenant un langage ésotérique. La relation est ici :

  • interactive : pendant une séance, le thérapeute explique, pose des questions et répond à celles du patient;
  • pédagogique et explicite : le langage utilisé est simple (ce qui ne veut pas dire qu’il est simpliste), les explications sont compréhensibles;
  • collaborative et égalitaire : il s'agit de déterminer, en collaboration avec le patient, des objectifs concrets et réalistes, ainsi que les techniques pour parvenir à les atteindre. Rien n'est imposé mais tout est exposé, proposé et discuté.



L’INTÉRÊT D’UNE TCC


Alors qu’elles sont solidement implantées depuis longtemps dans les pays germanophones, les pays scandinaves et les pays anglophones – en particulier en Grande-Bretagne, en Australie et aux Etats-Unis –, les TCC ont mis longtemps à se faire connaître et reconnaître dans les pays francophones (si l’on fait abstraction du Québec où elles sont aussi largement utilisées qu’au Canada anglophone).

Il n’empêche que, depuis une dizaine d’années, les TCC connaissent un intérêt croissant également en France et dans d’autres pays francophones ou partiellement francophones, comme la Belgique, la Suisse ou le Luxembourg, ce dont témoignent le nombre croissant de thérapeutes diplômés en TCC, le nombre de livres et de revues récents consacrés aux TCC publiés en langue française, et les nombreuses activités des sociétés et associations nationales de TCC.


    Les raisons de ce succès, certes tardif, mais incontestable, sont multiples. A une époque où les querelles philosophiques entre écoles font place de plus en plus à des discussions portant sur les résultats concrets des différentes thérapies, les TCC figurent au premier rang des thérapeutiques ayant prouvé leur efficacité, comme en témoigne, en particulier, un rapport de l’Institut National pour la Santé Et la Recherche Médicale (INSERM).


    En plus d’être hautement efficaces dans le traitement de nombreux troubles, elles sont habituellement brèves ou ont, pour le moins, une durée limitée, ce qui est un avantage indéniable à une époque où les responsables de la sécurité sociale et des caisses de maladie, étatiques ou privées, s’efforcent de mettre des limites au remboursement des frais entraînés par le traitement des maladies, qu‘elles soient mentales ou physiques. Sans compter qu’un tel mode de prise en charge permet également au patient d’économiser son temps et son argent…


    Enfin, les TCC sont des outils pratiques, concrets et palpables, dont les principes fondamentaux peuvent être décrits et compris sans difficulté, dont les techniques peuvent être enseignées et apprises au même titre que les autres traitements (par exemple médicamenteux), et dont les résultats peuvent être reproduits quel(le) que soit le(la) thérapeute, pourvu qu’il(elle) ait suivi une formation adéquate (actuellement d’une durée de trois ans), sanctionnée par des examens et des diplômes universitaires.


    En plus de ces qualités, les TCC ont comme caractéristique essentielle d’être un traitement parfaitement transparent, dans la mesure où elles ne comportent guère de jargon spécifique, que les techniques utilisées sont décrites en détail, dans un langage immédiatement accessible.


Auteur : Dr Jérôme Palazzolo, président de l'AATCC.




Autres sources :



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Association AATCC,
19 mars 2013 à 01:06