Syndrome de l'imposteur

Je doute beaucoup de mes capacités en général et j'ai énormément de mal à accepter ma douance. Je souffre d'un complexe de l'imposteur exacerbé qui ne m'aide pas à me valoriser... J'ai toujours l'impression de tricher sur mes compétences, de ne pas savoir faire grand chose bien, de n'avoir que des connaissances superficielles, etc., etc.
Tout ceci m'amène souvent à me dire que ma douance c'est du pipeau et qu'un jour quelqu'un va me démasquer. J'imagine la scène grand-guignolesque où un personnage tout de blanc vêtu débarque pour clamer au monde que j'ai été percé à jour, que je suis un imposteur...
C'est assez ridicule, mais c'est une pensée qui me paralyse souvent.
Pourtant, par plein de détails, je me reconnais très bien dans les livres que j'ai lu (Adda, Papoutsaki, etc.) et je me sens assez bien avec un grand nombre de doués qui m'entourent. Alors même si je doute très fort, je me dis que, quand même, je dois être un petit peu doué, quelque part au fond de moi.
Le terme "complexe de l'imposteur" est plus connu au Québec car il est d'origine américaine. En cherchant un peu, j'ai trouvé qu'il provenait d'une étude intitulée The Impostor Phenomenon Among High Achieving Women (1978) de Pauline Clance et Suzanne Imes.
En un mot, Clance et Imes ont constaté que plusieurs de leurs clients féminins semblaient incapables d'internaliser leurs accomplissements. Les preuves externes de l'intelligence et des capacités (excellence universitaire, diplômes, reconnaissance des pairs, promotions, etc.) étaient négligées. Au lieu de cela, leur succès était attribué aux contacts, à la chance, au "bon moment", à la persévérance, à la personnalité ou  simplement au fait d'avoir "dupé" les autres, les convaincant qu'elles étaient plus futées et plus capables qu'elles "savaient" l'être elles-mêmes. Plutôt que de rassurer, chaque nouvelle réussite et chaque défi suivant servaient seulement à intensifier la crainte toujours présente d'être... démasquée.
Sinon pour les anglophiles, je vous mets un lien vers un article de wikipedia
( Impostor Syndrome ).
Techniquement, ce complexe n'est pas une maladie psychologique reconnue mais c'est un état assez courant. A l'origine l'hypothèse était que c'était un complexe essentiellement féminin, mais les études subséquentes du phénomène ont montré qu'il se rencontrait avec une fréquence similaire chez les hommes.
Voilà pour le résultat de mes recherches. J'utilise le terme depuis un certain temps pour me caractériser mais j'ignorais d'où il provenait. J'ai dû lire un article il y a longtemps à ce sujet et c'était resté dans un coin de mon cerveau.
Sinon, si les entreprises de coaching apprécient beaucoup ce concept, je crois que c'est lié à la culture actuelle de la performance. "Douter de soi", c'est mal.
Frédéric
 
C'est seulement depuis 2 ou 3 mois, que je commence, seulement... à recevoir comme justes les commentaires "admiratifs" (de plus en plus nombreux, au fur et à mesure où je commence à concevoir que je les "mérite"). Jusqu'à il y a encore très peu de temps, ma réponse devant ceux-ci était :
- Mais non ! C'est normal...
C'est lorsque j'ai commencé à m' "entendre" faire cette réponse à chaque fois qu'une personne me disait le caractère "extra ordinaire" dans ma façon de percevoir, d'être et de faire et, qu'en même temps, je "travaillais" à m'accepter dans mon "décalage" avec la moyenne de mes congénères que ce "hic !" a commencé à m’apparaître.
Je voulais, à la fois être respectée dans ce que j'étais ET lorsque je l'étais, je mettais toute ma conviction (et j'en ai beaucoup, particulièrement dans ces cas là!) que j'ai compris qu'il était bon de revoir "ma copie" ... Avant ? Je me disais que ces personnes qui me complimentaient tant, ne le faisaient "que" parce qu'elles m'aimaient beaucoup... Comme certaines me... détestaient tout autant ; non seulement, je trouvais que c'était équilibré mais je me disais que l'important pour moi, étaient que je ne laisse que très peu de monde indifférent... Encore avant... je me disais que je cachais vraiment bien mon jeu pour que des personnes pensent que j'avais une grande confiance en moi... Idem pour celles qui admiraient mon calme...
Suzy
 
