L'AGRICULTURE NATURELLE

Elle est souvent citée en permaculture et du coup la permaculture est souvent confondue avec cette
agriculture très respectueuse de la nature. Alors prenons le temps de la présenter.

Les principe de base donnés par le fondateur de cette agriculture, le japonais Masanobu FUKUOKA, ne sont pas suffisants en eux-mêmes pour «savoir» cultiver, même s’ils sont essentiels.

Chaque agriculteur doit poursuivre son développement dans la création de pratiques adaptées à ses objectifs personnels et aux conditions climatiques, économiques et culturelles de son pays.

L’agriculture naturelle est profondément écologique, en sol sauvage, où l’on cherche à travailler avec la nature.

Elle se base sur 4 principes :

- PAS DE LABOUR

Quand on parle de travail du sol, immédiatement l'image du travail mécanique ou manuel du sol vient à l'esprit.

Cependant, le travail du sol c'est aussi le travail des racines des plantes, le travail des micro organismes qui décomposent la matière organique, le travail des vers de terre qui sur une parcelle d'un hectare représentent en masse le poids de deux bœufs qui retournent la terre et participent à sa structuration en permanence.

Les labours profonds, en retournant l'horizon superficiel, perturbent l'activité des micro organismes anaérobies
(ceux résidant en profondeur et ne consommant pas d'oxygène) et aérobies (ceux de la superficie qui
doivent disposer d'oxygène pour vivre). De plus ces labours provoquent une minéralisation rapide de
l'humus stocké en profondeur. Bien sûr, on s'imagine mal un semis 'nu' à même le sol.

L'absence de labour s'accompagne de deux mesures :

-  Une nécessité de conserver une couverture permanente du sol, qu'il s'agisse d'engrais ver ou de
mulch (matériau végétal mort constituant un 'tapis' protecteur)
-  Le semis de graines 'protégées' : les graines sont enrobées dans de la poudre d'argile avant 'semis
direct', ce qui les protège de l'extérieur.

Cet enrobage peut même se faire de façon calibrée, ce qui permettra d'utiliser un semoir classique

- PAS D’ENGRAIS

La terre n'est pas un support minéral, inerte. Elle abrite des centaines de millions de micro organismes
qui ne sont pas là sans raison. Ceux-ci peuvent travailler de manière optimale et enrichir la terre s'il
ne sont pas perturbés par des apport extérieurs.

Les engrais possèdent de nombreux effets pervers, et ne respectent pas la physiologie et la vitesse de
croissance des végétaux. Si on augmente leur vitesse de croissance, ils se trouvent fragilisés et donc plus
sensibles aux maladies et insectes, d'où la nécessité de recourir à une protection extérieure artificielle.

Pour cultiver sans engrais, il faut toutefois pratiquer le retour à la terre des parties de la plante inutilisées après
la récolte.

En effet la plante  s'insère dans un cycle et si celui ci est rompu par une exportation intégrale de la plante, la
terre finira par se fatiguer et des carences apparaîtront.

- PAS DE PESTICIDES

Les pesticides chimiques posent de nombreux problèmes, mis en lumière depuis de nombreuses années : bio-accumulation et concentration des résidus le long de la chaîne alimentaire, induction d'une sélection d'insectes résistants aux traitements nécessitant des épandages toujours plus fréquents, pollution de l'eau
et de l'air...

En réalité les déséquilibres induits par les grandes monocultures intensives sont une aubaine pour les
ravageurs qui trouvent là les conditions optimales pour leur reproduction et leur alimentation. Dans les système
agricoles moins intensifs de polyculture,  respectueux des écosystèmes, un certain équilibre s'établit, et la
population de ravageurs est auto régulée car ces ravageurs ne sont que le maillon de la chaîne alimentaire,
qui est respectée dans ce type de système

- PAS DE SARCLAGE

Existe il vraiment des mauvaises herbes ? Les mauvaises herbes possèdent des racines qui pénètrent
le sol, l'aèrent, l'ameublissent et l'enrichissent.

L'observation est de mise : les mauvaises herbes peuvent être d'excellents indicateurs à différents titres
(état du sol, type de culture favorable sur cette parcelle...).

Lorsque les mauvaises herbes posent des problèmes réels, il convient de les éliminer grâce à d'autres herbes qui les concurrencent plutôt que de gaspiller de l'énergie à les arracher à la main. Comme pour les ravageurs, les
équilibres entre les différentes espèces viennent réguler les débordements.
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