Tentative de description d'un dîner de tête à Paris-France

Tentative de description d'un dîner de tête à Paris-France d'après Jacques Prévert

Lycée Pierre Loti - Istanbul

Il s'agit d'une tentative de description d'un dîner de têtes à Paris, capitale de la France.

"Ceux qui pieusement…

Ceux qui copieusement…

Ceux qui tricolorent

Ceux qui inaugurent

Ceux qui croient

Ceux qui croient croire

Ceux qui croa-croa

Ceux qui ont des plumes

Ceux qui grignotent

Ceux qui andromaquent

Ceux qui majusculent

Ceux qui chantent en mesure

Ceux qui brossent à reluire

Ceux qui ont du ventre

Ceux qui baissent les yeux

Ceux qui savent découper le poulet

Ceux qui sont chauves à l’intérieur de la tête

Ceux qui bénissent les meutes

Ceux qui font les honneurs du pied

Ceux qui debout les morts

Ceux qui baïonnette… on

Ceux qui donnent des canons aux enfants

Ceux qui donnent des enfants aux canons

Ceux qui flottent et ne sombrent pas

Ceux qui ne prennent pas le Pirée pour un homme

Ceux que leurs ailes de géants empêchent de voler

Ceux qui plantent en rêve des tessons de bouteille sur la grande muraille de Chine

Ceux qui mettent un loup sur leur visage quand ils mangent du mouton

Ceux qui volent des œufs et qui n’osent pas les faire cuire

Ceux qui ont quatre mille huit cent dix mètres de Mont-Blanc, trois cents de Tour

Eiffel, vingt-cinq centimètres de tour de poitrine et qui en sont fiers

Ceux qui mamellent de la France

Ceux qui courent, volent et nous vengent, tous ceux-là, et beaucoup d’autres entraient fiévreusement à l’Elysée en faisant craquer les graviers, tous ceux-là se bousculaient, se dépêchaient, car il y avait un grand dîner de têtes et chacun s’était fait celle qu’il voulait."

Les comédiens de la troupe de théâtre du lycée Pierre Loti parlent excellemment bien français et ils avaient une diction extraordinaire. Les déplacements sur scène étaient réfléchis et incroyables. Le texte de Prévert est difficile à comprendre mais ils ont réussi à l’interpréter à leur manière qui était très originale.

Romain Trabelsi

Pierre Loti a encore "frappé" fort cette année !

Les deux metteurs en scène du lycée Pierre Loti, François Baril et Ezgi Düzenli, ont incroyablement bien adapté pour la scène le poème Tentative de descripton d'un dîner de tête à Paris - France de Jacques Prévert. Si je n’avais pas connu ce poème, je n’aurais pas compris que ce n’était pas un texte de théâtre. Et cette mise en scène incroyable a été magnifiquement portée par les 21 comédiens. Cette année, il y avait beaucoup de nouveaux dans la troupe et, en raison de ce changement, je ne pensais pas qu’ils allaient être encore meilleurs que l’année dernière !

On n’a pas eu l’impression de voir évoluer sur scène un groupe de comédiens mais ils étaient comme une seule et même personne. J’avais la chair de poule pendant tout le spectacle. Tout était parfait : la chorégraphie, le jeu, les éclairages, le choix des musiques, les costumes colorés, l’énergie générale des acteurs...

Encore une fois ils ont changé ma perspective du théâtre et m’ont fait me souvenir pourquoi je suis si passionnée pour cet art.

Vous étiez géniaux… Merci un millier de fois… :)

Helin Elaydın

interview de Lowenn Berthet

Comment s’est fait le choix de la pièce ?

C’est le choix de François Baril, notre professeur. Il nous a simplement dit : "J’ai trouvé le texte, on va faire du Prévert”.

Comment l’avez-vous travaillé ?

Nous travaillions cinq heures tous les samedis. Au début, on avait mis de côté le texte pour se concentrer sur l’improvisation. Nous voulions aussi en profiter pour apprendre à nous connaitre, car nous sommes 21 dans le groupe et ça nécessite beaucoup de cohésion. Ainsi, afin que tout le monde se connaisse bien, nous nous retrouvions en dehors du cadre des répétitions. Ça nous a beaucoup aidés pour la suite.

Ce n’est qu’en fin d’année que nous avons commencé à travailler véritablement sur la pièce. Nous avons commencé par lire le texte en cercle, tout en donnant notre avis, en évoquant ce qu’on ne comprenait pas et ce qu’on comprenait. On a passé beaucoup de temps à définir de nombreux mots et idées. Il était nécessaire que le texte soit clair et limpide pour tous. Une fois le texte intégré, on a tenté de l’exprimer, notamment par le biais de nombreuses improvisations. Parfois, François Baril nous disait : ‘’Nous allons inventer un peu’’. À la fin, le résultat semble chaotique, mais c'est un chaos extrêmement travaillé en réalité. Finalement, cette pièce nous l’avons terminée il y a seulement une semaine ! Mais le résultat en valait la peine car, grâce à l’improvisation, nous avons abouti à une pièce qui vient vraiment de nous, de notre imagination.

Dès que l’on monte sur scène, on donne tout ce qu’on a en nous tout en s’amusant. C’est ce qu’on a fait aujourd’hui en défendant le poème de Prévert, en mettant en valeur ses idées. J’espère que ça s’est ressenti.

Qu’est-ce que vous apporte le fait de faire du théâtre ?

Pour ma part, c’est vraiment particulier car, durant sept ans, j’ai fait du rugby. J’ai arrêté cette activité cette année pour faire du théâtre parce que j’avais envie de faire et de découvrir autre chose. Au début, je n’aimais pas le théâtre, mais je me suis dit qu’il fallait tout de même essayer. Je suis très content de ce choix notamment en raison de l’ambiance qui règne au sein du club de théâtre et des différentes personnes que j’y ai rencontrées.

Comment s’est fait le passage du rugby au théâtre ?

Ce n’est pas du tout la même chose. Ce n’est pas le même stress, c’est un autre état d’esprit, une autre approche de la vie. Par contre, il y a une similarité : la cohésion du groupe. Dans le rugby, c’est un élément très important, on passe beaucoup de temps avec nos coéquipiers après les matchs. Au théâtre, j’ai retrouvé ça et c’est génial.

Qu’est-ce que vous pensez des festivals de théâtre ?

C’est vraiment extraordinaire. J’ai rencontré beaucoup de personnes grâce au festival. Je suis vraiment heureux d’avoir pu rencontrer d’autres personnes qui font du théâtre, qui viennent d’autre part ! C’est fantastique.

Pour la préparation de la pièce, vous avez dit avoir beaucoup improvisé.

Habituellement, je suis assez réservé. Ainsi, au début, je n’osais pas me lancer. Mais maintenant, durant les ateliers, j’en fais beaucoup plus et bien plus facilement. C’est un exercice difficile, car on est seul devant un public. Même si vous êtes deux, vous vous sentez quand même seul sur scène. Il faut tout faire, il faut voir comment réagit le public. Les improvisations ont quelque chose de naturel, d'un peu instantané. Si l’on arrive à garder ce côté « immédiat », ça peut être génial.

Mireille Sadège