 
Le syndrome de l'imposteur...
Je me sens souvent dans cet état d'esprit. Quand j'étais lycéenne, j'ai eu mon bac sans mention, pénard pénard.
Mes parents ont toujours cru que j'avais bossé comme une malade et c'est sûrement l'impression que je donnais. Mais ce n'était pas vrai. Je n'ai jamais cherché à tromper les autres. Mais je sais que je ne me suis pas foulée. Et bien sur, je n'étais pas contente de moi. J'aurais voulu avoir le bac avec mention.
Et idem par la suite. J'avais de bons résultats, ou des résultats corrects, mais sans jamais être satisfaite de moi. J'ignorais alors que j'en avais les capacités. De faire mieux, je veux dire : mention ou autre. Mais ce qui est sur c'est que je n'étais jamais contente de moi et je me disais que sans faire exprès je les trompais tous. Ils me comparaient à ma jeune soeur qui elle avait plutôt des difficultés et ne bossait pas du tout. Elle faisait la bringue et ne pensait qu'à s'amuser ce qui n'était pas mon cas (c'est sûrement elle qui avait raison). La pauvre a toujours eu à supporter cette comparaison dans sa scolarité. Quand mes parents disaient quelque chose du genre que je bossais et pas elle, que je réussissais et pas elle ... je ne savais pas comment les détromper, je ne le faisais pas et pourtant quelque part je me sentais imposteur.
Quand j'ai passé mon doctorat, malgré les félicitations de mon jury, les remarques concernant tous les chapitres que j'avais traités (j'aurais pu en faire moins apparemment, et ça aurait été un travail valable quand même). Mais je n'étais pas contente du tout de mon travail. Même encore aujourd'hui, quand j'y pense, un sentiment de honte m'envahit en me disant que si d'autres utilisent mes résultats, ils doivent trouver ça vraiment minables.
Et aujourd'hui, je ne suis que très rarement contente de ce que je fais avec mes élèves. Depuis 5-6 ans je me connais un peu mieux, j’ai découvert ma "douance" et je me dis souvent qu'il me faut être plus indulgente avec moi-même. Mais on a beau se le dire, il y a quand même un sentiment naturel qui reprend le dessus et qui nous mine.
J'ai toujours eu un infini besoin de compliments, de reconnaissance, de positif.
Au printemps, j'ai été inspectée. Le rapport d'inspection est très favorable. Et ça m'a fait beaucoup de bien, remonté le moral et mon estime de moi-même. MAIS je ne peux pas m'empêcher de penser qu'il n'a pas tout vu, qu'il a surévalué certaines de mes compétences et je vais faire tout ce que je peux pour mériter ses louanges.
 Claire
 
Vraiment le travail est pour moi un épanouissement. Je rencontre des gens,je me sens utile, je rassure souvent, et j'expérimente sincèrement la compassion ("souffrir avec"), peut-être trop, d'ailleurs, c'est parfois lourd à porter.

Mais je suis poursuivie par le syndrome de l'imposteur. Je ressens souvent
la pénible impression de passer à côté du vrai problème, de ne pas en faire
assez...
 
J'ai épousé un homme très casanier, très famille, et que j'ai malgré tout sans cesse peur de le perdre. Je lui fais entièrement confiance, mais j'ai moi l'impression de ne pas être à la hauteur, de tout faire parfois pour le dégoûter de moi, de lui montrer mes pires défauts, comme pour dire "tu vois, je ne vaux pas la peine, si tu veux
pars tout de suite" !

Béatrix



     
     
         
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