Le petit chaperon rouge

Le petit chaperon rouge d'après Joël Pommerat

Lycée Sainte Pulchérie - Istanbul

C'est l'histoire d'une petite fille très seule, autorisée par sa mère à traverser la forêt pour rendre visite à sa grand-mère. Sur le chemin, elle croise un loup manipulateur et affamé…

"Il était une fois une petite fille qui n’avait pas le droit de sortir toute seule de chez elle ou alors à de très rares occasions donc elle s’ennuyait car elle n’avait ni frère ni sœur seulement sa maman qu’elle aimait beaucoup mais ce n’était pas suffisant."

" Je n’ai pas peur de toi.

- Moi non plus je n’ai pas peur.

- Je ne sais pas qui tu es.

- Je ne te connais pas moi non plus

- Je ne sais pas qui tu es, mais je n’ai pas peur.

- Qu’est-ce que tu fais par ici ? tu es très jolie.

- Toi aussi tu es très joli aussi… je vais quelque part… chez ma grand-mère qui est la mère de ma mère et qui est très vieille comme le sont souvent les vieux maintenant."


Cette pièce de théâtre interprétée par la fabuleuse troupe du lycée Sainte Pulchérie était incroyable sur le plan scénique. Les effets sonores créés par les acteurs étaient magnifiquement bien réalisés. Le contexte de la pièce a été scrupuleusement réfléchi, ce qui renforce les émotions tragiques. Les acteurs ont donné leur maximum, ce qui a permis un résultat spectaculaire.

Romain Trabelsi

interview avec Laden Büyükuzun et Naz Sahin

Depuis combien de temps vous faites du théâtre ?

Cela fait trois ans que nous faisons du théâtre, nous sommes en 11e. C’est donc notre dernière année au club.

Vous venez de nous présenter une magnifique pièce très touchante, pouvez-vous nous parler du choix de votre pièce et sa préparation ?

On ne savait pas quelle pièce nous allions jouer avant le mois de janvier. Quand notre metteur en scène, Madame Arzu Bigat Baril, nous a annoncé la pièce du Petit Chaperon rouge on a juste répondu : « quoi ? ». Comme tous les ans, nous ne reprenons pas littéralement la pièce en elle-même. On la modifie au cours de nos improvisations. On utilise aussi beaucoup le symbolisme. Et, à la fin, nous étions donc très heureux de ce choix et de la façon dont a été mené ce projet.

On a préparé cette pièce en faisant des improvisations durant lesquelles nous avons trouvé différentes idées qu’on a utilisées dans la pièce. Cette pièce nous tient véritablement à cœur. Elle est très spéciale pour nous.

Nous avons voulu dédier cette pièce à Özgecan Aslan. En 2015, elle a été propulsée à la une des journaux après avoir été violée dans un minibus, puis assassinée et brulée par trois hommes alors qu’elle n’avait que 20 ans. Elle est devenue le symbole des femmes qui ont subi des violences dans le pays. Nous avons choisi ce thème pour ne pas oublier ce qui se passe en Turquie, pour montrer la vérité quant à la violence que subissent les femmes dans le pays, mais aussi dans le monde en général.

La vidéo dans la pièce, est-ce vous qui l’avez réalisée ou l’avez-vous tirée de quelque part ?

Ce sont des vidéos que l’on retrouve sur internet, nous avons ensuite fait des montages.

Vous avez utilisé la chanson Khooneye Ma, qu’est-ce que cela veut dire pour vous ?

Cette chanson parle d’une personne qui quitte son pays. On a d’abord aimé la musique, puis en se penchant sur les paroles, on a trouvé que c’était logique de l’utiliser.

Vous terminez la pièce en chantant une chanson en persan, il y a eu beaucoup d’effets sonores et la pièce est très complète. Est-ce que c’était difficile à préparer ?

Oui, c’était complexe, mais c’est notre troisième année de théâtre donc on commence à être habitués et on aime relever ce genre de défis. Nous avons appris beaucoup de techniques théâtrales en trois ans donc ça facilite les choses. En revanche, chanter en persan, ça c’était vraiment difficile. Ça nous a demandé beaucoup de travail, des heures d’écoute et des heures de travail de chant. Pour la pièce, nous avons travaillé six heures par semaine et nous avons consacré une semaine complète aux répétitions.

Que retenez-vous de ces trois ans au club de théâtre ?

Beaucoup d’émotions. Rien que de l’évoquer, cela m’émeut.

Qu’est-ce que vous a apporté la participation au club de théâtre ?

Énormément de choses. Déjà, nous nous sommes rencontrées et nous sommes devenues meilleures amies. C’est quelque chose de très précieux. Par ailleurs, chaque année, nous formons un groupe uni. Humainement, c’est extrêmement enrichissant. Nous voulons donc remercier notre professeur qui nous a accompagnés dans cette aventure, mais aussi tous ceux qui ont permis à cette pièce de voir le jour. Nous réalisons que nous ne sommes pas seules, que l’on peut devenir ce que l’on désire. On se retrouve soi-même quand on est sur scène.

Vous avez fait plusieurs festivals de théâtre. Qu’en avez-vous pensé ?

Cela permet de créer des liens solides entre nous et avec les élèves des autres établissements qui participent à ces festivals. De plus, grâce aux ateliers, on apprend beaucoup sur les différentes techniques de jeu qui existent. Cela nous inspire pour la suite et fait évoluer notre jeu. Cela nous permet aussi de développer notre esprit critique, de constater les points forts d’une pièce ainsi que ses faiblesses. On apprend des erreurs et des réussites des autres.

Le théâtre restera dans notre vie quoiqu’il arrive.

Mireille Sadège