Historique


En général, sous la République, le Consulat et l'Empire, les troupes tirées des provinces belges furent réparties indistinctement entre les différents régiments de l'armée française. Seuls d’eux d’entre eux conservèrent cependant, dans leur composition, un caractère national assez tranché pour permettre de les reconnaître entre tous: le 27e Régiment de Chasseurs à Cheval et la 112e demi-brigade, transformée en régiment par arrêté des consuls. L‘Histoire de ce dernier corps peut être placée à côté de celle des régiments nationaux belges; elle abonde en actions d'éclat, en glorieux faits d'armes.


Le 112e régiment d'infanterie de ligne de l'Empire fut créé à Bruxelles par le colonel Jean-Baptiste l'Olivier. Un arrêté du 6 avril 1803 consacre sa constitution. Le 112e était principalement formé de conscrits et de volontaires, tant flamands que wallons ou bruxellois, recrutés dans les neuf départements établis par le régime français, qui correspondaient à peu près aux dix provinces belges actuelles.


Le premier bataillon quitta la citadelle d'Anvers en mai 1804, traversa la Belgique et opéra sa jonction à Péronne, en Picardie, avec le deuxième bataillon. Le troisième bataillon, encore en formation, était resté à Bruxelles. Dirigé vers les côtes françaises, l'effectif du 112e fut souvent détaché à bord de bâtiments de guerre pour les protéger des incursions anglaises.


Désignés pour se rendre en Italie, les bataillons du 112e parcoururent les plus belles provinces de France. En Italie, le 112e séjourna plus de seize mois dans l'insalubre forteresse d'Alexandrie, puis reçut l'ordre de se diriger vers la Toscane. Un bataillon du 112e participa à l'atroce guerre d'Espagne. En 1809, nouvelle coalition contre la France. Le 112e participa à la campagne et s'y couvrit de gloire. II se distingua particulièrement à Volano en culbutant les autrichiens, à trois bataillons contre trois régiments. Peu après, le 112e se distingua à nouveau à Tarvis-en-Frioul. Retraite générale des autrichiens.


Mais la plus belle victoire du 112e fut Raab où il brisa les charges furieuses de la cavalerie palatine hongroise. Au pas de charge et prenant à son tour l'offensive, les tambours battant la chanson populaire de "Viv d'Jean-d'Jean de Nivelles" enfonce l'ennemi et l'anéantit définitivement. Plus tard, le prince Eugène de Beauharnais, commandant l'armée d'Italie, arrive sur le champ de bataille. Il y rejoint le 112 ème, faisant former le carré, il proclame:

"Braves belges, vous avez dans cette mémorable journée, ajouté un nouvel éclat à la gloire des aigles de l'Empire. Désormais, la grande victoire de Raab figurera en lettres d'or sur votre étendard."


A WAGRAM, le 112e bivouaqua sur le champ de bataille. Pertes épouvantables.

Avant la bataille, l'Empereur Napoléon leur avait tenu ce discours dans l'île de Lobau "Mes braves du 112e, ce sera aujourd'hui un jour de gloire pour vous, les vainqueurs de Raab".


Enfin, le 112e prit une part glorieuse à la campagne d'Allemagne en 1813, à LUTZEN, BAUTZEN ainsi qu'à GOLDBERG, LEIPZIG, HANAU, ARNHEIM.


Ce qui restait du 112e en Italie fut dissout en vertu de l'ordonnance du 12 mai 1814. Mais, beaucoup de ses officiers réengagés firent les cent jours; le capitaine d'Otreppe de Bouvette présenta à l'Empereur l'Aigle du 112e qui avait été cachée. Cet épisode héroïque se passa en 1815, sur la route de la Mûre dans les environs de Grenoble.


Les campagnes ci-après figurent au palmarès de ce fameux régiment:

1804 - 1805 - 1807 - 1808 - l 809 – 1810 - l 811 - 1812 - 1813 - 1814

Sur les côtes de l'océan.

A l'armée de réserve d'Italie.

Aux armées d'Italie et d'Espagne. Aux armées d'Italie et de Catalogne. Aux armées d'Italie.

Au II ème corps de la Grande Année. Aux armées de Lyon et d'Italie.


Les inscriptions à l'Aigle portent les mentions suivantes:

RAAB 1809

WAGRAM 1809
LUTZEN 1813
BAUTZEN 1813




Les colonels commandants furent:

L'OLIVIER Jean-Baptiste,du 22 décembre 1803 au 25 décembre 1807

PENNE Raymond, du 25 décembre 1807 au 6 août 18 l 1

BENUZAN Joseph-Jean du 7 septembre 181 l au l mai 1813

LA BEDOYERE Charles, Comte de du 1 mai 1813 au 1 septembre 1814